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 When I saw you...

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MessageSujet: Re: When I saw you...   Mer 28 Déc - 2:24

« Tu as grandi ou ?  » Demanda-t-elle en lui coupant à moitié la parole, alors qu'il se rattrapait en lui disant que c'était avant Genosha, sans plus de précision. Il ne savait plus où. A l'évidence, des souvenirs d'enfance qu'il avait du mal à ressituer, ça arrivait souvent quand on essayait de se rappeler d'avant. Gillian avait elle-même souvent du mal avec les années. Déjà trente ans. Beaucoup disait que c'était jeune, mais la blonde se sentait pleine de souvenirs désordonnés, parfois sans queue ni tête, des instants volés devenus flous avec les années passées à s'en créer d'autres. Finalement, il ne restait que des impressions.

Et elle tenait à se souvenir de ce moment précisément. De toutes les impressions qu'il y avait autour de cet instant qu'elle partageait. Ce sentiment de pleinitude, et de sérénité également. Les rires associées aux blagues qu'ils se lançaient. Et les quelques anecdotes à propos d'eux. « Le Japon est un pays très curieux pour des occidentaux. » Fit-elle avec un sourire en coin, après sa tirade au sujet de ses voyages. « Mais un des endroits que j'ai préféré. Surtout quand on se tourne vers des coins plus ancrés dans les traditions... » Puis, elle rajouta : « J'ai également tourné un film à Sydney. Mais la Sibérie, ou le Sahara, jamais vu. »

Pourtant, Gillian avait voyagé beaucoup. Rien que pour les tournées de ses films, les promotions, les célébrations, tout ça. Elle connaissait pas mal des capitales du monde, ne pouvait se targuer pourtant d'être vraiment une citoyenne de ces nations. Elle faisait plus office de voyageuse, ou de touriste, qu'autre chose. Sa première maison avait été l'état du Texas, et ensuite, Genosha. Et puis près de cinq ans, elle n'en avait pas changé. Parce qu'elle avait réussi à se trouver un chez elle. Son appartement était son foyer, elle n'en changerait pour rien au monde. Et comme son atelier était aussi implanté ici...

Se tenant à Gavin, elle retira ses chaussures qu'elle tint au bout de ses mains. Quand l'homme en fit de même, elle s'en amusa. Vrai que marcher dans du sable allait s'avérer incommodant une fois ressortie. Surtout qu'il avait tendance à se glisser partout et à devenir très désagréable à terme. Toujours plus petite à côté de lui, elle reprit son bras avec un sourire, et l'écouta se dire heureux d'avoir été trempé, et sorti de son quotidien. Heureux parce qu'il se sentait libre. Gillian prit le temps de la réflexion.

Libre, disait-il. « Je peux recommencer. » Souffla-t-elle en sentant l'eau à ses pieds et une idée germer soudainement dans sa tête. Elle ne mit d'ailleurs pas longtemps pour se pencher, lorsqu'une vague remonta jusqu'à eux. Lâchant le bras de Gavin, elle attrapa de l'eau entre ses deux mains et la lança sur le jeune homme en s'éloignant d'un petit pas juste après sa bêtise. L'homme lui faisait les gros yeux, surpris par les agissements de la célébrité.

Et puisqu'elle avait pris quelques cours de comédie, elle se permit de l'imiter : « Han, elle a osé ! » Fit-elle en reproduisant exactement la même tête que lui. Bouche entre-ouverte, yeux ronds, étonnement dans le regard. « Mais quelle gamine celle-là ! » Ne manqua-t-elle pas de rajouter en venant planter ses poings sur ses hanches, lui donnant des airs de bonne femme un peu fâchée alors qu'il n'en était rien. Elle jouait juste, comme il était de bon ton de le faire.

Ne doutant pas que la vengeance serait terrible, Gillian ne manqua pas de s'éloigner de quelques pas supplémentaires. Elle garda Gavin dans son champ de vision, pour être sûr de ne le voir arriver s'il décidait de contre-attaquer. Et dire qu'elle était une enfant pour le coup était un euphémisme ! Elle se sentait en effet libre d'en être une. Libre de l'assumer. Et libre de se moquer de ce qu'on pourrait penser d'elle pour le coup.
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Mer 28 Déc - 3:36

Il n'avait pu s'empêcher de rire un peu en entendant ce qu'elle disait. Être détendu le changeait du tout au tout. Même lui reconnaissait ne jamais s'être vu aussi joyeux, aussi bien dans sa peau, aussi... Puéril. Finalement, il se redécouvrait comme il n'avait jamais été, épanoui l'espace d'une nuit.

- Crois moi, tu ne veux pas savoir ce que ça fait de passer des jours entiers dans le désert ou en Sibérie, tu en mourrais, fragile fleur que tu es. Et puis sincèrement, ça ne vaut pas le détour, enfin, sauf pour les aurores boréales mais là encore, c'est relatif. Concernant l'Australie et le Japon, je n'ai malheureusement pas eu la possibilité d'en faire les visites comme touristes mais j'espère bien qu'un jour tu me diras comment c'était, pendant qu'on regardera un de tes films.

Une nouvelle fois, il se moquait gentiment de la femme. En réalité, il ne se souvenait pas l'avoir vu dans les quelques films qu'il avait vu et l'occasion d'une nouvelle rencontre, juste pour la voir dans un potentiel nanar le faisait rire. Il s'imaginait qu'ils pourraient tranquillement avoir les pieds en éventail en admirant le jeu d'acteur de la blonde, se permettant tout deux de critiquer les scènes ou même quelques répliques. L'idée de s'amuser à lui balancer les phrases à deux sous le faisait sourire comme un idiot. Pouvait-on dire qu'ils devenaient amis en une seule nuit ? Probablement bien que la chose soit étrange quand on estimait que généralement, une amitié se construisait sur une période plus longue. En tout cas, avec Gillian, c'était différent. Tout se faisait en accéléré. Les rencontres, les plaisanteries, les gens. Il n'y avait que la lessive qui prenait son temps et tout compte fait, ce n'était pas plus mal, ça laissait le temps de faire les guignoles et de profiter de la vie.

Lorsque la styliste proposa de recommencer à asperger le colosse uniquement pour qu'il se sente libre, ce dernier tourna son visage, sourcil incrédule levé, vers la demoiselle. L'eau venait mordre ses pieds quand les gouttelettes glacées vinrent se coller sur sa peau, recouvrant front, joues, nez. Instinctivement, le blond se figea, ouvrant des yeux ronds, ouvrant la bouche en "OH" et en écartant les bras. La responsable s'écarta de plusieurs pas en riant, fière de sa fourberie et lui restait tétanisé, attendant que le froid cesse de lui picoter la peau. Enfin, Gavin s'essuya le visage, fermant la bouche et se dotant d'un regard nouveau, plein d'espièglerie. Il approcha d'un pas puis de deux, faisant mine de vouloir réduire la distance entre deux alors qu'elle, au contraire l'accentuait pour ne pas avoir à subir son courroux.

- Hammond, tu vas passer un sale quart d'heure, crois moi ! Mais pas tout de suite, j'essaye de me remettre de tes coups en traître.

Elle avait osé se moquer de lui après l'avoir trempé et en plus elle se délectait de sa petite victoire ? Un soldat se battait jusqu'au bout, il n'avait pas perdu la guerre. Stratégique, le Garde avait déjà une petite idée en tête. Tranquillement, il posa sa veste et ses chaussures dans le sable, vidant ensuite ses poches pour les placer dans les poches de son coupe-vent. Il se sentait déjà plus léger. Le problème était que Gillian tenait encore ses biens et s'il voulait la faire payer, elle devrait s'en débarrasser afin d'éviter des pertes. Néanmoins... Il souhaite réellement rendre la monnaie de sa pièce à la malheureuse qui lui avait joué un mauvais tour.

Qu'importait ! Le dicton disait que la vengeance était un plat qui se mangeait froid mais lui la voulait tout de suite alors qu'importait ! Il savait qu'elle ne lui tiendrait pas rigueur de son plan foireux qui viserait à la mettre en danger. Un nouveau coup d'oeil espiègle vers la jolie dame et il s'élança dans une course, laissant échappé un "AHAH !" voué à faire comprendre à l'ennemie qu'il frappait. Venait-elle de crier, amusée et surprise ou juste effrayée parce que voir un homme baraqué comme une armoire à glace vous foncer dessus ce n'était pas toujours la chose la plus rassurante du monde ? En tous les cas, rapidement, le colosse parvint a attrapé la douce par la taille, manquant de la faire tomber dans son élan et sous son poids, suite à quoi il la hissa sur son épaule, se dirigeant vers l'eau avec un rire victorieux.

- Excuse toi, princesse du grand écran, ou balance toutes tes affaires dans le sable parce que je te noierai en guise de punition ! Je ne serai pas clément, décide toi !

Amusé, l'homme se mit à avancer petit à petit pour montrer à sa prisonnière qu'il ne plaisantait et que si elle ne le prenait pas au sérieux, ils finiraient tous deux, trempés jusqu'aux os !
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Mer 28 Déc - 12:42

Elle s'imagina toute seule au milieu d'un grand désert de glace, couverte juste de son petit manteau d'hiver, et bizarrement, en effet, ça ne lui donnait pas très envie. De là à dire qu'elle était une fragile petite fleur, c'était un peu exagéré ! Gillian n'osa cependant pas le reprendre, histoire de ne pas passer tout de suite pour une casse-pied. Bien que dans le fond, elle le soit assez. Elle s'étonna cependant de cette prise de rendez-vous sur le pouce : « Oh, parce que tu veux voir un de mes films en ma compagnie ? » Lui demanda-t-elle avec une pointe de surprise dans la voix, ne pouvant s'empêcher de se trouver flatter.

Lui qui semblait ne pas trop s'attarder sur le cinéma en général ! Forcément que pour Gillian, c'était flatteur. Mais elle tut cette pensée, préférant en venir à des jeux d'enfants, tout en sachant que ça dégénèrerait forcément entre eux. Elle ne put s'empêcher de lui sourire en grand alors qu'il lui faisait toujours les gros yeux pour l'acte qu'elle avait mis commis. Elle se retenait de rire du mieux qu'elle le pouvait pour ne pas perdre la main et laisser une brèche. Et la menace tomba forcément. Elle recula d'un pas supplémentaire à l'évocation du sale quart d'heure...

Prête à partir en courant, d'ailleurs. Et le voir poser calmement ses affaires n'auguraient rien de bon pour elle, elle le savait. Elle hésita à en faire autant, mais un peu bêtement, elle se dit que son sac à main était probablement un bon bouclier contre son approche. De toute façon, l'homme fut vite prêt pour l'offensive, alors qu'elle à peine préparé psychologiquement. Elle allait se faire rouler dessus par un colosse tout en muscles. Elle avait provoqué la mauvaise personne, mais franchement, elle n'en avait rien à faire. C'était simplement trop drôle pour s'en abstenir !

« Tu n'oserais pas t'en prendre à une pauvre femme sans défense ? » Demanda-t-elle en suggérant que ça serait absolument odieux et également bien en deça de ses habilités. S'en prendre à plus faible, honteux n'est-ce pas ? Mais Gavin s'en moquait bien, Gillian dut partir en courant quand l'homme s'élança à sa suite et il n'eut aucun mal à la rattraper. Elle se fit saisir par la taille et soulever comme si elle ne pesait rien du tout ! Elle se débattait comme elle le pouvait, sommant l'homme de la reposer par terre en rigolant à moitié au passage. Pas crédible, tout ça.

« Non, non, non ! » Elle ne s'excuserait pas, elle ne jetterait pas ses affaires, elle ne se ferait pas noyer ! Voilà ce que signifiait tous ces non enchaînaient. Mais compte tenu du fait que Gavin n'avait absolument pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin, elle fut contrainte d'abdiquer pour au moins l'un d'entre eux. « Bon d'accord ! » Fit-elle en laissant tomber son sac, ses chaussures, et son gilet à même le sable. Les deux se rendaient inexorablement vers la mer, et Gavin y mit assez vite les pieds, trempant son jean.

Quand l'eau fut à ses genoux, la blonde se débattit légèrement et obligea Gavin à la relacher. Elle posa brièvement les pieds dans l'eau, jusqu'à au-dessus des genoux pour sa part, avant de rebondir sur l'homme : « Elle est glacée ! » Lança-t-elle avec de gros yeux surpris qu'il résiste aussi bien, et qu'il ne cesse pas ses enfantillages. Surtout que le bas de sa robe était déjà trempé, et lui collait à la peau désormais, ce qui était franchement désagréable.

« On va attraper la mort si tu fais ça ! » Plaida-t-elle sans que Gavin n'entende rien à ses propos. Il voulait des excuses apparemment, au minimum. Fermement agrippée à lui, les bras entourant son cou, les jambes sa taille, pour être sûre de ne pas toucher l'eau, elle le vit juste inexorablement s'enfoncer un peu plus loin, restant impassible quand au froid qui devait lui mordre la peau. Il n'allait tout de même pas le faire pour de vrai ? Si. Si, parce que l'eau arrive rapidement jusqu'à la taille de l'homme, et les jambes de la jeune femme furent tremper, au fur et à mesure, sa chute de reins aussi...

Et quand l'homme plongea avec elle d'un seul coup, ce fut tout le reste...
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Jeu 29 Déc - 0:03

Si Gillian n'avait pas été aussi têtue, sans doute que Gavin aurait été plus clément et probablement qu'il ne se serait pas jeté à corps perdu dans l'eau gelée de la plage. Loin d'avoir envie de les noyer, le soldat remonta ensuite à la surface, délivrant la femme de sa torture. Les yeux clos, l'homme expira suffisamment pour se défaire au maximum de l'eau, trempant une nouvelle fois la demoiselle encore dans ses bras. De là, il se mit à rire à gorge déployée, adorant partager la situation en charmante compagnie. Délicatement, Gavin vint dégager le visage de la blonde, écartant les mèches rebelles et collantes de la peau doucereuse de son opposée. Finissant de rire, le colosse eut un sourire aux lèvres, soufflant tranquillement à la figure de la miss.

- C'est dommage qu'on ait nettoyé mon haut pour rien...

Avec un rire, l'homme fit mine de défaire son étreinte de la taille et encore proche de lui, il s'essuya le visage et envoya les gouttelettes à la figure de la belle aux yeux bleus.

- Prête à t'excuser maintenant ou on doit refaire un tour sous l'eau ?

Bien avant d'avoir la réponse de la jeune femme, il lui pinça le nez et l'entraîna dans un nouveau plongeon avant de remonter une nouvelle fois, respirant à nouveau de grandes bouffées tandis que le vent osait les frapper de son souffle bien trop frais. Tranquillement, Gavin vint de recoiffer reculant et ramenant sa complice avec lui. À mi-chemin vers le sable, il s'asseya et installa la femme sur lui, les jambes encore dans l'eau, les lèvres toujours étirés en un sourire.  Avec un soupir, le colosse posa son bras sur l'épaule de la demoiselle, prenant appui sur elle.

- T'es une coriace toi. Si je devais me débarrasser de toi, il faudrait que je trouve quelque chose de plus direct. Comme... Une balle dans tête.

Amicalement, l'homme vint coller deux doigts sur la tempe de la femme et fit le bruit d'une détonation avant de souffler sur le canon imaginaire. De plus, il fit mine de balancer au loin la fausse arme à feu et haussa les épaules comme s'il ignorait désormais quel était le sujet précédent.

- Remarque, mon boulot c'est te protéger, même si je voulais je ne pourrai pas me défaire de toi...
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Jeu 29 Déc - 1:42

Gillian avait a peine eu le temps de prendre sa respiration avant de fondre sous l'eau en compagnie de Gavin. S'accrochant comme elle le pouvait à l'homme, elle s'agrippa comme une petite bête sans défenses jusqu'à retrouver la surface et de nouveau son air. Ses cheveux lui revenant dans le visage, elle eut l'aide de son nouvel ami pour qu'ils se dégagent de là. Ouvrant péniblement un œil, le sel lui brûlant un peu la rétine, elle ne put s'empêcher de lancer une moue boudeuse à son coéquipier du soir qui l'avait trempé complètement.

« Tu ne peux t'en prendre qu'à toi... » Lui répondit-elle avec un petit sourire en coin, elle aussi. Encore que, ça allait que le sel ne fasse pas grand chose. Il abimait le tissus, mais un bon rinçage à l'eau douce limiterait forcément les dégats de toute façon. Elle n'avait pas pieds à sa position, et à la seconde question du garde, elle se contenta de secouer la tête. Non, il n'y aurait pas d'excuses ! Et comme c'était totalement prévisible, elle eut le temps de prendre son air avant de sombrer.

Ramener à la surface aussitôt, Gavin avait apparemment pris soin de lui boucher le nez pour ne pas qu'elle ne boive la tasse. Revenue à la surface encore, la blonde se fit ramener jusqu'à là où elle avait pied. Le bonheur de ne pas sentir de la pierre sous ses pieds, mais bien du sable très fin. L'île de Genosha avait ces petits plaisirs là. Le tissu de sa robe lui collait à la peau désagréablement, le froid venait la mordre presque férocement alors que la moitié de son buste était à découvert, mais Gavin la rattrapa pour qu'elle vienne se mettre sur ses genoux.

Et à nouveau, elle s'accrocha à son cou. Elle fit semblant de mourir (à la Marion Cotillard) quand il mima de lui tirer une balle, et se releva bien vite. « Evidemment que je suis une coriace. Tu penses vraiment qu'un petit pistolet ou un bain glacé peut venir à bout de mois ? » Lui demanda-t-elle tout à fait sérieusement. Alors qu'en vrai, une balle dans la tête réglait souvent la question. Et évidemment qu'il ne pouvait plus se passer d'elle, maintenant. « Me connaître, c'est m'apprécier ! » Fit-elle en levant les mains, l'air de dire que ça n'était pas de son fait, elle ne faisait pas exprès d'être si adorable.

Enfin, elle ne fit pas longtemps la maligne. Son équilibre était un peu précaire, les vagues arrivaient facilement à soulever son poids, elle se raccrocha rapidement à Gavin. D'ailleurs, la blonde ne se gêna pas pour le regarder, et lui passer la main dans les cheveux pour remettre sa tignasse folle en place. « Hm, ça ne fait pas très sérieux cette coiffure pour un militaire de carrière qui commence tout juste son métier à la garde rouge. » Commenta-t-elle sans faire de critique. Parce que l'effet coiffé-décoiffé, ou les cheveux un peu plus long et fou, elle trouvait ça chouette.

Ça avait un côté un peu sauvage, négligé mais pas tellement en fin de compte. De celui qui n'avait pas besoin de prendre soin de lui pour être simplement beau. Elle s'était sans doute trouvée un petit peu audacieuse sur le moment. Se reprenant, elle laissa la chevelure de Gavin tranquille, pour venir s'occuper de la sienne. Récupérant ses mèches folles, elle vint se faire un chignon de fortune en galérant un petit peu, et laissa échapper un rire gêné.

Ça faisait un moment qu'elle n'avait pas été aussi proche d'un homme. Alors, oui, ça la gênait. Mais pas une gêne d'adolescente rougissante au moindre compliment. Plutôt la difficulté d'une femme qui ne savait plus vraiment y faire en la matière. Et puis, la morsure du froid vint se rappeler à elle, et elle frissonna en serrant ses bras contre sa poitrine pour tenter de se réchauffer. Comme ça n'eut que très peu d'effet, elle termina de venir se blottir contre l'homme qui l'avait mis dans cette situation. « J'aurais besoin d'un chauffage portatif efficace. » Lança-t-elle. « Tu as l'air de bien marcher, toi. »
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Gavin L. ParsonHumain modifié
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Jeu 29 Déc - 2:40

Insolente, intransigeante, drôle et adorable à la fois. Gillian avait le don de surprendre le garde par ses propos ou ses réactions. Il ne pouvait s'empêcher de trouver ça amusant de découvrir les facettes de sa personnalité. Il comprenait qu'elle ne demandait que ça, d'être elle-même, ne serait-ce que le temps d'une soirée et il était clair que c'était aussi pour ça qu'elle avait voulu quitté la soirée au bar, elle n'était pas à sa place, pas suffisamment traitée comme une personne "normale", beaucoup trop vue comme une star se pavanant devant sa foule de fans, entre les rangs de ceux qui pouvaient se targuer d'avoir pu prendre un verre avec elle, d'avoir une photo ou même eu un bonsoir de courtoisie alors que l'envie de le dire n'était pas là. Il pensait pourvoir la comprendre à ce niveau là car il était toujours bon d'être soi même par moment. Lui-même devait admettre qu'il était heureux de briser son éternelle carapace de soldat afin que rien ne puisse l'atteindre, afin d'être impassible au possible pour respecter les termes de son contrat, ne rien craindre. Enfin, c'est ainsi qu'il avait toujours vu son dévouement à sa patrie, ne pas avoir peur de mourir pour elle. C'était à ça qu'il s'engageait après tout, depuis ses dix-huit ans. Pourtant... Pourtant découvrir ce qu'il avait oublié de lui, c'était comme un nouveau souffle pour l'homme et beaucoup de soulagement aussi. Au moins, il savait qu'il n'avait pas perdu son sens de l'humour.

Gavin se mit alors à observer Gillian, surpris qu'elle entreprenne de le recoiffer. Le geste restait aussi surprenant que lui lorsqu'il l'avait embrassé sur la joue en guise de remerciement. En y repensant, il se mit à rougir de gêne. Ce genre de réflexe se faisait rare venant de lui, trop coincé pour oser ce genre de rapprochement intimes, si l'on pouvait le dire ainsi. Heureusement, il faisait assez sombre pour que les pommettes rosées soient visibles mais pas assez pour qu'on ne note pas son regard un peu perdu. Rapidement, il se reprit néanmoins, pouffant de rire lorsque la jeune femme vint se poser tout contre lui, réclamant alors un radiateur. Délicatement, il vint passer les bras autour de la styliste pour la protéger du vent froid qui tentait de les affaiblir tous les deux. A nouveau, instinctivement, un des pouces du soldat vint caresser la douce peau féminine tandis qu'il se demandait comment la soirée pouvait mieux se passer bien qu'il se surprenait grandement.

- C'est vrai que lorsque tu es comme ça, on veut bien avouer que "L'essayer, c'est l'adopter !" . Tu serais un excellent animal de compagnie pour le militaire que je suis. Quand je partirai en mission, je te filerai une carotte et quand je rentrerai, je viendrai m'assurer que tu ne manques de rien avant d'aller me coucher. J'suis sûr qu'être un lapin t'irait à ravir ! Qu'en dis-tu ?

Gavin laissa un petit rire s'échapper d'entre ses lèvres, tenant la blondinette un peu plus fermement contre lui alors que les vagues essayaient vainement de les balayer pour les ramener sur le bord, empêchant au passage la miss de se faire emporter. Il était étrange pour lui de se retrouver avec une femme dans les bras, surtout après une seule soirée, ce n'était clairement pas dans ses habitudes. Il n'avait vécu qu'une seule vraie histoire d'amour, avec une collègue et si ça c'était bien passé, ça c'était aussi bien terminé. Les soldats, d'un commun accord, rendaient les armes. Plus rien ne collait entre eux, les passe-temps et même les emplois du temps, plus rien ne convenaient puisqu'ils n'avaient plus les mêmes affiliations. Leur couple n'avait pas dépassé les deux ans mais ce n'était pas plus mal, de ce qu'il en savait, son ex-compagne n'était plus membre de l'armée aujourd'hui et refusait tout contact avec, allant jusqu'à demandé à son époux d'abandonner son poste. Il n'aurait pas supporté, lui, s'il avait dû abandonner ce qui lui plaisait, même si on disait qu'il fallait savoir faire des compromis pour qu'un couple soit viable. Celui là aurait été trop pesant.

Comment se comporter avec la femme contre lui, mis à part comme un ami désintéressé ? Enfin... A dire vrai, le blond souhaitait rester plus longtemps avec son amie du soir, plus longtemps sans limite de temps, jusqu'à ce qu'elle soit obligée de l'abandonner pour retourner à sa vie mais en même temps, il ne voulait pas s'imaginer des choses et d'autres après une rencontre hasardeuse puisqu'après tout, c'était le cas. Ils s'étaient rencontré par hasard, même s'il n'était pas mécontent de la chose. Il fallait sans doute rester raisonnable mais la Raison ne faisait pas partie du plan de soirée, la preuve en était qu'ils se trouvaient encore dans l'eau... Délicat, le mastodonte vint doucement poser son menton sur le haut du crâne de la célébrité, profitant un peu de la situation pour se laisser aller à une étreinte tendre, sans réelle raison. Toujours dans la lancée, il colla sa joue barbue au front féminin puis se mit à chuchoter, comme s'il ne voulait se faire entendre que d'elle.

- Il faudrait peut-être qu'on sorte de l'eau. Tu vas finir par tomber malade et ce serait dommage. Je t'apporte ta veste et le reste de tes affaires, si tu le souhaites. Ensuite, on fera comme tu le sens.

Est-ce qu'il devait faire taire la petite voix dans sa tête qui suppliait pour que la soirée ne prenne pas fin après cette baignade nocturne, malgré les vêtements trempés qu'il serait bon de changer au plus vite ? Probablement que oui, malheureusement, il s'agissait d'une tâche plutôt ardue pour le barbu...
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Jeu 29 Déc - 3:28

« Je t'engage comme chauffage personnel. » Lança la blonde avec une mine décidée et résolue. Gavin allait donc devenir son chauffage à lapin, un véritable emploi basé sur l'avenir et la création ingénieuse ! « En plus de ton nouveau travail de garde du corps, évidemment. » Rajouta-t-elle en affirmant son point du chef, l'air de lui dire qu'il ne pourrait plus y déroger maintenant. Car oui, l'adopter, c'était aussi adopter son petit caractère et ses propositions farfelues. « Alors, heureux ? » Termina-t-elle avec un sourire en coin, moqueur.

Comme toute réponse, elle eut juste le droit à sentir l'étreinte de Gavin se resserrer autour d'elle, et de profiter en plus de sa chaleur de sa force. Elle ne put s'empêcher de sourire tendrement, sans qu'il ne puisse le voir pour autant. De là, elle put se concentrer sur le bruit des vagues et de la ville totalement éteinte, du souffle maîtrisé de Gavin, contre sa joue, près de son oreille, de son buste se soulevant au même rythme,... Jusqu'à sa proposition murmurée proche de sa tempe. Gillian eut un petit rire :

« Et il est galant en plus de ça. » Souffla-t-elle en s'écartant légèrement de lui, le libérant de sa présence. Elle se remit sur ses jambes en regrettant de quitter l'eau pile au moment où une brise vint plaquer un peu plus sa robe contre elle. Petite grimace, tremblements incontrôlés. La blonde serra ses bras un peu plus contre elle en s'extirpant jusqu'au sable qui recouvrait la plage. Tordant le bas de son vêtement, elle l'égouta au mieux en se rapprochant de ses affaires, tandis que Gavin lui tendait son gilet qu'elle se pressa d'enfiler.

« Je ne comprends pas, une chose : Pourquoi n'es-tu pas marié avec une femme adorable et magnifique, qui t'aurais fait déjà trois enfants déjà ? » Lui demanda-t-elle tout à fait sérieusement. Oh, il pourrait lui retourner la question pour l'esquiver, mais là elle se contenterait de lui dire de lire la presse à scandale, elle n'avait rien à cacher. Pas un mari secret, ou un petit ami qui débarquerait demain à son hotel pour lui faire la surprise. Les lèvres asséchées par son passage dans la mer, la brune les humecta doucement en prenant conscience de l'heure avancée qu'il était...

Et encore plus, du fait qu'il n'était pas raisonnable d'avoir envie de rester un peu plus longtemps ici. Avec lui. Rabattant son vêtement sur sa poitrine, elle croisa à nouveau les bras pour se réchauffer, et fixa longuement Gavin. Pouvait-on s'attacher à une personne qu'on connaissait à peine aussi facilement ? Est-ce que vouloir que ça n'ait pas de fin était mal ? Est-ce qu'on lui en tiendrait rigueur ? Est-ce qu'on trouverait ça complètement fou ? Parce qu'elle avait l'impression que ça l'était, tout en trouvant ça incroyablement irrésistible.

Mais quand elle recroisa les pupilles bleus de son compagnon du soir, Gillian ne put s'empêcher de lui dire d'une voix douce : « On devrait rentrer. » Il était inutile de trouver des excuses, comme « Il est déjà tard. » ou « Rester comme ça va nous faire tomber malade. » ou finir par un trop sincère « Te dire que j'ai très envie de rester avec toi toute la nuit serait franchement sujet à interprêtation, en plus d'être très vrai. Mais aussi complètement déraisonnable. »

Esquissant un sourire un peu gêné, elle rajouta : « Je n'ai pas l'autorisation dans ma vie d'être déraisonnable. » Malheureusement. Elle les avait trouvé, ses excuses. Elle les avait enchaîné. D'abord en se cachant derrière. Puis en assumant simplement cette vérité limpide qu'elle ressentait comme la Vérité avec une grande majuscule. Si Gillian trouvait ça bien, ça ne l'empêchait pas de s'en inquiéter. Mais ça, elle n'était pas prête d'en trouver les mots. « Tu es venu ici en voiture ? »
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Gavin L. ParsonHumain modifié
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Jeu 29 Déc - 5:13

Gillian acceptait la proposition de Gavin en se moquant gentiment de lui, parlant de sa galanterie. Elle se leva, il l'imita, ne cherchant pas à essorer ses vêtements pour le moment, combattant la profonde morsure du vent glacé pour simplement aller sur le sable récupérer les biens de la femme. D'une main, il attrapa la veste féminine, la dépoussiéra rapidement pour la débarrasser autant que possible des petits cailloux qui l'envahissait pour simplement venir les placer autour des épaules de sa compagne. Toujours aussi galamment, il vint prendre les derniers objets de la belle, les nettoya autant que possible pour les lui tendre également. Enfin, il se mit à s'occuper de lui, posant les mains sur le haut de ses cuisses, descendant au maximum vers le bas pour enlever le maximum d'eau. Le vent poursuivait son inlassable joute en leur soufflant dessus et il eut un frisson désagréable à cause du froid. Pour la seconde fois de la soirée, l'homme enleva son haut, se retrouvant torse nu face à l'implacable brise, se contentant de serrer les dents avant de glisser sa veste sur ses épaules, haussant un sourcil à la question de la femme alors qu'il remontait la fermeture éclaire jusqu'à la naissance de son cou.

- Oh tu sais, ma femme est certainement en train de m'attendre à la maison, les gamins ne me voient jamais, la seule chose qu'ils reconnaîtraient chez moi, ce serait ma barbe et puis parlons pas de mon chien qui doit attendre sa nouvelle balle depuis dix ans, au moins !

Gavin se mit à rire un peu, amusé par ce plan si foireux de sa vie familiale, se disant même qu'elle aurait pu être vrai.

- En réalité, je n'ai jamais pris le temps d'avoir tout ça. Je ne sais pas... Quelque part, je regrette de n'avoir jamais pris la peine de, mais en même temps, quelle femme accepterait de partager sa vie avec un homme qui pourrait mourir à tout moment pour sa patrie ? J'admire mes collègues qui parviennent à trouver l'amour malgré notre métier, bien que je sais pertinemment que beaucoup des couples que je connais se connaissent du travail. Des couples de militaires. T'imagine ? Je n'ai pas envie d'avoir quelqu'un qui fait la même chose que moi parce que je n'aurais pas le loisir d'oublier ma vie de soldat, ne serait-ce qu'une heure.

Un sourire gêné en coin naquit sur les lèvres du géant alors qu'il essorait son haut autant que possible avant de le caler sur son épaule, plongeant par la suite les mains dans les poches, tranquillement, haussant finalement les épaules.

- Je crois que je suis compliqué. Tu l'as bien vu, je suis mal à l'aise en public mais j'aimerai avoir quelqu'un qui ne partage pas mon métier. Je crois qu'en plus d'être compliqué, je suis un peu idiot. Mais, et toi ? Où en sont les amours ? Je suppose que puisqu'être vue avec moi n'est pas un problème, ton coeur n'est pas prit.

Petit rire mal à l'aise mais l'homme vint simplement se rapprocher de la styliste, se demandant finalement pourquoi avoir retourner la question. Après tout, ne savait-on jamais, la question pourrait être un point douloureux à soulever. Lui n'avait pas de mal à en parler, après tout, il s'était volontairement détaché de l'idée d'avoir quelqu'un dans sa vie, s'attendant même presque à la finir seul, s'évitant même ainsi une potentielle déception amoureuse un jour ou l'autre. Mais à trente ans, même sans vouloir quitter la folie des rangs armés, on avait envie de se poser, de fonder une famille. Y pensait-il ? Parfois, il fallait dire qu'il voulait savoir ce que cela faisait quand il voyait certains de ses amis vivre ces choses qu'il ne se donnait pas la peine d'avoir mais était-ce bien important ? Il n'était pas comblé sentimentalement parlant mais son emploi lui prenait trop de temps pour qu'il puisse avoir l'opportunité de donner son coeur. Du moins, c'était son excuse, chose à laquelle il avait fini par croire.

Le regard des deux blonds se croisèrent et bien vite Gavin dévissa le sien pour ne pas devenir embarrassant. Il toussota un instant et releva la visage lorsque sa compagne lança l'évidence. Terminée la belle soirée à faire les enfants, il était temps de rentrer. Étrangement, l'homme aurait voulu convaincre la femme de ne pas s'arrêter maintenant, qu'ils pouvaient encore profiter une heure de la nuit avant que, petit à petit, le soleil daigne pointer le bout de son nez. Son coeur se serrait en acceptant l'évidence. Il ne pouvait et ne devait pas tenter de grapiller plus de temps alors qu'il fallait qu'ils se quittent à un moment. Se retenant alors d'ouvrir la bouche, il se racla la gorge, faisant mine de faire passer ça pour une quinte de toux, se redressant ensuite pour laisser la belle passer devant lui.

- Tu vas être déçue mais je suis en moto, en fait. Je ne pensais pas que j'aurais fini garde du corps donc je n'ai pas préparer la limousine.

Les chaussures dans une main, le t-shirt sur le bras, le colosse eu presque de la difficulté à quitter la plage où ils venaient de passer un moment. Ce n'était pas non plus comme s'il la voyait pour la dernière fois de sa vie, n'est-ce pas ? Au pire, s'ils ne pouvaient pas se croiser, le garde n'aurait qu'à faire une recherche internet pour voir les dernières infos sur son amie, non ? Et puis, il était devenu son garde du corps, alors ils finiraient forcément par se recroiser à un moment, quand même. Pourquoi en avoir gros sur la patate alors ? Finalement, ils ne se connaissaient pas depuis longtemps, qu'une soirée mais cela avait suffit à rentre les au revoir compliqués. Comment pouvait-on s'attacher aussi vite à une personne qu'on rencontrait par accident ? Gillian avait ce don-ci, apparemment et lui ne pouvait se passer de sa présence. Au moins, il pensait comprendre qu'elle soit devenue une célébrité, elle possédait un charisme fou, un caractère attachant même quand elle jouait de son espièglerie. Un tout parfait pour réussir dans son domaine.

Dans l'idée de tenir sa promesse, dès qu'il eut les pieds sur le goudron frais, Gavin remit ses chaussures après avoir fait tomber le sable qui collait jusqu'à ses chevilles. Sagement, il proposa son bras à la demoiselle et attendit qu'elle s'agrippe pour venir a guider jusqu'à un parking libre, à mi-chemin entre le bar et le reste du centre ville. Approchant de la moto, l'homme ne pu que faire constater sa joie de voir son Bijou. L'objet était un cadeau d'anniversaire qu'il s'était fait après des mois d'économie. Il bénissait encore ses parents de lui avoir offert le plaisir de passer le permis moto, étant un amoureux des sensations que l'engin procurait. L'homme s'humecta les lèvres, sèches après tout ce temps en contacte du sel et du vent. Son destrier lui faisait de l'oeil mais il attendait que la blonde s'approche suffisamment pour lui mettre le casque sur la tête, ouvrant ensuite le compartiment à l'arrière de la bête pour récupérer un second casque. Côté esthétique, le conducteur avait tendance à râlouiller car il trouvait que son "garage" gâchait la beauté de sa monture mais dans ce genre de moment, il n'oubliait de prendre en compte que sa caisse pouvait être utile, notamment quand il fallait transporter un second casque, des gants et une caisse à outils ou même ranger un t-shirt mouillé.

Dans un geste habitué, l'homme vint se poster à côté de la jeune femme et lui offrit même s'il se voyait peu avec la protection devant la bouche. Il vérifia néanmoins que le casque soit bien ajusté à la femme, se refusant à tout potentiel manquement de sécurité. Une fois fait, il enfila ses gants et se plaça derrière le guidon, attendant patiemment que la demoiselle s'installe.

- Bon, princesse, je suppose que tu as un jardin dans ton château et que tu y fais du poney tous les jours. Tu vois, les rennes, les étriers ? Si t'as jamais fais de moto, c'est pareil, t'as des étiers et si t'as trop la flippe, tu peux te tenir à moi. J'irai pas trop vite et tu me guideras. Je ne sais pas dans quel palais tu habites. C'est celui avant ou après la colline d'arbres arc-en-ciel ?

Gavin offrit un rire taquin avant d'abaisser sa visière. Un pied sur le sol, il rangea sa béquille, gardant sa moto en parfait équilibre, prêt à partir. Comme à son habitude, après avoir tourné la clé, il s'offrit le luxe de faire gronder le moteur une ou deux fois en abaissant un des manches. D'abord il avança en s'aidant de sa jambe afin que le départ se fasse en douceur puis il accéléra un peu plus jusqu'à avoir une vitesse de croisière acceptable. Qu'il était bon de retrouver la sensation de la conduite.
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Jeu 29 Déc - 14:44

Gillian réussit à son tour à remettre ses chaussures. Pendant que Gavin répondait à sa question qui tenait plus de la blague, d'abord en poursuivant sur le ton de l'humour, un humour un peu noir il fallait l'admettre, avant de se montrer bien plus sérieux à ce sujet. Gavin était un homme avec un métier qui demandait des responsabilités, en plus d'être risqué. Autant dire qu'il ne faisait pas ce qu'il voulait quand il le voulait, et qu'une personne acceptant de vivre avec lui devait aussi accepter de ne plus le revoir s'il lui arrivait quelque chose. Il fallait faire des efforts pour ne pas s'attacher à lui plus que nécessaire, pour ne pas souffrir de son manque. Et c'était sans doute ça le plus dur. Devoir se retenir forcément, ou prendre le risque d'endurer une douleur si insoutenable qu'elle en coupait le souffle.

Et lui avait la présence d'esprit de ne pas vouloir de ça pour sa femme. Il ne voulait pas vivre la même chose, en réalité. Mais ne pouvait pas non plus abandonner ce qui faisait son existance. Gillian lui adressa un sourire compréhensif, jusqu'à ce qu'il lui retourne la question. Elle secoua la tête et haussa les épaules, l'air de lui dire qu'effectivement son cœur n'était pas pris. Et il y avait beaucoup de raison à ça, dans les faits : « J'ai le même problème que toi, en fait. » Commença-t-elle. Non pas qu'elle risquait sa vie, et de ne pas rentrer un jour. « Quand tu as une vie si remplie que tu passes parfois une semaine entière sans pouvoir rentrer chez toi, ou que c'est des heures complètes où tu dois être accroché à ton téléphone à des fuseaux horaires improbables, c'est un peu plus compliqué d'avoir quelqu'un. »

Elle ne pouvait pas cacher que ça lui faisait un peu de peine. Mais elle garda au mieux son sourire pour ne pas avoir l'air trop chagriné par cette évidence. Elle avait aussi choisi cette vie, de faire ce métier, de s'y consacrer. Mais elle ne pensait pas devoir prendre tant de recul sur celui-ci, ou encore devenir assez cynique sur les relations amoureuses. Sauf que Gillian avait eu foules de compagnons, et observé systématiquement le même problème : « En fait, personne n'a envie d'accepter qu'on ne s'occupe pas entièrement et exclusivement de lui. » Elle eut un petit rire. « Et moi, j'en suis incapable. » Fit-elle simplement, comme si ça crevait l'évidence : « Au grand malheur de ma mère, je ne suis pas prête à laisser mon métier pour une vie de couple ou de famille. »

Son discours n'était pas joyeux, il contrastait totalement avec la personne très pétillante et douce qu'elle était. Mais elle ne pouvait pas y faire grand chose dans les faits. « On dirait que j'ai une vision très manichéenne des choses, mais pas du tout. Je parle surtout par expérience. Et quand on se tourne vers des collègues, qui font la même chose que nous, c'est peut-être encore plus difficile... Parce qu'ils sont pires. Si tu les écoutes, il faudrait que tu ne te consacres qu'à leur carrière ! Et tant pis pour tes propres activités, c'est beaucoup moins important que eux. » Les mentalités évoluaient à peine à ces sujets, mais ce qu'il se passait dans le cadre de l'intimité restait très egocentré dans son milieu d'expertise. On avait une compagne, ou un compagnon, pour servir surtout son image. Et ça n'intéressait pas Gillian. Elle pouvait servir sa propre image sans l'aide d'un homme.

« En quoi c'est épanouissant ? Et pourquoi ça serait à moi d'accepter ça alors que je suis encore très jeune et que j'ai tellement de choses à faire ? » Demanda-t-elle sincèrement sans trouver de réponse pour le coup. Ils continuaient à faire route jusqu'au véhicule de Gavin à qui elle avait simplement secoué la tête pour lui répondre que ça n'était pas grave de rentrer en moto, et elle rajouta dans la foulée : « Du coup, quel intérêt ? Je n'ai pas trouvé la personne qui avait la même vision des choses que moi. Ce n'est pas que je n'en ai pas envie, c'est qu'elle est probablement caché en Sibérie et que je n'y suis jamais allée. » Plaisanta-t-elle en faisant allusion à leurs discussions sur les voyages. « Donc, ça pose problème. »

Ils arrivèrent à sa moto, et Gillian resta sagement en retrait en laissant l'homme s'occuper de sa monture. Il se tourna vers elle pour lui confier un casque, qu'elle enfila sans grandes difficultés avant d'en boucler l'attache. Gavin revint vers elle pour la resserrer, histoire que son casque de s'extirpe pas si quelque chose arrivait. Ouvrant la visière, elle s'installa après l'autorisation du conducteur qui lui donna les indications. Elle écouta avec attention, glissant ensuite à son chauffeur : « C'est sur l'arc-en-ciel, enfin... Evidemment. Quelle question bête ! » Mais la blague passait, elle lui donna l'adresse et surtout la ville. Prenova. C'était là où elle séjournait, ou son appartement se situait.

Sur les coups de trois heures du matin, le moteur de la moto s'alluma et sembla tonner dans toute la rue. Gillian en fut même un peu gênée pour le coup, avant de se sentir idiote. Première accélération, et la blonde ne manqua pas de venir se raccrocher à l'homme, se collant contre son dos en se tenant fermement. Elle glissa ses mains dans les poches de sa veste pour se protéger, et tenter de rester la plus tranquille possible. Elle ne pouvait d'ailleurs pas cacher qu'elle était assez impressionnée par tout ça. Elle était déjà montée sur une moto évidemment, mais ça n'était pas vraiment son véhicule de prédilection. Les voitures de luxe, elle s'y connait déjà plus. Seulement, la moto était également pleine de sensation, dont celle d'une Liberté crue, qu'elle trouvait assez fascinante.

Son palpitant battait la chamade dans sa cage thoracique, mais malgré l'appréhension, elle n'avait pas vraiment envie que tout ça s'arrête. Elle avait ici une vision de Genosha très différente de celle qu'elle traversait à l'abri dans sa voiture. Elle ne se voyait pas pour autant s'y mettre à l'avenir, parce que ça impliquerait porter beaucoup moins de robes et de chaussures à talons. Et présentement, elle ne trouvait pas ça des plus confortables. Ses chaussures étaient bien coincées sur les reposes-pieds dans une position pas forcément agréable pour ses jambes, et sa robe était repliée comme elle le pouvait, encore mouillée par sa visite dans l'océan.

Gillian savait juste qu'elle n'avait absolument pas la tenue pour voyager ainsi. C'était très dangereux. Une chute ne se prévoyait jamais, et les brulures du goudron ne disparaissaient jamais. Elle avait confiance en Gavin pourtant, qui semblait bien maitriser son appareil. Sauf que même un très bon conducteur n'était pas à l'abri d'un accident de conduite. Bien qu'à cette heure avancée, où la route leur appartenait totalement, c'était compliqué de se faire rentrer dedans, ou même de rentrer tout simplement dans quelqu'un. La route était sèche, ils ne risquaient pas de chuter pour rien. Gillian termina de se rassurer ainsi, toujours fermement tenu à Gavin, parce qu'elle avait un peu peur de s'envoler. Tout comme elle n'avait pas envie de le gêner alors pour le coup, elle était partagée entre le serrer très fort pour être sûre d'être assurée, et moins pour ne pas l'étouffer.

Comme l'homme ne vint pas se plaindre de sa prise, elle tenta simplement de rester tranquille jusqu'à passer les panneaux de prénova. Là, elle prit son courage à deux mains pour indiquer la direction à son conducteur, lui demanda de tourner à certains moments, de continuer tout droit, de ne pas s'arrêter. Ils arrivèrent assez rapidement devant son immeuble. Gavin coupa le moteur pour ne pas réveiller tout le quartier. Ce dernier était situé sur une belle avenue, présentement totalement déserte. Un immeuble neuf, sophistiqué, de plus de vingt étages. Gillian se tourna pour apercevoir le veilleur de l'immeuble, et lui adressa simplement un petit signe de la main après avoir retiré son casque.

« Voilà, c'est là. » Souffla-t-elle à Gavin comme si ça venait conclure tout ça. Retour à la normalité. Ils regagneraient leur lit, leur vie, leur normalité. Et mettrait un point final à cette rencontre. Le cœur un peu serré, la blonde baissa les yeux après avoir passé sa main dans sa tignasse un peu décoiffé par le visage. Son chignon provisoire avait lâché durant le trajet, rien d'anormal. Gavin retira aussi son casque pour avoir à présenter un visage à la jeune femme, et ne pas lui donner l'impression de parler à un des membres des Daft Punk. Elle lui tendit aimablement la main pour pouvoir serrer la sienne, et lança avec sincérité : « Merci pour cette soirée. »

Gillian avait une poigne douce, mais ferme. Du genre décidée qui laissait transparaitre son tempéramment confiant, assurée. Même face à un homme comme Gavin. Un homme qui avait été capable de lui faire oublier, plus que d'habitude, son quotidien. La ramener à une simplicité un peu étrange mais très plaisante. Elle ne pourrait jamais vraiment le remercier correctement pour tout ça, même si elle essayait de faire au mieux avec ce qu'elle avait à lui proposer. Le relâchant, elle entreprit de partir et de regagner son appartement, cherchant déjà ses clés dans son sac à main avat de réfléchir. Remercier Gavin avec une salutation aussi banale, était-ce seulement acceptable ?

Elle se tourna finalement vers lui à nouveau pour le regarder. Son visage affichait une personne en pleine réflexion. Un peu perdue aussi, il fallait l'admettre. Mais contre toute attente, la blonde décida de revenir vers lui. Assis comme il pouvait l'être sur sa moto, il était presque à son niveau. Elle le dominait d'une poignée de centimètres, tout au plus. Elle se pencha alors, et posa ses lèvres sur celles de Gavin, pour lui donner un court mais tendre baiser. Rien de plus, rien de moins. Un échange bref, mais doux, avant qu'elle ne se redresse pour de bon. Sans dire un mot à ce propos. Elle n'en avait pas besoin, pas envie non plus. En soit, son geste parlait de lui même, n'est-ce pas ? Soit il en disait trop, soit pas assez. Mais elle n'était pas en état de se débrouiller avec ça pour l'instant.
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Ven 30 Déc - 1:04

Dans quelle vie on pouvait voir deux trentenaires opposés dans leur vie devenir si proche ? Finalement, Gillian n'était pas si différente de Gavin et l'homme devait bien reconnaître que c'était étrange de se sentir compris. Elle se donnait corps et âme à son métier, sans doute en oubliant par moment sa propre existence, ses propres besoins, les oubliant au profit d'une chose dans laquelle elle était douée, oubliant le reste de sa vie uniquement pour satisfaire son besoin de mener à bien ses projets. L'homme, lui savait déjà que ses parents n'attendaient que ça, le jour où il annoncerait qu'il avait quelqu'un dans sa vie, qu'il comptait s'installer ensemble voire se marier et fonder une famille. Ce serait l'apogée même de leur vie si leur seul et unique enfant venait à leur confier une si belle nouvelle. Mais non, ils ne pourraient pas fêter ce genre de choses avant un moment, voire jamais puisqu'il était parti dans une direction qui semblait finir en cul de sac sentimental.

Lui non plus ne se sentait pas d'avoir une vie avec attention exclusive, il ne se sentait pas d'être enfermé dans une relation où sa liberté était réduite. S'il parvenait à trouver quelqu'un qui lui convenait, il faudrait qu'elle accepte que par moment, il ne pourrait rentrer, ne pourrait être avec elle h24 ou même ne pas lui parler pendant des heures, voire des jours parce que son métier impliquait qu'il fasse aussi des sacrifices nécessaire pour mener à bien ses missions de protection. Quelle femme accepterait de vivre ainsi ? Combien d'entre elles abandonneraient l'idée de pouvoir faire quelque chose de viable comme mari, maison, enfants avec un homme qui avait passé douze ans à ne vivre que pour le métier qui lui donnait l'impression qu'il était vivant ? Lui se sentait incapable de s'imaginer dans ce genre de rôle. Mais est-ce que cela importait finalement ? Il ne se fermait pas à la possibilité d'aimer et de construire une relation solide mais il doutait fortement que cela se fasse prochainement.

- Hum... Je suppose que vivre une vie normale, avec des relations normales, ne fait pas parti de nos ordres. La vie simple n'est pas faite pour nous. Ou alors on est juste un peu stupides. Au pire, je peux te traîner en Sibérie si c'est ce que tu veux, tu verras bien si tu trouves un pingouin avec qui passer tes jours.

Il avait dit ça avec un sourire légèrement moqueur mais pourquoi tout en Gillian faisait croire à Gavin qu'il n'aurait pas à attendre longtemps pour découvrir ce que cela faisait d'avoir quelqu'un qui manquait à sa vie ? La soirée touchait à sa fin et généralement, le soldat se fichait pas mal de ça. Il raccompagnait les gens s'il y avait besoin et rentrait, s'il était tôt, il regardait un film, lisait un bouquin, faisait un peu de sport ou s'occupait de sa bécane mais jamais il ne s'attardait sur le fait qu'il était déçu que tout s'arrête. Cette fois, c'était différent. Tout était différent, depuis le début. Il était bloqué dans un bar qu'il voulait quitté, il l'avait rencontré, ils s'étaient éclipsés ensemble et avaient fini par prendre un bain de minuit. Franchement, qui ferait ça avec un inconnu, sans être alcoolisé ou drogué ? Personne de censé ne le ferait mais une nouvelle fois, le Garde ne pu s'empêcher de croire que c'est parce qu'ils en avaient tout deux besoin. Pourtant, sentir les bras de la femme autour de son torse, sentir son cœur battre contre son dos... Quelque part, ça chamboulait le colosse qui n'avait pas l'habitude de ressentir tout ça. Sur le moment, il se sentait comme un preux chevalier ayant sauvé la princesse de sa tour infernale gardée par un dragon désormais vaincu. Il se sentait comme celui qui ramenait la belle à son village pour qu'elle puisse y couler des jours heureux sans pour autant devenir le brave qui l'épouserait à la fin. Est-ce que dans les contes de fées, les "friendzone" existaient déjà ? Possiblement et d'ailleurs pour Gavin, il était clair qu'il n'avait que le rôle d'ami même s'il ne se voyait pas autrement. Ils ne se trouvaient pas dans un film après tout, pas dans ceux qui disaient que les étrangers se rencontraient et savaient immédiatement qu'ils étaient des âmes sœurs.

Pourquoi penser à tout ça alors, ça n'avait pas tant d'importance que ça alors qu'ils partageaient le souvenir d'une excellente soirée, ça devait suffire au palpitant du géant. Oubliant alors ses questionnement, le motard s'offrit l'oublie pour profiter du voyage sur son fidèle destrier. Il ne roulait pas vite mais les décors changeaient à une allure déconcertante, il se laissait propulser dans la nuit, oubliant complètement que le vent traversait ses vêtements mouillés et que sa peau se faisait mordre par mille crocs gelés. Il oubliait ses responsabilités de garde rouge, il oubliait sa première carapace de militaire vouée à le protéger comme à protéger ceux qui comptaient pour lui. Cette soirée le rendait heureux, du début à la fin si l'on considérait que le début restait la rencontre avec le verre de vin. A un feu rouge, l'homme se permit d'appuyer une main contre la poche du même côté dans laquelle s'étaient réfugiés des doigts frigorifiés, ce qui sentait à travers le fin tissu de sa veste. Le redémarrage reprit, plus abruptement que la première fois et il filait vers le lieu de vie de la femme derrière lui. Sagement, il écouta les différentes directives pour reconduire la demoiselle, s'arrêtant dès qu'elle le signala. Pied à terre, béquille en place, le blond laissa d'abord son amie quitter la moto pour ensuite la suivre.

C'était là, juste face à lui. C'était maintenant qu'il devait souhaiter une bonne nuit à la star, la laisser retrouver son quotidien comme il se devait de retourner au sien. C'était le moment même où il fallait noter cette soirée comme surprenante car peu aurait la chance de vivre une situation semblable à la sienne. Pour la politesse, Gavin enleva son casque bien qu'il aurait préféré le garder un peu plus longtemps pour ne pas laisser paraître ce reste d'air triste. Il était encore trop tôt pour se quitter, lui criait une voix dans sa tête. N'y avait-il pas de bouton pour les faire arrêter de parler, les satanés voix ? Cependant, il se disait qu'elles ne mentaient pas quand elles hurlaient que la soirée ne pouvait pas se terminer ainsi. Il aurait préféré qu'ils se regardent dans le blanc des yeux, incapables de prononcer les au revoir de coutume et qu'ils restent encore un moment avant que l'un d'entre eux se décide à bouger. Gillian voyait les choses autrement puisqu'elle tendait la main. Presque à contre-cœur, l'agent rouge sourit sincèrement et s'empara de la poigne féminine après s'être déganté.

- Merci à toi. C'était surréaliste mais sympathique d'avoir passer la soirée avec la personne qui m'a presque ruiné mon t-shirt préféré.

Un rire accompagna les propos alors qu'il serrait tendrement les doigts entre les siens, se faisant ferme sans être imposant comme il le faisait habituellement avec ses collègues. Non pas qu'il tentait de les dominer mais il montrait que comme eux, il était fort. Une nouvelle fois, qu'importait ce genre de pensées. Libérant plutôt la petite main, il laissa la femme se retourner tandis qu'il se dirigea vers le compartiment de sa moto pour y ranger le second casque devenu inutile désormais. Revenant s'asseoir derrière le contact, l'homme entreprit de remettre son gant manquant et prit son casque, prêt à le mettre mais se retint. Pouvait-il réellement laisser la jeune femme partir ainsi, sans chercher à la rattraper pour... Il ne savait pas. La serrer une dernière fois dans ses bras ? Lui donner son numéro, prétextant qu'elle devait le rappeler quand elle aurait besoin d'un garde du corps puisque, après tout, elle l'embauchait pour ça ou peut-être même lui dire que si elle avait besoin de se sentir normale, il pourrait l'aider ? Dans tous les cas, comment se sentirait-il de la regarder partir sans rien faire ? Peut-être était-ce la dernière fois qu'il la voyait alors... Que faire ?

Toujours en pleine réflexion, l'homme ne comprit pas tout de suite que de son côté, la blonde revenait vers lui. Il leva les yeux sur elle, interrogateur quand elle fut proche de lui. Avait-elle oublié quelque chose ? Avant même qu'il ait pu demandé, Gavin se retrouvait à goûter la douceur des lèvres de Gillian. Un baiser, tendre, à peine appuyé, aussi délicat que la soie ou quelque chose d'extrêmement léger et doux à la fois. Il n'aurait su dire mais en l'espace de quelques secondes, l'homme venait de se perdre au bord de ses lippes auxquelles il n'avait pas osé rêvé tant cela lui semblait plus qu'improbable à vivre. Puis le rêve prit fin et dans un geste fou, il vint capturer la main de la belle entre la sienne, un appel à ne pas le quitter maintenant.

Toujours en la tenant, Gavin se leva lentement, pour ne pas brusquer les choses. Ses yeux plongés dans les siens, il oubliait les questions qui envahissaient son esprit par centaine pour se content de posa sa main libre sur la joue de la ravissante qu'il gardait face à lui. Il aurait aimé parlé, ses lèvres s'entrouvrant pour prononcer quelques mots qui ne sortiraient jamais. Inutile de briser un tel moment. La respiration du gaillard se perdait dans l'air, son palpitant s'emballait sans limite à un point qu'il aurait été impossible de compter les battements par minute, la chaleur s'emparait des joues de ce timide. Alors, imperturbable, il se surprit lui-même lorsqu'il vint doucement coller sa bouche contre celle de la femme qui avait rendu sa soirée plus que magnifique. Il vint lui offrir un baiser légèrement appuyé, qui se voulait aussi tendre et doux que celui qu'elle lui avait donné même pas une minute auparavant. A nouveau, le soldat eut la sensation que le monde s'arrêtait de tourner, que l'univers ne comportait qu'eux deux et que la seule chose qui comptait se trouvait être cet échange silencieux.

Il ne voulait pas terminer la nuit sans elle, c'était un fait. Il ne pourrait passer les quelques heures avant le matin sans la voir sourire ou sans l'entendre une dernière fois, de toute façon, il ne voulait pas que la dernière fois arrive maintenant. Mais rien ne comptait plus que le goût de ses lèvres et de ce baiser.
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MessageSujet: Re: When I saw you...   Ven 30 Déc - 2:16

Les décisions prisent sur un coup de tête, Gillian avait pour habitude de laisser ça aussi. Elle, elle ne touchait pas à ça. Elle était cette femme très confiance, mais qui avait besoin d'être sûre de ce qu'elle faisait de ses dix doigts. Elle calculait avec habilité les probabilités, les risques, les potentialités qui se présentaient à elle pour tous les choix qu'elle pouvait prendre dans son existence. Parce qu'il s'agissait de sa vie, et qu'entre toute autre chose, elle était importante. Gillian voulait s'endormir dans cinquante ans, et ne tirer que des sourires heureux des souvenirs et des choix qu'elle avait pu faire. Jamais de regrets. Seulement des sourires.

Alors, oui. Ce baiser ne lui ressemblait pas. Ou alors, il lui ressemblait trop. Il était loin de la Gillian assurée qu'elle était, et qui avait besoin de certitude et de confiance pour se lancer. Là, elle avait joué sur un coup de poker, sans calculer les risques que ça pouvait représenter. En dehors du fait qu'elle était une célébrité qui se donnait en spectacle présentement en pleine rue avec un illustre inconnu. Ça n'était pas le problème pour elle. C'était plus le fait qu'elle donnait, après ce baiser, un relief bien plus prononcé à toute cette soirée alors qu'elle ne l'avait pas prémédité. Et c'était ça le souci. Elle n'avait pas prévu d'aimer autant tout ça.

La blonde ne rajouta rien, prête à partir et à le laisser sur ses entrefaits. Peut-être avec une phrase digne de lui : « surréaliste mais sympathique, n'en parlons plus ! » mais là encore, elle n'était pas persuadée que parler était une si bonne idée. Elle aurait voulu devenir toute petite, rétrécir au point d'être microscopique, et s'enfuir à toutes jambes juste après ça en s'excusant d'avoir osé. Elle n'en eut pas le temps. Gavin la rattrapa avant qu'elle ne devienne lâche et n'entache cette réunion entre deux pessimistes anonymes. Sans pouvoir quitter son regard, elle s'attendrit bêtement devant son air étonné mais incroyablement doux.

Gavin ne lui en voulait pas. C'était déjà ça. Il la tenait fermement tout simplement pour ne pas la perdre, et ne lui tiendrait pas rigueur de cette audace certaine. Et sur le moment, Gillian comprit : Elle l'aurait regretté, cinquante années plus tard, si elle n'avait pas seulement tenté l'histoire. Et Gavin, avec tout le courage qu'il avait en tant que soldat, n'aurait probablement pas fait ce premier pas. Il n'était pas un fou téméraire, et elle non plus, habituellement. Elle se contenta de sourire, sentant que l'homme aurait pu parler, se taisant pour pouvoir l'écouter.

Elle eut droit à un second baiser. Cette fois-ci de sa part. Et elle ne put que se laisser aller à cette seconde étreinte dont elle avait envie sans pouvoir se l'avouer. L'espace d'un instant, l'angoisse que son geste soit mal pris s'effaça complètement. Elle réussit à la mettre si loin dans sa tête, dans le méandre de pensées sans importances, et elle profita simplement de ce baiser. Légèrement salé, à cause de l'eau de mer probablement. Gillian s'en amusa, et s'en éprit surtout en resserrant sensiblement l'étreinte. Elle s'accrocha à son cou, pour se tenir un peu mieux et prolonger cet échange.

La blonde y mit un terme en se sentait trop partir dans le creux de ses bras. Plantant ses yeux bleus dans ceux de Gavin, elle lui adressa un léger sourire sans réussir à trouver quoi lui dire. Monte chez moi, pour la nuit, laisse ta moto ici, ça ne dérangera pas. Oh, elle y pensa très fort, sans parvenir à l'articuler sur le moment. Probablement un peu trop tôt ? Mais vu la vitesse à laquelle ils en étaient venus là, et à être si complices également, il y avait-il vraiment un rythme imposable ? Elle pinça les lèvres, dérobant un autre baiser rapide avant de se reculer définitivement.

« Je passerais te voir. » jura-t-elle à Gavin en le regardant droit dans les yeux. C'était une promesse. Elle trouverait forcément le temps pour ça. Parce qu'elle en avait vraiment envie alors il ne pouvait en être autrement entre eux. Elle ne savait pas encore quand, ceci dit. Le lendemain, dans trois jours, la semaine prochaine ? Elle allait simplement se débrouiller pour le faire et tenir cette promesse. Quand elle tourna les talons pour le laisser pour de bon cette fois, sans un mot de plus, ce fut avec le cœur bien plus léger.

Ils se reverraient forcément.
Ils n'avaient plus le choix.
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When I saw you...
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