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 I really need you | Francis

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MessageSujet: I really need you | Francis   Mar 20 Déc - 21:36


I really need you

Ce sera plus jamais pareil hein ? « Qu'est-ce qui se passe dans la tête de quelqu'un quand sa vie s'écroule totalement autour de lui ? Tu vas le savoir Wade, c'était probablement écrit comme ça quelque part, il était écrit que tu ne serais jamais heureux. Alors pourquoi est-ce que tu as essayé hein ? C'était peine perdue. T'as trop voulu y croire mon grand, c'est aussi de ta faute, tu aurais du renifler la merde avant de marcher dedans mon pote. D'abord, c'est ta fille qui fait n'importe quoi et qui fout le camp. C'était la première étape de ta chute, t'es pas fait pour avoir des enfants. Tu l'as su quand on t'a dit que t'allais être père, tu savais que tu ne devais pas, que tu ne pourrais pas. Mais tu l'es devenu quand même, malgré tout. Et t'as pas réussi à être père. Elle a foutu le camp de chez toi, tu sais même pas où elle est et tu t'en fous avoue le Wade. T'es allé boire. Et t'as filé chez Neena. Parlons en d'ailleurs d'elle hein ! Est-ce que tu l'aimes Wade dis moi ? Oui probablement un peu...Sinon ça te toucherait pas autant qu'elle ait un mec hein...

T'es lamentable Wade. T'aurais du te battre ! T'aurais du lutter pour elle ! Comme pour ta fille ! Mais non...T'es rien Wade, une mauviette. Et c'est pour ça que t'as pris peur en le voyant. Des choses se rappellent à ton souvenir. Cet homme...Ce Frank...Tu l'as déjà vu et tu le sais. Mais tu ne l'appelais pas comme ça. Et tu n'as revu que le symbole qu'il était, sans réel souvenir net. Le symbole de la mort t'a fait foutre le camp en troisième vitesse. Tu vas faire quoi maintenant ? Oublier Neena comme tu as oublié ta fille ? Vas-y cours Wade. Cours dans les rues, tu n'échapperas pas à ta tête, à la petite voix au milieu de ton crâne qui te vrille le cerveau. Tu peux courir autant que tu veux, je ne partirai plus. Tu m'as ignoré trop longtemps Wade. Je suis revenu et tu vas voir, tu ne vas plus m'oublier aussi facilement.

Qu'est-ce que tu vois Wade là hein ? Des images fugaces ? Des visages que tu semblent connaître ? Tu as toujours eu une vision du monde étrange. Tu ne t'en rappelles pas mais c'est le cas. Tu continues de courir dans les rues de la ville, comme un fou. Les gens te hurlent dessus quand tu les bouscules, certains te demandent si ça va quand tu poses ton regard de fou sur eux. Tu devrais te calmer et respirer un grand coup, arrêter de courir comme un fou furieux. Prends ton temps pour penser à ce qui vient de se passer, à Neena, à ta fille, à ta vie...Mais non tu continues à faire le poulet sans tête ! Mais crois moi mon petit...Si il t'arrive quelque chose, tu ne vas pas t'en remettre aussi facilement. Et c'est ce qui finit par arriver. Un vélo te percute de plein fouet, un de ces livreurs de bouffe pressé qui roule un peu n'importe comment parfois. Il te heurte à pleine vitesse, tu tournes sur toi-même, on dirait presque un dessin animé. Tu as l'impression que ça se passe au ralenti et quand ta tête heurte le bitume humide, tout devient noir...

...mais moi je suis toujours là... »


J'ai un mal de crâne phénoménal. Je ne sais pas où je suis, tout est tellement flou...Je crois que j'ai parlé à Neena. Oui j'ai du lui parler. Et après...Rien. Juste un vague sentiment de terreur et de folie pure. J'ai eu peur de quelque chose, je ne sais pas quoi exactement. Je grogne un peu en essayant de bouger, je sens que j'ai mal à certains endroits sans savoir pourquoi. J'ouvre les yeux difficilement et je suis un peu ébloui. Il y a une vive lumière blanche, une odeur horrible, des bruits dans un couloir qui me semble lointain...Je suis à l'hôpital...? Je déteste les hôpitaux. Quand mes yeux s'habituent enfin à cette lumière froide et que je tourne la tête pour regarder autour de moi, j'ai une surprise assez terrifiante. Francis est là. Assis à côté du lit, comme si il attendait que je me réveille ou je sais pas...Mais qu'est-ce qu'il s'est passé bon sang...? " Fran...Francis...? Qu'est-ce...Pourquoi je suis là...? " 

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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Mer 21 Déc - 1:49







I really need you

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It's hard to hold on too tight



C'était un jour totalement ordinaire, un samedi ordinaire pour être exact. Il faisait beau, le soleil brillait et tapait contre les vitres crasseuses de l'appartement de Francis. Non, en fait, le soleil s'était déjà couché depuis quelques instants, mais quand même. Le crépuscule était toujours un aussi beau spectacle à voir. Dommage que les vitres étaient si sales et ternissaient le tableau. Le blond soupira légèrement, perdu dans ses pensées. Il n'avait pas vraiment fait attention à grand chose aujourd'hui, il avait bossé le matin, et toujours aucune trace de Wade.. Il allait finir par croire qu'il voulait l'éviter. Nan, il ne ferait pas ça... Malgré sa confiance en lui, Francis se sentait sacrément perdu sans son meilleur ami. Il sentait sa présence s'effacer, comme s'il cherchait à devenir un fantôme, et cela, le blond ne le supportait pas. Il ne voulait tout simplement pas s'éloigner de lui, mais... Il fallait dire que depuis qu'Elie était dans son appartement, il voyait de moins en moins son collègue. Et même s'il savait qu'il pouvait se gérer, il avait quand même un peu peur pour lui. Il l'avait appelé quelques fois, mais était tombé sur son répondeur. Francis avait laissé au moins trois messages, depuis quatre jours, et toujours aucune réponse. Il lui disait toujours à quel point voir sa sale tronche lui manquait, mais même en le narguant, Wade ne lui répondait toujours pas. Encore un soupire, plus long cette fois. Heureusement, Elie n'était pas là aujourd'hui, elle était sortie quelque part, Francis ne savait où, il ne l'avait même pas écouté en fait. Et il se sentait plus mal pour l'absence de nouvelle de Wade que le fait de ne pas avoir écouté sa petite s'en aller.

Une sonnerie de téléphone retentit soudainement, tirant le blond de ses pensées. Il n'attendait aucun coup de fil et en ce moment, les enquêtes étaient plutôt calmes, donc rien de particulier à signaler. Enfin... Il l'espérait. Il fronça les sourcils en attrapant son téléphone et ses yeux se posèrent sur le numéro. Un numéro long, qui ne lui disait presque rien. Il savait que ce numéro lui disait quelque chose, mais.. Il n'avait plus trop idée d'où il provenait. Peut-être un coup d'un soir, allez savoir. Il décrocha tranquillement, voulant savoir qui était à l'appareil, quand, pendant qu'une voix l'interpellait, il se rappela soudainement ce qu'était ce numéro. L'hôpital central d'Hammer Bay...

« Monsieur Freeman ? Vous êtes bien Francis Freeman.
- Euh … Oui, c'est bien moi. Qu'y a-t-il ? Demanda-t-il, curieux et légèrement anxieux de la raison de cet appel.
- Vous êtes la personne a contacter en cas d'urgence si jamais Wade Wilson avait un quelconque soucis. Je vous appelle à son sujet... »

Francis se figea sur place. Son cœur se serra et un frisson glacé lui parcouru le corps, il frémis d'angoisse, sentant le pire arrivé. Wade... Qu'est-ce qu'il c'est passé ? Francis écouta attentivement la madame au téléphone, et à mesure qu'elle lui parlait, son cœur ratait plusieurs battements, si bien qu'il ne le sentit plus au bout d'un moment. Il allait vomir. Ouais, vraiment. Il était mal. Trop mal.

« Votre ami s'est fait renversé il y a trois heures. Nous l'avions retrouvé complètement défoncé, il était inconscient. Les pompiers nous l'ont ramené et il se trouve dans la salle d'opération. Vous pouvez passez à l'hôpital s'il vous plaît ?
- Je... Oui, oui bien sûr, j'arrive tout de suite ! »

Il n'avait pas réfléchi. Il ne réfléchissait jamais quand il s'agissait de Wade, de son meilleur ami. Une boule s'était formée dans sa gorge, il était vraiment mal en point, mais il n'osait pas imaginer dans quel état son meilleur ami se trouvait. S'il était en salle d'opération, il risquait sans doute très gros. Est-ce que Francis pourrait lui pardonner de l'avoir laissé de côté quand il allait le revoir ? Il ne le savait pas. Tout ce dont il était sûr, c'était qu'il se sentait très mal et qu'il était vraiment inquiet pour son ami. Wade putain... Lâche pas mon pote... Il s'habilla en quatrième vitesse et attrapa ses clefs dans la foulée. Francis sortit de chez lui et se dirigeait vers sa voiture. Ses mains tremblaient, si bien qu'il avait du mal a insérer l'outil dans la fente. Il lâcha même son porte-clefs et jura en se baissant pour le reprendre. Une fois dans la voiture, il tenta de se calmer, peine perdue puisqu'il frappa le volant comme un enragé. Il se dépêcha de rouler jusqu'à l'hôpital central. La boule dans sa gorge ne cessait de monter, il la sentait dans sa bouche à présent. Il avait si peur... Si peur de perdre son meilleur ami... Son cœur se serrait dans sa poitrine, il avait extrêmement mal et sa respiration était saccadée. Francis avait du mal à se contrôler, et roula comme un dément, dépassant la limitation de vitesse. Il n'avait cure des points sur son permis, il voulait juste rejoindre Wade au plus vite. Une perle salée menaçait de couler quand il arriva sur le parking de l'hôpital, mais il l'arrêta bien vite, se reprenant en entrant dans le hall. Il devait tenir. Au moins jusqu'au moment où il verrait son ami.

Le blond se présenta à l'accueil et la standardiste qui l'avait appelée lui donna le numéro de la chambre de son coéquipier, lui racontant les nouvelles de l'opération. Francis la remercia et monta les marches quatre à quatre, ne voulant pas s'encombrer d'un tas de ferraille supplémentaire. Le blond avait tellement de mal à respirer, il sentait son cœur gonfler dans sa poitrine, et des frissons d'angoisse le parcourir quand il arriva devant la chambre. Devait-il toquer ? Ou juste rentrer, sans faire de bruit ? Ou défoncer la porte ? Putain.. Il ouvrit la porte, sans toquer, et s'immisca à l'intérieur. Il faisait assez sombre, les fenêtres étaient fermées à moitié et Francis pouvait voir les pieds de son ami sous les draps fins du lit mécanisé. Il retint difficilement un gémissement, un pleur, et avança doucement, s'attendant au pire. A mesure qu'il s'approchait de son ami, il pouvait sentir son cœur s'enflammer, comme épris d'une crainte insidieuse. Et pourtant, dès qu'il s'était retrouvé à ses côtés, et qu'il avait pu constater les dégâts, il se sentit légèrement soulagé, malgré la peine qui le tiraillait encore.

« Wade... Putain, qu'est-ce que t'as fait.... »

Francis n'avait pu s'empêcher de le toucher, de vérifier que c'était bien lui. Il avait besoin de ce contact, de sentir son corps, pour être sûr. Sûr qu'il était toujours là, avec lui, et qu'il ne s'échapperait pas. Et c'était à cet instant, que Francis craqua. Il tomba à la renverse sur une chaise non loin du lit et se cacha le visage dans les mains. Laissant couler les quelques larmes, de rage, de rancoeur, de tristesse. Au bout de quelques minutes, il n'avait plus rien à laisser sortir. Sa rancoeur était toujours présente, mais les larmes lui avaient tellement brûlé les yeux, qu'il ne pouvait plus les sentir. Le blond tira la chaise aux côtés de son ami, et lui serra la main, fortement.

« Je suis désolé. Désolé de pas avoir été allé plus loin pour prendre de tes nouvelles... Tu avais besoin de moi et je suis resté chez moi comme un con. Putain je suis tellement nul... »

Il serra la main dans la sienne encore plus fortement. Les bips sonores lancés par la machine à ses côtés rassurait le blond. Mais ce qui le rassurait encore plus, c'était le fait de voir Wade, et de le sentir vivant, contre lui, par le simple contact de sa paume dans la sienne. Francis pinça les lèvres, pour éviter qu'elles ne tremblent alors que les émotions l'assaillaient.

« Je t'en prie... Ne me laisse plus jamais... »

Le blond finit par laisser la main de Wade, s'éloignant d'elle comme si elle l'avait brûlée. Celle-ci se reposa tranquillement sur le ventre du brun et Francis s'éloigna quelque peu du lit de son ami. Il avait bien eu la confirmation qu'il était vivant, il s'inquiétait toujours autant, mais tout le reste qui avait été enfoui en apprenant la nouvelle, venait de remonter à la surface. Et il se sentait sur le point d'exploser. Il se leva d'un bond et alla ouvrir les volets et fenêtres, respirant un bon coup avant d'entendre son ami gémir et s'agiter. Francis referma la fenêtre et vint s'installer sur la chaise qu'il occupait précédemment, se rapprochant un tant soit peu de Wade. Celui-ci venait d'ouvrir les yeux difficilement, il était salement amoché, mais il guérirait vite, comme toujours. Il semblait assez surpris en voyant Francis ici, pas étonnant s'il l'évitait....

« Hey, lança le blond en sa direction, tout doucement.
- Fran...Francis... ? Qu'est-ce...Pourquoi je suis là.... ? »

Le blond se sentit si heureux sur l'instant, qu'il n'avait même pas compris le sens des paroles de Wade. Trop occupé à le constater en vie, et à ses côtés, pour lui répondre quoique ce soit. Il tenta de se calmer, il ne devait pas être aussi.. Tactile, aussi proche de lui. Même s'il était son meilleur ami et qu'il avait traversé une épreuve difficile, Francis ne pouvait pas faire semblant, comme si de rien n'était. Il pinça les lèvres de mécontentement et lui répondit assez sèchement.

« Tu as eu un accident. T'étais inconscient et on t'a ramené ici. J'ai été appelé il y a peu pour venir te voir... »

Francis se sentit au bout du rouleau. Il y avait en lui des sentiments contradictoires et cela lui bouffait son énergie. Il ne pouvait plus lutter, il sentit en lui monter les regrets mais aussi la colère. Il savait qu'il allait bientôt craquer, mais il ne pouvait pas. Pas devant lui... Pas maintenant.




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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Mer 21 Déc - 2:52


I really need you

Ce sera plus jamais pareil hein ? Mes yeux se sont habitués à la lumière et je vois qu'il ne fait pas si clair que ça en fait. Mais surtout ce que je vois, c'est qu'il y a Francis. Pourquoi est-ce qu'il est là ? Je ne comprends pas ce qui se passe, c'est troublant. Pourquoi...? Ah oui...Je l'ai mis sur le formulaire de la police en personne à contacter en cas d'urgence...En tout cas, c'est surement ça. Parce que je ne vois pas pourquoi ils l'auraient appelé. Qui ils d'ailleurs...? Ah oui l'hôpital. J'ai le cerveau en vrac. Pas que le cerveau en fait, je sens que j'ai mal aux côtes aussi et aux mains. Je referme les yeux un instant, un clignement de paupières à peine, pour essayer de réaliser un peu, essayer de voir si je me rappelais de quelque chose. Mais non, il n'y avait rien qui revenait dans ma mémoire. Je ne sais pas pourquoi je suis là. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre l'appartement de Neena où je prenais un café et la chambre d'hôpital où je suis parce que visiblement, j'ai mal à des endroits pas normaux. Comme la tête...Je me suis cogné...?

Le petit "hey" de Francis est...étonnement doux, presque inquiet. En tout cas, j'ai l'impression que c'est ça, mais je ne suis pas très doué pour remarquer ce genre de choses. Pendant une seconde, je souris. En fait...Ouais je l'ai évité, vraiment, pour ne pas avoir à affronter des leçons de moral sur ma consommation d'alcool et mon absentéisme, tout en fait. Mais là je suis heureux qu'il soit là, ça me soulage de savoir qu'il est venu même si je ne voulais pas le voir quelques heures plus tôt. J'aurais sincèrement cru qu'il ne serait pas venu. Et pourtant il est là.

Je lui dirais bien mais je n'ai pas vraiment le temps de dire quoi que ce soit. Il répond assez sévèrement...Froidement en fait on peut presque dire. Je ne remarque pas grand chose en ce qui concerne les sentiments, c'est un fait, je suis un handicapé social et je me demande même comment j'arrive à pécho des filles. Mais là je remarque qu'il m'en veut, qu'il me reproche quelque chose, je le sens bien. C'est comme si on me mettait une claque. L'instant d'avant, il avait l'air inquiet, on aurait dit qu'il était touché de me voir comme ça et là...C'est comme si je le décevais. Mais pourquoi ça me touche à ce point ? J'ai l'impression d'être un enfant qui déçoit ses parents, j'ai envie de me cacher ou de me sauver quand je le vois comme ça. J'ai l'impression qu'il va me hurler dessus, comme mon père. Mon...Il est parti j'étais jeune mais...Pourquoi j'ai l'impression que c'est pas le cas...? Mais qu'est-ce qu'il se passe...? J'entends des voix dans ma tête, celle de mon père justement, qui me dit que je lui fais honte...Après ça en général...Nan, il était parti j'étais petit, je ne peux pas avoir des souvenirs adolescents de lui.

Je lève une main et la pose sur ma tempe, en fermant les yeux. J'ai du prendre un gros coup sur la tête pour que ça me chamboule les idées comme ça, ce n'est pas possible autrement. Je rouvre les yeux et les pose sur Francis, je le détaille de haut en bas. A-t-il fait tout ce chemin depuis chez lui pour me crier dessus et me reprocher des choses...? Est-ce qu'il ferait vraiment ça ? Si c'est le cas...Peut-être que je ne le connais pas aussi bien que je le pensais. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne le pense pas capable de faire ça. Je veux croire qu'il ne le fera pas là en tout cas. Et que peut-être je pourrais encore l'éviter toute ma vie pour ne pas subir ses reproches. Je crois que ça me ferait du mal de les entendre. Je tiens bien plus à Francis que je n'ai tenu à mes autres partenaires. C'est un vrai ami. Je le crois. Et je veux pas décevoir mes amis. J'ai déçu trop de monde jusqu'à présent. Si j'évite les reproches, c'est comme si je ne décevais pas les gens hein ?

" Tu...Je ne sais pas...ce qui s'est passé...Mais tu as l'air...en colère et...je comprends pas pourquoi... " Mes paroles sont un peu saccadées, je m'en rends compte. J'ai un peu de mal à formuler les phrases dans ma tête pour les faire prononcer à mes cordes vocales. Quelque chose me trouble quand je le regarde, je ne sais pas ce que c'est. Mais c'est ce même genre de choses que quand je pense à mon père. Mais non c'est ma tête, j'ai pris un coup, j'ai mal, ça fait un peu n'importe quoi c'est tout. « Wade...Tu sais très bien que ce n'est pas juste cette blessure qui te dérègle hein ? Tu ne sens pas qu'il y a quelque chose qui cloche ? Voyons...Réveille toi Wade, il faut reprendre tes esprits. » Cette voix me vrille la tête, je cherche mais non il n'y a bien que Francis ici...Tout le monde entend sa conscience dire n'importe quoi tout le temps, c'est normal. Mais cette voix-là me semble venir de l'extérieur de ma tête, comme si c'était prononcé par quelqu'un d'autre. Qu'est-ce qui m'arrive...? " Dis...J'ai pris...un grand coup sur la tête...? " Si ce n'est pas ça, je ne sais pas ce que c'est.

Je tente de me redresser un peu, pour mieux regarder autour de moi, il doit y avoir quelqu'un d'autre pour me parler. Même si Francis n'a pas l'air de voir qu'il y a quelqu'un d'autre, c'est forcément le cas. Mais en tentant de bouger, je gémit un peu, j'ai senti une douleur dans mes mains et dans mes côtes plus vives. Je regarde mes mains, elles sont égratignées, j'ai du tomber pendant l'accident et me les écorcher par terre. Mes côtes...J'espère qu'elles ne sont pas cassées, ça fait mal ce genre de trucs et ça met du temps à soigner. Même pour moi qui guérit étrangement vite...J'ai peut-être été renversé par quelque chose. Pas une voiture, j'aurais mal aux jambes à cause du pare-choc, mais quelque chose a du me rentrer dedans. J'essaie de me souvenir, je fais un effort pour me concentrer sur ma soirée chez Neena, au moins pour savoir quand j'en suis parti. Je ne sais même pas quelle heure il est. C'est noir pour l'instant...Je reporte toute mon attention, dispersée, vers Francis, je ne me rappelle pas mais il saura peut-être... 

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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Mer 21 Déc - 16:12






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I got buried with your bones



Le blond posa son regard sur son ami, étendu sur ce lit d'hôpital. La chambre était si glaciale... Ou alors c'était lui qui avait si froid ? Oui, sans doute. Il s'était senti si impuissant en apprenant la venue de Wade dans cet hôpital. Il s'était senti si... achevé. Comme si sa vie avait été sur le point de s'éteindre, comme si la flamme qui le tenait en vie venait de flancher. Il avait eu si peur putain. Il ne s'était jamais senti aussi faible, même après avoir été complètement amoché et épuisé après une altercation avec un détenu. Jamais il n'avait été si... amorphe, si impliqué dans ses sentiments. Et cela l'effrayait. Pourquoi s'était-il mis dans un tel état ? Wade était son meilleur ami, mais il n'avait rien de trop grave, et même en sachant cela, le blond n'avait pu s'empêcher de réagir comme si ça avait été la fin du monde. De son monde. Wade n'est pas mon monde... C'est juste mon meilleur ami...Même en se disant cela, il sentait que c'était faux. Voilà à quoi il en était réduit, à batailler sans cesse dans tout son être, à tenter de calmer les deux parties de lui qui voulaient étriper mais aussi enlacer Wade. Il ne devait pas se laisser emporter, vraiment. Et surtout pas maintenant. Francis inspira un bon coup et souffla longuement, pour reprendre contenance. Il observa attentivement Wade, qui venait de poser sa main sur sa tempe, sûrement pour vérifier l'état de sa tête. Il ferma les yeux. Il avait dû subir un sacré choc tout de même, et Francis ne pouvait pas s'empêcher de se sentir mal pour lui. Wade finit par rouvrir les yeux et se tourna vers son ami. Francis fut submergé d'une vague d'un sentiment indescriptible, un peu comme de l'appréhension, mais aussi de l'amertume. Malgré tout, sa poitrine picotait sous ses vêtements tandis que Wade le détaillait du regard. Il ne parlait pas, et Francis non plus. Il n'y avait que leurs yeux pour se parler, seuls eux semblaient vouloir se raccrocher aux autres, renouer le contact.

« Tu...Je ne sais pas...ce qui s'est passé...Mais tu as l'air....en colère et...je comprends pas pourquoi... »

La faiblesse de son ami percuta Francis au plus profond de son âme. Il ne l'avait jamais vu dans un état pareil, et la hachure dans sa voix.. C'était si douloureux. Si déplaisant et un poil gênant, mais Francis ne pouvait que se concentrer sur la douleur et la peine de son ami. Il l'avait assimilé en lui, si bien que sa rancoeur envers lui s'était apaisée. Comme touché par l'état de Wade, il s'était adouci. En le voyant regarder autour de lui, comme s'il cherchait quelque chose, Francis s'était inquiété. Wade avait-il oublié quelque chose ? Son téléphone peut-être ? Francis l'observa tandis qu'il scrutait la pièce de ses yeux inquisiteurs et comme affolés. Francis se rapprocha de lui, prêt à lui prendre le bras, pour le ramener à la réalité. Le ramener à lui.

« Dis...J'ai pris...un grand coup sur la tête... ? »

Francis se stoppa, son bras suspendu au dessus de la barrière du lit mécanisé. Wade avait dû halluciner, autrement c'était impossible de se sentir si affolé, d'avoir cherché du regard une créature invisible. En tout cas, c'était ce que pensait le flic. Francis tendit la main vers lui, pour l'aider à se redresser. Le brun venait de se relever un petit peu, comme pour mieux s'installer, ou mieux observer la pièce. A croire qu'il avait du mal à intégrer qu'il était dans un hôpital.

« Eh, ça va ? … Tu as perdu quelque chose ? »

Question idiote, certes, mais le fait de voir Wade soudainement très inquiet et se mettant à regarder partout, comme s'il cherchait un truc, c'était assez perturbant pour le blond. Wade qui était si posé et analysait tranquillement, le voilà totalement chamboulé. Francis trouvait cela normal, après une commotion de la sorte, mais.. Il avait peur que Wade ait changé. Depuis qu'il l'évitait, il avait peur que son meilleur ami ait découvert quelque chose, ou se soit mis en tête de ne plus le voir.. Pourquoi tu as fait ça...? Francis posa son regard sur lui, inquiet, tandis que Wade observait ses mains en gémissant. Ces petits bruits faisaient si mal à Francis... Mais pour quelles raisons ? Pourquoi il se mettait dans un état pareil ? En regardant son ami, il ne ressentait plus que de la peine et sa colère avait complètement disparu. Un reste d'amertume flottait toujours dans sa gorge, mais il s'inquiétait trop pour lui pour la laisser s'échapper. Francis attrapa la main de Wade pour observer les dégâts. Il n'avait pas vraiment eu le temps d'analyser sa main auparavant, et puis, ça lui permettait d'avoir un contact physique avec lui, chose qui lui manquait cruellement. La pulpe de ses doigts effleurait la paume de Wade, à mesure qu'il scrutait les croûtes et cicatrices. Ce léger contact fit faillir des étincelles en lui, répandant une douce chaleur rassurante au creux de son être. Il finit par laisser sa main et se tourna vers lui.

« Oui Wade, tu as reçu un sacré choc. Sa voix s'était adoucie elle aussi. Il lui sourit, doucement. On ne m'a pas tout expliqué mais... Tu as été renversé par un vélo apparemment, je sais pas comment. Et tu es tombé, tu as dû chuter sur ta tête, et tu as été inconscient quelques temps. Voilà pourquoi tu es ici. »

Le flic avait détaillé Wade de long en large et en travers, tentant d'observer le reste des dégâts qu'il n'avait pas vu auparavant, trop occupé à s'inquiéter pour lui. Il se rendit compte d'à quel point il avait été ridicule, à lui avoir serrer la main, tout contre lui, et puis ne parlons pas de ses pleurs... Wade avait rendu Francis si faible... et le blond ne savait pourquoi ni comment, mais il aurait tout donné pour lui, même sa vie. Il ne voulait plus jamais voir Wade loin de lui.

« Tout s'éclaircira prochainement. Pour l'instant, tu as besoin de te reposer. Tu comprendras tout bien plus tard. »

A cet instant, Francis se sentit de trop. Son ami avait traversé l'enfer, et lui, il était là, à se demander s'il devait être gentil avec lui ou plutôt le dénigrer parce qu'il l'avait évité. Il se sentait si stupide... Bien évidemment qu'il aurait dû être là pour lui, même avant son accident ! Et à la place il avait lui-même été en stand by... C'est de ma faute à moi aussi... Francis s'en voulait vraiment, d'avoir été ainsi froid avec lui, si ingrat. C'était pour cette raison qu'il se sentait de trop. Wade avait besoin de Francis, mais pas de ce Francis. Il avait de son meilleur ami, pas du moralisateur à la noix. Le blond se recula sur sa chaise, croisant ses bras sur sa poitrine.

« En attendant, je vais rester avec toi. Maintenant repose-toi. »

Il sentit le regard de Wade sur lui, et ne pouvais vraiment tenter de le décrire. Il était si instable et fragile actuellement, que ses intentions pouvaient être totalement erronées. Francis sentit tout de même que Wade avait besoin d'être rassuré, et ça il le comprenait très bien.

« Je ne partirai pas, je ne te laisserai plus jamais de côté Wade. D'accord? Je te le promets. »




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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Mer 21 Déc - 17:43


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Ce sera plus jamais pareil hein ? Il n'y a personne d'autre dans cette foutue chambre, juste Francis et moi, je le vois clairement. Alors pourquoi est-ce que cette voix semble venir d'en dehors de mon crâne alors hein ? Il ne peut y avoir personne d'autre, il n'y a personne d'autre. Donc personne pour me parler. Ce n'est pas le moment de perdre la boule et j'espère que c'est vraiment l'espèce d'accident que j'ai eu qui a provoqué ça. Sinon...Je suis peut-être en train de tourner maboule. Ce ne serait pas une bonne nouvelle, pas du tout du tout. Et on me ferait enfermer en plus si je commençais à dire que j'entends des voix ou que j'ai des....souvenirs faux qui me reviennent en tête. Mais ce n'est que le coup à la tête. Francis me confirme que j'en ai bien pris plein la gueule, c'est ce qu'il me semblait ouais. Un accident de vélo...? Je me suis fait éclater la tronche par un vélo ?! Mon dieu c'est la honte, presque pire que de mourir écrasé par une Twingo...

Francis a encore changé d'attitude, du moins j'en ai l'impression. C'est étrange, c'est l'impression que ses sentiments font le yo-yo, je ne comprends pas pourquoi. Il a eu si peur pour moi ? Je suis peut-être resté un peu inconscient mais quand même, était-ce bien la peine de s'inquiéter autant...? Je ne crois pas mériter qu'on s'occupe autant de moi, qu'on s'inquiète à ce point pour moi alors que je suis et resterai un salaud fini. Y'a aucune raison qu'il s'inquiète, qu'il soit sympa ou quoi, c'est vraiment pas quelque chose que je comprends. Je réfléchis tellement à ce qui s'est passé, à ce qui se passe là que...je remarque tout juste quelque chose d'étrange. Il me tient la main. Pourquoi je me sens comme ça d'un coup...? Je suis troublé. Totalement perdu, et pas juste à cause de mon état, j'ai l'impression que mon cœur a sauté un battement ou deux quand il m'a pris la main. Il a l'air de regarder les égratignures dans mes paumes. Moi j'ai les yeux rivés sur les siens. Je déglutit un peu, le visage inexpressif à cause de la surprise, il passe le bout de ses doigts sur ma paume, doucement. Je me sens...tout chose, y'a pas vraiment d'autre expression. Est-ce que c'est encore ma tête qui joue des siennes...?

« Mon pauvre Wade, tu es en train de perdre la boule là. Reprends toi ! C'est ton ennemi, ce gars, tu te rappelles pas, mais il a voulu te tuer plein de fois ! » Je papillonne un peu pour essayer de me remettre vraiment les idées en place, d'écarter cette voix qui s'introduit dans mon esprit...Je ne comprends même pas de quoi elle parle c'est n'importe quoi. J'essaie d'oublier ça, d'écouter Francis. Il m'a parlé d'un vélo, je crois que ça me dit un truc. Je crois que oui, j'ai du me faire renverser sur le trottoir, je me rappelle un peu de ça, un vélo avec des couleurs à la con, genre livreur...C'est possible vu comment ils conduisent ces gens-là. Au moins, on m'a pas laissé sur le carreau, on m'a emmené à l'hosto...C'est déjà un point positif à cette histoire...J'imagine pas la tête des médecins en constatant que j'étais complètement bourré, ils ont du me prendre pour un pilier de bar incapable de rentrer chez lui en un seul morceau. Je suis peut-être un peu comme ça...

Il essaie de me rassurer, alors que les minutes d'avant, j'étais persuadé qu'il allait me hurler dessus. C'est tellement...étonnant. J'ai envie de lui dire que ça va, même si je n'en suis pas convaincu et que je n'en ai pas l'air. Il est tellement inquiet on dirait c'est troublant, je me sens mal qu'il s'inquiète autant que ça pour moi. Vraiment, c'est horrible de se dire qu'on a ignoré quelqu'un, qu'on l'a évité pendant des jours et de voir que...qu'il s'inquiète réellement et qu'il a peur...J'ai vraiment l'impression de ça, dans mon brouillard de comateux accidenté. Mais si c'était tout...Je me sens mal quand il me dit ça...Francis vient de me dire qu'il n'allait plus me laisser, plus me quitter...J'ai du mal à savoir si j'ai bien entendu ou c'est cette espèce de voix qui dit des choses sans qu'elles soient vraies. Pourquoi me dit-il quelque chose comme ça ? En même temps, j'ai l'impression que je suis heureux de l'entendre, il m'a manqué je crois au fond, derrière le chagrin, la colère et l'alcool.

Je le regarde, sans vraiment comprendre. J'ouvre la bouche, mais rien n'en sort, comme un poisson hors de l'eau, prêt à gober quelques mouches bien fraiches. Heureusement, c'est un hôpital, il n'y a pas de mouche. Je parviens enfin à parler, une fois la surprise passée... " Tu...? J'aurais pas du t'éviter...C'était pas ce que je voulais...Mais je savais pas quoi faire, c'est difficile en ce moment pour moi... " 

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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Mer 21 Déc - 20:36






I really need you  

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If you don't get it off your chest...



Francis avait été très peu attentif aux réactions de Wade lorsqu'il lui avait pris la main. Lui-même ne savait pas vraiment par quelle force il avait été poussé pour réaliser ce geste. Ce n'était pas lui, et pourtant, il s'était senti... bien. Rassuré même, par ce simple contact. Il avait pu le frôler, se rendre compte encore une fois que Wade était bien là, bien présent dans ce lit. La réalisation était difficile, et Francis ne voulait plus l'abandonner. Il ne voulait plus revivre ces instants, ces moments où il réalisait qu'il avait merdé, et que Wade allait mal. Plus jamais ça. Les égratignures sur sa paume étaient encore fraîches, elles n'étaient que bénigne, heureusement. Après s'être un peu rassuré, Francis s'était reculé sur sa chaise, et avait ainsi pu rassurer son ami lui aussi. Il n'allait plus partir, il resterait aussi longtemps qu'il le faudrait.

Le blond sentit que Wade était dans un état un peu second, il semblait un peu à l'ouest, mais au moins, il ne cherchait plus n'importe quoi dans la pièce. Comme s'il avait retrouvé quelque chose. La raison, peut-être. Il pouvait sentir Wade à ses côtés, il ressentait sa chaleur se répandre autour de lui, il pouvait voir qu'il reprenait un peu de contenance et de couleur. Il semblait vouloir aller mieux, et Francis l'espérait de tout cœur. Il n'aimait vraiment pas le voir dans cet état, si faible et si fragile. Et lui-même, ne pouvait rien faire d'autre, à part rester là avec lui. Wade le regardait, incertain et Francis avait levé ses yeux sur lui. Son ami ouvrit la bouche, mais rien ne sortit, ce qui tira un léger sourire au blond.

« Tu... ? J'aurais pas du t'éviter...C'était pas ce que je voulais...Mais je savais pas quoi faire, c'est difficile en ce moment pour moi... »

Francis sentit son cœur rater un battement. Il le sentit glisser de la prison de sa cage thoracique, pour se déverser plus loin, il le sentait couler en lui. Ce que Wade venait de lui dire... Cela le rendait si nostalgique. Francis se rappela de sa jeunesse avec lui, de sa rencontre, et de leurs moments passés à boire comme des trous, et à rigoler au poste de police.. Putain, qu'est-ce qu'il lui avait manqué. Wade comptait énormément pour lui, et Francis ne voudrait le perdre pour rien au monde. Cela avait été si dur de le voir s'éloigner, et Francis ne savait toujours pas pourquoi il l'avait fait. Pourquoi tu es parti Wade ? Il ne pouvait s'empêcher de se blâmer, lui aussi avait sa part de responsabilités dans l'histoire. Malgré tout, Francis se sentit soudainement si heureux que Wade reprenne un peu de raison. Il n'avait rien confessé de trop secret, il lui avait juste dit qu'il ne voulait pas l'éviter, que ce n'était pas ses intentions. Peut-être qu'il avait juste voulu rester seul un temps.. Ou peut-être qu'il avait voulu le voir, lui parler, mais qu'il n'avait pas pu, parce que Francis n'avait pas pris de ses nouvelles trop souvent. Toutes ces pensées trottaient dans la tête du blond, et lui infligeaient un mal de crâne terrible. Il devait arrêter d'essayer de comprendre tout de suite, tout viendra en temps et en heure... Francis voulait tellement le retrouver, le toucher à nouveau. Il ne cessait de vouloir se rapprocher de lui, toujours plus, comme magnétisé par son état. Il avait voulu être au plus près de lui, pour l'aider. Oui, pour l'aider... Et lui-même avait besoin de contact, sans cesse, il avait besoin de lui, de vérifier qu'il ne s'en irait pas. Il en avait toujours besoin, même après avoir vérifié plusieurs fois déjà. Il avait si peur qu'il lui file entre les doigts à nouveau, et qu'il l'évite encore... Qu'il ne s'échappe et ne revienne plus jamais.. Il ne pourrait pas le supporter. Pas une seconde fois. Le blond laissa tout de même un ricanement amer s'échapper de sa gorge. Ça avait été difficile pour lui ? Il n'avait pas idée d'à quel point ça avait été dur pour Francis. Dur de passer ses journées à espérer croiser Wade quelque part. Dur de s'endormir la nuit, quand tout ce qui occupait ses pensées, était de savoir si Wade allait bien, s'il vivait toujours. Dur de se lever le matin pour se dire qu'il ne le reverrait plus. Dur d'arriver au poste et de voir son bureau désespérément vide... Et voir Elie tous les jours en plus de ça, lui rappelait brutalement la distance qui les séparait. Le vide laissé entre lui et son meilleur ami. J'avais tellement besoin de toi... Francis avait traversé une période difficile avec l'éloignement de Wade, mais s'était beaucoup rapproché d'Elie. Malheureusement, cette dissonance avait créé un gouffre en Francis, si bien qu'il avait parfois du mal à s'endormir. Tout ce qui occupait ses pensées était Wade. Ou ce qui était lié à lui. Ses enquêtes ne menaient à plus rien, quasiment, même ses collègues ne pouvait pas lui remonter le moral comme l'aurait fait la simple présence de Wade. Ça avait été difficile pour tous les deux, et Francis retenait de justesse son amertume et sa colère, il ne voulait pas se laisser aller alors qu'il avait réussi à se calmer. Il ne voulait pas blesser son ami encore plus. Et surtout, il voulait retrouver leur amitié d'avant. Il avait l'impression que ça s'était terni entre eux, que tout était devenu gris à mesure que Wade s'en allait. Le revoir, là, sur ce lit d'hôpital, avait ravivé quelques couleurs en Francis, mais il sentait toujours que c'était différent, que quelque chose avait changé. Il ne voulait certainement pas le perdre, plutôt mourir.

« Maintenant tu t'en rends compte au moins... souffla-t-il, légèrement amer. Wade... Tu es mon meilleur ami. Tu aurais pu me parler de tes soucis, de ta vie ! Je suis pas un chien que tu te trimballes, bordel. Je... »

Il s'arrêta net. Il ne pouvait pas continuer, sinon il allait se laisser emporter, et il allait s'énerver, malgré que ce soit la dernière chose qu'il voulait. Il ne pouvait pas continuer. Pas de la sorte. Il soupira, chassant les restes de ses ressentis, pour retrouver son air sympathique et compatissant.

« Je ne te demande qu'une chose Wade... La prochaine fois... Parle-moi... Ne me laisse plus en plan comme ça. J'ai cru que tu étais mort à un moment ! »

Il venait d'hausser le ton. Il n'avait pas fait attention, et sa tristesse et sa colère avaient repris le dessus. Ses traits étaient légèrement tirés, mais il avait plus l'air fatigué que vraiment énervé. Francis ferma la bouche, ses mains tremblaient, et il ne pouvait les contrôler. Il serra à plusieurs reprises ses poings, pour essayer de limiter les dégâts et les tremblements. Mais rien n'y faisait. Il posa alors ses mains sur ses cuisses et les serra très fort. Francis ferma les yeux, bouillonnant. Oui, il avait cru que Wade était mort à un moment. Il était si inquiet pour lui, il s'était senti si mal... Il en avait versé quelques larmes cette fameuse nuit, mais ne s'en souvenait plus. Pourtant... Ses yeux le brûlaient à nouveau. Il sentait ces petites perles qui voulaient resurgir et il n'avait plus aucun contrôle sur elles. Il avait eu si peur pour lui, qu'il soit mort, sans qu'il n'ait rien pu faire... Qu'il ne cessait de repenser à la probabilité qu'il soit mort. Et ses émotions l'emportaient dans un tourbillon si puissant, lui rappelant sans cesse cette nuit-là. Il ne pouvait tout simplement pas imaginer sa vie sans lui. Il ne pourrait plus avancer sans son meilleur ami à ses côtés... Une décharge électrique se répandit en lui, et son cœur commençait à battre plus fort et plus vite. Francis releva un regard brouillé et perdu vers son ami, les lèvres tremblantes. Il se fichait de savoir de quoi il avait l'air. Il savait très bien qu'il n'était rien comparé à Wade Wilson.

« Tu vois ce que tu as fait de moi ? Pointa-t-il, la voix hachurée par les tremblements. Dans quel état tu me mets ? Je sais même pas pourquoi je réagis comme ça putain... »

Francis baissa la tête et se la pris dans ses mains. Ses coudes sur ses genoux, il tentait tant bien de mal de contrôler son corps encore tout tremblant. Il avait si peu de volonté à présent, qu'il n'avait aucune idée de ce qui allait se passer. Peut-être qu'il allait complètement dérailler et partir en frappant partout. Ou peut-être qu'il allait juste rester et se tenir tranquille par un quelconque miracle. Il n'en savait fichtrement rien... La seule chose qu'il savait, c'est qu'il avait besoin de la personne qui le mettait dans cet état, même s'il savait que Francis allait finir par éclater en un millier de morceaux.




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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Mar 3 Jan - 16:26


I really need you

Ce sera plus jamais pareil hein ? Pourquoi ce moment est aussi difficile et dur à vivre...? D'habitude, c'est pas comme ça entre Francis et moi. En temps normal, on discute, on rigole, on picole, on s'engueule...Un peu de tout mais jamais de ça. Je me suis jamais senti aussi mal en lui parlant, aussi impuissant et vulnérable. Mais aussi coupable. Même avec Elie. Et pourtant c'est terrible ce qui s'est passé. Mais non, jamais j'ai été dans cet état-là, c'est douloureux. J'ai l'impression de n'être qu'un minable et un misérable, juste un pauvre type qui fait souffrir toutes les personnes autour de lui. Et d'habitude...Ben d'habitude, j'en ai presque rien à foutre mais pas là. Pas avec lui. Et mon cerveau tout embrouillé n'aide en rien. Je fais ce que je peux pour avoir les idées claires mais, j'essaie de me concentrer sur ce qu'il dit. Au moins, cette drôle de voix s'est tue un peu, je n'entends plus que la voix de Francis. Heureusement. Je vais probablement mettre du temps à me remettre de cet accident dont je n'ai aucun souvenir en plus...Juste vaguement en fait. Je suppose que ça va revenir plus tard...

Mon coéquipier haussa soudainement la voix. Je comprends soudainement qu'il a eu vraiment peur, qu'il s'est inquiété pour moi plus que je ne pouvais le penser. Plus que je ne le mérite aussi sans aucun doute. Je ne mérite pas qu'on se mette dans un état pareil pour moi, je ne suis pas quelqu'un d'assez bien pour que des gens s'inquiètent autant à mon sujet...Je ne sais pas quoi faire, je regarde Francis, totalement impuissant. Ses mains tremblent, ses traits sont tirés, que ce soit par la fatigue ou la colère, je n'en sais rien. Il fait un peu peur à voir, il a l'air de souffrir réellement, d'être dans un état aussi douloureux que le mien. C'est fou de ne pas s'en rendre compte hein...? Ce n'est pas juste à cause de ma tête, je ne me rends jamais compte de l'état des gens avec moi, je suis tellement stupide des fois, c'est terrifiant...Comment des gens peuvent-ils encore tenir à moi...? J'ai envie de lui dire que je ne ferai plus jamais ça, que je ne le laisserai plus sans savoir et que je lui parlerai plus. Et je sais pas pourquoi ! Bon sang je suis dans un tel état, ça bouillonne de partout. Mais ça ne se voit pas autant que lui je suppose. J'en tremble un peu malgré tous mes efforts pour mon contrôler. Il reprend et sa voix tremblante me fend littéralement le coeur, j'ai l'impression qu'il va exploser.

Ma respiration s'accélère et je déglutit difficilement. Ignorant la douleur, je me redresse franchement et me penche vers lui. Tant pis si on doit me refaire des points, si je m'évanouis ou quoi, ma santé là j'en ai rien à faire, ce qui compte c'est juste lui. Pourquoi est-on tous les deux dans cet état-là...? On est collègues, on se connait depuis l'école de police, on a été concurrents, adversaires et maintenant amis, quoi qu'encore un peu rivaux parfois je suppose. J'ai l'impression pourtant qu'il y a quelque chose de différent à présent. Notre relation a évolué vers quelque chose que je ne comprends pas, que je n'arrive même pas à définir...Mais qu'est-ce qui nous arrive...? J'ai envie de hurler, faire sortir tout ce que j'ai dans la tête pour retrouver ma lucidité et savoir quoi faire. Parce que là je ne sais pas du tout quoi faire. Est-ce que je dois le consoler ? Est-ce que je dois avoir peur de son état ? Est-ce que je dois lui dire ce qui se passe dans ma tête ? Alors que moi-même, je ne suis pas certain de ce qui s'y passe...? Mes yeux se brouillent un peu, surement la commotion qui se fait sentir parce que je me suis redressé...

" Francis...Je suis tellement désolé. Je voulais pas te mettre dans cet état...Si j'avais su...Crois moi je serais venu te voir tout de suite. Te voir comme ça...Je suis tellement mal... " Je baisse la tête et je me rends compte que c'était pas la commotion qui me brouillait les yeux. C'est des larmes qui se mettent à couler sur mes joues. J'en pleure...? Je veux pas me mettre dans un état pareil mais je peux pas faire autrement...Je me penche vers le bord du lit, et je prends sa tête dans mes mains, avant d'approcher ma tête et de murmurer. " Je t'en prie, pardonne moi. Je ferai plus jamais ça. Je resterai là pour toi, je me sauverai plus comme ça. Mais pardonne moi pitié. " 

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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Jeu 5 Jan - 0:25







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La tête baissée, Francis se lamentait silencieusement, la tête entre ses mains. Il ne cessait toujours pas de trembler, bien que la fréquence de ses soubresauts avaient diminués. Francis ne sentait même plus son corps tellement il était fatigué. Ses traits tirés n'arrangeaient en rien son faciès déjà bien amoché par la tristesse et les larmes. Il pouvait à peine se contrôler et il sentait pourtant ses mains fermement enserrées autour de son crâne. Il allait exploser. Vraiment, il se sentait totalement impuissant et il savait qu'il allait éclater. Il espérait seulement ne pas le faire devant son ami... Après tout, malgré que Wade l'ai réellement blessé, il ne pouvait pas continuer éternellement à lui en vouloir. Il savait très bien qu'il finirait par revenir vers lui, car Francis savait qu'il avait besoin de lui. Pas un jour ne passait sans qu'il ne pensait à son camarade, à son adversaire, à son meilleur ami. Imaginer sa vie sans lui, c'était tout simplement impossible. Le blond ne pouvait pas se penser sans Wade à ses côtés, c'était trop dur pour lui. Là, ces jours sans lui avaient semblé comme des semaines, des années. Francis était habitué à côtoyer certaines personnes au cours de la journée et bien qu'il y en ait certaines dont il se passerait très bien de leur présence, il y en avait d'autres dont il ne pouvait tout simplement pas oser s'éloigner même pendant quelques secondes. Et Wade en faisait partie. Alors autant dire que c'était vraiment des jours très chaotique pour le blond, il avait vraiment cru perdre la raison à certains moments. Mais voir Elie en rentrant chez lui, lui rappelait sans cesse de garder espoir. Elie aurait été au courant si quelque chose s'était passé. Pourtant, elle n'était pas encore au courant, mais Francis se doutait bien que ce n'était pas à lui d'expliquer à la jeune fille que son père était à l'hôpital. Et pour le coup, tout le monde avait bien merdé. Wade avec ses problèmes qu'il gardait pour lui, Francis et sa pseudo-fierté mal rangée, Elie et son caractère aussi fougueux que celui de son père. Francis en aurait rigolé, de leur dynamique très étrange, s'il n'avait pas été aussi perturbé par ses émotions. Dans l'état actuel des choses, il n'y avait plus qu'une douleur lancinante au creux de sa poitrine, et ses bras congestionnés qui lui rappelaient qu'il était toujours là, à l'hôpital, sur cette chaise blanche et froide. Cette chaise qui contrastait totalement avec son état actuel. Lui qui était bouillonnant et rouge à cause de ses efforts pour se retenir de hurler et de tout balancer à terre. S'il avait pu, il se serrait certainement écrasé la tête contre un mur, pour pouvoir faire partir toute cette haine et cette colère qui remontait. Malgré tout, c'était la tristesse qui reprenait le dessus, le chagrin d'avoir été si éloigné de son ami pendant tellement longtemps. Il lui avait tellement manqué et il ne pouvait même pas le lui dire, trop fier et trop... emporté par ces flux négatifs et malsains qui inondaient son âme.

Le blond finit par renifler très gracieusement, les yeux rougis et les larmes toujours présentes. Il essuya d'un revers de main expert les quelques perles salées qui inondaient son visage tiré, et sentit Wade se redresser sur son lit. Il releva son regard vers lui, ses mains s'abaissant sur ses cuisses. Il semblait avoir fini de trembler, comme intrigué par son collègue, comme si son acte avait stoppé le sien. Il était en alerte, les pieds posés au sol et prêt à bondir si jamais Wade osait faire un geste quelconque et mal calculé pour son état. Francis s'interrogea quand même sur la santé mentale de son ami. Pourquoi se redressait-il alors qu'il était alité ? Pourquoi il se mettait encore une fois en danger ? Francis s'avança vers lui, prêt à intervenir, malgré son état déplorable à lui aussi. Pourtant, ses traits tirés étaient maintenant un peu plus adoucis, comme s'il s'inquiétait à nouveau pour lui.

« Francis...Je suis tellement désolé. Je voulais pas te mettre dans cet état...Si j'avais su...Crois moi je serais venu te voir tout de suite. Te voir comme ça...Je suis tellement mal... »

Wade avait baissé la tête à la suite de sa tirade, et Francis sentit comme un coup de poignard dans son cœur. Il avait sentit cette vague de froid se répandre en lui, sa poitrine se serrer à l'entente des paroles de son ami. Il se sentait si mal sur le coup... Il avait merdé, lui aussi, et encore une fois. Francis voulu instantanément toucher Wade, sentir son être contre lui pour le rassurer, pour tenter de le réconforter lui aussi. Il en avait tellement besoin, et encore plus que lui. Wade avait tellement eu besoin d'aide et Francis n'avait rien fait.. Il se sentait tellement mal d'avoir mis son ami dans cet état, et quand il remarqua que Wade commençait à.. à pleurer lui aussi, il sentit son cœur rater un battement. Son organe vital glissa jusque dans ses chaussettes et il approcha ses mains de lui comme pour tenter de le retenir, de faire rentrer ses larmes qui n'avaient rien à faire sur le visage de son meilleur ami. Et lui-même senti que des larmes recommençaient à se former aux coins de ses yeux. Il avait soudainement honte de l'avoir mis dans cet état, si honte. Je suis désolé... Francis senti soudainement les mains de son ami se poser sur lui, prenant doucement sa tête entre ses mains. Le blond écarquilla les yeux, de stupeur et aussi de surprise. Pourtant, ce simple geste, si doucement procuré par Wade finit d'assécher les larmes de Francis. En quelques secondes, son cœur avait encore une fois raté un battement. Il allait finir par faire un infarctus avec lui si ça continuait comme ça. Francis avait les yeux ancrés en Wade, il ne pouvait détacher son regard de lui alors que ce dernier s'approchait de lui, collant presque leur fronts l'un contre l'autre.

« Je t'en prie, pardonne moi. Je ferai plus jamais ça. Je resterai là pour toi, je me sauverai plus comme ça. Mais pardonne moi pitié. »

Le murmure provoqué par la supplique de la voix tremblante de son ami avait eu raison de lui. Francis avait fermé les yeux, honteux, et avait comblé la distance entre eux, posant son front contre celui de son ami. Ce contact chaud et rassurant provoqua un écoulement en Francis d'une chaleur agréable et indescriptible. Il osa frôler l'une des mains de Wade, caressant doucement le revers de sa paume, avant de se poser sur son bras, tandis que son autre main agrippait fermement le barreau du lit. Le blond se mordit la lèvre inférieure, pour ne pas se remettre à pleurer. Wade... Il avait carrément merdé et Francis se sentait très mal pour lui. Par sa faute, Wade s'était redressé et avait sûrement rouvert des blessures, tout ça pour pouvoir rassurer le blond. Francis ricanait intérieurement. Il était ridicule, totalement ridicule. Il était si contradictoire, si ambivalent, qu'il ne savait même pas comment réagir correctement. J'suis trop con putain... Il voyait bien que ses sentiments et ses émotions étaient deux entités adverses et qui prenaient le dessus alternativement sur lui, et il remarquait à quel point il pouvait sembler ridicule de se comporter de la sorte, à changer de ton comme de chemise. Wade devait être totalement perdu et encore plus chamboulé que lui, et il avait réagi plus rapidement et efficacement que lui, alors qu'il n'était pas en état. Francis ne pouvait pas se permettre d'amener ses sentiments à lui en avant alors que ceux de Wade devaient être extrêmement perturbés. Encore plus que d'habitude, bien évidemment. Je suis un boulet fini... Francis se fustigea mentalement pour sa connerie monumentale. Il savait qu'il avait des droits légitimes sur ses émotions, mais les exposer au goût du jour, comme ça, devant son meilleur ami alité.. C'était pas fair-play du tout, et même en étant adversaires de cœurs, Francis ne pouvait pas laisser faire ça. Il soupira doucement, son souffle chaud caressant les joues de Wade.

« Wade.. commença-t-il en relevant le regard vers lui. Tu... Je... Il inspira profondément. T'as pas à t'en faire pour moi. Je m'excuse de t'avoir fait culpabiliser ou quoi, je... C'est pas pour ça que je suis là. Je suis venu parce que.. J'ai cru qu'il avait eu quelque chose de grave qui t'étais arrivé et.. Et je pouvais pas te laisser Wade. Je pouvais pas... Te laisser tout seul... Tu... »

Francis ferma les yeux et se mordit la mâchoire. Il était si perdu dans ses flots de pensées qu'il ne pouvait pas aligner deux mots clairement sans que cela sonne insensé. Il fallait qu'il se reprenne et qu'il respire, doucement.

« Je pouvais pas sans toi. J'avais besoin de toi mais tu avais encore plus besoin de moi.. Et je suis stupide de pas l'avoir remarqué et de pas être venu te voir... Francis commença à sentir de nouvelles larmes revenir, mais il s'en fichait. Je suis désolé d'avoir été aussi con, et je voudrai tellement qu'on efface tout ça, que tout redevienne comme avant, où il n'y avait que toi. Et moi... Je sais que ça a dû être difficile pour toi, mais.. Tu... es parti.. Je me suis senti si seul, abandonné.. J'ai eu peur pour toi, et je savais pas quoi faire. Wade.. Plus jamais ça, je t'en supplie... »

Le blond confessait ce qu'il avait sur le cœur, ses ressentis s'exposant en même temps que ses larmes coulaient. Il ne voulait plus jamais devoir se séparer de Wade à nouveau, il était si attaché à lui, après toutes ses années, qu'il n'avait jamais vraiment pensé à ce qu'il se passerait si Wade n'était plus là. Et ces derniers jours avaient été une parfaite mise en situation. Francis savait à présent qu'il ne pouvait plus rien faire sans lui. Il était complètement perdu et ses émotions étaient si archaïques qu'il pouvait finir par s'auto-détruire sans s'en rendre compte. Il avait désespérément besoin de lui, de son pilier dans la vie. Il avait besoin de son amitié, de son soutien, de ses piques, de sa présence, de lui, tout simplement. Francis se sentit soudainement revivre, il respira un grand coup, sentant comme de l'air frais le traverser. Exposer ses sentiments de façon plus douce avait été bénéfique dans un sens. Il avait pu s'épancher sans exploser, et de cela, il se sentait plutôt fier, et assez surpris quand même. Francis sourit à son ami, il avait l'impression que leur amitié revenait sur le tapis, il sentait que ça recommençait, comme avant. Il le voulait, et peut-être que cet incident allait les rapprocher encore plus et.. Que Wade le voudrait aussi.

« C'est toi qui es dans un état déplorable, et au passage t'as une mine affreuse, lança-t-il en ricanant pour détendre l'atmosphère, malgré les quelques larmes qui roulaient encore sur ses joues. Et puis, t'es mon meilleur ami, je pourrai pas t'en vouloir toute ma vie. Bien sûr que je te pardonne, souffla-t-il, son regard irrésistiblement attiré par les pupilles perlées de Wade. »




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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Jeu 5 Jan - 9:13


I really need you

Ce sera plus jamais pareil hein ? J'ignore pourquoi ce contact me fait autant de bien, Francis avait collé son front au mien et cette chaleur soudaine me faisait du bien. Comme sa main sur mon bras. Le savoir là, tout près, ça me réconfortait et ça me faisait ignorer ma tête en vrac, la douleur, tout le reste. Si on pouvait rester comme ça toujours, si on pouvait, lui et moi, ne plus jamais bouger et être là toujours...Je crois que je serais un peu plus heureux. Je ferme les yeux pour savourer ce moment. Repenser à tout ce qui s'était passé ces derniers temps, à Elie, à lui, à moi, au boulot...Tout était devenu si compliqué en l'espace de quelques jours, comme l'univers entier me faisait comprendre quelque chose. Je ne sais pas pourquoi ma vie entière s'est mise à foirer comme ça soudainement, je ne sais pas pourquoi je devrais avoir une vie de merdre ou être malheureux...Mais il semble que quelqu'un, quelque part, a décidé ça pour moi et que cette merde là n'est que le début d'un cauchemar qui ne voudra probablement plus jamais s'arrêter...Si je tenais le gars qui a décidé de ça, je lui fumerais sa race version Liam Neeson à qui on a piqué sa fille...Peut-être même un peu plus encore...Parce que ça se fait pas de décider pour quelqu'un que sa vie va être pourrie, comme ça, de manière totalement arbitraire en plus je parie...

Je sens le souffle de Francis sur ma peau, son contact rassurant toujours là et sa voix, apaisée, qui prononce mon nom. Vous vous demandez surement comment j'ai fait pour savoir que ça le calmerait de le toucher, de lui prendre la tête comme ça. Certes, ce que je lui ai dit aussi a du aider, mais il n'y a pas vraiment que ça. Quand on a un gamin, bizarrement, on se met à apprendre ce genre de gestes. Les petits gestes de la vie courante qui rassurent, qui aident, qui font arrêter de pleurer...Là ce n'est pas totalement vrai a priori, on est tous les deux de vraies gonzesses en ce moment, à chialer comme des mômes. Mais c'est l'idée. Alors oui, forcément, instinctivement je savais quoi faire, c'est comme ça que ça marche. Et c'est étrange, moi qui croyais être un des pires pères de la Création, voilà que je me mets à avoir ce genre réflexes. Le hic quand même, c'est que c'est pas avec ma fille que je me mets à faire ça, mais avec Francis. En général, c'est plutôt une réaction spontanée qu'on a avec un enfant ou...J'ai envie de dire "petite amie" même si du coup, j'en ai jamais vraiment eu depuis Carmelita. Et puis de toute manière, Francis n'est ni l'un ni l'autre alors...C'est juste un truc entre coéquipiers, pour se rassurer parce qu'on a vécu des trucs compliqués. Et le premier qui se moque...

En l'écoutant, j'ai de plus en plus le cœur qui se serre, il va probablement éclater dans pas longtemps si il continue comme ça. J'ai presque pas envie de l'entendre dire des trucs comme ça. Parce que ça remue beaucoup trop de choses à l'intérieur, ça fait l'effet d'un raz-de-marée qui dévaste tout. Tout ce que je sais, tout ce que je pensais ressentir, tout ce que je croyais être vrai ou faux. Et notre relation aussi, ce mélange de compétition, d'amitié, de relation de boulot...C'est aussi mon meilleur ami, je crois pas connaître quelqu'un depuis aussi longtemps que lui et je ne crois pas apprécier quelqu'un autant que lui. A part Elie. Même Neena, avant cette soirée catastrophique, ce n'était pas à ce point-là. Maintenant je crois que je suis encore moins proche de Neena qu'avant. Il nous reste même plus le plan cul régulier pour se voir. Je ne crois pas que je retournerai la voir chez elle ou l'appeler...Elle appartient à un monde différent maintenant : celui des gens responsables et casés. J'ai un peu peur de rester toute ma vie un gamin irresponsable, queutard et alcoolique. Ce ne serait pas la fin du monde, mais ça jette une ombre sur le reste de ma vie quand même...Heureusement, y'a Francis pour me faire comprendre que je ne suis pas aussi minable que je le pense. Sinon il ne serait pas resté là, il n'aurait pas accouru de la sorte, il ne se serait pas inquiété autant...Je soupire longuement. Comme pour essayer de faire retomber la pression à l'intérieur de moi. Mais ce n'est pas vraiment facile et ça ne marche pas vraiment.

On a tous les deux une sale gueule mon petit Francis, pas la peine de faire comme si t'allais bien, ça passe pas. Mais je n'ai pas le loisir de lui dire ce que je pense, le ricanement que j'émets à ce commentaire sur ma tête de déterré me fait mal. Il fait remuer des muscles endoloris, secoue des os qui ont besoin de repos et des plaies qui auraient préféré que je ne me redresse pas de la sorte. Je gémis de douleur, rétractant mes abdos tout d'un coup douloureux et mettant une main sur des côtes probablement pas en très bon état. Bordel ça fait vraiment mal cette connerie ! Faut pas faire rire un malade ou un blessé, c'est pas bien...Je me rallonge dans le lit en grimaçant un peu, les docs vont m'engueuler d'avoir bougé comme ça je parie. Les docs m'engueulent tout le temps de toute manière, dès que je fais un tour à l'hosto, hop je me fais engueuler parce que je fais pas ce qu'il faut. Ils exagèrent les trois quarts du temps. " Je suis plus solide que tu penses, c'est rien. Et puis regarde toi avant de dire que j'ai une sale gueule, t'as une gueule de héros de film à l'eau de rose après sa quinzième rupture avec la fille. Non pas que je m'y connaisse hein dans ce genre de films...C'est Elie qui regarde ça, des fois je passe devant... " Au niveau crédibilité, on repassera, mais on ne sait jamais ça pourrait marcher.

En plus, d'un coup, ça me met le moral dans les chaussettes alors que je souriais l'instant d'avant. Penser à Elie me fait ça. Elle est partie, je ne sais pas où elle est, je n'ai pas non plus appeler pour le savoir, mais elle aurait au moins pu mettre un mot ou dire quelque chose quand elle a décidé de ne pas aller chez Vanessa...Cette gosse je vous jure...Comment être un bon père avec une môme dans ce genre-là hein ? C'est terriblement difficile à assumer. En plus, je suis un père célibataire, personne se rend compte à quel point c'est dur d'élever une gosse quand on est un flic célibataire. J'ai surement un air un peu sombre, d'avoir pensé à elle. Pourquoi j'en ai parlé hein...? Un réflexe, une justification stupide à une remarque à la con, tout à fait mon genre de me faire du mal en pensant à ce genre de trucs comme ça alors que tout allait bien depuis environ dix secondes...Mais quel crétin je suis, un vrai débile. Y'a que moi pour merder comme ça...

Je relève la tête vers Francis, elle était instinctivement descendue à cause de ma soudaine déprime. Je ne lui ai pas parlé de ça, pas du tout vu que je l'ai évité précisément pour cette raison. Je le regarde un moment, avec un air de chien battu à faire frémir n'importe qui. " Elie a foutu le camp, on s'est encore engueulé, je sais même pas où elle est c'est...C'est pour ça que je voulais t'éviter...Parce que j'étais sûr que...Tu serais de son côté, à dire que j'aurais pas du faire ça ou à me faire la morale... " 

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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Jeu 5 Jan - 16:48





I really need you

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La douce chaleur qui se répandait au creux de son être était sûrement la plus légère des sensations que Francis avait ressenti jusque-là. Cet instant à eux, où ils n'étaient que tous les deux, ravivait quelque chose en Francis qu'il croyait perdu depuis longtemps. Il ne se souvenait même plus de la dernière fois où il s'était senti aussi... bien entouré. Et apprécié. Ces instants de douceur, il en avait tellement manqué dans sa jeunesse, et il avait toujours pris la vie de telle sorte que les sensations passaient à la trappe au profit de l'action. Jamais il n'avait pu sentir autant de chaleur près de lui, et cela lui provoquait tant de plénitude, de complétude, d'affection. Il se sentait si bien en ce moment, il aurait souhaité ne jamais s'écarter, ne jamais plus ressentir de froid ou de vide autour de lui. Cette sensation, il la voulait, toute entière, il la chérissait actuellement et ne voulait pas s'en éloigner. Il aurait l'impression de se sentir vide, et jamais il n'avait pris conscience de cette zone incomplète en lui. Maintenant qu'il s'en rendait compte, il avait du mal à comprendre, et aussi à réagir correctement. Il ne se sentait pas digne de cette aura autour de lui, et pourtant, il persistait à la vouloir, encore et encore. Mais il fallait bien se détacher de ses repères un jour, et c'était à contrecœur que Francis se sépara de son ami, pour lui sortir une remarque décalée afin de se changer les idées.

Sa remarque avait eue l'effet escompté. Wade venait de ricaner et cela fit du bien à Francis, de le voir reprendre un peu confiance, de retrouver un semblant de santé et d'avoir pu se ressourcer. Malheureusement, ce regain de vie, de joie, de bonheur sembla de courte durée. L'exclamation de Wade l'avait littéralement achevé. Il s'était redressé sans vraiment se plaindre, et maintenant, un simple ricanement lui coupait le souffle et lui tirait les plus douloureuses plaintes. Wade venait de poser sa main sur son torse et Francis suivit du regard, inquiet pour lui, un léger picotement prégnant dans son ventre. Le gémissement de son ami lui fendit le cœur et il se mordit les joues pour ne pas sombrer également. Il observa son ami se renfoncer dans le lit, en grimaçant. Il a vraiment mauvaise mine. Le constat n'est pas des plus joyeux, et pourtant Francis s'en rendait compte maintenant. Il avait besoin de repos, beaucoup de repos, et d'ici quelques temps, tout irait pour le mieux. Tout redeviendrait comme avant. Malgré tout, il restait encore beaucoup de chemin à parcourir, il restait tellement de choses à se dire, et Francis ne savait pas par quoi commencer. Il avait eu si peur pour lui, pour sa vie, qu'il n'avait pas hésité à venir dans cet hôpital. Pourtant, s'il tenait vraiment à lui, il aurait dû le retrouver beaucoup plus tôt, le chercher partout, comme un fou, comme un dément qui partirait à la recherche de son amour perdu. Et même si Wade n'était pas son amant, cela ne changeait en rien la vision de Francis. Il aurait dû s'y prendre plus tôt, il aurait dû appeler dès le soir où Elie avait débarqué chez lui. Si les voyages dans le temps existaient, Francis en aurait déjà fait les frais, pour tenter de corriger pas mal de conneries, et principalement celle-ci. Celle qui avait pour funeste destinée d'amener son meilleur ami dans ce lit d'hôpital, dans cette chambre froide et lugubre, malgré la blancheur douloureuse des lieux. Son seul regret, avait été de ne pas s'être bougé plus tôt. Et peu importait les conséquences que pouvaient avoir ses actions dans le passé, il aurait tout fait pour changer ce jour-là. Tout, absolument tout. Malheureusement, de tels fantasmes n'existaient pas, ils resteraient ancrés en lui sans jamais voir le jour. Le passé resterait toujours et indéniablement le passé, à jamais inscrit sur la toile du temps avec l'encre du présent. Et seul le futur resterait encore indemne, encore immaculé de toutes traces néfastes, ténébreuses et sombres du passé. Francis ne pouvait pas changer le passé, mais il pouvait tout faire pour tenter de rendre le futur meilleur, de faire en sorte qu'il y en ait encore un, de futur, pour lui, pour Wade, pour sa fille. Pour eux, tous.

« Je suis plus solide que tu penses, c'est rien. Et puis regarde toi avant de dire que j'ai une sale gueule, t'as une gueule de héros de film à l'eau de rose après sa quinzième rupture avec la fille. Non pas que je m'y connaisse hein dans ce genre de fils...C'est Elie qui regarde ça, des fois je passe devant... »

Francis lança un petit sourire contrit à son ami, après sa remarque sur Elie. Il connaissait Wade et savait très bien que ce n'était pas son genre de film, mais chacun pouvait avoir un petit faible de temps en temps. Remarquez, Francis aimait bien regarder des dessins animés, alors bon. No comment. Le blond ne répondit pas, il n'en avait pas envie ni l'intention. A quoi bon charrier son ami alors qu'il avait désespérément besoin d'une épaule sur laquelle se reposer le temps de reprendre des forces. Wade avait besoin de quelqu'un et pour le moment, tant qu'Elie ne revenait pas à la maison, il n'y avait que Francis pour s'occuper de lui et prendre soin de son partenaire. Il était le seul disponible mais aussi, et certainement le seul qui le ferait de plein gré. Les histoires entre Elie et Wade, ce n'était pas à Francis de les régler, et pour tout dire, il n'avait même pas le droit de dire quoique ce soit. Pourtant, il avait son avis bien arrêté là-dessus, mais il n'avait pas le droit de s'épancher sur le sujet. Il ne pouvait pas dire à Wade que sa fille vivait désormais chez lui, ni faire la morale à son ami alors qu'il était alité. Pourtant, ça le démangeait. Comme un frisson qui parcourait lentement tout son corps et qui s'insinuait partout, sans jamais s'arrêter. Il fallait qu'il lui en parle, il le devait. Même si ce n'était pas forcément à lui de le faire. Et même si cela allait lui faire du mal de remettre son ami en place. En fait, ça allait leur faire mal à tous les deux, et c'était sûrement cela que Francis ne voulait pas. Il ne souhaitait pas blesser son ami à nouveau alors qu'il venait seulement de le retrouver, dans des circonstances atténuantes, mais quand même, cela jouait beaucoup. Pourtant, même si le blond voulait tout avouer à son ami, le voir dans cet état, la mine si sombre et le regard triste, cela lui fit l'effet d'une bombe. Francis se rapprocha encore une fois de Wade, tandis que celui-ci relevait sa tête vers lui. Francis nota attentivement les expressions de son ami. Il était si triste, si mélancolique, si épuisé. Et son regard de chien battu faillit refaire fondre Francis en larmes. Ses yeux se mirent à briller alors qu'il tentait de comprendre. Avait-il merdé à nouveau ? Ou bien Wade venait de penser à quelque chose ? Il resta en alerte quelques secondes avant que Wade ne reprenne la parole, sa voix craquée par le poids des remords.

« Elie a foutu le camp, on s'est encore engueulé, je sais même pas où elle est c'est...C'est pour ça que je voulais t'éviter...Parce que j'étais sûr que...Tu serais de son côté, à dire que j'aurais pas du faire ça ou à me faire la morale... »

Le poids de la réalité frappa brutalement Francis en plein visage. Son air concerné auparavant venait de s'assombrir. Il avait les yeux rivés dans ceux de son ami, et pourtant, il ne pouvait plus parler. Plus rien ne voulait sortir de sa bouche. Wade venait de confirmer qu'il l'évitait... Parce qu'il avait peur que Francis lui fasse la morale. Une vraie réaction de gamin. Francis lui aurait sûrement fait une mini morale pour son côté irresponsable et le fait d'avoir fait en sorte qu'Elie se barre de la maison, mais jamais il n'aurait été aller trop loin. Mais là... Là... Wade avait délibérément évité son meilleur ami, tout ça parce qu'il appréhendait une putain de réaction. Mais putain, il était con ou quoi ? Francis n'en revenait pas de la stupidité de son acte. Bien évidemment, il comprenait que le fait qu'Elie soit partie lui ait retourné le cerveau, et qu'il avait ensuite tenté de continuer du mieux qu'il pouvait, mais c'était ça le mieux qu'il pouvait ? Eviter son meilleur ami, et sûrement aller picoler tout seul, dans l'espoir que tout s'arrange sans lever le petit doigt ? Putain ! Francis était vraiment sidéré de la connerie de son partenaire. Là pour le coup, malgré son état, il l'avait bien cherché sa leçon de morale...

« Tu m'as évité.. Parce que tu avais peur que je t'en foute plein la gueule ? Putain mais t'es trop con Wade ! »

Francis se passa la main sur le visage, comme pour tenter de reprendre contenance. Il soupira, désespéré. Son meilleur ami était vraiment un débile parfois. Malgré tout, il devait faire avec, c'était comme ça. A prendre ou à laisser. Et après tout ce qu'il venait de se passer, il n'était pas prêt à le laisser.

« J'allais pas te faire la morale.. Bon, ok, j'allais peut-être te faire la morale. Mais tu sais que je ne serai jamais allé jusqu'à lever la voix sur toi. Oui, j'adore Elie et je... je t'adore toi aussi. Mais je comprends totalement que ça a été difficile pour vous deux. Francis souffla, reprenant plus doucement, sur le ton de la confidence après s'être rapproché de lui, jusqu'à se trouver près de son épaule.Tu pouvais m'en parler Wade, j'aurai attendu que tu m'en parles et je t'aurai aidé. Et puis, une bonne leçon de morale, ça fait de mal à personne. Faut pas rester un connard grincheux toute ta vie hein. »

Il approcha sa main à nouveau, la posa sur le matelas, près du corps de son ami. Il n'osait pas le toucher à nouveau, pas tout de suite. Il avait beaucoup trop de choses à dire pour pouvoir se permettre d'apprécier ce contact. Peut-être plus tard, quand tout serait réglé. Ou peut-être juste après, parce que la chaleur de Wade lui manquait terriblement. Il approcha doucement sa main, comme pour tester les limites, mais jamais il n'osa atteindre son but, son rocher, son tout.

« Wade.. Vous avez merdé tous les deux. Ce n'est pas juste toi, d'accord ? La seule chose que je te reproche là, c'est que tu ne l'aies pas retenu. C'est ta fille bordel de merde ! Ta fille... Elle tient à toi, et malgré ton caractère merdique, je sais que tu tiens à elle, toi aussi. Francis baissa les yeux sur sa main, comme pour se redonner un peu de courage. Il cherchait ses mots minutieusement. Faut pas que tu te laisses abattre mon grand. La vie est dure, c'est un combat chaque jour, tu le sais aussi bien que moi. Elle a son lot de bons et de mauvais moments. Et ta fille fera toujours partie de ces choses auxquelles tu dois te raccrocher, qui amèneront toujours un peu de bonheur dans ta maison. Wade, si je te dis ça... »

Est-ce qu'il devait le lui dire ? Elie ne semblait pas lui avoir dit où elle créchait, et même, Francis ne pensait pas que c'était son rôle de le faire. Elie avait besoin d'un peu de temps, mais Wade méritait de savoir où était sa fille, même s'il ne venait pas forcément la voir. Au moins, pour le rassurer un peu. Francis inspira un bon coup, soudain gêné. Maintenant c'était à son tour de dévoiler un secret à Wade.

« Elie vit chez moi maintenant. Elle a débarqué un soir, comme ça. Je pouvais pas la laisser dehors, du coup elle a fini par rester... Je garde un œil sur elle, mais je ne t'ai rien dit. C'était à elle de te dire qu'elle était venue chez moi, pas à moi d'accourir vers toi pour te prévenir. Je n'ai rien à voir avec vos histoires. En tout cas, sache qu'elle va bien, elle fait sa petite vie. »

Francis avait senti sa voix chuter vers la fin de sa tirade. Lui qui en voulait à Wade, c'était maintenant l'heure du revers de la médaille. C'était à son tour de se prendre une leçon de morale de la part de son partenaire. Après tout, il s'agissait du père d'Elie, et de son meilleur ami. Francis sentait bien le savon qui allait arriver, mais il tenta tout de même de calmer les choses.

« Voilà, maintenant tu sais tout, j'étais au courant, et je n'ai rien dit. Je voulais que tu viennes m'en parler en premier, puisque le soucis est parti d'entre vous. Je voulais entendre vos deux histoires avant de pouvoir me prononcer. Mais... J'ai déjà mon avis sur la question quand même et je sais que ça va pas te plaire. En tout cas, libre à toi de m'en vouloir pour ne t'avoir rien dit, mais ça ne changera rien à ce qu'il c'est passé, souffla le blond en s'approchant encore de Wade. Par contre, je retiens que tu m'as quand même évité pour de la merde, enfoiré. »





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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Jeu 5 Jan - 22:23


I really need you

Ce sera plus jamais pareil hein ? J'en reviens toujours à Elie en ce moment, à ce qui s'est passé. Je ressasse ça en boucle, ça tourne comme une chanson qui reste dans la tête. C'est quelque chose qui reste et qui ne veut pas sortir, une idée qu'on garde et à laquelle on repense encore et encore et encore. Je ne sais pas si c'est normal de penser autant que ça à sa fille. Est-ce que les autres parents y pensent autant que ça ? Bon, les autres parents ne laissent probablement pas leurs enfants quitter la maison à quinze ans après une crise de nerfs débile. Même si c'est sa faute plus que la mienne. Ce n'est pas la peine de se voiler la face là-dessus, d'essayer de faire celui qui joue à l'adulte responsable. Ce n'est pas être irresponsable que de dire qu'elle aurait pu aussi être une ado qui ne fait pas plein d'emmerdes. Les gens pourraient me comprendre...Je suis certain que Francis ne me comprendra pas lui, c'est sûr même, couru d'avance. Il a pas d'enfant de toute façon alors je le vois mal pouvoir comprendre ça...Même si il doit avoir un avis quand même, tout le monde a un avis sur tout de nos jours. C'est bien pour ça qu'on a inventé les réseaux sociaux d'ailleurs, pour que tous les cons puissent donner leurs avis sur absolument tout. On vit une époque merveilleuse.

Et je vis un moment étrange là présentement. Cet instant avec Francis me perturbe, ce qui s'est passé là était bizarre et je ne sais pas quoi en penser...Je me sens vraiment chamboulé, plus que juste à cause de cet accident. Je n'arrive pas à mettre un mot sur l'état dans lequel je suis. Alors forcément, penser à Elie, c'est plus simple. Je redeviens triste, en colère, fatigué à cause d'elle et voilà. C'est quelque chose que je maitrise, dont j'ai l'habitude, ces sentiments-là je sais ce que c'est, je sais comment les gérer. Ceux que j'ai avec Francis, c'est trop inconnu, trop n'importe quoi...Au moins là, je sais où je vais. Et puis, autant lui dire vraiment pourquoi je ne suis pas venu le voir, pourquoi je me sens si mal. Peut-être qu'il pourra m'aider à ne plus y penser si ça se trouve. Ou alors m'accabler encore plus. Je ne sais pas, je n'arrive pas à savoir ce qu'il va faire, je suis un peu perdu là sur ce qu'il peut faire ou vouloir ou je ne sais pas quoi d'autre...Si j'avais un instant pensé à ce qu'il allait faire, je lui aurais pas parlé de ça et j'aurais trouvé un autre sujet pour discuter...

Quand il hausse la voix, j'ai un mouvement de recul. Il est aussi lunatique que moi...Je ne sais pas si il est en colère ou juste désespéré à cause de moi. Je ne parviens pas à faire la différence et je ne sais pas du tout quoi penser de sa réaction. Je ne dis rien de plus, l'écoutant me faire la morale sur le fait que je ne voulais pas qu'il me fasse la morale et que je l'ai évité pour des conneries alors que j'aurais du lui parler. Peut-être que j'aurais du lui parler, d'accord, mais quand même je trouve qu'il y va un petit peu fort là. Et puis je suis pas un connard grincheux, je l'emmerde le minet. Je me renfrogne un peu et me recale au fond du lit. Franchement, il exagère, déjà ça le concerne pas vraiment et puis merde voilà non c'est tout...Au moins, j'espère qu'il a fini et qu'il ne va pas me traiter encore de connard grincheux. Parce que d'abord, je suis un connard grincheux si je veux et il n'a rien à dire là-dessus...

Pourtant, ce n'est pas terminé ! Il continue d'en remettre une couche. Genre j'ai merdé. Pas du tout. C'est Elie qui fait n'importe quoi c'est pas ma faute si cette gosse est insupportable. Je suis pas le meilleur père de l'année mais elle pourrait faire des efforts aussi cette gosse. Bien sur que non ce n'est pas uniquement ma faute. Ce n'est pas du tout ma faute pour être précis. Je me retiens de dire quoi que ce soit, on s'est "réconcilié" avec mon accident, ce serait quand même dommage de lui gueuler dessus parce qu'il raconte des conneries. Et qu'il ne sait pas ce que c'est. Il n'est pas "veuf". Il n'est pas père. Il n'est pas moi. Il ne comprend pas ce que c'est ma vie. Alors me dire que je dois m'accrocher et tout, c'est n'importe quoi et je l'emmerde. Je me renfrogne de plus en plus à mesure qu'il continue et quand il marque une pause en pleine phrase, j'en suis même à regarder ailleurs, à l'inverse de sa position, le magnifique carrelage blanc de la chambre d'hôpital. Je n'ai pas envie de l'écouter plus, peu importe comment doit se terminer sa phrase, ça ne m'intéresse pas...Laisse moi me reposer Francis, j'ai pas envie d'en savoir plus...

QUOI ?! Mes yeux se tournent soudainement vers lui, je ne suis pas juste en colère là. Je suis littéralement furieux qu'il ne m'ait pas dit ça avant ! Il juge ce qui s'est passé, ce que j'ai fait, ce que j'ai dit, alors que cet espèce de raclure ne m'a pas dit qu'il hébergeait Elie ! C'est ma fille nom de dieu ! Ma bouche s'est ouverte, je suis outré, furieux, choqué, j'en crois pas mes oreilles. Et bien sur, comme il connaît déjà le point de vue d'Elie, pas la peine de faire genre "t'aurais pu m'en parler", il a déjà son idée sur la question, totalement du point de vue de ma peste de fille ! Si je pouvais sortir de ce lit et foutre le camp, je le ferais sur le champ. Mais je peux pas. Je suis obligé de rester là à l'écoute me dire qu'il m'a trahi en gros. Parce que je vois ça comme ça moi. Une trahison pure et simple, sans bavure, bien nette et sans tâche. Je ne sais même pas quoi dire. Je suis à la limite du médusé.

" Elie est chez toi ? Et toi tu me dis ça que maintenant ? Après m'avoir reproché de pas être venu te dire que j'allais bien, tu m'avoues que tu as totalement omis de me dire que ma fille était chez toi ? Non mais t'es sérieux espèce de connard ?! " Je ne sais pas si je dois me calmer ou continuer à hurler. Si je dois le frapper ou juste l'ignorer. Je suis à deux doigts d'exploser pour de vrai. « En plus, ce type c'est une petite pute qui a essayé de te tuer tu sais, il ne mérite aucune pitié, rien de tout ça. Tue le avec la machine qui fait ping ! » " T'as qu'à avoir ton avis sur l'histoire si tu veux ! Tu sais pas ce que c'est d'élever cette môme, tu sais pas ce que c'est de savoir que c'est parce qu'elle est née que sa mère est morte ! Une femme que j'aimais et à qui j'avais dit que je voulais pas d'enfant ! Tu veux me juger parce que j'en ai eu marre et que je lui ai dit la vérité ?! Ben fais le ! Mais me dis pas que c'est toi qui as raison ! Le jour où t'auras un enfant comme elle, on en reparlera ! " « Tu sais que tu le hais. Ce type a voulu tuer Copycat. Et toi aussi. Tu vas pas rester là juste à lui hurler dessus quand même si ?! Aller lève toi de ce lit et battez vous ! Comme avant ! » " Et en plus, t'es là avec ton petit air de "t'aurais du venir me parler" alors que tu savais tout putain ! T'es juste pas possible comme mec ! Engueule moi de t'avoir évité, mais ça c'est pire tu vois, ça c'est de la trahison pure et simple, coéquipier. "
 

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Francis FreemanHumain modifié
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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Ven 6 Jan - 1:00




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Deadpool & Ajax

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Une bombe. Une vraie bombe. C'était comme si le temps venait de s'arrêter tout autour de lui. Que le regard furieux et accusateur de son meilleur ami rongeait son être jusqu'à la moelle. Francis se sentit si petit en cet instant, qu'il commençait à regretter d'avoir ouvert la bouche pour confesser la venue d'Elie chez lui. La grosse connerie des familles qui va bien. Clairement, là c'était vraiment la grosse boulette. Tout ce que le blond souhaitait là, c'était de pouvoir s'en aller, ou de s'enterrer six pieds sous terre. Ouais ça semblait bien comme proposition. La situation venait de changer drastiquement. Il y avait à peine dix minutes, les deux hommes pleuraient à s'en fendre l'âme, et à présent, ils étaient à la limite de s'étrangler. Leur relation était pour le moins étrange, c'était bien le cas de le dire, mais à ce stade, il y avait clairement un problème. Et pour le coup, là, c'était la faute de Francis. Il s'en voulait tellement d'avoir ainsi annoncé la venue d'Elie chez lui. Tout cela sonnait si irréel, si.. étrange et obscène. Comme si ce n'était qu'un pur cauchemar dont il se réveillerait prochainement. Pincez-moi je rêve... Si seulement je pouvais me réveiller. Le blond s'enfonçait dans sa chaise, créant encore plus d'espace entre son collègue et lui-même. Il ne voulait pas que ça en arrive à ce stade, où Wade lui crachait son venin en pleine figure. Francis n'était pas tout blanc dans l'histoire, certainement pas, et Wade non plus. Pourtant... Pourtant là, Francis aussi l'avait bien cherché. Il pouvait ouvrir sa gueule cinq minutes, sans problèmes, mais il fallait qu'une confession qu'il ne devait même pas faire gâche tout ce que les deux avaient tenté de rassembler. Les morceaux éparpillés de leur relation ne voulaient désespérément pas se recoller. Les tessons de leur amitié s'effritaient, ils étaient brisés. Et eux aussi, Wade allait s'effondrer et exploser, alors que Francis imploserait. Entendre Wade lui rabâcher ses erreurs c'était comme entendre sonner le gond. Son heure avait sonnée, et il était temps pour Francis de rendre les armes. Il n'avait plus la force de se battre, pas contre lui, pas maintenant alors que tout allait contre eux. Même le temps se liguait contre eux, rejouant encore et toujours la même scène, la tentative de réconciliation, qui n'aboutira jamais. C'était désespérant, et Francis soupira longuement, dépité par la situation. Wade continuait son manège, et franchement, Francis comprenait qu'il lui en mette plein la gueule. Après tout, le blond avait bien fait la morale au brun à cause de sa stupidité, alors il pouvait bien lui rendre la pareille. Surtout vu la situation, même si Francis ne comprenait pas tout aussi bien que son collègue tentait de lui faire comprendre. Le blond prenait sur lui pour ne pas répondre sauvagement. Il avait son petit caractère merdeux lui aussi, et il savait parfaitement remballer quiconque osait se mettre sur son chemin et s'élever contre lui. Mais là ? Il ne pouvait tout simplement pas. Même si les mots de Wade le blessaient, même si son attitude envers lui était si répugnée... Il ne pouvait pas. Il n'en avait pas la force, il était si faible. Il avait baissé les armes devant lui, il avait confessé, il avait tout donné.. Et en retour, il prenait une note bien salée dans la gueule. Il savait qu'il avait merdé en lui racontant cela, mais.. Francis espérait secrètement que Wade fasse l'impasse sur la chose et qu'ils puissent retourner à leur relation d'avant. Elle lui manquait terriblement. Leur complicité, leurs piques, leur bons moments passés ensemble.. Tout cela manquait cruellement à Francis. Il s'y était habitué, à la présence de Wade, à son être, près de lui, tout le temps. Wade avait été là dans ces moments difficiles, et Francis avait tenté d'être présent le plus possible pour lui. Ils formaient un bon duo, une bonne dynamique et maintenant.. Tout cela partait en fumée, tout s'arrêtait pour ne plus jamais recommencer.

« Elie est chez toi ? Et toi tu me dis ça que maintenant ? Après m'avoir reproché de pas être venu te dire que j'allais bien, tu m'avoues que tu as totalement omis de me dire que ma fille était chez toi ? Non mais t'es sérieux espèce de connard ?! »

Ca faisait mal. Terriblement mal. Francis était si renfoncé sur sa chaise, qu'il aurait pu la traverser, s'il en avait été capable. Sa respiration se hachurait, sa vision se brouillait à nouveau. Il sentait les larmes remonter, et il y avait aussi ce pincement désagréable au cœur, qui le tiraillait profondément. Il avait senti cette foudre le transpercer de partout, le désagréger sur place pour n'en faire plus qu'une poupée de chiffon. Il n'allait bientôt plus être lui-même, il se sentait trop rabaissé, et trop honteux, trop misérable... Ce n'était pas lui, jamais il n'avait été dans un état aussi lamentable. Il sentait approcher une menace, au fond de lui, le tonnerre grondait sourdement. Un bourdonnement dans ses oreilles allait finir par le rendre fou. Ou bien l'était-il déjà ? Il ne savait pas et franchement, là, il s'en fichait complètement. Il voulait juste que tout s'arrête, que le temps reprenne et que cet interlude s'efface de la réalité. Complètement effacé, anéanti. Francis ne souhaitait qu'une chose en cet instant. Que Wade s'arrête, que tout s'arrête, et que tout redevienne comme avant. Il ne voulait plus souffrir, il ne voulait plus faire souffrir. Ce moment d'égarement commençait à tout anéantir en lui, il comprenait bien que Wade craquait, et que lui  aussi bouillonnait. Il savait qu'ils allaient souffrir, tous les deux, et s'il avait pu changer le cours des choses, il l'aurait fait. Francis ne voulait plus se prendre la tête avec son meilleur ami, il était venu pour le retrouver, il l'avait enfin revu après tant de jours passés loin de lui... Et voilà que maintenant tout repartait en couilles, Wade pétait un câble, et Francis n'était pas mieux avec sa pseudo-morale à la con. Tout finirait par se briser, et cela effraya Francis encore plus que le ton de Wade. Il ne voulait pas le perdre, plus jamais il ne voulait vivre ces instants passés loin de lui, et pourtant... Inexorablement, il savait, qu'au fond, cela finirait par arriver. Que leurs chemins se sépareraient, encore une fois. Un poignard se glissa lentement dans sa poitrine à cette pensée et il se mordit les joues pour ne pas craquer. Il ne voulait vraiment pas ça... Et Wade qui continuait de crier à ses côtés, ça lui tapait sur le système, déjà qu'il s'enfonçait tout seul, avec son coéquipier à ses côtés qui en rajoutait une couche, il était bien servi, et il en avait marre. Il n'en pouvait plus. Vraiment, il était au bord du précipice, prêt à craquer.

« T'as qu'à avoir ton avis sur l'histoire si tu veux ! Tu sais pas ce que c'est d'élever cette môme, tu sais pas ce que c'est de savoir que c'est parce qu'elle est née que sa mère est morte ! Une femme que j'aimais et à qui j'avais dit que je voulais pas d'enfant ! Tu veux me juger parce que j'en ai eu marre et que je lui ai dit la vérité ?! Ben fais le ! Mais me dis pas que c'est toi qui as raison ! Le jour où t'auras un enfant comme elle, on en reparlera ! »

Francis connaissait tout ça. Putain, il connaissait l'histoire de Wade quand même, mais NON ! NON il ne pouvait pas se mettre à sa place, parce que NON, il n'avait pas de gamin lui, NON, il n'avait jamais autant aimé une femme, (ou un homme d'ailleurs), même s'il avait eu quelques relations durables. NON il ne pouvait pas comprendre, puisqu'il était un imbécile fini qui aurait dû la fermer une bonne fois pour toute. NON il ne pouvait décemment pas se mettre à sa place, parce qu'il n'avait pas entendu sa version de l'histoire. Il n'avait que le bout d'Elie et encore... Pour lui, c'était les deux seuls responsables, et ils devaient se bouger le trognon tous les deux et se sortir les doigts du cul pour enfin ranger leur fierté aussi mal placée que l'égo de Francis à ce moment-là, et tenter de se réconcilier. Putain ! Il bouillonnait, il sentait monter en lui l'orage de tout à l'heure, et ses émotions néfastes prendre le dessus. Sa colère remontait en flèche, il n'en pouvait plus d'entendre Wade déblatérer. Okay il avait passé une mauvaise journée -une journée carrément merdique ouais-, et cet incident avait eu lieu. Mais bordel, il n'y avait pas que lui dans l'histoire. OK, Francis pouvait comprendre que Wade en ait eu ras le cul et ait sorti des choses sous le coup des émotions, mais bordel... Fallait vraiment qu'il se magne les fesses, même avec son état de victime écrasée par un putain de vélo, et qu'il reprenne contact avec sa fille. Et Elie aussi devait se bouger pour reparler à son père. Y en avait pas un pour rattraper l'autre, et avec toutes ces conneries, Francis se retrouvait le cul entre deux chaises, complètement happés par l'un et par l'autre, alors que tout ce qu'il souhait là, c'était de pouvoir s'éloigner de tout ça. De se casser, parce que franchement, il en avait vraiment jusque là,il saturait.

« Et en plus, t'es là avec ton petit air de "t'aurais du venir me parler" alors que tu savais tout putain ! T'es juste pas possible comme mec ! Engueule moi de t'avoir évité, mais ça c'est pire tu vois, ça c'est de la trahison pure et simple, coéquipier. »

Stop. Tais toi.. Putain ferme-là... Francis fulminait sur sa chaise. Il brûlait tellement son corps bouillonnait. Ses membres tremblaient à nouveaux, plus subrepticement cependant. Le rouge de la colère avait monté sur son visage et il avait tellement chaud.. Il ressentait comme une autre facette de lui-même, comme si la première s'était si bien enfouie et cachée en lui qu'une autre ressortait pour prendre sa place. Il avait l'impression d'être redevenu celui qui en voulait à Wade, qui voulait l'étriper, l'anéantir comme lui venait de le faire. Il venait de le trahir lui aussi. Coéquipier... Ce mot sonnait si faux dans sa bouche et Francis claqua du palais comme pour chasser le venin du brun. Sa transformation et sa maturation étaient arrivées à bout, et Francis se sentit craquer, totalement. Il venait de rentrer dans une colère folle, froide et destructrice. Il en avait eu assez. C'en était trop, et maintenant que Wade venait de faire déborder le vase, Francis allait tout laisser couler sur lui, sans se retenir. Tant pis pour les conséquences, là, il n'y avait plus que sa colère qui prenait le dessus, au détriment des autres sentiments de Francis. Sa voix montait de plusieurs octaves et il s'entendait hurler comme un dément à travers la salle.

« La ferme Wade. Francis s'était levé si rapidement de sa chaise, qu'elle était tombée à la reverse. J'aurai dû me taire, parce que franchement là, tu me saoules. Il souffla. Non je ne t'ai pas dit pour Elie, parce que c'était à elle de le faire... Et tu aurais peut-être préféré qu'elle finisse ailleurs ? Dans la rue ? Chez un dealer ? Peut-être même MORTE avec tout ce qu'il se passe actuellement ! Il serra les poings, furieux, ses jointures blanchissaient à vue d’œil. Et NON, je ne sais pas ce que c'est que d'avoir un gamin, je ne le saurais jamais et ton comportement ne me donne pas envie d'en avoir si c'est pour finir comme toi. NON, je n'ai jamais fait face au décès d'une amante et d'une femme aimante, alors je ne sais PAS ce que c'est que de vivre dans la crainte et l'abandon de sa moitié. C'est sûr que toi, tu peux parler, tu es vraiment le gars de l'année, avec tout ce qui t'es arrivé, tu es le père modèle et l'amant du siècle ! Il soupira. Elie est une GAMINE, Wade, un enfant.. Elle n'a pas la même maturité que toi putain ! Et franchement, actuellement, je doute que tu sois vraiment mature... Francis tourna le dos à Wade, son poing rageur frappa volontairement contre le mur de la chambreen un bruit sourd, mat, qui résonna dans son corps. Il avait toujours le poing contre le mur quand il se retourna, malgré la douleur. C'est toi qui a commencé avec la trahison mon pote. Tu penseras ce que tu veux, mais t'es le seul à blâmer pour avoir tout gardé pour toi. Pendant que tu vivais ta vie de dépravé, j'essayais de consoler ta fille, de lui dire que tu l'attendais, et que tu avais besoin d'elle. Il se passa une main sur le visage, s'arrêtant quelques secondes sur son menton avant de reprendre. Et dire que j'aurai tout donné pour toi.. Je t'aurai aidé... Bah putain je sais pas si je dois être heureux de pas avoir levé le petit doigt ou si je dois m'insurger encore plus là... La rage au cœur, il lâcha un ricanement amer. Putain mais Wade, tu es tellement égoïste. Tu me dégoûtes... »



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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Ven 6 Jan - 12:22


I really need you

Ce sera plus jamais pareil hein ? « Je te l'avais dit. Je t'avais dit que ce mec était un con, je t'avais dit que tu faisais n'importe quoi. Quand vous avez débordé d'émotions comme deux gonzesses, j'ai rien dit, tu m'écoutais pas. Mais il va falloir que tu te remettes à m'écoute mon grand. Je ne suis pas là pour t'embêter ou t'embrouiller, je suis ce qui te guide, ce que tu es, ce dont tu as besoin. Tu n'as pas besoin de cette gosse, de ce type, ni d'autres amis d'ailleurs. Retourne embêter Bob et redeviens celui que tu étais. Je sais que tu peux le faire, je sais que tu peux redevenir ce que tu étais...Arrête de te laisser marcher dessus, peut-être que tu ne te rappelles pas vraiment de Francis, mais quand même le laisse pas te parler comme ça !

Nan, tu te contentes de l'écouter, totalement médusé. Tu n'en reviens pas qu'il te dise tout ça, qu'il t'engueule alors que c'est lui qui as menti, qui a caché des choses qui te concernent. Et là il te hurle dessus, te renvoyant toutes ses fautes à la gueule. Mais toi et moi on sait bien que ce n'est pas ta faute, que c'est lui qui a fait n'importe quoi. Autant que ta fille. Tu vas commencer à voir la vérité ou tu préfères continuer de te cacher à toi-même qui tu es...? Ces gens ne sont pas pour toi. Cette vie n'est pas pour toi. Regarde le, ton Francis, tu vois cette violence ? Il crie, il frappe les murs, il est furieux. C'est bien la première fois que tu le vois énervé contre toi ? Autant que ça oui, certainement. Mais il a toujours été comme ça en réalité. Et toi tu as toujours été irresponsable et ça t'allait très bien ! Un irresponsable égoïste qui vivait sa vie sans s'occuper des autres. C'était très bien comme ça. Pourquoi est-ce ça a changé hein...? Pourquoi a-t-il fallu que tu veuilles une vie de monsieur tout le monde ? Pourquoi tu voulais une femme, une fille, un métier honorable...? Franchement, tu avais la belle vie et ça marchait bien pour toi. Pour nous.

Il t'accable. Il continue de s'en prendre à toi. Qu'est-ce qu'il te reproche hein ? D'avoir une vie plus pourrie que la sienne ? Il pensait toucher le fond peut-être, il est tout aussi égoïste que toi. C'est bien pour ça que vous n'avez jamais réussi à vous entendre avant. Vous n'aviez pas vraiment essayé non plus. Je sens bien que tu es triste et en colère en même temps. Tu sais que c'est la fin d'un époque pour toi, la fin d'une phase de ta vie que tu aimais bien. Ta fille a foutu le camp, ton meilleur ami te hait, ton boulot t'emmerde, ta vie te fait chier...Ta petite bulle de bonheur dans laquelle tu t'étais enfermé vient d'éclater, comme une bulle de savon, elle a volé en éclats. Maintenant tu vas devoir t'en sortir tout seul. Mais tu pourras compter sur moi, c'est certain, moi je serai toujours là pour toi. Alors laisse tomber ce mec, tu n'en as pas besoin. Il t'a déjà trahi là, il le refera et ça risque de te tuer cette fois... »


" Si je suis qu'un égoïste, pourquoi t'es venu jusqu'ici pour chialer comme si j'étais mort hein ? Puisque je te dégoûte tant que ça, t'as qu'à ficher le camp. "

« Ah ! Là je te retrouve ! Envoie le chier ce con. Montre lui que t'en as rien à faire. Tu ne le regardes même plus, tu te cales encore mieux dans ton lit d'hôpital. Tu as raison, faire comme si il était déjà parti lui fera comprendre qu'il n'a plus rien à faire ici et que ce n'est pas la peine qu'il reste. Il a intérêt à comprendre vite si il ne veut pas s'en reprendre plein la gueule hein ? Tu n'as plus envie d'être sympa, de te vautrer à nouveau dans ces sentiments stupides qui t'ont chamboulé la tête, quelques minutes plus tôt. Tu veux l'oublier, ce moment d'égarement, tu veux faire comme si rien de tout ça n'était arrivé, comme si il n'était jamais venu et que tu étais resté seul dans cette chambre. Ce serait bien hein ? De pouvoir annuler ce qui vient de se passer, de remonter le temps...Tu ferais usage à outrance de ce pouvoir si tu l'avais. Comme n'importe qui surement, mais toi tu aurais des tas de raisons de le faire, bien plus que la plupart des gens ordinaires. Tu es égoïste et tu le vaux bien, personne ne te changera. Certainement pas ce minet. Oublie le.

Tu aurais bien rajouté encore quelque chose, tu l'aurais bien accablé un peu plus si il avait dit quoi que ce soit d'autre. Tu voudrais presque qu'il essaie d'en rajouter pour pouvoir continuer à lancer des horreurs, à crier et insulter. Ce ne serait pas vraiment amusant mais ça te soulagerait. Tu pourrais cracher tout ce qu'il y a en toi, tout ce qui ne va pas, tu pourrais te débarrasser de ces poids que sont ta fille et ce mec. Et ça t'aiderait à reconnaître ce que je te hurle : tu n'es pas fait pour cette vie ! Tu le comprendrais bien vite si tu pouvais parler de tout ce qui ne va pas chez toi et dans ta vie...Mais pour ça, il faut qu'il parle à nouveau hein ? Tu te sens encore trop coupable, tu préfères répondre à ses attaques que balancer tout ça d'un bloc pour rien...Tu ne pourras pas, malheureusement pour toi.

Une infirmière entre dans la pièce. Petite, potelée, blonde, pas toute jeune, avec sa tenue blanche. Elle te regarde, elle regarde Francis, un instant seulement, avant de vous engueuler copieusement tous les deux. "C'est un hôpital ici voyons, vous ne pouvez pas hurler comme ça. En plus, mr Wilson a besoin de repos, pas de se disputer comme ça. Alors je vous conseille de vous calmer ou de partir sur le champ." Elle est vraiment rabat-joie celle-là...En tout cas, à moins que vous vous disputiez à voix basse, votre petite joute est terminée...Elle reprendra surement quand tu iras mieux. Peut-être avec quelques échanges de coups cette fois... »

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MessageSujet: Re: I really need you | Francis   Ven 6 Jan - 15:24




I really need you

Deadpool & Ajax

Because I don't need this suffering


When did I become so numb?
When did I lose myself?
All the words that leave my tongue
Feel like they came from someone else

L'impact de la collision avait transpercé la paume de Francis, au point que tout son corps avait ressenti les effets dévastateurs. Son poing s'était écrasé avec une telle force, qu'il était devenu rouge, des égratignures pourraient se former, mais franchement il s'en fichait. Il avait senti trembler en lui tous ses os et tous ses muscles lorsque sa main avait rencontré le mur, et la douleur qui l'avait assailli n'était rien comparé à ce qu'il avait ressenti face à la rage et la rancœur de Wade. Autant Francis s'était un tant soi peu retenu de lui hurler dessus au tout début, autant Wade n'avait pas pris de gants pour lui en foutre sur la tronche. Alors il l'avait bien senti passé, et tout en lui n'était plus qu'une boule de nerfs, prête à s'effilocher et à exploser. Francis avait laissé tomber ses barrières depuis longtemps, et à présent, il avait vraiment éclaté. Ses reproches avaient fusé de toute part, il avait dardé sur Wade ses plaintes longtemps gardées pour lui. Il lui en jetait plein la gueule, tout ça parce que lui aussi avait bien foiré. Mais le pire... C'était que Francis n'acceptait pas les reproches de Wade. Tellement pas, qu'il en avait fini par renoncer à ses barrières pour tout lui cracher dessus, tout ce qu'il gardait en lui. Il n'en pouvait plus, et là, il était exténué. Fini, las de toutes ces conneries. Il n'avait rien à voir là-dedans, et s'était fait entraîné dans cette spirale abyssale sans s'en rendre compte. Il venait de se noyer et tentait désespérément de sortir la tête de l'eau, mais c'était impossible. Tout bonne impossible. Tant que Wade l'enfoncerait et que lui-même se fustigerait et se lancerait des reproches à tout va, il ne pourrait jamais se relever. Il était au plus bas, il touchait le fond, la surface était si lointaine, qu'il ne voyait plus l'once d'un rayon de lumière. Il avait sombré si profondément, dans une dépression, dans un état de stress, dans un chagrin si puissant, et surtout, dans sa colère si mesquine, qu'il ne pouvait plus remonter. Il étouffait, ses émotions l'assaillaient si ardemment qu'il en souffrait, le poids de celles-ci compressait sa poitrine et il avait du mal à respirer. Il se mordait parfois les lèvres, comme pour ne pas laisser échapper d'autres piques, ou d'autres remords. Francis se sentait si mal, mais il lançait avec une telle fougue toutes ces remarques, sans se préoccuper de son état intérieur, de ses sentiments. Il avait mal, partout, et la douleur dans sa main n'était rien comparé à celle dans son cœur.

I'm paralyzed
Where are my feelings?
I no longer feel things
I know I should
I'm paralyzed
Where is the real me?
I'm lost and it kills me - inside
I'm paralyzed

« Si je suis qu'un égoïste, pourquoi t'es venu jusqu'ici pour chialer comme si j'étais mort hein ? Puisque je te dégoûte tant que ça, t'as qu'à ficher le camp. »

When did I become so cold?
When did I become ashamed? (Ooh)
Where's the person that I know?
They must have left
They must have left
With all my faith

Là, il s'était complètement retourné vers lui. En son fort intérieur, il était outré que Wade lui réponde de la sorte, mais à l'extérieur, il ne laissa paraître que son air glacial et renfermé, ses yeux plissés et accusateurs. Comment osait-il lui reprocher sa venue, et son inquiétude pour lui ? Comment osait-il lui dire quoi faire et dicter sa vie ? Bon, Francis n'était pas mieux non plus, et là ce n'était plus son problème. Il avait tellement eu envie de le frapper en cet instant, vraiment. Son poing le démangeait à nouveau, il sentait les picotements et l'adrénaline s'imprégner en lui, l'intimant implicitement de répondre à cette envie fugace d'encastrer son visage dans le mur avec une jolie droite. Mais il se retenait. Il serrait son poing si fort que ses ongles courts rentraient dans sa paume, il en était à la limite de se faire saigner, mais il n'en ressentait rien. Rien d'autre que cette rage au corps, au cœur, et à l'âme. Il lui en voulait tellement, il aurait pu se jeter sur lui, et le ruer de coups sans scrupules, sans y réfléchir une seule seconde. Il n'était plus lui et il savait que tout pourrait tourner au vinaigre à n'importe quel moment. Il sentait la furie couler dans ses veines, imprégner chacun de ses muscles et chaque recoins de son esprit. Il savait que sa raison était partie, et là, il n'y avait plus que la réaction spontanée, le vil, le plus malsain des comportements et le plus farouche. Le plus indomptable et le plus sauvage. Le plus difficile à arrêter. Il l'était devenu. Il avait atteint son point de rupture, celui de non retour. Un ricanement amer s'échappa de sa bouche, ainsi qu'un rire forcé, un rire fou, démentiel, insolite. Pourquoi il était venu jusqu'ici ? Franchement il se le demandait bien. Il n'avait plus aucun recul pour y réfléchir, plus aucun sentiment en lui pour répondre de façon objective et expliquer clairement pourquoi il était venu. Il ne savait plus qu'il s'était inquiété pour lui, jusqu'à se ronger jusqu'au sang. Il ne se souvenait plus qu'il avait paniqué plusieurs jours et nuits de suite, sans nouvelles de lui. Il n'avait plus aucune idée de ces sentiments qui l'avaient poussés à accourir vers lui, comme une pièce métallique vers un aimant. Le déni était fortement ancré en lui, si bien qu'il ne se rappelait de plus rien, de plus aucun de ses sentiments envers Wade. Il n'y avait plus aucune trace dans son esprit, des moments très agréables pendant lesquels il s'était rapproché de lui, jusqu'au point d'être en contact physique avec son ami. Il n'y avait plus aucun souvenir de cette électricité qui s'était propagée en lui quand Wade le touchait, lors d'une accolade ou juste avec une petite tape amicale. Il ne pouvait plus se souvenir de ces moments intimes où Wade était si heureux et riait avec lui et où Francis ne pouvait détacher son regard de ses yeux brillants et de ses lèvres irrésistiblement attirantes. Il ne se rappelait plus du tout de cette chaleur si douce qui l'avait pris par surprise dès que Wade posait son regard sur lui. Tous ses souvenirs venaient de s'envoler, ils avaient pris la fuite, vidant Francis de tout sentiment positif et chaleureux. On lui avait volé sa vie, ses souvenirs, son être tout entier n'était plus lui-même, seuls les ténèbres ressortaient, le pire de lui ressortait, à ses propres dépends, ruinant sa vie à tout jamais.

I'm paralyzed
Where are my feelings?
I no longer feel things
I know I should
I'm paralyzed
Where is the real me?
I'm lost and it kills me - inside
I'm paralyzed

Le blond ne voulait pas lui répondre. Il ne voulait pas répondre à ses piques, il avait eu ses raisons, bien qu'il doutait sincèrement du pourquoi de sa venue actuellement, et il savait pertinemment que s'il l'ouvrait, Wade en rajouterait une couche derrière. Il ne voulait plus de ça, mais il était si bien lancé, dans sa petite tyrannie. Il aurait bien continué en changeant la cible des reproches, en crachant sur Wade toute sa haine, sa colère, à défaut de lui envoyer des coups de poings. Mais c'était sans compter sur le boucan qu'ils avaient provoqué, attirant ainsi une infirmière dans la pièce.. Qu'est-ce qu'elle fout là cette connasse? Elle n'a rien à voir dans l'histoire, qu'elle dégage de là ! Pourtant son intervention sembla calmer le blond, comme si sa venue l'avait ramené à la raison. Comme si sa bulle avait éclaté, le rappelant brutalement à la réalité. Il s'était laissé emporté, et la culpabilité commençait à reprendre le dessus. Les ténèbres étaient partis, sa rancœur était toujours présente, mais plus sourde qu'avant. Le vrai Francis était revenu, bien qu'il restait encore des traces de sa colère et de sa haine. Après tout, elles étaient si fortement imprégnées en lui qu'il ne pouvait pas s'en débarrasser en un claquement de doigts.

I'm paralyzed
I'm scared to live but I'm scared to die
And if life is pain then I buried mine a long time ago
But it's still alive
And it's taking over me - where am I?
I wanna feel something, I'm numb inside
But I feel nothing, I wonder why
And on the race of life time passes by
Look
I sit back and I watch it, hands in my pockets
Waves come crashing over me but I just watch 'em
I just watch 'em
I'm under water but I feel like I'm on top of it
I'm at the bottom and I don't know what the problem is
I'm in a box
But I'm the one who locked me in
Suffocating and I'm running out of oxygen

« C'est un hôpital ici voyons, vous ne pouvez pas hurler comme ça. En plus, mr Wilson a besoin de repos, pas de se disputer comme ça. Alors je vous conseille de vous calmer ou de partir sur le champ. »

I'm paralyzed
Where are my feelings?
I no longer feel things
I know I should
I'm paralyzed
Where is the real me?
I'm lost and it kills me - inside
I'm paralyzed

Et elle était partie. Cette connasse avait tout gâché, mais Francis se rappela également que lui aussi avait participé à cette mascarade. Le poids de la réalité tomba sur lui comme une enclume sur sa tête. Elle était telle l'épée de Damoclès, et à présent, elle avait frappé le sol de toute sa force et de toute sa puissance. Le bruit sourd de la métaphore fit tiquer Francis qui frissonna. Il se mordit les lèvres et tenta de reprendre une respiration plus calme. Il bouillonnait encore, mais pour une autre raison. Il fit glisser le poids de son corps d'un pied à l'autre, comme s'il stressait. Tout cela.. C'était la merde. La vrai galère et il n'allait pas s'en sortir. Il ne voulait plus se battre, du moins plus maintenant. Il en avait marre, il avait eu sa dose, et là, il avait besoin de souffler, d'évacuer. Il voulait juste rentrer chez lui et tenter de faire passer sa frustration. Il lui fallait une dose d'autre chose, il devait calmer ses nerfs. Francis était si tendu et cette fois, il leva le bras vers Wade, l'accusant de son index inquisiteur, tout en s'approchant du lit, à ses côtés. Il le sentait bouillir, mais oh boy, il était loin d'être le seul.

I'm paralyzed (Yeah, I'm just so paralyzed)
Where are my feelings? (Yeah, I'm just so paralyzed)
I no longer feel things (I have no feelings)
I know I should (Oh. How come I'm not moving? Why aren't I moving? Ay yeah)
I'm paralyzed
Where is the real me? (Where is the real me?)
I'm lost and it kills me - inside (I'm paralyzed, I'm paralyzed)
I'm paralyzed (I'm paralyzed)

« C'est pas fini Wade. Il appuya plusieurs fois son index en sa direction, tout en se penchant vers lui. C'est loin d'être terminé, cracha-t-il.»

I'm paralyzed
Where are my feelings?
I no longer feel things
I know I should
I'm paralyzed
Where is the real me?
I'm lost and it kills me - inside
I'm paralyzed

Il se redressa brusquement, et sans un regard en arrière, il sortit furax de la chambre, claquant bien fortement la porte. Il marcha d'un pas déterminé dans les couloirs et croisa l'infirmière qui les avait interrompu auparavant. Il lui lança un regard noir tandis qu'elle lui rendait la pareille, les traits tirés. Francis n'était pas impressionné, et il s'enfuit de l'hôpital, sans regret. Il avait tellement bouilli dans cette chambre d'hôpital... Il détestait les hôpitaux. Vraiment. Il n'y remettrait plus jamais les pieds. Arrivé à sa voiture, il jura et rentra en trombe, démarrant à toute vitesse pour retourner chez lui. Il ne jeta plus aucun regard en arrière, il ne voulait plus entendre parler de ça. Durant tout le trajet, il ruminait, fulminait et une fois qu'il fût arrivé dans son appartement, il se laissa complètement aller. Il hurla à s'en fendre l'âme, rageant contre l'Univers tout entier. Il balança tout ce qui dépassait, tout ce qui traînait chez lui, les télécommandes, les tasses sur la table, les quelques vases, les verres... Tout fini par éclater en mille morceaux par terre, et à mesure que tout se brisait autour de lui, l'âme de Francis se déchirait, à l'unisson. Il frappa si fort contre sa table qu'il s'en brisa le poing encore une fois. Sans se préoccuper de la douleur, il recommença, et ne s'arrêta pas, même lorsqu'il vit du sang couler et maculer le bois. Il se retourna, mais regretta bien vite son geste. Là, sur le meuble de l'entrée, une photo. Un cadre pas trop cher, en bois, avec une photo en son centre. Une image représentant la joie, la bonne humeur. Wade et Francis, qui se tenaient bras dessus, bras dessous, après la réussite d'une mission. C'était Elie qui avait pris la photo, à l'époque. Francis avait débarqué à l'improviste chez eux, et Wade avait fait péter l'alcool à flot pour fêter leur réussite. Ils étaient bien défoncés sur la photo, et si Francis n'avait pas été si ailleurs et en colère, il aurait sourit aux souvenirs provoqués par la présence de cette image. En l'occurrence, là, la vision de cet instant immortalisé sur papier glace provoqua en lui un nouveau cri de rage, et il attrapa brutalement le cadre pour le jeter par terre, brisant le verre et éraflant la photo. Ses réactions étaient totalement incontrôlées, Francis avait perdu tous ses repères, toute sa volonté et ses sentiments. Et quand sa crise de colère fût enfin passée, et qu'il se rendit compte du carnage provoqué, ainsi que de sa dispute avec son meilleur ami, Francis sombra. Ses genoux claquèrent et il s'effondra sur le sol, au milieu des débris de verre. Son âme et son cœur rejoignant les tessons déjà bien amochés par terre. Des perles salées émergèrent, brouillant sa vision et il ferma les yeux, la bouche entr'ouverte alors que des pleurs et des gémissements à fendre l'âme s'échappaient de sa gorge. Des gargouillis incompréhensibles parvenait à ses oreilles, mais il était tellement épris par la culpabilité et les remords, qu'il ne pensait à plus rien, à part à quel point il avait merdé et qu'il était vraiment la pire des personnes au monde. Avachit par terre, il se laissa tomber, et s'adossa contre le mur, laissant l'instant s'imprégner en lui, et dans tout son appartement. Il avait tout brisé, et sa personne l'était sans doute encore plus que tous les débris réunis dans la pièce. Francis laissa tout couler, vraiment tout. Ses pleurs et ses cris désespérés étaient les seuls bruits présent dans l'appartement, et il finit par replier les jambes vers lui, tout en prenant son visage dans ses mains. Il hurla. Il n'en avait plus rien à faire de son état, et se laissa complètement chavirer. Toutes ses émotions l'assaillaient en même temps, ses remords, sa colère, sa culpabilité, sa haine, ses sentiments, sa rancœur, tout se mélangeait et formait un gouffre dans sa poitrine. Son cœur lui faisait extrêmement mal, et sa poitrine se compressait à nouveau. Il sombrait, encore une fois. Et là, il n'y avait plus rien à faire, tout était perdu.

I'm paralyzed...





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I really need you | Francis
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