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 elyse & alison ▽ you're a lonely heart.

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MessageSujet: elyse & alison ▽ you're a lonely heart.   Sam 24 Sep - 17:14


You're a lonely heart.
"'Cause I'm a primadonna girl, yeah. All I ever wanted was the world. I can't help that I need it all. The primadonna life, the rise and fall. You say that I'm kinda difficult but it's always someone else's fault."

Primadonna Girl - Marina & the Diamonds ▽ Alison était bien de ce genre de femmes à revenir foutre le bordel dans la vie bien rangée des habitants d'un petit quartier tranquille puisque le chaos était un sacerdoce chez elle ; c'était le sel et le piment qui rendaient la vie plus acceptable. Adolescente, la blonde avait été une vraie diva qui faisait tout ce qui est en son pouvoir pour que les gens l'adorent et la remarque. Le temps avait passé mais elle n'avait pas vraiment changé. Tout au plus avait-elle mûri, étant devenue une sorte de vieille adolescente libérée de toute contrainte, une primadonna qui acceptait la montée comme la chute avec une désinvolture presque cynique. L'argent était venu à manqué quand sa carrière en tant que chanteuse avait fait un flop et rien ne l'avait préparée à revenir vivre à la base-mêle de son identité, dans ce petit quartier paisible d'Emmann. Ce n'était pas un retour en arrière pour elle, bien au contraire, l'idée avait quelque chose de terriblement excitant. Qu'est-ce qui avait changé en douze ans ? Y-avait-il encore des gens qu'elle connaissait ? Elle-même avait enchaîné les boulots miteux et parfois carrément étrange, passée de serveuse dans un steakhouse, vendeuse de sandwichs à go-go danseuse et escort occasionnelle. Et sa vie avait été palpitante sans l'être, loin des feux des projecteurs qui inondaient continuellement l'ancienne Dazzler car Alison, cette cette illusion, n'était rien de plus qu'une oisive fauchée qui revenait chez elle uniquement parce qu'un ami d'enfance l'avait aidé à retrouver un emploi.

Le soleil était encore haut dans le ciel en cette fin d'après-midi alors qu'Alison arriva en voiture, ses lunettes de soleil protégeant ses yeux bleus sensibles à la lumière. Sa robe couverte volait dans les airs tandis qu'elle papillonnait autour des deux déménageurs qui déposaient le peu qu'elle avait dans l'ancienne maison familiale que son père avait accepté de lui louer après qu'elle soit miraculeusement réapparue sans explication : il la connaissait et aurait tout le temps de lui parler plus tard, dédié aux obsèques de sa grand-mère Bella. Elle-même était allée à l'enterrement de cette dernière un peu en anonyme, ne souhaitant pas se mêler à sa famille. Étrange peut-être, mais revenir comme une fleur après tant d'années laissait des stigmates que seul le temps arrangerait, ou pas. Alison était bien trop cigale dans un monde de fourmi pour se formaliser de ces choses-là ; le temps ferait son office ou ne le ferait pas, c'était un peu pareil pour elle. Rattraper le temps perdu ou se faire pardonner... ces choses-là ne se décident pas. Elles se gagnent. Car la blonde savait bien que partir ainsi avait du laisser du vide derrière elle... elle rit un peu aux anges en flirtant avec un des déménageurs sur le départ : elle adorait ces montagnes de muscles avec cet air un peu timide, un peu revêche. Ils étaient les plus doux, ces nounours réservés, à la fois sécurisant et tendres. Une boutade plus tard et elle avait disparu dans ce qui fut sa maison d'enfance, et devenait sa nouvelle demeure à présent. Plutôt étrange comme constat.

Elle dansait d'un pied à l'autre tant l'excitation de l'emménagement la prenait presque aux tripes, rangeant cartons et meubles pour passer le temps avant de se rappeler qu’elle avait garer sa voiture un peu à la va-vite devant la maison d'en face alors qu'elle avait un garage. Tirant ses clefs d'une des poches de sa veste en jeans sans manches, Alison déboula dans la rue en laissant sa porte ouverte en manquant de se la prendre dans la figure. Elle constata qu'elle arrivait un peu tard comme sa voisine d'en face - une brune à frange avec un air sombre - était en train de regarder sa voiture si mal garée.

"Je suis désolée !", couina la blonde en déboulant sur le trottoir en perdant ses clefs qui glissèrent sur la route, "merde, juste une secon...", elle les ramassa et regarda la brune, "je suis vraiment, vraiment désolée, j'avais une urg..."

Mais Alison ne termina pas sa phrase, son souffle suspendu par une idée aussi saugrenue qu'impromptue tandis qu'elle eut le loisir de regarder sa voisine d'en face dans les yeux. La forme de son visage et de son nez... quelque chose chez l'autre jeune femme résonna en la blonde qui n'eut qu’un nom aux lèvres, l'air interdite en serrant bêtement ses clefs de voiture dans sa main :

"Elyse ?", s'étonna Alison, "la vache... Elyse Adler... tu me reconnais ?", s'hasarda la jeune femme avec un air embarrassé, le rouge au front.
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MessageSujet: Re: elyse & alison ▽ you're a lonely heart.   Dim 25 Sep - 13:27


C'était une journée des plus ordinaires pour Elyse Adler. Non, réellement ordinaire, pas source d'un milliards de rebondissements. Une journée calme, rythmée par son entraînement physique à la salle de sport, et plus d'une bonne heure de running dans les rues de ce quartier paisible et sans histoires qu'elle connaissait par cœur.
Quand elle s'était retrouvée à la rue suite à l'emprisonnement de son vrai père et, pour échapper à Joss, son beau-père, elle avait longtemps vécu ici et là, papillonnant d'endroit louches en endroits louches, de squats aux foyers pour SDF dans lesquels il était facile de se faire disparaître au milieu d'une foule d'anonymes. Puis a mesure qu'elle intégrait Hydra et qu'elle y prenait du galon, elle avait fini par choisir un endroit où l'on ne penserait pas à la chercher : le quartier même de son enfance.
Si l'on dit que les criminels retournent toujours sur les lieux du crime, c'était vrai pour Elyse. Car ce quartier sans histoire, théâtre de carton de son enfance dorée, faite d'amis éparpillés comme les feuilles à l'automne, était le meilleur endroit possible pour s'y cacher, dans l'un des petits immeuble banal et sans histoire.

Elle y vivait depuis deux ans, sans que Joss n'ai la présence d'esprit de retourner cette partie de Genosha au bulldozer. Ce qui était un signe que sa stratégie était payante.
La jeune femme vivait dans un confort oisif en apparence, fruit de ses braquages et de ses contrats pour Hydra. On disait que c'était une voisine sans histoire, discrète... S'ils savaient.

Elyse revenait en tenue de running, portant un pantalon noir à bandes fluo moulant et un haut non moins ample, de la même valeur, avec d'autres bandes fluo. Ses écouteurs posés au dessus de ses oreilles diffusaient une musique catchy alors qu'elle portait contre elle un grand sac en kraft, rempli de ses courses pour quelques jours. Elle avait réuni ses cheveux sombres ornés de quelques mèches vertes en une queue de cheval haute pour ne pas être gênée lors de son footing.
En voulant entrer chez elle, comme d'habitude, une voiture stationnée un peu trop près de la porte lui fit lever les sourcils, contrariée dans sa routine.
Ce fut ce moment ce choisit une blonde à l'air nunuche pour débarquer, un peu échevelée, maladroite et... indubitablement familière.

Elyse resta un moment pétrifiée par cet épouvantable sentiment qui lui broya la poitrine. Alison ? Etait-ce vraiment elle ? Elle dévisagea ce fantôme, l'air revêche, comme un animal sur ses gardes.
Mais alors que l'autre se précipitait vers elle, Elyse demeura droite et stoïque, longue silhouette athlétique, au silence peu engageant. Que diable foutait Alison ici ?! Elle l'avait abandonnée, elle-même n'avait jamais réussi à la retrouver... Et voilà que, comme par magie - ou une mauvaise ficelle scénaristique - elle se retrouvait devant chez elle.

"Alison..." Souffla un instant Elyse, la poitrine comme broyée par un choc qui lui coupait jusqu'au souffle. La musique grésillait dans ses écouteurs, audible, mais elle ne l'entendait plus. C'était comme voir un fantôme. En une seconde Elyse considéra toute la peine qu'elle avait ressentit et cela ne faisait décidément pas le poids face à toute la colère qui avait pris la place, avec les années de silence. Alors, la brune érigea une barrière entre ce petit bout de passé heureux et sa vie actuelle. "Tu peux bouger ta bagnole, maintenant ? Que je rentre chez moi ?" Fut tout ce qu'elle dit. Revêche. Parce que ça lui avait fait beaucoup trop de mal et que ça lui en ferait encore si cette amie devenue une inconnue s'approchait d'elle. Lui rappelait les choses de l'insouciance et la lumière d'or d'éternels printemps d'une enfance heureuse.

Elle ne comptait pas lui faciliter la tâche. Parce qu'elle l'avait laissé tomber et qu'Elyse était rancunière.
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MessageSujet: Re: elyse & alison ▽ you're a lonely heart.   Dim 25 Sep - 18:07


You're a lonely heart.
"'Cause I'm a primadonna girl, yeah. All I ever wanted was the world. I can't help that I need it all. The primadonna life, the rise and fall. You say that I'm kinda difficult but it's always someone else's fault."

Primadonna Girl - Marina & the Diamonds ▽ C'était la rencontre la plus fortuite et la plus extraordinaire à laquelle Alison aurait pu être confrontée en retournant vivre dans le quartier de son enfance car quelles étaient les probabilités qu'Elyse y vive encore, et soit sa voisine d'en face ? Les yeux de la blonde s'ouvrirent d'une profonde  stupeur qui n'aurait pu se dissimuler et elle en resta bouche béante en faisant à nouveau tomber ses clefs de voiture. Elle demeura raide comme un piquet, prise dans un maelström d'émotions qui chamarrait ses yeux d'humidité et faisait rosir son visage comme une collégienne. Jetant un coup d’œil nerveux à son ancienne amie d'enfance, le stoïque de cette dernière la tendit incroyablement et la jeta dans la plus grande confusion. Bien sûr elle ne s'attendait pas forcément à des jetés de cotillons et des hurlements hystériques pour son retour mais la froideur d'Elyse la pétrifia et la blonde ne sut quoi dire, quoi faire. Pleurer, peut-être, de joie et d'angoisse. Elle était très douée pour ça.

Elle l'avait reconnue, malgré les douze ans qui la séparait de son départ d'Emmann. Les gens ne changent pas forcément en une dizaine d'années - Elyse n'avait pas beaucoup bougé, en réalité, juste mûri - mais Alison avait beaucoup évolué de son côté. Elle était passé de l'adolescente populaire à une femme adulte, certes, mais elle était à présent presque un stéréotype de blonde pâle aux grands yeux et au physique avantageux mais athlétique de danseuse. Elle avait pris beaucoup en taille, perdu en poids et l'âge l'avait gâtée en beauté et en force. Ce n'était pas forcément agréable non plus puisqu'elle obtenait souvent des titres tels que celui "d'avion de chasse" de la part des hommes qui la voyaient au travers de son apparence : une blonde superficielle un peu bavarde et pas forcément subtile. La musique des écouteurs de la brune grésillait tellement fort qu'Alison la reconnut sans mal, grinçant des dents en virant au pivoine. Quelle insouciante elle faisait : le regard d'Elyse n'était guère très encourageant et soudain la blonde eut le courage dans les chaussettes en la sentant si revêche.

"Oh... bah...", balbutia bêtement Alison, perturbée, "heu oui, oui bien sûr !"

Elle se pencha pour récupérer ses clefs et contourna sa voiture pour y entrer, faisant un demi-tour un peu approximatif pour la garer devant son propre garage et dégager ainsi la voie à son ancienne amie d'enfance. Sortant du véhicule, la jeune femme demeura comme un poireau en se mordant la lèvre inférieure. Bien sûr qu'elle était doutée qu'Elyse lui en voudrait... mais entre l'imaginer et le constater... Alison fut partager entre le logique et l'émotionnel : lui ficher la paix ou insister. Cela faisait douze ans qu'elle n'avait pas revu cette femme avec qui elle avait tant de souvenirs en commun. Douze ans qu'elle ne l'avait oublié malgré sa fugue, malgré sa disparition sans laisser d'indices, de traces. C'était sa faute, bien sûr, mais n'était-ce pas possible d'aller de l'avant et de recoller les morceaux ? Elyse avait peut-être trop changé, à moins que ce ne soit elle qui ait trop changé. Elle ne savait ps quoi faire et lui dit, la route les séparant :

"J'imagine que ça ne va pas se régler avec des macaronis au fromage et une rétro Buffy contre les vampires, hein ?"

L'humour pour seule défense, pour seul attrait. Alison ne rit pas mais son sourire penaud attestait déjà qu'elle goûtait l'amertume de l'échec. Devant le seuil de sa maison, sans oser traverser cette route qui était pourtant si fine entre elle, la blonde se risqua pourtant, la voix tremblante :

"Je ne peux même pas t'expliquer ?", elle se craqua nerveusement les doigts et oublia les clefs sur le contact, "et après, tu peux me coller une bonne grosse baffe."

Oh putain, ce qu’elle se sentait conne en cet instant. Douze ans d'exil pour finir sur les macaronis au fromage et une claque dans la tronche avec cet air pathétique de chiot qui venait de faire une bêtise. Ce n'était pas une simple bêtise et elle se rendait bien compte que son attitude n'aiderait pas à arranger les choses. Alors, bille en tête comme elle le faisait toujours, Alison prouva encore qu'elle était plus dans l'action et l'émotionnel qu'autre chose et rejoint Elyse en quelques foulées ; peu importe sa réaction, la joie sincère de la revoir faisait bouger tout seul son corps et elle arriva devant elle pour l'entourer de ses bras et la serrer contre son cœur. Peu importe qu'elle la gifle, qu'elle lui hurle dessus, peu importe les voisins et le reste : Elyse habitait en face d'elle; Elyse, sa meilleure amie, celle avec qui elle avait partagé tant de choses, tant de secrets, de bêtises. Celle qu'elle avait, sur un coup de tête, laissé cruellement derrière elle. Alison pleurait et ses larmes sincères étaient mêlées de joie et de crainte. S'excuser ne servirait à rien, pas plus que de lui sauter dessus pour l'étreindre de cette manière mais ça avait été plus fort qu'elle...
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MessageSujet: Re: elyse & alison ▽ you're a lonely heart.   Lun 26 Sep - 13:30

♥♦♣♠


Peut-être que, quelques années plus tôt, elle aurait été heureuse de la revoir. Peut-être qu'elle aurait pu lui sauter dans les bras. Peut-être même qu'elle aurait pu pleurer. Mais, à sa propre surprise, Elyse ne ressentait à cette heure qu'une colère sourde. Toutes ces années à la chercher... Puis la tragédie de la mort de sa mère, l'emprisonnement de son père, qu'elle cherchait à faire libérer depuis bientôt dix ans - elle n'avait ni les compétences, ni les contacts et Hydra seule pourrait lui apporter l'un comme l'autre. On ne fait pas évader quelqu'un comme ça des mains des Gardes Rouges.
A présent c'était toute entière à cette tâche, cette idée fixe, qu'elle s'était dévouée. Alison Blaire était devenu un fantôme, tout le symbole d'une enfance bénie. Qu'elle réapparaisse maintenant lui semblait tellement ironique.

Elle était volontairement blessante : qu'elle retourne donc d'où elle venait, puisqu'elle l'avait abandonnée. Puisqu'elle n'avait jamais pensé aux sentiments d'une meilleure amie bafouée.
Elle était juste partie et toutes les raisons étaient mauvaises.
En la voyant fuir et bouger sa voiture, Elyse ressentit un mélange de satisfaction et de peine. C'était mieux comme ça. C'était ce qu'il fallait faire. Alison aurait trop de questions et elle pas assez de réponses possibles.

Elles se regardèrent, séparées par la route. Le trait d'humour pathétique ne la fit pas rire. Il faudrait plus, tellement plus que ça pour se faire pardonner d'une fuite de douze années.
"Si ça pouvait se résoudre comme ça, tu te serais souvenue que j'ai toujours détesté Buffy." Dit Elyse, son sac de course toujours dans les bras, le posant sur les marches proches maintenant accessibles, avec visiblement la ferme intention de chercher ses clés pour rentrer enfin chez elle.
Déjà qu'elle était tombée littéralement sur Georgia, il y avait quelque chose de karmique dans ces retrouvailles.

Mais Alyson ne lui laissa guère le choix en vérité. Comme si tout pouvait se résoudre avec une baffe et des explications.
Il n'y avait rien à justifier. Les rumeurs, au début, elle les avait faite taire par la force. Mais il devait y avoir du vrai. Sinon tout n'aurait pas implosé.

Soudain, occupée à chercher ses clés, elle sentit des bras l'entourer et elle se raidit aussitôt, laissant tomber son sac sous la surprise de l'étreinte alors qu'Alison se mettait à pleurer. La gifler était l'une des nombreuses options qui tourbillonnèrent dans sa tête - l'embrasser et la serrer contre son cœur en faisait étrangement partit. Ce fut finalement celle que choisit Elyse. D'un geste sec, elle se dégagea et colla à l'impudente une paire de gifles qui claquèrent comme deux coup de feu dans le calme de cette petite rue banale.
"Ne t'avises pas de penser que tu peux rattraper le temps perdu. Il n'y a plus de place pour toi dans ma vie."

C'était vrai, profondément vrai. Que ferait-elle d'une meilleure amie quand elle partageait son temps entre des mission d'assassinat et des casses de bijouterie pour vivre confortablement ? Que ferait-elle de ce béguin d'adolescente qu'elle avait largement compensé avec de nombreuses filles ? Que ferait-elle d'Alison en définitive ? De cette beauté plastique aux airs de chiot penaud qu'elle avait envie de plaquer au mur pour lui apprendre a prendre cet air de biche dans les phares.
Elyse sera les poings. Elle n'y avait pas été de main morte dans ses gifles, trahissant une force physique forgée à force d'entraînement.
Au fond, pourquoi est-ce que tout ça la mettait dans un tel état..?
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MessageSujet: Re: elyse & alison ▽ you're a lonely heart.   Mar 27 Sep - 14:54


You're a lonely heart.
"I went too far when I was begging on my knees, begging for your arms, for you to hold around me. I went too far and kissed the ground beneath your feet, waiting for your love, waiting for our eyes to meet."

I went too far - Aurora ▽ Alison ne trouva rien à rétorquer au tranchant glaciale d'Elyse et demeura bêtement bouche sèche, Gros Jean comme devant : elle avait anticipé les choses en pensant naïvement qu'un trait d'humour allait la dérider. Mais la brune avait changé ; douze ans les séparaient de leurs autres mois qui dormaient ensembles et se tenaient la main. Et à l'adolescence avait laissé place l'ironie mordante des adultes blessés qui se souviennent et qui se cachent pour pleurer. Les fautes avouées se seraient pas pardonnées et la blonde le comprit en ressentant que ses armes - mais était-ce un combat ? - face à son ancienne amie d'enfance étaient bien dérisoires. Elle-même ne l'avait jamais oublié, avait souvent pensé à elle avec un mélange d'affection et de regret. C'était pourtant elle qui était parti un soir, sans laisser d'adresse ou de nouvelle. Alors quand vient d'addition, il faut payer et le prix d'un  nouveau départ ailleurs était fort élevé : il avait demandé de tout abandonné et avait exigé la trahison. Alison se rendait compte que les choses n'étaient pas aussi simple que dans son esprit insouciant, qu'il ne suffirait pas d'un sourire et de quelques pleurs pour réparer ce qui avait été brisé et que le temps avait continuer d'éroder. Car elle n'était pas si stupide : les gens construisent leurs vies sans ceux qui ne restent pas et plus tard, il n'y a plus de place pour ces fantômes du passé qui sont devenus des inconnus, des étrangers au territoire sentimental.

Et pourtant... on ne pouvait rien y faire : Alison avait fondu sur Elyse pour l'entourer de ses bras et l'étreindre avec un sentiment véritable de joie et de tristesse mêlé, tremblante. Peu importe que la brune la déteste, elle était naïvement contente de la revoir, même par hasard. Si le passé peut être remisé, il ne peut être oublié et la colère froide de l'autre femme attestait qu'elle avait toujours une place dans son cœur. Alors  peu importe le reste, peu importe ces deux gifles retentissantes qui rougirent ses joues en lui faisant comprendre combien elle allait trop loin. Lui sauter dessus, lui réclamer cette affection qu'elle lui avait si brutalement retiré... elle était allée trop loin en demandant ses bras, pour qu'ils l'enlacent en retour, espérant que leurs regards s'accrochent, que leurs souvenirs se retrouvent. Le tout avait un goût doux-amer et Alison se massa une joue, le regard humide et bêtement désespéré en se demandant pourquoi ne puis-je me retourner et partir ? Pourquoi ne puis-je retourner en arrière ? Au lieu de quoi, elle demeura en face d'Elyse, choquée, comme la figure de la blonde stupide que les gens avaient le plus souvent d'elle. Alison avait laissé Elyse en compagnie du vide et à présent tout ce qu'elle avait été pour elle était parti.

"Je.. je suis désolée...", chouina la blonde en se massant la joue, essayant de se retenir pour ne pas pleurer, sans succès.

Je ne pouvais pas rester, je devais m'en aller, avait-elle envie de lui dire en sachant que c'était à la fois vain et puéril comme explication. Elle la regarda un long moment sans savoir quoi lui dire, comprenant qu'il n'y aurait pas à argumenter pour le moment. Alison tourna alors les talons et traversa la route - cette si fine route qui les séparait - pour offrir la distance qu'exigeait Elyse entre elle ; demeuraient-elles réellement des inconnus, maintenant ? Elle monta les marches de son pallier pour rentrer chez elle, le cœur gros. Dans la vie d'Aaron non plus, elle n'avait jamais vraiment eu sa place et leur rupture récente lui avait fait comprendre qu'elle était surement trop encombrante pour certaines personnes ; il faudrait se faire une raison et faire le deuil d'Elyse comme elle tentait de faire celui d'Aaron. Les deux avaient dit la même chose : il n'y avait pas de place dans leur vie pour elle. Alison pleura jusqu'à ce que la vie reprenne ses droits et lui exige de sortir travailler et de sourire, cachant sa confusion.

Les jours suivants furent un défilé d’embrassement : Elyse et Alison ne cessèrent de se croiser par inadvertance. Au sortir de leurs maisons, au retour d'une soirée. L'une à la fenêtre, l'autre dans son jardin. A la réception d'un colis pendant que l'autre faisait son jogging ou simplement lorsque l'une et l'autre cherchait son courrier. Il n'y avait, et Alison le savait - aucun moyen de s'éviter pour les deux jeunes femmes qui vivaient malheureusement l'une en face de l'autre, encore plus proches que dans leur enfance. Et il fut ce jour où Alison, n'en pouvant plus de ces chassés-croisé, de ces regards si lourd de sens qu'ils en devenaient effrayants, décida de demeurer sur le seuil de sa maison, assise sur les marches en attendant la sortie éventuelle d'Elyse en espérant qu’elle aussi en ait assez de cette situation. Le matin-même, elle lui avait déposé une boite de donuts sur le pas de la porte car elle savait que c'était les pâtisseries préférés de la jeune femme quand elle était enfant. Peut-être ses goûts avaient-ils changé, surement même, mais qui ne tente rien n'a rien.

Surement allait-il trop loin mais Alison était persuadée que leur proximité rendait Elyse au moins aussi chèvre qu'elle-même. Alors elle attendit, sans l'envahir, en restant sur son territoire.

Elle attendit que leurs regards se rencontrent.
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