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 The fire's out but still it burns | Marc

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Tenebris
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MessageSujet: The fire's out but still it burns | Marc   Dim 18 Juin - 2:21



The fire's out but still it burns

You're in the darkness all alone


Le vent soufflait fort ce soir, et faisait voler le long manteau noir que je portais juste derrière moi. Il glissait entre mes cheveux désordonnés et me tiraillait la peau tandis que je marchais vers le point de rendez-vous. Je me grattais doucement la joue, sentant la repousse chatouiller la pulpe de mes doigts, avant de fourrer ma main dans ma poche. J'attrapais du bout des doigts une des cigarettes que j'avais roulée ce matin et l'apporta à mes lèvres. Entrouvrant la bouche, j'encerclais le tube empoisonné avant de chercher mon briquet, tâtonnant mon jean. Après quelques secondes et après avoir buté sur le canon de mon flingue, je le sentis dans la poche arrière. Lâchant un léger soupir, je le sortis et fit glisser mes doigts sur la pierre, l'étincelle jaillissant pour éclairer faiblement mon visage. Je cachais la flamme avec ma paume, l'observant briller quelques secondes, mes iris ancrés sur la lueur éclatante. Mais elle brûlait toujours et sa chaleur me tirait un grincement. J'embrasais alors la cigarette, le feu léchant le papier, consumant la drogue alors que les cendres s'envolaient autour de moi. J'inspirais un bon coup, retenant la fumée dans mes poumons. Ma gorge avait cessé de me brûler depuis bien longtemps, mais le poison coulait encore dans mes veines. Je fermais les yeux doucement, avançant lentement en soufflant la fumée. Les volutes glissaient sur ma langue et mes lèvres, et je contemplais les arabesques blanchâtres qui dansaient devant moi. Les empreintes du voile opaque en pleine nuit noire s'envolaient doucement, avant d'être étouffées par l'épaisseur de l'obscurité. La lumière ne jaillissait plus, elle mourrait à petit feu. Les ombres s'effritaient également, avalées par les ténèbres. Le froid s’engouffrait à travers mes vêtements, me faisant presque claquer des dents si je n'avais pas déjà une clope au bec. Il devait être deux heures du matin, et la seule lueur que je pouvais discerner c'était l'astre laiteux qui brillait plus haut. Je plissais les paupières en levant les yeux, m'arrêtant quelques instants. La fumée obstruait légèrement ma vue, mais je fus tout de même soufflé par la beauté des étoiles scintillantes ornant l'encre noire déversée dans le ciel. Je me perdais quelques secondes devant le spectacle, avant de ramener à nouveau la cigarette à mes lèvres. Rabaissant la tête, je me remis en marche, m'aventurant de plus en plus dans l'obscurité, laissant l'opacité m'entourer et m'engloutir au creux de son étreinte glaciale.

Au bout de plusieurs minutes silencieuses, et sans croiser la seule âme en peine, j'arrivais devant une bâtisse délabrée. Une atmosphère austère régnait sur les lieux et l'herbe poussait déjà bien haut, témoignant de l'entretien inexistant dans ce quartier. Je lâchais un genre de ricanement, avant de faire vite fait le tour du propriétaire, vérifiant que j'étais bien seul avant de m'adosser à l'un des murs encore un peu stable du bâtiment. Cette fois je ne vérifiais pas un énième document pour avoir des infos. J'avais la cible en tête et c'était le plus important. Pas besoin de s'encombrer, j'avais tout ce qu'il fallait pour ce soir, et rien en trop. Les minutes défilaient sous mes yeux, alors que je laissais mon regard se perdre dans l'obscurité. J'avais déjà terminé ma clope que j'avais balancée d'une pichenette et la fumée s'effritait encore un peu plus loin lorsque j'entendis quelque chose. Des bruits de pas claquant contre les pavés, la mélodie caressant mes tympans, me faisait me redresser subitement. Décroisant mes bras, je les laissais pendre contre mes flancs. Le vent fouettait toujours mon visage et je plissais les paupières, scrutant le nouvel arrivant d'un air impérieux. Sa silhouette se découpait dans l'obscurité, jetant des ombres glissant jusqu'au sol alors qu'il s'avançait. Comme d'habitude c'était lui qui arrivait en dernier. Il avait pas l'air d'être en pleine forme et en vérité, je m'en foutais un peu. Même si je le connaissais bien et que je partais souvent avec lui, s'il avait des problèmes c'était pas ma merde. Tant pis pour sa gueule, mais ça risquait d'être problématique pour la mission. Je soupirais doucement lorsqu'il s'arrêta devant moi et je le toisais alors, lèvres pincées et le regard dur. Je croisais à nouveau mes bras contre mon torse, me décollant du mur pour lui faire face. L’obscurité nous entourait toujours et je pouvais entendre son souffle rendu hachuré. Il semblait bouillonner, je sentais la chaleur émaner de son corps alors même qu'on ne se touchait pas. C'était assez surprenant, surtout que j'étais habitué à son air froid et renfrogné. Enfin bon. Je haussais les épaules comme pour chasser l'ombre d'intérêt que j'ai porté à sa santé et me raclais la gorge, revenant à mon air nonchalant et blasé habituel.

« Marc. »

Simple et efficace, pas de formalités trop poussées, juste un fond de cordialité entre collègues. En vérité je n'aimais pas les salutations, il n'y avait jamais rien à dire, c'était un pur réflexe, rien de concret. Rien d'intéressant quoi. Rien de personnel. Bref, tout le monde s'en fichait et moi avec. Je continuais de le regarder, fronçant les sourcils. J'espérais quand même qu'il n'allait pas tout foutre en l'air. Manquerait plus que ça, que tout parte en couilles à cause d'un connard comme lui. Et que la cible s'échappe. Pinçant les lèvres, je me retenais de soupirer face à cette alternative. Je ferai mieux de ne penser à rien, oublier Marc et de me concentrer sur la mission. Tant pis pour les conséquences et les séquelles qui attendaient au tournant, sagement, dans l'ombre. Dans cette obscurité glaciale qui transcendait les âmes à la dérive et les corps meurtris. Les esprits glissaient dans les ténèbres, se laissant engloutir par la nuit obscure. Je passais le poids de mon corps sur mes talons, avant de faire claquer ma langue contre mon palais. Réveillant les esprits endormis par la même occasion, et les quelques chats de gouttières qui traînaient dans le coin. Tournant doucement la tête, je montrais du menton le chemin que nous devions emprunter, avant de reporter mon attention sur lui. Ma voix glissait sur mes lèvres, s'envolant dans les airs, claquante et toujours aussi peu avenante. Fallait pas pousser non plus.

« C'est quand tu veux que tu te bouges le cul. »

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On l'appelle souvent l'autre connard.
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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Dim 18 Juin - 22:12

The fire's out but still it burns
Morgan & Marc
I'm only human, I make mistakes. I'm only human, That's all it takes to put the blame on me. Don't put the blame on me

Son téléphone avait sonné. Depuis deux jours, il n’arrêtait pas. Mais Marc ne répondait pas. Son humeur était trop instable pour faire autre chose que de serrer les dents pour retenir ces émotions qui le submergeait. Et boire comme un trou aussi. Pendant deux jours, black out total. Il ignorait que ce qu’il avait bien pu foutre et il s’en foutait pas mal. Il se souvenait vaguement de la veille où il avait compris qu’il avait pas assez d’alcool dans les veines pour supporter la journée qui se pointait. Il avait donc recommencé. L’autre souvenir qui remontait aussi, c’était ces rêves étranges le concernant. Une vague impression de déjà-vu ainsi que des situations dont il ne se souvenait pas - quoi de plus normal, c’était un rêve. La descente faisait mal. La gueule de bois du siècle. L’impression d’être passé sous un camion. Mais c’était toujours mieux que d’avoir l’impression d’être une bombe sur le point d’exploser. Il se connaissait suffisament pour savoir ce que ça faisait quand c’était comme ça. Ça ne finissait jamais bien. Jamais. Sa route vers l’autodestruction ne connaissait jamais d’arrêt.

Mais il avait un job à accomplir. Donc pas de beuverie ce soir. Juste de quoi tenir. Soigner le mal par le mal en contenant ses émotions destructrices. Une rapide douche, un changement de fringue et voilà. Il n’était pas rentré à l’appartement depuis deux jours et avait attéri dans cette chambre d’hôtel on ne savait comment. L’avantage d’avoir le style de vie qu’il avait, c’était qu’il avait toujours un sac contenant des affaires de rechange dans sa voiture. En vérité, ce sac était destiné pour le moment où l’envie de prendre la tangente le traverserait. Mais depuis qu’il vivait avec Mai, il restait. Il ne savait pas trop pourquoi, mais il restait à Genosha, au lieu de partir comme il en avait l’habitude. Enfin, il devrait bien trouver un autre endroit où vivre, s’il devait être responsable d’une gamine de quinze ans, maintenant. Comme beaucoup de chose, Marc devait maintenant dire adieu à sa vie de marginal. Se ranger, prendre un appartement, élever un gosse. Bordel, il n’était pas fait pour ça. Il ne l’avait jamais été. Ça lui tombait dessus comme ça. En fermant le coffre de sa voiture après y avoir rangé ses affaires, Marc se demanda ce qu’il se passerait s’il décidait de partir de Genosha maintenant, en laissant toutes ces conneries derrière lui. Rien de bon, c’était certain. Et pour la première fois de sa vie, sans doute, il en avait quelque chose à faire. Il alluma une cigarette, marcha jusqu’à la portière du conducteur et s’engouffra dans la voiture. Il resta un instant figé devant le volant, les mâchoires serrées. Il n’avait qu’une chose à faire. Conduire jusqu’à l’aéroport et se casser d’ici. Tant pis pour Mercy, cette pauvre gamine qui n’avait rien demandé -et surtout pas à avoir un père comme lui. Tant pis pour Mai, pour Amélia, pour Jake et Elijah. Tant pis pour Aidan, qui n’avait pas daigné donner le moindre signe de vie depuis un moment. Au diable tout ça. Au diable Hydra et Genosha. La stabilité, ça n’avait jamais été son truc après tout. Et il était resté bien trop longtemps à Genosha.

Le cuir de sa veste craqua quand il tendit le bras pour allumer le contact. Il n’avait qu’à rouler jusque là-bas et embarquer dans le premier vol hors de l’île, peut importait la destination. Salut la compagnie. Au lieu de ça, bien sagement, les mains serrées sur le volant, Marc se rendit au lieu de rendez-vous. Un nouveau job pour lui, avec Morgan. Ce bon vieux Morgan qui allait certainement râler parce qu’il était en retard. Pour changer. Morgan qui ne lui râlait pas dessus, c’était bien trop rare. Il gara la voiture assez loin pour ne pas se faire cramer mais assez près pour ne pas mettre trois heures à arriver. Quand il fallait y aller, hein. S’extirpant du véhicule, il fourra les mains dans les poches de sa veste. Il ignorait pourquoi mais le fait de se retrouver dans l’obscurité l’apaisait un peu. Il s’était toujours senti dans son élément quand il ne faisait qu’un avec les ombres. Et durant la distance qu’il parcourut pour rejoindre Morgan, il se laissa aller dans les ténèbres qui l’entourait. Une sensation familière vint le chatouiller. Comme un petit picotement au bout des doigts. Il ne savait pas ce que c’était mais il avait impression de connaître ça. Ce fourmillement. Ce fourmillement qui courait sur sa peau. Il serra le poing en avançant plus vite. Il se voyait mal expliquer à Morgan qu’il avait trainé pour une raison que lui même n’arrivait pas à comprendre.

Il discerna la silhouette de Morgan, perçut sa voix et le ton très cordial avec lequel il l’accueillit. Marc garda le silence, n’ayant même pas le coeur à lui envoyer ses habituels sarcasmes à la tête. Il était là pour le boulot. Ils trouvaient la cible, s’en occupaient et ils repartaient chacun de leur côté. Simple comme bonjour, sans accroc et basta. Il n’était pas là pour faire la conversation avec Morgan - quand bien même, le dialogue tournerait court. La voix sèche de Morgan résonna à nouveau et Marc se mit en marche, haussant les épaules, gardant les mains dans les poches. Contrairement à toutes les fois d’avant, il ne demanda pas à Morgan après qui ils en avaient. Il ne demanda aucun détail. Il se contenta de le suivre, sans dire un mot, sans la moindre expression sur le visage. Le job. Juste le job. La cible qui ne serait plus qu’un vaste tas de cendre quand ils en auraient terminés avec elle. De l’argent sur ce compte qu’il ne touchait jamais. Et son amertume, une fois que tout serait terminé. L’avantage de bosser avec Morgan, c’était que le job serait rapidement. Mais aussi que Morgan s’en branlait des états d’âmes de ses coéquipiers. C’était juste parfait. Il n’aurait pas besoin de parler, pas besoin de se justifier. Ni d’expliquer pourquoi il se pointait en retard ou qu’il avait cette tête de déterré. Juste faire le job pour lequel il était payé et dans lequel il était doué. Seulement au bout de quelques minutes de long silence et de marche, Marc demanda enfin, à voix basse : « On va où, au juste ?»  


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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Mar 27 Juin - 22:06



The fire's out but still it burns

And no one cares, there's no one there


Il n'avait rien dit, simplement haussé les épaules et avait fourré les mains dans ses poches. Il n'avait même pas esquissé l'ombre d'un sourire narquois. Même le sarcasme n'avait pas glissé sur le coin de ses lèvres. J'haussais lentement un sourcil en le regardant consciencieusement, croisant les bras contre mon torse. Je pinçais les lèvres distraitement, mes iris toujours rivés sur lui. En temps normal, il ne serait pas resté aussi silencieux et se serait empressé de m'en lancer une en plein dans la gueule avant que je ne le stoppe d'un regard. Bon, il pouvait bien ne pas se sentir au meilleur de sa forme, après tout, cela arrivait aux meilleurs. J'haussais également les épaules avant de soupirer doucement, décroisant mes bras. Je calais mes mains au niveau de ma ceinture, et mes pas foulèrent alors les pavés assombris. Mon souffle se perdait dans la nuit et l'opaque voile noir étouffait le moindre des bruissements que j'émettais. Je discernais vaguement la silhouette de Marc dans l'obscurité et celui-ci me suivait sagement, presque tranquillement. C'était agréable de pouvoir marcher en peine nuit sans se préoccuper du danger alentours, ou devoir composer avec les chuchotements des autres qui ne cessaient de titiller mes tympans. Avec Marc, cela arrivait assez souvent, et j'avais l'impression de faire cavalier seul jusqu'à ce que je remarque à nouveau sa présence. Il est d'un naturel si discret quand je suis là, c'est presque dérangeant. Mais bon, la situation était bien trop belle pour durer, et il finissait toujours par l'ouvrir. Comme maintenant. Sa voix était presque comme un murmure qui étouffait sous la pression de l'atmosphère. Je l'entendis à peine et me contentais de tourner rapidement la tête en sa direction. Il semblait déjà un peu plus enclin à la coopération, et je pinçais doucement les lèvres avant de reporter mon attention sur les pavés. Mon souffle glissait lentement dans les airs, et le silence oppressant alentours faisait battre mon sang contre mes tempes. Je le sentais pulser en un écho imperturbable, ordonné, et la pression me transcendait parmi l'obscurité ambiante.

« On va où, au juste ?
_ Un chef de gang aurait mis à mal la couverture du QG. On va juste s'assurer qu'il n'a rien dévoilé de trop discriminant et dans le cas contraire, on aura carte blanche. »

Le regard embrumé par les ténèbres qui picoraient ma peau, je parvenais tout de même à me diriger dans le quartier. La nuit était propice à la tension et à l'attente, au sein de ces bâtiments délabrés qui menaçaient de s'effondrer. L'air était frais, et s'engouffrait sous mon manteau, faisant picoter ma peau. Je grimaçais sous l'inconfort, plissant les yeux pour mieux me repérer. Encore quelques minutes et on y serait. Tandis que mes pas me transportaient, je vérifiais que Marc me suive toujours avant de lever les bras devant moi, enlaçant mes doigts pour les faire craquer. Le bruit résonna dans le silence oppressant et un sourire narquois s'étira alors sur mes lèvres. L'écho du craquement retentissait encore légèrement derrière moi, alors que j'abaissais mes mains, les fourrant dans mes poches. J'abaissais la tête rapidement, la secouant de droite à gauche avant de la relever, la basculant en arrière pour la faire craquer également. Je me dégourdissais consciemment avant d'aller rendre une petite visite pas vraiment courtoise à ce chef de gang totalement barré. Ce gars était bien malsain quand il fallait et même si j'adorais ce côté bestial et sanguinaire en lui, je devais avouer que ce mec n'avait même pas de plan d'attaque. Il faisait tout sous le coup de l'émotion, et c'était loin d'être un chef d'oeuvre. Autant dire que Malik, quand il avait planté sa femme par impulsion, c'était beaucoup plus proche d'un Michel Ange que le pseudo tas de bouse pas du tout artistique du mafieux. Enfin, ce gars, je me ferai un plaisir de le lacérer en temps voulu. De toute manière, on était bientôt arrivé et Marc devait sûrement vouloir se défouler lui aussi. J'allais pas tout garder pour moi non plus, sinon il n'y aurait pas de fun. On ne pourrait pas s'amuser et on n'obtiendrait sûrement aucune réponse si tout se faisait dans la hâte.

Mieux valait garder une distance de sécurité. Je glissais doucement ma main à l'arrière, passant dans mon dos, et buttant contre la ceinture. Je souriais, étirant mes lèvres alors qu'un air carnassier imprégnait mes traits. Le flingue était bien là, toujours aussi lourd dans ma paume, et chargé. Garder ses distances, ok, mais toujours avoir sur soi un moyen de pression, surtout dans ce milieu. Je retirais ma main de ma ceinture et remis mon manteau en place. Il fendit les airs en claquant contre ma jambe et j'en profitais pour remettre les mains dans les poches. Au bout de quelques minutes de marche intensive en plein milieu de la nuit, je commençais à entendre des éclats de voix. Je ralentissais le pas et apercevais une lueur blafarde quelques mètres plus loin. Ils étaient là, tout proches, dans la lumière. Et nous, encore enfouis dans les ténèbres, entourés par l'obscurité silencieuse. J'avançais doucement avant de m'approcher d'un mur, le longeant lentement, m'arrêtant avant le tournant. Ils étaient juste à quelques mètres, je pouvais les sentir. Personne ne surveillait cette entrée, et ainsi, je penchais la tête pour jeter un coup d’œil, en surplomb de la zone dangereuse. Les paupières plissées, je laissais mes iris scruter les moindres recoins et notais les informations utiles quelque part dans ma tête. Silencieusement, jusqu'à ce que j'entende Marc s'arrêter près de moi. Je soufflais doucement, la buée s'envolant dans les airs, alors que je collais mes flancs contre le mur.

« Nous y voilà. »

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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Ven 14 Juil - 22:31

The fire's out but still it burns
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Tête baissée, les épaules rentrées, les lèvres scellées. C’est peut-être un Marc bien différent de celui que Morgan connaissait qui marchait à présent à ses côtés. Pas le moindre sarcasme ne sortait de sa bouche. Presque quarante-huit heures de cuite non-stop, ça laissait des traces. Et Marc n’avait plus vingt ans. Juste dix de plus, mais c’était suffisant pour qu’il sente le contrecoup de son ivresse. Il sentit un instant le regard perçant de Morgan sur lui. Il se retint de lui demander ce qu’il offrait de si intéressant pour que Nitmaeër se décide à le fixer de la sorte en croisant les bras. Il avait besoin de quelque chose ? Il avait un commentaire à faire ? Marc se retint, encore une fois. Ne pas lever les yeux au ciel, ne pas lui demander s’il voulait sa photo. Ce n’était pas parce qu’il était complètement paumé qu’il devait s’approcher à ce point de la mort. Fort heureusement, son collègue se mit en route et Marc le suivit, les mains fourrées dans ses poches et les yeux rivés sur le sol. Il bénissait ce silence et cette obscurité qui les entouraient. A nouveau, il sentait ce petit fourmillement qui l’avait saisi plus tôt. Cette sensation familière qui lui venait d’on ne savait où. Ça semblait venir du plus profond de lui-même. Il le sentait parcourir ses veines sans comprendre ce que ça signifiait. Il fronçait les sourcils, baissant les yeux vers ses mains. Fermant et ouvrant le poing pour que ça s’en aille.

Enfin, il consentit à ouvrir la bouche, tant pour occuper son esprit ailleurs que vers ces sensations étranges que pour savoir exactement où ils allaient. Et la réponse de Morgan ne se fit pas attendre. Marc grimaça légèrement. Il n’aimait pas les gangs. Il avait eu quelques ennuis avec certains d’entre eux. La véritable question était probablement avec qui Marc n’avait-il pas eu d’ennui. Vu sa facilité à se mettre les gens à dos, c’était une question piège. Il se contenta d’hocher la tête, en se demandant de quel gang il s’agissait. Morgan le savait et les menaient droit vers le trou à rat où ces weirdos se terraient. Au moins, il avait pensé à prendre une arme avec lui, si jamais les choses tournaient mal. Et elles tournaient souvent mal. Particulièrement quand Morgan et Marc bossaient ensemble. Les gens prenaient peur, donc certains avaient la sagesse de parler directement. D’autres tentaient de résister. Ils résistaient en se battant. Les gens travaillant de près ou de loin avec Hydra finissaient pas entendre parler de ce duo improbable. Et pour sa défense, Marc dirait bien qu’il n’était pas le plus dangereux du lot.

En retrait, il suivait Morgan, se murant dans ce silence amer. Il devrait être dans un avion en dehors de Genosha, pas ici. Pourquoi n’avait-il pas écouté son instinct qui lui disait de partir tant qu’il le pouvait ? Quitte à laisser tout le monde derrière ? La réponse, il la connaissait mais il refusait de mettre des mots dessus. Parce que pour la première fois de sa vie, Aidan mis à part, il se souciait de quelqu’un d’autre que sa propre personne. La gamine. Cette maudite gamine. Sa…fille. Il savait qu’un gosse changeait tout, c’était pour ça qu’il s’était toujours refusé l’eventualité d’aller pondre un gosse à une grognasse quelconque. C’était des responsabilités. Et les responsabilités, Marc les fuyait comme la peste. Quel choix s’offrait à lui, maintenant ? Arrêter tout et se ranger pour élever cette gamine ? Tout ça parce que Meryl n’avait pas réfléchi avant de lui faire ce sale coup ? Une minute, on parlait de Meryl, bien entendu qu’elle y avait réfléchi. Et plutôt deux fois qu’une. Ça lui faisait toujours aussi mal de penser à elle, de s’imaginer qu’elle était en train de croupir dans ce maudit asile et qu’il ne pouvait rien faire pour l’en sortir. S’il pouvait, peut-être qu’il la tirerait de là, qu’ils trouveraient un moyen. Marc endosserait sa responsabilité de père et resterait avec elles. Meryl et Mercy. A trois.

Il secoua la tête. Une baffe pour Bowman. Depuis quand il songeait à des trucs pareils, lui ? Tout plaquer et devenir le parfait père de famille ? A en crever de rire. C’était plus le truc d’Aidan, ça. Pas lui. S’il vivait jusqu’à quarante ans, ce serait un putain d’exploit. Jusque là, il allait faire ce qu’il savait faire de mieux : se démerder. Et ça, il savait très bien le faire. Trop bien, même. Il leva la tête en entendant Morgan dire qu’ils y étaient. Marc n’avait pas fait attention à l’itinéraire et il eut une sale surprise en découvrant l’endroit. Putain. Et dire qu’il s’était juré de plus y remettre les pieds… Il retint son souffle en se plaçant à côté de Morgan. « Avant qu’on y aille, faut que je te dise un truc. » Autant lui dire dès le départ, qu’il ne tombe pas de haut. Parce qu’aucun doute que les types qu’ils allaient voir ne se priveraient pas de faire savoir à Morgan qui était le type qui l’accompagnait. Il se massa la nuque une seconde avant de tourner les yeux vers son collègue. « Ces types-là… Ils m’aiment pas beaucoup. Ça risque de compliquer les choses. Leur chef va pas lâcher un mot s’il voit que je suis là. »


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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Ven 1 Sep - 22:13



The fire's out but still it burns

Someone's out there, sending out flares


Accolé au mur bétonné, je croisais les bras contre mon torse tout en scrutant la scène en contrebas. Je plissais légèrement mes paupières, voilant quelque peu mon regard. Les lèvres pincées, je mâchouillais ma mâchoire. C'était un geste devenu presque automatique depuis le temps. Concentré dans ma tâche, je laissais mes iris glisser d'un individu à l'autre. Ils étaient tous éparpillés et ne devaient donc pas avoir grand chose à foutre en cette soirée. A part garder un probable butin. Avec un peu de chance, on pourrait en tirer quelque chose. Enfin, faudrait déjà savoir si ce connard de mafieux était déjà impliqué dans le coup, ce que je soupçonnais fortement. Je grognais alors doucement, entrouvrant mes lèvres et décroisant les bras. Je serrais le poing droit avant de l'enfoncer dans ma poche, jouant avec mon briquet pour m'occuper. La pulpe de mon doigt raclais contre la pierre et je me faisais violence pour ne pas enclencher la flamme et la balancer sur le territoire du gang. Putain. Problème réglé en deux secondes, et comme ça je serais tranquille. Je soupirais en penchant la tête de côté, la reposant sur le mur. Me détachant du spectacle quelques secondes, je posais mon regard sur Marc qui semblait assez surpris de se retrouver ici. Same dude. Il s'approchait tandis que je relevais le visage, soufflant silencieusement. Les volutes s'envolant dans les airs dansaient devant mes iris assombris. Le souffle de Marc se mêlait à l'obscurité ambiante tandis que sa voix résonnait. Fébrile et grave, sombre et rauque. J'haussais un sourcil, sans le regarder, attendant la suite. Lorsqu'il se remit à parler, ses paroles virevoltant dans l'atmosphère, ma main stoppa ses pressions sur la pierre et je me figeais. Bloquant ma respiration, brûlant ma gorge, picotant mes yeux. Je n'entendais alors plus rien, comme plongé dans le silence, du coton coincé à même les tympans. C'était étrange, d'autant plus que cela ne m'étonnait aucunement. Marc avait un passé assez chargé et ce n'était nullement une surprise de le savoir impliqué dans ce genre d'affaires.

Perdu dans les méandres de mon esprit, je ne me rendais pas compte du temps qui défilait au dehors. Je ressassais les quelques souvenirs de mes missions passées avec Bowman, et me rendais de plus en plus compte que quelque chose n'allait pas ce soir-là. Retrouvant ma mobilité, je pinçais les lèvres et fermais les paupières, imprégné dans ces fresques opaques et fluides qui encerclaient mon esprit. J'inspirais un bon coup, l'air frais et la brise légère du vent me caressant le visage. En expirant, je libérais cette sorte de tension qui m'avait pesé sur les épaules, avant de recommencer à m'occuper avec le briquet. Ma main appuyant à nouveau sur la pierre sans la faire rouler. J'ouvrais alors les yeux, posant mon regard sur les traits étirés de Marc. Aucune émotion ne transparaissait au travers de mes iris sombres, contrairement à lui. Il semblait mitigé. Sur la marche à suivre ou sur le fait d'être coincé ici. Enfin, ce n'était pas mon problème, tant qu'il ne causait pas d'emmerdes. C'était mal le connaître que d'assumer qu'il ne ferait rien de stupide. Je soupirais. Au moins il a eu la décence de m'en parler, maintenant il ne restait plus qu'à aviser, même si ça entraînait un contretemps important. Je me décollais du mur en inspirant bruyamment, me redressant brusquement. Ma main gauche frôlait mes flancs au travers de ma veste alors que je me tournais enfin vers mon acolyte. Ce n'est pas vraiment un challenge vu que tu n'es pas aimé par beaucoup de monde. Je reniflais dédaigneusement. Je vais le faire parler, te préoccupes pas de ça. D'un geste souple du poignet, je lui indiquais la marche à suivre et soupirais en avançant vers la zone en contrebas. T'as qu'à rester en arrière. Dans l'ombre et à l'écart de ce putain de lampadaire qui sert de projecteur.

Je jurais en lui faisant signe de me suivre. Fourrant ensuite les mains dans mes poches, je laissais mes pas me guider. Mes rangers crissant contre la terre légèrement mouillée. L'obscurité ambiante commençait doucement à se retirer. Le voile ténébreux se détachait de nous, nos silhouettes se découpant du tableau. Le bruit de mes expirations résonnait bruyamment à mes oreilles, cognant presque contre mes tympans. Mon sang pulsait au creux de mes veines, frappant mes tempes à mesure que je m'approchais du centre de la cour. Les quelques membres du gang présents se retournaient sur mon passage, jetant des regards noirs et crachant presque leur hargne pour prouver leur supériorité inexistante. Je ricanais doucement, avant de fermer complètement mon visage, me donnant l'air le plus condescendant possible. Ou le plus naturel. Un des gars se détachait du lot et s'avançait légèrement, l'air plus narquois qu'autre chose. Autant le maître était un trou du cul de première, autant les enflures derrière n'étaient pas plus avancées cognitivement parlant. Ça allait être rapide. Le gars se mit à m'interpeller, et je m'arrêtais finalement à quelques pas de lui. Je tournais doucement la tête pour vérifier que Marc se tenait à l'écart. Et je remarquais aussi que les membres du gang se mettaient à nous encercler. J'haussais un sourcil devant cette démonstration de force plutôt ridicule et je retournais à nouveau vers le dirigeant. Sa tête typée m'exaspérait au plus haut point et pourtant, je me trouvais à lui faire face. Sans bouger. Sans broncher. C'était le moment de lui tirer les vers du nez, et même si la tâche s'annonçait assez ardue vu sa tête de con, je n'allais pas en démordre. Opiniâtre comme j'étais, je n'allais pas me faire remballer par cet enfoiré. Il allait prendre cher. Je souriais alors, narquoisement, un air carnassier peint sur mes lèvres. Après tout, c'était bien l'une de mes parties préférées, manipuler, pour obtenir ce que je voulais.

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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Dim 17 Sep - 18:41

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S’il n’était pas Marc, il se serait offusqué de la remarque de Morgan. Mais il avait raison. Ce n’était pas un challenge. Il savait qu’il avait pas mal d’ennemis dans le coin et c’était logique, vu son comportement en règle général. Prêt à accepter n’importe quel job pour un salaire. Toujours dans la provocation, dans l’insolence et dans la violence gratuite. Guère étonnant qu’il se trainait une sale réputation et ce, avant même d’être un membre à part entière d’Hydra. Une réputation qui le précédait, car il voyait toujours le visage de ses interlocuteurs changer du tout au tout quand il disait son nom. Bowman, l’ouragan d’emmerdes. Ça avait toujours été ainsi et ça le serait toujours. Pauvre Mercy. Si elle savait la vérité sur ce père qu’elle voulait tant retrouver, elle déchanterait vite. C’était la préserver que de vouloir s’enfuir loin d’elle. Marc écarta sa fille de ses pensées. Il avait autre chose en tête, là, maintenant. Et Morgan lui lançait des directives pour éviter qu’il fasse tout foirer. Il se contenta d’opiner du chef sans dire un mot, sans même émettre la moindre protestation. C’était assez drôle de voir combien il savait filer droit en présence de Morgan. Et c’était peut-être parce que c’était lui. Avec un autre, Marc aurait tendance à en faire qu’à sa tête, quitte à se faire détester par la suite. Mais non. Avec Morgan, il était comme un enfant sage qui suivait les ordres et qui ne faisait pas de vagues.


Il fourra les mains dans les poches de sa veste, rentra les épaules et laissa Morgan y aller en premier. A nouveau, Marc sentit la douce caresse des ténèbres autour de lui et cette fois, ça l’apaisait. Il est toujours tendu et avec l’impression d’aller droit dans la gueule du loup - quelle idée de se pointer dans un endroit où les trois quarts des pélos voulaient sa peau, aussi ? - mais beaucoup moins que lorsqu’il s’était aperçu vers où ils se dirigeaient. Tant qu’il suivait les consignes de Morgan, ça allait aller. Rester à l’écart. Ne pas faire l’idiot. Ça devrait, aller, non ? Il le suivait de près, sans pour autant se montrer tout à fait, laissant à Morgan le loisir d’imposer le respect à tous par sa simple présence. C’était à se demander comment il le faisait aussi naturellement. Marc gardait le silence, les yeux baissés. Alors qu’il avançait avec Morgan parmi le groupe, il les voyaient se regrouper autour d’eux pour les encercler, certains d’entre eux lui lançant des regards furieux. Qu’est-ce qu’il leur avait fait, déjà ? Ah oui. Il en avait arnaqué plus d’un à une soirée poker. Pour sa défense, ils trichaient et il n’a fait que leur rendre la pareille en empochant le pactole. Plusieurs d’entre eux avaient été arrêtés à cause de la bagarre que ça avait déclenché et à laquelle Marc s’était échappé pile avant que les flics ne rappliquent. Etonnament, ils lui en voulaient encore. Et on ne pouvait pas les blâmer pour ça.

L’un d’eux s’avança et Marc préféra ne pas montrer sa gueule. Il vit un des gars près de lui faire se passer le doigt sous la gorge en guise d’avertissement pour lui et tout ce que ça déclencha chez lui, c’était une envie de rire. Il secoua la tête avec un rictus pour lui faire comprendre à quel point il était ridicule. Mais le summum du ridicule. Il se prenait pour un pirate ? Il leva les yeux au ciel et commença à explorer du regard les issues possibles, par simple sécurité. Des fois qu’ils doivent se barrer en vitesse. Même s’il doutait fort d’en arriver là avec Morgan. Il patientait pendant que Morgan faisait le Morgan avec le chef, parlant de son ton grave et inquiétant. Il sentait la tension monter au sein des membres du gang. Marc en arrière, parmi ceux qu’il avait arnaqué, forcément. Autant dire que Marc était l’allumette et que les autres étaient la dynamite. Ce serait plus simple. Un mélange dangereux. Très dangereux, surtout quand l’allumette pouvait devenir la dynamite en une fraction de seconde. Exemple avec ce type random qui crut drôle de bousculer Marc en provocation. Pour la défense du pauvre bougre, il ne connaissait pas Marc et donc ignorait son caractère imprévisible. Il ne s’attendait certainement pas à ce que Marc passe la main dans son dos pour attraper la crosse de son arme à feu qui se trouvait à sa ceinture, bien caché sous sa veste. Et il s’attendait encore moins à ce qu’il lève son bras armé vers lui et presse la détente. La scène dura une seconde. L’instant d’après, ce type random se retrouva au sol, avec un trou encore fumant au milieu du front alors que la détonation résonnait dans l’air. Marc eut un rictus en laissant son bras retomber. Le canon était chaud contre sa cuisse. « Dommage, t’as mal choisi ton jour pour me faire chier, buddy.» Il leva les yeux vers les autres, des yeux plein de folie pure, souriant de plus belle. « Y’en a un autre qui veut jouer ?» Il espérait qu’un d’eux s’avance encore pour qu’il puisse lui vider son chargeur sur la gueule. Et quand il n’aurait plus de balles, il le tabasserait jusqu’à ce qu’il ne ressemble plus à rien. L’appel du sang l’avait gagné et il avait l’impression de renaître. Pourquoi s’en faire ? Il avait toujours été comme ça. Créant des problèmes. Vivant des problèmes. Il était lui-même un problème. Il se mit à rire devant la tête effaré de certains. Un rire un peu incontrôlable. Il avait essayé d’être quelqu’un de bien. Songé à protéger sa fille de l’être abject qu’il était. Etre un bon père, tout ça. Mais chassez le naturel et il revient au galop. Il secoua l’arme à hauteur de son visage, canon pointé vers le haut, en riant toujours. Il l’abaissa en cherchant ses cigarettes de sa main libre. Il avait essayé et il avait échoué. C’était bien la preuve que ce n’était pas pour lui.


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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Ven 22 Sep - 23:34


The fire's out but still it burns
Marc & Morgan
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L'atmosphère était des plus tendue, l'aversion palpable si bien qu'au moindre de mes expirations, je pouvais sentir mon corps se figer. Presque comme un instinct de survie que je ne me connaissais pas. A vrai dire je n'avais jamais vraiment eu affaire à des personnes se qualifiant d'imposantes et le peu que j'en avais vu, autant dire que je n'avais pas été impressionné le moins du monde. Ils me semblaient tous aussi ridicules les uns que les autres, sans fonds, sans harmonie. Rien qui ne méritait le respect. Et là, ce chef ressemblait tout bonnement à un mafieux de pacotille qui allait appeler sa clique au moindre soucis pour ne pas se salir les mains. Comme c'est beau l'esprit d'équipe en surface alors que dans le fond, il ne fait cela que pour protéger son gros cul de péteux. Je n'avais qu'une seule envie face à lui, ricaner. Juste ricaner, laisser libre court à mon euphorie devant ses grands airs, et lui apporter le plus beau cadeau que je pouvais lui faire. Une balle de mon Sig Sauer juste au niveau de la poitrine. Aaaah, je pouvais déjà sentir l'odeur du sang et le liquide carmin qui glisse hors de sa cage thoracique pour éclabousser toutes ces faces de cons. Quel magnifique tableau. Malheureusement tant que je n'avais pas confirmation que ce fils de péripatéticienne avait vendu le QG de la base, je ne pouvais pas me déchaîner. Et je bouillonnais. J'en avais terriblement envie, mon doigt me picotait et la pression fantôme de la queue de détente ne faisait que me conforter dans cette idée. Peu importait au final qu'il ait foutu le bordel, fallait trouver un bouc émissaire, et il avait la tête parfaite pour le rôle. Et j'allais quand même faire ça dans les règles. Si sa réponse ne me plaisait pas, je ne garantissais pas qu'il sortirait vivant de son trou à rats. J'espérais juste que Marc ferait pas de conneries en arrière plan en attendant. Enfin, le temps d'avoir les infos dont j'avais besoin, après il pouvait très bien faire exploser du C4 dans les hangars du gang, je m'en fichais complètement. On ne devait laisser aucunes traces de toute façon.

Le gars ne m'inspirait déjà pas confiance de base, alors avec son sourire étincelant, dû à ses dents en or, encore moins. Sa dentition provenant d'argent certainement non blanchi, il n'était vraiment pas imposable au respect. Malgré tout, je continuais de parler avec lui, la voix grave et le ton dur. Je n'avais pas l'intention de me laisser marcher sur les pieds, surtout avec toutes ces têtes d'abrutis qui se croyaient tout permis. Y avait rien qu'à voir celui juste derrière le boss, en train de tailler un pieux avec un couteau à peine bon marché. Le regard plein d'arrogance et le sourire beaucoup trop narquois à mon goût. Mec, va clairement te faire empaler par ton pieux de mes deux. Il ricanait en plus ce trou du cul. Beaucoup trop con putain. Enfin, je finissais par poser la question qui turlupinait assez l'organisation sur les agissements du gang. Le mec perdait lentement son sourire, avant de le retrouver. Sauf qu'il était moqueur, joueur, trop superficiel. Il levait les mains, regardait ses gars pour les questionner du regard. Je voyais bien qu'ils étaient tous au courant, de mèche dans la même affaire. Une sorte de tension s'empara de moi et je me retrouvais à bloquer ma respiration pendant un court instant. Une détonation venait de retentir juste derrière. Putain. L'air ravi du chef de gang sembla complètement se défaire. Son sourire fanait à vue d’œil et je n'avais même pas besoin de me retourner pour comprendre. Marc. Encore. Mais bordel pourquoi il a fait le con ? Je fermais les yeux, les paroles de mon collègue caressant mes tympans. Quelques secondes de répit avant l'explosion.

Je croisais les bras alors que les mecs aux alentours braquaient tous leurs armes en notre direction. Je pouvais les entendre. Soupirant alors, je laissais mes épaules s'affaisser, avant de rouvrir les yeux. Lorsque je remarquais les canons tournés vers ma tronche, je levais les yeux, haut dans le ciel, jusqu'à ce qu'ils roulent dans leur orbite. Marc... Je me tournais lentement, beaucoup trop doucement au goût des autres qui s'impatientaient déjà. T'es pas sérieux là ? Je m'approchais d'un pas, pointant la face de connard du mafieux de mon index inquisiteur. Il me matait très bizarrement et on aurait dit qu'il allait m'arracher la main cet enfoiré. J'étais à deux doigts de... Je soupirais sans terminer ma phrase, frappant mon front avec la paume de ma main en le voyant chercher une clope dans ses poches. Je le connaissais peu, mais je savais qu'il avait quelques manies avec les cigarettes. Après un coup pareil, il fallait bien faire retomber la pression, ou au contraire, faire remonter la flamme de la folie en embrassant la mèche. Le déclencheur était activé, maintenant fallait juste espérer que la déflagration n'allait pas nous emporter avec. Façon de parler, parce que là, j'étais très clairement en train de succomber à l'impulsivité, la brutalité. Un frisson avait parcouru ma colonne vertébrale et je plongeais ma main au niveau de mon holster afin d'attraper mon flingue du bout des doigts. Cette sensation délicieuse coulait en moi alors que mon sang battait à mes tempes. J'étais déjà cramé depuis bien longtemps, et il avait fallu que Marc pète un plomb pour que je m'enflamme à mon tour. Il suffisait d'un rien parfois. Levant le bras et pointant un court instant en la direction du mafieux, je pressais la queue de détente sans ménagement, alors que le corps tombe au sol. Raide. Le respect est mort ce soir. Les autres, encore trop soufflés par la brutalité de Marc et par l'image de leur chef démuni et déshérité, en train de baver son sang sur la terre noire ne bougeaient plus. J'en profitais pour courir et attraper brutalement Marc par un pan de son manteau, serrant les dents. Mâchoire tendue, je l'attirais derrière une caisse un peu plus loin alors que les sbires reprenaient peu à peu conscience de la réalité. Les balles sifflaient à présent et je pouvais les entendre hurler des insanités. Tant pis pour leur chef et les règles, maintenant c'était la guerre.

Putain mec, qu'est-ce qui t'a pris ? Reprend-toi, merde quoi ! Je lui sifflais presque, un venin coulant sur ma langue. Le poison glissant sur mes lèvres. Ma gorge se serrait alors qu'une balle me frôlait la tempe lorsque je risquais un coup d’œil vers les adversaires. Je levais la main en direction du lampadaire pour tirer sur l'ampoule et ainsi faire régner l'obscurité sur les lieux. Les ténèbres repoussant la lueur désagréable et faiblarde, nous pouvions à présent être à notre avantage. J'étais plus à l'aise dans le noir et je pense que Marc aussi, vu toutes les missions réalisées ensemble une fois la nuit tombée. C'était comme si l'obscurité nous accueillait, c'était une sensation étrange. Et je ne pouvais pas m'empêcher de repenser à cette intervention au Pegasus, lorsque ce voile noir avait éclaté juste devant moi. Il ne m'avait fait aucun mal, il m'avait même protégé, et je ne m'étais pas questionné sur le coup, mais putain c'était carrément chelou. Secouant la tête, je grognais, les lèvres pincées en me tournant vers Marc. J'étais énervé envers lui, mais aussi très intéressé par la tournure des événements. La pulpe de mes doigts agrippa le canon et en vérifiant mon chargeur et mes munitions je notais que je devais en disposer encore suffisamment pour en dégommer au moins la moitié en face. Maintenant j'espérais juste que Marc serait aussi efficace qu'avant, qu'on puisse faire disparaître jusqu'à la dernière de ces enflures. Et qu'on s'en sorte indemne, accessoirement.


Ayaraven



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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Dim 1 Oct - 21:36

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Une telle action avait ses conséquences. Conséquences que Marc avait volontairement ignorées. A présent, alors qu’il se retrouvait avec une quinzaine d’armes braquées en direction de sa face et qu’il se heurtait à l’expression blasée et ennuyée de Morgan, il ne pouvait qu’hausser les épaules, le canon de son arme contre sa jambe. A deux doigts de quoi ? De le faire parler ? Le chef du gang posait son regard furieux sur Marc qui avait envie de rire à nouveau. Il ne lui avait fallu que ça pour craquer. Un pauvre idiot qui trouvait drôle de le bousculer. Un acte anondin qui avait suffit pour embraser son être. Toute sa hargne, toute la haine qu’il gardait enfermée en lui depuis quelques jours. Bam. Une explosion. Une explosion qui allait emporter Morgan avec elle.

Une autre détonation et le chef de gang s’effondra au sol, un trou béant au milieu du visage. Un sourire se dessina sur les lèvres de Marc à la vue de la flaque de sang qui grossissait autour du cadavre. Tout ce qu’il y avait de plus malsain. Il avait définitivement craqué. Il ressentait cette satisfaction intense à la vue de tout ce sang, de toute cette violence qu’il touchait de près et qu’il avait provoqué sur un coup de tête. C’était ce visage qu’il dissimulait habilement au reste du monde. Ses proches ne voyaient que Marc, la grande gueule. Marc, le type qui s’en foutait. Mais personne, à part Morgan, ne connaissait cette facette de sa personnalité qui se délectait du sang versé. Qui se baignait dans la violence et qui en ressortait au meilleur de sa forme. Une petite promenade dans les bas-fond de la société, pour Marc, c’était l’équivalent d’une cure thermale. Peu lui importait les regard furieux dans sa direction ou les flingues en direction de sa tête. Peu lui importait même que le sang du bâtard qu’il venait de descendre allait tâcher ses précieuses rangers.

Il se sentait revitalisé. Un regain d’énergie aussi soudain que bienvenue. Mais pas le temps de le savourer, car Morgan l’attrapait déjà par la veste pour le tirer derrière lui. Le rire de Marc mourut dans sa gorge. La seconde d’après, ils se retrouvaient à l’abri pendant que les balles sifflaient autour d’eux. Les remarques de son partenaire lui montaient aux oreilles. Ce fut seulement à cet instant que Marc comprit qu’il avait déconné sévère. Ouais bonne question, ça. Qu’est-ce qui lui avait pris ? Il se contenta d’hausser les épaules et de compter ses balles. Il n’en avait utilisé qu’une mais en supposant qu’il fasse mouche à chaque tir, il n’en aurait jamais assez pour chacun de ces connards. Morgan avait bien toujours le sien en plus mais… il venait de tirer - et donc de gâcher une balle - en direction de la seule source de lumière dont ils bénéficiaient tous. Clac. Ténèbres. Noir complet. Et à nouveau, cette sensation familière et déroutante qui couraient le long de ses veines. Malgré lui, Marc eut un sourire. Pourquoi, alors qu’il se trouvait dans le noir complet, il se sentait plus puissant que jamais ? Pour quelle raison se sentait-il comme s’il venait de prendre quinze injection d’adrénaline ? Invincible.  Une lueur faiblarde éclaira un peu les lieux. Il en déduit qu’un de ces abrutis avaient eu un éclat de génie et activé la fonction lampe de poche de son téléphone. Il maintenant le faisceau braqué vers leur abri. Marc fit le calcul rapidement dans sa tête. « Ils vont nous encercler. J’ai un plan. » Il avait une idée et Morgan devait être en train de se demander ce qu’il allait bien pouvoir faire comme connerie. Il n’avait pas idée.

Marc se redressa vivement en s’extirpant de l’abri, pour attirer l’attention sur lui. « Hey, les connards, je suis là. » Le faisceau de la lampe de poche l’éclaira et il fondit sur le côté, dans un autre abri au moment où une autre volée de balles sifflaient. Il les entendait et serra les dents en se plaquant contre la paroi. Avec le peu de lumière qu’il y avait, les ombres étaient projetées contre le mur. Sans savoir pourquoi, il se sentait foutrement attiré par elles, comme si elles représentaient un quelconque intérêt pour lui. Ce n’était que des ombres pourtant, rien d’intéressant. Il avait autre chose à penser, pas vrai ? Comme des types armés qui voulaient venger leur pote et leur chef. L’important était ne de pas rester là et d’empêcher les autres de les prendre, Morgan et lui, à revers. Il bougea donc à nouveau de sa place. Longeant la paroi. Et comme il l’avait deviné, l’un des gars se pointa à l’autre bout de son abri. Il n’eut pas vraiment le temps de faire autre chose que de pousser un hoquet de surprise quand Marc lui asséna un coup en plein visage, faisant rebondir sa tête contre le mur. L’arme tomba au sol. Il s’en saisit sans attendre, ignora le corps du type et continua d’avancer. Sa petite diversion de tout à l’heure avait pour but d’attirer l’attention sur lui et de laisser à Morgan l’occasion de faire… de faire son Morgan, quoi. Le type flippant et mortel.

Il se sentait tellement invincible, alors qu’il évoluait dans les ténèbres. Pourtant, à force de se sentir trop sûr de lui, Marc fit une connerie. Il se retrouva alors trop exposé. Avec la lumière braquée sur lui et aucun endroit où se cacher car les abris étaient trop loin. Se prendre une balle, c’était ce qui était supposé arriver. Tous les paramètres étaient là. Marc, exposé. Bien en vue. La cible idéale. Sauf que… Même les statistiques, c’était un truc que Marc ne respectait pas. Cette sensation qui lui brûlait les veines s’intensifia au point de prendre le contrôle momentané de son bras. Sans savoir comment, ni pourquoi, il visa une des ombres. L’ombre d’une caisse. Un mouvement sec du bras plus tard, cette caisse qui avait pourtant l’air bien lourde fut balancée avec autant de facilité que si elle était un carton vide contre le petit groupe qui était face à lui. S’effondrant avec fracas sur deux d’eux, poussant les autres à reculer en se demandant ce qu’il se passait. Et laissant à Marc pour digérer l’info. Ça, c’était nouveau. Bien nouveau. La surprise créée par cette attaque soudaine de caisse qui volait lui offrit quelques instants pour coller une balle dans la tête de l’un de ses crétins et se barrer à nouveau. Il se retrouvait à nouveau plaqué contre une paroi, la respiration haletante. Il n’arrivait pas à comprendre ce qui venait d’arriver et ne voulait pas le savoir. C’était juste arrivé. Tant qu’ils étaient dans cette situation, il ne pouvait pas se permettre une crise existentielle de plus. En tout cas, il venait d’en avoir trois grâce à cette manifestation paranormale et il n’allait pas cracher dessus. Il en restait encore à tuer.


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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Mar 10 Oct - 18:23


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♠ ♣ I thought my demons were almost defeated but you took their side and you pulled them to freedom. They know my secrets and won't let me go, won't let me go. ♥ ♦

Les ténèbres nous entouraient et je pouvais presque déceler des formes dans l'obscurité. Sûrement un tour de mon esprit, mais je n'en prenais guère garde. Préférant contrôler ma respiration afin de rester calme malgré la situation plus que problématique. Putain Marc... Vraiment, j'en avais jusque là de ses conneries. Mais pas le temps de merder, fallait qu'on se tire d'ici en vitesse. Et je comptais bien emporter le plus de ces gars dans la tombe avant de filer. Je grognais en osant jeter un coup d’œil vers la dernière position des ennemis, et seules leur silhouettes se découpaient grossièrement dans la nuit. Je ne les discernais pas clairement, malheureusement et je soupirais en retournant ma tête vers les caisses qui nous servaient de planque. Un des gars alluma subitement la lumière, avec une lampe de poche sans doute, et braqua le faisceau lumineux vers nous. Marc reprit contenance presque immédiatement, oubliant son air narquois et son sourire vainqueur ayant disparu de son visage. Il avait enfin retrouvé la raison ce con, putain. Et en plus il avait un plan. Bah voyons. J'espère qu'il n'avait pas besoin d'avoir ses putains de plombs qui sautent à chaque fois pour avoir un plan qui germe dans son esprit. Manquerait plus que ça. J'osais imaginer que son plan état digne d'intérêt et qu'il allait pas rejouer au con d'ici peu, vu dans quoi il nous avait embarqué déjà. Il se redressa, se décalant un peu et se mit à crier, me forçant à me frapper le visage avec la paume de ma main. J'ai eu tort de lui faire confiance mais au moins il avait attiré l'attention sur lui. Ainsi, je pus m'extirper de derrière les caisses pour filer dans le sens inverse et me plaquer contre un rempart en tôle. C'était pas bien mieux, mais c'était ça ou je finissais troué de partout. Et j'avais pas spécialement envie de ressembler à un cadavre ce soir.

Mon pouls était bien trop imposant et je tentais de calmer ma respiration devenue erratique, trouble et hachurée. Les gars se dispersaient dans tout le camp, et Marc devait déjà affronter sa part de connards en rogne. Il ne me restait plus qu'à m'occuper de ceux qui me courraient après et on serait bon. J'inspirais un grand coup, bloquant ma respiration lorsque j'entendis des pas non loin. J'osais glisser un regard de côté, et vis une silhouette s'approcher dangereusement de ma position. Avec un peu de chance, je pouvais encore le prendre par surprise et le cogner contre le mur en béton juste en face. Ça devrait l'assommer juste assez pour que je puisse avoir un semblant de contrôle sur la situation. J'attendis alors qu'il soit à l'intersection avant de foncer sur lui, tête rabattue, et les épaules rentrant en collision avec son torse. Il valdingua sur une courte distance et percuta le mur avant que je vienne le frapper au visage. Sa tête tomba en arrière et craqua contre le béton, un éclat carmin giclant alentour. Un de moins. J'entendis un autre approcher, alerté par les cris de ma dernière victime et me retourna juste à temps pour être aveuglé par sa lampe torche. Je bondis sur le côté pour éviter de me prendre des balles un peu partout au moment où ce con se mit à me sauter dessus. Je fermais les yeux, serrant les dents, me préparant pour l'impact inévitable. Qui n'arriva jamais. Je me sentais soudainement très nauséeux, ma tête tournait et j'avais l'impression d'être un peu déphasé avec l'instant. Peut-être était-ce l'adrénaline qui pulsait dans mes veines qui me donnait cette sensation. Toujours était-il que je sentis quelque chose me traverser, et quand mes pieds claquèrent contre la terre, je rouvris les yeux, cherchant le type du regard. Il avait atterri non loin de moi, la tête la première ayant mangé le sol terreux. J'en profitais pour placer ma main au niveau de l'endroit où j'avais senti quelque chose me transpercer, mais je ne percevais aucune plaie, pas de liquide vermeil et chaud coulant sur mes doigts, aucune crevasse, pas la moindre égratignure. Je fronçais les sourcils, ne comprenant strictement rien à ce qui venait de se passer.

Je fus tiré de ma transe par les grognements de l'autre connard. Me tournant vers lui, je pouvais remarquer qu'il se tenait la tête avec ses deux mains. Son flingue était juste à côté de lui, éclairé par le faisceau de la lumière. Pourquoi il ne prenait pas son arme ? Qu'est-ce qu'il lui arrivait au point qu'il en oubliait qu'il voulait me tuer ? Putain mais qu'est-ce qu'il se passait, bordel de merde ? Alors que j'approchais, je pouvais sentir une vive douleur dans mon crâne, et une image atroce explosa dans mon esprit. J'avais beau fermé les yeux, je la voyais toujours et c'était vraiment crade, gore à souhait. Je secouais la tête, m'approchant toujours, ouvrant les yeux difficilement. Je grimaçais en le regardant, voyant toujours son arme à portée de main. Il la cherchait à tâtons à présent. Il va se tirer une balle. C'était plus une constatation qu'un ordre, mais le gars attrapa vivement la crosse et pointa le canon sur sa tempe. J'eus à peine le temps de cligner des yeux que la détonation retentit, me coupant le souffle et libérant mon esprit. J'étais complètement figé, fasciné par ce spectacle morbide. Le gars venait de se donner la mort. Il m'avait fait économiser une balle en plus, c'était presque beau en fait. Mais je repris contact avec la réalité un peu trop brutalement, sortant de cette transe étrange en entendant des hurlements non loin. Mes jambes étaient lourdes, mais je parvins tout de même à contourner le mur en tôle pour aller à l'arrière du camp. Je me plaquais contre un autre mur en béton, mon arme fermement agrippée à mes doigts, inspirant longuement. Il devait rester encore la moitié du gang à décimer si on voulait se casser en paix, en laissant les cendres du camp s'envoler, les âmes perdues dans les flammes et la fumée. Et je n'avais toujours pas utilisé de balles en plus, autant dire qu'on était pas mal pour l'instant. Dans l'hypothèse où Marc était toujours vivant, bien entendu. S'il devait crever ici, je sais même pas si je reviendrai pour chercher son cadavre. De toute manière, il avait pas intérêt à crever, on devait terminer cette putain de mission et rentrer tous les deux.

Un nouveau grognement vibra dans ma gorge, alors que deux gars arrivaient dans ma direction. Je me décalais brusquement, visant la tête du premier avant d'appuyer sur la gâchette. Il tomba à la détonation et je glissais ensuite le canon sur le deuxième, visant cette fois le cou. La balle brillait sous les rayons de la lune et son éclat attira mon attention un court instant, ce qui me permis de discerner un gars dans le fond, qui venait de me remarquer Les éclaboussures du liquide carmin complètement oubliées, je lançais un regard noir vers lui, alors qu'il commençait à lever son arme vers moi. Une sensation de picotement parcouru mes mains, mes bras, mes épaules, mon torse même, et la seconde suivante, le temps s'était comme figé. Un voile noir s'étirait sous mes yeux ébahis, étincelant de quelques points blancs, comme les astres brillants dans le ciel obscur. Ma gorge était serrée, ma main me tiraillait, au point de brûler ma peau. Et pourtant, je ne pouvais que me concentrer sur l'opaque rideau noir qui se dirigeait à toute vitesse vers le gars. Alors que je le voyais s'éloigner, la sensation devint fade, se dissipant de plus en plus. Je clignais des yeux et en un instant, le temps repris son cours, m'oppressant de sensations contradictoires. La fatalité se déversa sur le gars, qui fut englouti par ce truc étrange. J'abaissais ma main, reprenant ma respiration dont je n'avais pas eu conscience d'avoir retenue. Je tremblais presque devant ce qui venait de se passer, et mes yeux brillaient devant ce spectacle absurde qui venait pourtant de me sauver la vie. Comme au Pegasus. Je ne comprenais plus rien, j'étais complètement ailleurs, et totalement démuni. Ma respiration devenait bien trop chaotique pour que je puisse me calmer. C'était totalement dingue, de la folie. Merde. De la magie carrément. Putain. Je pouvais pas rester là, il fallait qu'on se tire au plus vite. Je devais retrouver Marc et on devait se barrer de ce lieu infesté. Putain de bordel de merde.


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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Lun 23 Oct - 20:28

The fire's out but still it burns
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Il compta ses balles. Il n’en aurait jamais assez. Il entendait les détonations et les sifflements autour de lui et dans une accalmie, il y eut un vacarme non loin, précisément dans la direction où Morgan s’était dirigée. Il se mordit la langue. Il devait rejoindre son collègue, même s’il n’en avait pas particulièrement envie car il savait que le creepy de service allait lui en coller une pour ses conneries. Mais c’était lui qui avait foutu la merde, à lui de la réparer. Il contourna l’obstacle derrière lequel il s’était planqué. Les gars qui avaient tenté de le piéger étaient encore sonné par l’attaque étrange qui avait eu lieu. Cette caisse qui volait, comme ça. Il ne savait même pas comment il avait fait. C’était bien la première fois que ça se produisait. Il avait ce truc avec son bras et c’était tout. Comme si son corps avait réagi de lui-même. Et il n’avait clairement pas le temps de se poser des questions. Ils allaient reprendre leur esprit alors, c’était maintenant ou jamais. Ils étaient trois encore debout. Marc prit une grande inspiration et bondit de derrière l’obstacle en tirant une autre balle. Pas en pleine tête, mais il toucha quand même sa cible, au vue du cri de douleur qu’elle poussa. Un de moins. Les deux autres eurent tout juste le temps de se retourner quand Marc en toucha un deuxième à la jambe. Il n’en restait plus qu’un et Marc décida d’y aller directement. La balle le frôla de peu mais ce n’était pas suffisant pour l’arrêter. Il se jeta sur le tireur pour le plaquer au sol. Un coup de crosse direct sur la mouille et on en parlait plus. Rapidement, il saisit l’arme et vérifia qu’elle était chargée. Plus de balle que son propre flingue. Il vida le chargeur pour le mettre dans sa poche et se redressa. En passant, il asséna un coup au visage de celui qui hurlait comme un goret à cause de sa blessure à l’épaule pour qu’il se taise.

Il s’était débarrassé du groupe à sa poursuite, il devait prêter main forte à Morgan qui se débrouillait très bien de son côté. Il n’y avait qu’à suivre les cadavres. En prenant soin d’être hors de portée d’un potentiel tireur, Marc évolua dans la direction de son collègue. Il craignait de le trouver dans un sale état mais vu ce qu’il voyait en avançant, c’était lui qui leur faisait passer un mauvais quart d’heure. Un petit rappel de ce qui arrivait quand on était pas de son côté et quand on l’agaçait. Il n’avait pas trop envie d’y aller, en fait. Il avait fait foirer la mission et Morgan allait lui faire payer. C’était jamais trop tard pour se casser d’ici et le laisser se débrouiller. Ce ne serait pas la première fois que Marc abandonnait quelqu’un pour sauver ses fesses. Il était presque prêt à faire demi-tour et se barrer d’ici en vitesse. Mais quelque chose le retenait. Il ne savait pas ce que c’était. Il y avait comme une impression qui le poussait à rester. Zéro instinct de survie, Marc. Zéro. Tant pis, au diable tout ça. Il soupira en jurant entre ses dents et se mit à courir. Il y avait du grabuge vers un coin de la zone. Il ne fallait pas être un génie pour comprendre que Morgan était par là. Marc tomba nez à nez avec un type qui déboula en sortant de derrière une grosse caisse. Il esquiva le coup en se baissant et lui attrapa le bras pour lui tordre dans le dos. Il leva d’un coup sec et un craquement se fit entendre. Il l’assomma avant son arme avant qu’il ne se mette à hurler et le laissa glisser au sol sans un regard. C’était vraiment pas le jour pour lui casser les couilles. Un autre arriva sur la droite mais Marc n’eut pas le temps de tirer, cette fois-ci. L’adversaire était plus rapide. Et la balle aussi.

La douleur fulgurante qui lui parcourut l’épaule le fit presque chanceler. Bordel de… Il jura. Pour être honnête, il s’était déjà pris une balle mais il n’avait pas hâte que ça recommence. Et pas le temps de se morfondre sur sa douleur. Il glissa entre les obstacles pour se mettre à l’abri. Bien joué, Marc. Bravo. Il se maudissait, maudissait ce sale enfoiré trop rapide et maudissait le sang qui s’échappait de sa blessure. Comment il allait s’en sortir, ce coup-ci ? Heureusement, il avait toujours son arme. Il était coincé. La respiration haletante à cause de la douleur, il écarta doucement un pan de sa veste pour voir l’état de sa blessure. Ce qui était difficile dans la semi-obscurité. Il ne discernait rien. A part le fait qu’il était en train de saigner et que ça faisait mal. Très mal. Il serra le canon de son arme avec sa main valide. Il allait lui faire payer. Clairement. Il n’y avait nul doute que ce batard attendait juste qu’il sorte de son trou. Il risqua un oeil et se replaqua contre la surface au moment où une balle sifflait au niveau de sa tête. C’était pas passé loin. Okay, il ne lui restait plus qu’une chose à faire. Merci la technologie. Marc serra les dents, car il allait avoir besoin de ses deux mains. Il réussit à extraire son téléphone de sa poche, salopa l’écran tactile avec son propre sang mais parvint quand même à faire ce qu’il voulait. Il activa la fonction lampe de poche de l’appareil qui éclaira son environnement. Il posa rapidement le téléphone à plat en se baissant, lumière vers le ciel. Et d’un rapide coup du bras, l’envoya glisser au sol en direction du type qui attendait. Une diversion efficace qui permit à Marc de se redresser presque aussitôt, de lever son bras valide et de coller une balle dans la tête de cet enfoiré qui regardait le téléphone glisser vers lui. Maintenant, il allait enfin pouvoir rejoindre Morgan, dont il venait d’apercevoir la silhouette à quelques mètres de là.


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Tenebris
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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Jeu 2 Nov - 18:31


The fire's out but still it burns
Marc & Morgan
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C'était un putain de gros bordel. L'écho de ma respiration saccadée se répercutait alentours avant d'être étouffée par l'obscurité ambiante. Je lançais de rapides coups d’œils autour de moi, vérifiant qu'aucun autre membre du gang n'avait eu la merveilleuse idée de me suivre. Manquerait plus que je gâche encore une de mes balles pour leur sales gueules. Un vide oppressant prenait place dans ma poitrine à chaque pas que je faisais, les souvenirs de ce voile ne cessant de vriller mon esprit. Putain. Je ne comprenais rien à cette mascarade, mais elle m'avait tout de même sacrément servie. Ce tour de passe-passe, de magie, tout droit venu de nulle part était tombé à point nommé. Mais, comment ce truc avait-il pu m'arriver ? Pourquoi était-il apparu juste devant moi ? C'était totalement insensé, presque impossible, et pourtant. Je n'arrivais plus à me focaliser sur ce qui m'entourait, j'étais trop perturbé par ces conneries. Me plaquant contre un mur, je pouvais sentir mes doigts se crisper autour de mon arme, et contre le béton. Je restais ainsi quelques secondes, respirant bruyamment, prenant de longues inspirations, pour calmer cette pression qui pulsait en moi. Serrant le poing, je le frappais contre le mur avant de me redresser, secouant la tête. Je devais me reprendre et me casser d'ici. Sans oublier de retrouver Marc, parce qu'il allait pas tenir tout seul face à tous ces connards. Des bruits de lutte se firent entendre un peu plus loin, et en me décollant du mur, je commençais à courir en leur direction. Oubliant temporairement l'incident précédent, je me laissais guider par mes pas, battant la terre à chaque impulsion que je prenais pour m'élancer.

J'arrivais bien vite devant Marc et son petit spectacle de force brute. Il avait réussi à en buter un avant que je ne débarque, et je devais avouer qu'il avait pas raté son coup. C'était du beau boulot. Pour l'instant. A croire qu'il avait pu compenser son pétage de plomb d'avant avec toutes ces victimes. Je doutais qu'on ait pu tous les avoir, et j'étais persuadé que certains s'étaient terrés plus loin ou carrément barrés pour se cacher le temps de reprendre des forces. Triste pour les racailles du gang. Mais ça me faisait quand même rire. Ils jouaient les durs mais n'étaient pas plus solides que de la porcelaine. Lançant une œillade sceptique à Marc tout en triturant l'arme que je tenais, je serrais la mâchoire, appréhendant la suite. Il doit en rester peut-être trois ou quatre. On peut aller cramer l'entrepôt pour leur faire passer l'envie de nous retrouver. J'expirais bruyamment, jouant avec le canon de mon flingue, tout en regardant Marc récupérer son téléphone en grimaçant. Fronçant les sourcils, je comprenais qu'il était blessé, le con. Je grimaçais avant d'examiner ça rapidement, ce qui lui tira un sifflement désapprobateur. Bouge pas, Marc. Avec la lumière de son appareil, je pouvais voir que la balle était sortie sans trop de problèmes. Mais il saignait toujours et je n'avais pas grand chose pour cautériser les plaies. J'avais espéré qu'on puisse terminer ça et se casser fissa par la suite. Mais non, Marc était blessé et il n'allait pas pouvoir faire grand chose à part rester caché et grogner. Lâchant un soupir, je regardais mon t-shirt en dessous de mon manteau, avant de m'écarter et d'en arracher un bout. Cette merde allait causer ma perte vu le nombre de hauts que je devais racheter à la fin de chaque mission. Agrippant le tissu du bout des doigts, je l'appliquais sur la plaie de mon collègue, afin de stopper le saignement. Il hurlait presque et c'était pas vraiment agréable, ce que je comprenais. Vu toutes les fois où je m'étais rafistolé à la va-vite, c'était jamais la meilleure sensation au monde.

Mec la balle est sortie, ça aurait pu être pire. Gardant une expression neutre sur le visage, je ne repensais même plus à ma colère envers lui. Ce qui était un avantage, vu que j'essayais de l'empêcher de se vider de son sang. La plaie à l'arrière de son épaule saignait beaucoup moins, du coup je préférais me concentrer sur l'autre. La balle était entrée par là et son champ d'impact avait été impressionnant vu les traces laissées sur sa peau. J'ai pas d'alcool pour désinfecter. Il devra quand même passer chez un médecin, ou juste à l'infirmerie du QG, histoire de vérifier qu'il n'y ait pas plus de risques pour lui. C'était moche mais c'était comme ça. Appuie le plus fort que tu peux. En lui disant cela, je fouillais dans mes poches à la recherche de mon briquet. En m'accroupissant, j'en profitais pour récupérer le couteau caché dans ma chaussure, et me redressais. Il allait pas aimer, mais c'était ça ou crever sur le territoire du gang. Le choix était vite fait. Allumant la flamme du briquet, je sortis la lame du couteau avant de la passer au dessus du feu. Comme hypnotisé par la chaleur et les arabesques de la flamme, j'en oubliais presque Marc et ses grimaces. Seulement, une plainte plus bruyante que les autres me fit tourner la tête vers lui, et je rompis le contact avec la roulette, éteignant la flamme. J'espérais qu'on n'allait pas attirer l'attention sur nous, à cause de ce contre-temps. Mais je pouvais pas le laisser comme ça. Avec précaution, après avoir rangé mon briquet, je tendis la main pour appuyer sur le tissu qui faisait office de compresse, et regarda Marc dans les yeux. Ça va faire mal. Retirant doucement le bout de T-shirt, j'appliquais alors d'un coup, brusquement, la lame échauffée et stérilisée sur sa plaie. Les hurlements, cris, plaintes de Marc, furent rapidement étouffés, alors que je pressais le couteau encore quelques secondes. Grimaçant, je retirais finalement la lame, la rangeant rapidement, ainsi que le bout de tissu, avant de passer son autre bras par dessus mes épaules et de le faire tenir debout.

Allez, respire, on a bientôt terminé. Je soufflais, la respiration hachurée, en le faisant marcher à mes côtés en direction de l'entrepôt. On a juste à s'occuper de ceux qui restent. Détournant le visage, je laissais mon regard percer la nuit, sans voir grand chose. Cependant, je pouvais discerner des voix dans le silence qui nous entourait. Ils ne devaient pas être loin et j'espérais qu'ils allaient pas nous capter alors que je traînais Marc à l'arrière de l'entrepôt. Une fois devant la porte arrière, verrouillée bien évidemment, je grognais en déposant mon collègue contre le mur. D'une pression rapide et brusque, mon pied rentra en collision avec la porte et celle-ci s'ouvrit à la volée, avec un bruit très désagréable. Prenant rapidement Marc avec moi, je l'entraînais à l'intérieur, derrière des panneaux métalliques où il ne risquerait pas de se faire avoir. Je pouvais entendre les autres rappliquer, et déposais alors mon collègue au sol. Marc, eh. Je claquais des doigts pour attirer son attention. Je vais m'occuper des derniers, alors fais pas de bruit. Je sifflais bruyamment. Et surtout, tu tires qu'en dernier recours. Me relevant rapidement, je partis en direction des voix. Les genoux légèrement pliés, je marchais discrètement vers elles, mon arme tenue fermement et tournée vers le haut. Coudes repliés également, j'apportais mes bras le plus près possible de mon torse, en me collant au mur. Je jetais un rapide coup d’œil, sans rien voir, mais en plissant les paupières, je pouvais discerner deux individus qui couraient en ma direction. Reprenant ma position, collé au mur, j'attendis quelques secondes qu'ils arrivent à mon niveau. Je sentis plus que je n'entendis le premier me frôler et d'un geste rapide, je lançais mon bras autour de sa gorge pour l'attirer contre mon torse en guise de bouclier. L'autre me remarqua et se mit à tirer sur son pote sans réussir à me toucher. Lorsque je le sentis vaciller, je le lâchais et leva mon arme droit sur mon assaillant. En deux secondes, l'écho de la détonation retentissait à mes oreilles et le corps encore chaud tombait au sol. Expirant un bon coup, mon bras retomba le long de mon corps et je me remis en route pour trouver le restant des membres du gang. Ce n'était que lorsqu'une détonation au loin retentit que je me rendis compte de la situation. Le dernier était avec Marc. Putain.


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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Mar 14 Nov - 13:48

The fire's out but still it burns
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Le trou laissé par la balle saignait. Marc sentait le liquide chaud couler le long de son bras. Quelques gouttes commençaient déjà à tomber sur le sol, se frayant un chemin à travers les tissus pour glisser le long de ses doigts. Et ça l’énervait, d’avoir été aussi bête. Il s’était fait avoir comme un bleu.  Un foutu débutant au royaume des bleus. A ce train-là, il allait devenir un Nav’i. Il fixa le cadavre encore chaud du type qui lui avait fait ça et qu’il venait de descendre. Un éclat de rage saisit Marc et il lui asséna un coup dans la tronche avec le bout de sa ranger. Il était mort et il ne sentait rien. C’était peut-être gratuit, mais ça lui faisait du bien aux nerfs. Un peu plus et il se mettait à lui cracher dessus, à cet enfoiré. Il leva la tête en direction de Morgan qui venait de se matérialiser à côté de lui. Il ne l’avait pas vu arriver alors qu’il avait aperçu sa silhouette un peu plus tôt, trop occupé à pester et à passer ses nerfs sur l’espèce de pourriture qui se vidait de son sang dégueulasse sur le sol tout aussi propre que lui.

Il hocha la tête à l’idée soumise par Morgan. Cramer cet endroit ? Volontiers. Au mieux, les quelques connards qui restaient planqués brûleraient vifs dans le brasier. Au pire, ils sauraient à présent qu’il ne valait mieux pas se lancer à leur poursuite ou ne pas les croiser. Voilà qui n’allait pas arranger la réputation de Marc auprès des gangs du coin, ça. Ce n’était pas comme s’il y accordait la moindre importance, ceci dit. Tout en écoutant Morgan et en se laissant séduire par l’idée, Marc se baissa pour ramasser son téléphone, non sans difficulté. Ouais, il avait mal. Ouais, il regrettait son geste et non, il ne voulait pas que ça se voit. Mais il était difficile de rester de marbre à cause de la douleur qui le tourmentait. Il faisait son possible pour rester indifférent – histoire de laisser Morgan suivre son plan jusqu’au bout et de ne pas être un frein – mais même ça, il n’arrivait pas à le faire. Et avant même qu’il n’ait pu émettre une protestation ou sortir un mensonge, Morgan était déjà en train de l’observer. Il siffla car le geste attisa un peu la douleur qui lui rongeait l’épaule. Il cessa de protester et ne songea à pas se défaire quand son collègue lui ordonna de ne pas bouger. A quoi ça servait de protester, de toute façon ? Il aurait été capable de l’assommer pour regarder. Même si Marc aurait préféré qu’il l’assomme parce qu’il ne voulait pas montrer sa blessure. Sa fierté en avait pris un coup et ça, ça faisait plus mal que toutes les balles du monde.

Il s’écarta, non sans grogner quand Morgan le lâcha enfin, ramassant les morceaux éparpillés de ce qui était son orgueil. Marc et son sens des priorités. Une balle ? Pas de problème. Montrer qu’il est blessé ? Plutôt crever.  Il pensait que l’affaire allait en rester là mais non, voilà que Morgan arrachait un bout de son tee-shirt. Marc écarquilla les yeux. « Wowow, tu fais quoi, là ? C’est pas que je veux pas te voir à poil mais… » Sa phrase se changea en hurlement, l’empêchant de balancer son petit sarcasme made in Bowman.  Mais c’était que ça faisait mal, p’tain. Il serra les mâchoires et les poings par la même occasion. Il se détestait pour ça et il détestait presque Morgan de l’obliger à jouer les patients. Grey’s Anatomy, avec Morgan dans le rôle du Docteur Maboule et Marc dans celui du patient un peu con qui veut pas être soigné. Il se concentra sur la voix de Morgan et suivit ses instructions. Franchement… Il n’y avait pas de quoi en faire un fromage, ce n’était qu’une balle. Il avait connu pire au cours de sa misérable existence. Alors à quoi bon s’attarder ici ? Ils pouvaient très bien se barrer et lui, il se rastifolerait tout seul comme un grand quand il serait dans un endroit calme.  « Fantastique, ravi de savoir que la balle est sortie. On peut se casser, maintenant ? » Il n’était pas super à l’aise, à l’idée que Morgan joue les infirmières. Déjà parce que c’était inédit. Il avait plus vu son collègue aider des types à mourir que les empêcher de passer l’arme à gauche. Alors autant dire que le voir à s’improviser médecin, ça avait de quoi lui couper la chique et pas qu’un peu. Il était déjà prêt à se mettre en marche mais la main de Morgan s’abattit sur son épaule valide pour le forcer à rester immobile. Non mais il était sérieux ? Il allait vraiment… ? Marc soupira exagérément. D’accord, d’accord. Ça pouvait pas être pire, de toute façon.

Et putain que si. Il n’avait pas pris en compte le fait que Morgan avait eu l’idée de cautériser la plaie pour l’empêcher de se vider de son sang. Et ni que ça faisait plus mal que le reste. Il n’arrivait pas à contrôler les cris qui sortaient de sa bouche malgré toute l’énergie qu’il mettait pour les retenir. Il était sur le point de tourner de l’œil à cause de la douleur. Il dût se tenir à une des caisses, tête baissée pour ne pas flancher. Le calvaire se termina au bout de longues secondes au cours desquelles Marc songea intensément à ses choix de vie. Et quand ça s’arrêta enfin, Marc douta de ses capacités à marcher jusqu’à la sortie. Pour la première fois de sa vie, il allait avoir besoin d’aide pour se sortir d’un merdier qu’il avait lui-même créer. Il serrait les bords de la caisse comme s’il s’agissait d’une bouée de sauvetage, à s’en faire blanchir les jointures. Il n’eut même pas à le dire à voix haute car Morgan prit l’initiative de l’aider à se faire tenir debout. Il le remercia mentalement. Ses jambes n’auraient pas été capable de le soutenir jusqu’à ce qu’ils sortent de là. Cependant, une question demeurait. Pourquoi Morgan avait gaspillé tant de temps et d’énergie pour lui sauver la peau ? Pourquoi ne s’était-il pas barré ? En restant là, il s’était exposé. Ils auraient pu se faire trouer de balles au moins vingt fois, car ils étaient vulnérables. Morgan aurait pu partir loin d’ici et laisser à Marc le soin de gérer ses conneries. Mais non, il était resté et avait sauvé ses fesses. Pourquoi ?
La plaie le faisait atrocement souffrir, surtout depuis que Morgan avait appliqué une lame chauffée à blanc sur lui. Marc, qui détestait tant l’idée de devoir dépendre de quelqu’un, n’avait pas d’autre choix que de se reposer sur son collègue qui l’aidait à marcher et qui prit un instant pour le déposer contre le mur avant de défoncer la porte. S’occuper de ceux qui restaient. C’était ça, le plan. Morgan allait devoir se passer de lui pour la fête, car il doutait d’être capable de faire autre chose que de rester éveiller. Ce n’était pas tant la balle, le sang qu’il avait perdu et tout ce que ça impliquait. C’était la douleur, provoqué par les soins de Morgan et l’énergie qu’il avait mis à ne pas hurler comme un possédé qui le faisait se sentir mal à cet instant. Il avait juste envie que Morgan le laisse dans un coin et ne le touche plus.  Il suivait ses indications, respirant, avançant, mais il sentait qu’il n’allait pas réussir à aller jusqu’au bout. Pas cette fois. Il remarqua à peine quand Morgan le remit debout une nouvelle fois pour le trainer à l’abri. Il discerna seulement son claquement de doigt pour attirer son attention et être certain qu’il n’était pas en train de s’évanouir. Marc bougea difficilement la tête pour lever les yeux vers lui. Ne pas faire de bruit, ne tirer qu’en dernier recours. Compris. Avant que Morgan ne l’abandonne, Marc eut le temps de marmonner d’une voix rauque « Défonce-moi ces enculés » Un petit sourire se dessina au coin de ses lèvres et Morgan disparut, laissant Marc seul avec le flingue.

Marc, qui tentait de ne pas s’endormir. Putain, il valait mieux que ça. C’était pas une putain de balle qui allait avoir sa peau. Jamais de la vie. Plus facile à dire qu’à faire, maintenant qu’il était seul et qu’il pouvait discerner des voix qui gagnaient en force. Si seulement il était capable de tenir sur ses jambes, il serait allé filé un coup de main à Morgan en s’en donnant à cœur joie.  Il ne pouvait que resserrer sa prise sur l’arme, tout en serrant les mâchoires. Difficilement, il se repositionna, cherchant à atteindre son paquet de cigarette dans sa poche quand un bruit stoppa son geste. Il lui fallut une fraction de seconde pour comprendre qu’il n’était plus seul. Dans la vulnérabilité la plus totale, vu qu’il n’était pas capable de se mettre debout. Il retint sa respiration, tendant l’oreille. Il n’avait plus besoin de lutter pour rester éveillé. Il lui suffisait juste de se sentir menacé. Il repéra les potentielles cachettes mais elles étaient toutes hors de portée. En admettant qu’il soit capable de ramper, il n’aurait jamais le temps de se mettre à l’abri pour surprendre l’adversaire. Il ne pouvait qu’attendre que l’enfoiré planqué se pointe devant lui. Et qu’il ne passe pas par l’un des nombreux passages qui lui donnerait plus l’avantage qu’il ne l’avait déjà. C’était quitte ou double, pour ce coup. Marc avait plus de chances d’y passer que de s’en tirer. Il contrôla sa respiration en levant son bras devant lui, contrôla les tremblements qui s’emparaient de lui contre sa volonté. Il n’avait pas le droit à l’erreur. Le bruit recommença, plus discret, comme si l’autre avait compris qu’il n’était pas seul. Inspirer, expirer. Inspirer, expirer. Le pas se rapprocha, cette fois, semblable au couinement d’une souris. Combien avait-il de balle ? Lui en restait-il assez ? Inspirer, expirer. Un mouvement plus tard, juste l’aperçu d’une étoffe de tissu. La détonation manqua de lui faire exploser les tympans quand il appuya sur la détente.  Elle fut suivie d’un bruit mat. Et d’un râle de douleur qui l’informa qu’il avait touché sa cible. Il ne pouvait pas savoir s’il l’avait blessé sévèrement mais il savait que la détonation allait rameuter Morgan. Restait à savoir maintenant s’il allait réussir à survivre jusque-là.  Quelque part, Marc avait toujours su qu’un jour, ça allait se terminer comme ça. Une mort stupide pour un type stupide.



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I'm not a good man. Remember that. I'm not into have a good situation, a good house, wifey, kiddos and all theses bullshits. Don't put all your hope in me, because I will disappoint you once, twice... I'm not a good person and i think you should know that.

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The fire's out but still it burns | Marc
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