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 The fire's out but still it burns | Marc

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Tenebris
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MessageSujet: The fire's out but still it burns | Marc   Dim 18 Juin - 2:21



The fire's out but still it burns

You're in the darkness all alone


Le vent soufflait fort ce soir, et faisait voler le long manteau noir que je portais juste derrière moi. Il glissait entre mes cheveux désordonnés et me tiraillait la peau tandis que je marchais vers le point de rendez-vous. Je me grattais doucement la joue, sentant la repousse chatouiller la pulpe de mes doigts, avant de fourrer ma main dans ma poche. J'attrapais du bout des doigts une des cigarettes que j'avais roulée ce matin et l'apporta à mes lèvres. Entrouvrant la bouche, j'encerclais le tube empoisonné avant de chercher mon briquet, tâtonnant mon jean. Après quelques secondes et après avoir buté sur le canon de mon flingue, je le sentis dans la poche arrière. Lâchant un léger soupir, je le sortis et fit glisser mes doigts sur la pierre, l'étincelle jaillissant pour éclairer faiblement mon visage. Je cachais la flamme avec ma paume, l'observant briller quelques secondes, mes iris ancrés sur la lueur éclatante. Mais elle brûlait toujours et sa chaleur me tirait un grincement. J'embrasais alors la cigarette, le feu léchant le papier, consumant la drogue alors que les cendres s'envolaient autour de moi. J'inspirais un bon coup, retenant la fumée dans mes poumons. Ma gorge avait cessé de me brûler depuis bien longtemps, mais le poison coulait encore dans mes veines. Je fermais les yeux doucement, avançant lentement en soufflant la fumée. Les volutes glissaient sur ma langue et mes lèvres, et je contemplais les arabesques blanchâtres qui dansaient devant moi. Les empreintes du voile opaque en pleine nuit noire s'envolaient doucement, avant d'être étouffées par l'épaisseur de l'obscurité. La lumière ne jaillissait plus, elle mourrait à petit feu. Les ombres s'effritaient également, avalées par les ténèbres. Le froid s’engouffrait à travers mes vêtements, me faisant presque claquer des dents si je n'avais pas déjà une clope au bec. Il devait être deux heures du matin, et la seule lueur que je pouvais discerner c'était l'astre laiteux qui brillait plus haut. Je plissais les paupières en levant les yeux, m'arrêtant quelques instants. La fumée obstruait légèrement ma vue, mais je fus tout de même soufflé par la beauté des étoiles scintillantes ornant l'encre noire déversée dans le ciel. Je me perdais quelques secondes devant le spectacle, avant de ramener à nouveau la cigarette à mes lèvres. Rabaissant la tête, je me remis en marche, m'aventurant de plus en plus dans l'obscurité, laissant l'opacité m'entourer et m'engloutir au creux de son étreinte glaciale.

Au bout de plusieurs minutes silencieuses, et sans croiser la seule âme en peine, j'arrivais devant une bâtisse délabrée. Une atmosphère austère régnait sur les lieux et l'herbe poussait déjà bien haut, témoignant de l'entretien inexistant dans ce quartier. Je lâchais un genre de ricanement, avant de faire vite fait le tour du propriétaire, vérifiant que j'étais bien seul avant de m'adosser à l'un des murs encore un peu stable du bâtiment. Cette fois je ne vérifiais pas un énième document pour avoir des infos. J'avais la cible en tête et c'était le plus important. Pas besoin de s'encombrer, j'avais tout ce qu'il fallait pour ce soir, et rien en trop. Les minutes défilaient sous mes yeux, alors que je laissais mon regard se perdre dans l'obscurité. J'avais déjà terminé ma clope que j'avais balancée d'une pichenette et la fumée s'effritait encore un peu plus loin lorsque j'entendis quelque chose. Des bruits de pas claquant contre les pavés, la mélodie caressant mes tympans, me faisait me redresser subitement. Décroisant mes bras, je les laissais pendre contre mes flancs. Le vent fouettait toujours mon visage et je plissais les paupières, scrutant le nouvel arrivant d'un air impérieux. Sa silhouette se découpait dans l'obscurité, jetant des ombres glissant jusqu'au sol alors qu'il s'avançait. Comme d'habitude c'était lui qui arrivait en dernier. Il avait pas l'air d'être en pleine forme et en vérité, je m'en foutais un peu. Même si je le connaissais bien et que je partais souvent avec lui, s'il avait des problèmes c'était pas ma merde. Tant pis pour sa gueule, mais ça risquait d'être problématique pour la mission. Je soupirais doucement lorsqu'il s'arrêta devant moi et je le toisais alors, lèvres pincées et le regard dur. Je croisais à nouveau mes bras contre mon torse, me décollant du mur pour lui faire face. L’obscurité nous entourait toujours et je pouvais entendre son souffle rendu hachuré. Il semblait bouillonner, je sentais la chaleur émaner de son corps alors même qu'on ne se touchait pas. C'était assez surprenant, surtout que j'étais habitué à son air froid et renfrogné. Enfin bon. Je haussais les épaules comme pour chasser l'ombre d'intérêt que j'ai porté à sa santé et me raclais la gorge, revenant à mon air nonchalant et blasé habituel.

« Marc. »

Simple et efficace, pas de formalités trop poussées, juste un fond de cordialité entre collègues. En vérité je n'aimais pas les salutations, il n'y avait jamais rien à dire, c'était un pur réflexe, rien de concret. Rien d'intéressant quoi. Rien de personnel. Bref, tout le monde s'en fichait et moi avec. Je continuais de le regarder, fronçant les sourcils. J'espérais quand même qu'il n'allait pas tout foutre en l'air. Manquerait plus que ça, que tout parte en couilles à cause d'un connard comme lui. Et que la cible s'échappe. Pinçant les lèvres, je me retenais de soupirer face à cette alternative. Je ferai mieux de ne penser à rien, oublier Marc et de me concentrer sur la mission. Tant pis pour les conséquences et les séquelles qui attendaient au tournant, sagement, dans l'ombre. Dans cette obscurité glaciale qui transcendait les âmes à la dérive et les corps meurtris. Les esprits glissaient dans les ténèbres, se laissant engloutir par la nuit obscure. Je passais le poids de mon corps sur mes talons, avant de faire claquer ma langue contre mon palais. Réveillant les esprits endormis par la même occasion, et les quelques chats de gouttières qui traînaient dans le coin. Tournant doucement la tête, je montrais du menton le chemin que nous devions emprunter, avant de reporter mon attention sur lui. Ma voix glissait sur mes lèvres, s'envolant dans les airs, claquante et toujours aussi peu avenante. Fallait pas pousser non plus.

« C'est quand tu veux que tu te bouges le cul. »



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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Dim 18 Juin - 22:12

The fire's out but still it burns
Morgan & Marc
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Son téléphone avait sonné. Depuis deux jours, il n’arrêtait pas. Mais Marc ne répondait pas. Son humeur était trop instable pour faire autre chose que de serrer les dents pour retenir ces émotions qui le submergeait. Et boire comme un trou aussi. Pendant deux jours, black out total. Il ignorait que ce qu’il avait bien pu foutre et il s’en foutait pas mal. Il se souvenait vaguement de la veille où il avait compris qu’il avait pas assez d’alcool dans les veines pour supporter la journée qui se pointait. Il avait donc recommencé. L’autre souvenir qui remontait aussi, c’était ces rêves étranges le concernant. Une vague impression de déjà-vu ainsi que des situations dont il ne se souvenait pas - quoi de plus normal, c’était un rêve. La descente faisait mal. La gueule de bois du siècle. L’impression d’être passé sous un camion. Mais c’était toujours mieux que d’avoir l’impression d’être une bombe sur le point d’exploser. Il se connaissait suffisament pour savoir ce que ça faisait quand c’était comme ça. Ça ne finissait jamais bien. Jamais. Sa route vers l’autodestruction ne connaissait jamais d’arrêt.

Mais il avait un job à accomplir. Donc pas de beuverie ce soir. Juste de quoi tenir. Soigner le mal par le mal en contenant ses émotions destructrices. Une rapide douche, un changement de fringue et voilà. Il n’était pas rentré à l’appartement depuis deux jours et avait attéri dans cette chambre d’hôtel on ne savait comment. L’avantage d’avoir le style de vie qu’il avait, c’était qu’il avait toujours un sac contenant des affaires de rechange dans sa voiture. En vérité, ce sac était destiné pour le moment où l’envie de prendre la tangente le traverserait. Mais depuis qu’il vivait avec Mai, il restait. Il ne savait pas trop pourquoi, mais il restait à Genosha, au lieu de partir comme il en avait l’habitude. Enfin, il devrait bien trouver un autre endroit où vivre, s’il devait être responsable d’une gamine de quinze ans, maintenant. Comme beaucoup de chose, Marc devait maintenant dire adieu à sa vie de marginal. Se ranger, prendre un appartement, élever un gosse. Bordel, il n’était pas fait pour ça. Il ne l’avait jamais été. Ça lui tombait dessus comme ça. En fermant le coffre de sa voiture après y avoir rangé ses affaires, Marc se demanda ce qu’il se passerait s’il décidait de partir de Genosha maintenant, en laissant toutes ces conneries derrière lui. Rien de bon, c’était certain. Et pour la première fois de sa vie, sans doute, il en avait quelque chose à faire. Il alluma une cigarette, marcha jusqu’à la portière du conducteur et s’engouffra dans la voiture. Il resta un instant figé devant le volant, les mâchoires serrées. Il n’avait qu’une chose à faire. Conduire jusqu’à l’aéroport et se casser d’ici. Tant pis pour Mercy, cette pauvre gamine qui n’avait rien demandé -et surtout pas à avoir un père comme lui. Tant pis pour Mai, pour Amélia, pour Jake et Elijah. Tant pis pour Aidan, qui n’avait pas daigné donner le moindre signe de vie depuis un moment. Au diable tout ça. Au diable Hydra et Genosha. La stabilité, ça n’avait jamais été son truc après tout. Et il était resté bien trop longtemps à Genosha.

Le cuir de sa veste craqua quand il tendit le bras pour allumer le contact. Il n’avait qu’à rouler jusque là-bas et embarquer dans le premier vol hors de l’île, peut importait la destination. Salut la compagnie. Au lieu de ça, bien sagement, les mains serrées sur le volant, Marc se rendit au lieu de rendez-vous. Un nouveau job pour lui, avec Morgan. Ce bon vieux Morgan qui allait certainement râler parce qu’il était en retard. Pour changer. Morgan qui ne lui râlait pas dessus, c’était bien trop rare. Il gara la voiture assez loin pour ne pas se faire cramer mais assez près pour ne pas mettre trois heures à arriver. Quand il fallait y aller, hein. S’extirpant du véhicule, il fourra les mains dans les poches de sa veste. Il ignorait pourquoi mais le fait de se retrouver dans l’obscurité l’apaisait un peu. Il s’était toujours senti dans son élément quand il ne faisait qu’un avec les ombres. Et durant la distance qu’il parcourut pour rejoindre Morgan, il se laissa aller dans les ténèbres qui l’entourait. Une sensation familière vint le chatouiller. Comme un petit picotement au bout des doigts. Il ne savait pas ce que c’était mais il avait impression de connaître ça. Ce fourmillement. Ce fourmillement qui courait sur sa peau. Il serra le poing en avançant plus vite. Il se voyait mal expliquer à Morgan qu’il avait trainé pour une raison que lui même n’arrivait pas à comprendre.

Il discerna la silhouette de Morgan, perçut sa voix et le ton très cordial avec lequel il l’accueillit. Marc garda le silence, n’ayant même pas le coeur à lui envoyer ses habituels sarcasmes à la tête. Il était là pour le boulot. Ils trouvaient la cible, s’en occupaient et ils repartaient chacun de leur côté. Simple comme bonjour, sans accroc et basta. Il n’était pas là pour faire la conversation avec Morgan - quand bien même, le dialogue tournerait court. La voix sèche de Morgan résonna à nouveau et Marc se mit en marche, haussant les épaules, gardant les mains dans les poches. Contrairement à toutes les fois d’avant, il ne demanda pas à Morgan après qui ils en avaient. Il ne demanda aucun détail. Il se contenta de le suivre, sans dire un mot, sans la moindre expression sur le visage. Le job. Juste le job. La cible qui ne serait plus qu’un vaste tas de cendre quand ils en auraient terminés avec elle. De l’argent sur ce compte qu’il ne touchait jamais. Et son amertume, une fois que tout serait terminé. L’avantage de bosser avec Morgan, c’était que le job serait rapidement. Mais aussi que Morgan s’en branlait des états d’âmes de ses coéquipiers. C’était juste parfait. Il n’aurait pas besoin de parler, pas besoin de se justifier. Ni d’expliquer pourquoi il se pointait en retard ou qu’il avait cette tête de déterré. Juste faire le job pour lequel il était payé et dans lequel il était doué. Seulement au bout de quelques minutes de long silence et de marche, Marc demanda enfin, à voix basse : « On va où, au juste ?»  


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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Mar 27 Juin - 22:06



The fire's out but still it burns

And no one cares, there's no one there


Il n'avait rien dit, simplement haussé les épaules et avait fourré les mains dans ses poches. Il n'avait même pas esquissé l'ombre d'un sourire narquois. Même le sarcasme n'avait pas glissé sur le coin de ses lèvres. J'haussais lentement un sourcil en le regardant consciencieusement, croisant les bras contre mon torse. Je pinçais les lèvres distraitement, mes iris toujours rivés sur lui. En temps normal, il ne serait pas resté aussi silencieux et se serait empressé de m'en lancer une en plein dans la gueule avant que je ne le stoppe d'un regard. Bon, il pouvait bien ne pas se sentir au meilleur de sa forme, après tout, cela arrivait aux meilleurs. J'haussais également les épaules avant de soupirer doucement, décroisant mes bras. Je calais mes mains au niveau de ma ceinture, et mes pas foulèrent alors les pavés assombris. Mon souffle se perdait dans la nuit et l'opaque voile noir étouffait le moindre des bruissements que j'émettais. Je discernais vaguement la silhouette de Marc dans l'obscurité et celui-ci me suivait sagement, presque tranquillement. C'était agréable de pouvoir marcher en peine nuit sans se préoccuper du danger alentours, ou devoir composer avec les chuchotements des autres qui ne cessaient de titiller mes tympans. Avec Marc, cela arrivait assez souvent, et j'avais l'impression de faire cavalier seul jusqu'à ce que je remarque à nouveau sa présence. Il est d'un naturel si discret quand je suis là, c'est presque dérangeant. Mais bon, la situation était bien trop belle pour durer, et il finissait toujours par l'ouvrir. Comme maintenant. Sa voix était presque comme un murmure qui étouffait sous la pression de l'atmosphère. Je l'entendis à peine et me contentais de tourner rapidement la tête en sa direction. Il semblait déjà un peu plus enclin à la coopération, et je pinçais doucement les lèvres avant de reporter mon attention sur les pavés. Mon souffle glissait lentement dans les airs, et le silence oppressant alentours faisait battre mon sang contre mes tempes. Je le sentais pulser en un écho imperturbable, ordonné, et la pression me transcendait parmi l'obscurité ambiante.

« On va où, au juste ?
_ Un chef de gang aurait mis à mal la couverture du QG. On va juste s'assurer qu'il n'a rien dévoilé de trop discriminant et dans le cas contraire, on aura carte blanche. »

Le regard embrumé par les ténèbres qui picoraient ma peau, je parvenais tout de même à me diriger dans le quartier. La nuit était propice à la tension et à l'attente, au sein de ces bâtiments délabrés qui menaçaient de s'effondrer. L'air était frais, et s'engouffrait sous mon manteau, faisant picoter ma peau. Je grimaçais sous l'inconfort, plissant les yeux pour mieux me repérer. Encore quelques minutes et on y serait. Tandis que mes pas me transportaient, je vérifiais que Marc me suive toujours avant de lever les bras devant moi, enlaçant mes doigts pour les faire craquer. Le bruit résonna dans le silence oppressant et un sourire narquois s'étira alors sur mes lèvres. L'écho du craquement retentissait encore légèrement derrière moi, alors que j'abaissais mes mains, les fourrant dans mes poches. J'abaissais la tête rapidement, la secouant de droite à gauche avant de la relever, la basculant en arrière pour la faire craquer également. Je me dégourdissais consciemment avant d'aller rendre une petite visite pas vraiment courtoise à ce chef de gang totalement barré. Ce gars était bien malsain quand il fallait et même si j'adorais ce côté bestial et sanguinaire en lui, je devais avouer que ce mec n'avait même pas de plan d'attaque. Il faisait tout sous le coup de l'émotion, et c'était loin d'être un chef d'oeuvre. Autant dire que Malik, quand il avait planté sa femme par impulsion, c'était beaucoup plus proche d'un Michel Ange que le pseudo tas de bouse pas du tout artistique du mafieux. Enfin, ce gars, je me ferai un plaisir de le lacérer en temps voulu. De toute manière, on était bientôt arrivé et Marc devait sûrement vouloir se défouler lui aussi. J'allais pas tout garder pour moi non plus, sinon il n'y aurait pas de fun. On ne pourrait pas s'amuser et on n'obtiendrait sûrement aucune réponse si tout se faisait dans la hâte.

Mieux valait garder une distance de sécurité. Je glissais doucement ma main à l'arrière, passant dans mon dos, et buttant contre la ceinture. Je souriais, étirant mes lèvres alors qu'un air carnassier imprégnait mes traits. Le flingue était bien là, toujours aussi lourd dans ma paume, et chargé. Garder ses distances, ok, mais toujours avoir sur soi un moyen de pression, surtout dans ce milieu. Je retirais ma main de ma ceinture et remis mon manteau en place. Il fendit les airs en claquant contre ma jambe et j'en profitais pour remettre les mains dans les poches. Au bout de quelques minutes de marche intensive en plein milieu de la nuit, je commençais à entendre des éclats de voix. Je ralentissais le pas et apercevais une lueur blafarde quelques mètres plus loin. Ils étaient là, tout proches, dans la lumière. Et nous, encore enfouis dans les ténèbres, entourés par l'obscurité silencieuse. J'avançais doucement avant de m'approcher d'un mur, le longeant lentement, m'arrêtant avant le tournant. Ils étaient juste à quelques mètres, je pouvais les sentir. Personne ne surveillait cette entrée, et ainsi, je penchais la tête pour jeter un coup d’œil, en surplomb de la zone dangereuse. Les paupières plissées, je laissais mes iris scruter les moindres recoins et notais les informations utiles quelque part dans ma tête. Silencieusement, jusqu'à ce que j'entende Marc s'arrêter près de moi. Je soufflais doucement, la buée s'envolant dans les airs, alors que je collais mes flancs contre le mur.

« Nous y voilà. »



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MessageSujet: Re: The fire's out but still it burns | Marc   Ven 14 Juil - 22:31

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Tête baissée, les épaules rentrées, les lèvres scellées. C’est peut-être un Marc bien différent de celui que Morgan connaissait qui marchait à présent à ses côtés. Pas le moindre sarcasme ne sortait de sa bouche. Presque quarante-huit heures de cuite non-stop, ça laissait des traces. Et Marc n’avait plus vingt ans. Juste dix de plus, mais c’était suffisant pour qu’il sente le contrecoup de son ivresse. Il sentit un instant le regard perçant de Morgan sur lui. Il se retint de lui demander ce qu’il offrait de si intéressant pour que Nitmaeër se décide à le fixer de la sorte en croisant les bras. Il avait besoin de quelque chose ? Il avait un commentaire à faire ? Marc se retint, encore une fois. Ne pas lever les yeux au ciel, ne pas lui demander s’il voulait sa photo. Ce n’était pas parce qu’il était complètement paumé qu’il devait s’approcher à ce point de la mort. Fort heureusement, son collègue se mit en route et Marc le suivit, les mains fourrées dans ses poches et les yeux rivés sur le sol. Il bénissait ce silence et cette obscurité qui les entouraient. A nouveau, il sentait ce petit fourmillement qui l’avait saisi plus tôt. Cette sensation familière qui lui venait d’on ne savait où. Ça semblait venir du plus profond de lui-même. Il le sentait parcourir ses veines sans comprendre ce que ça signifiait. Il fronçait les sourcils, baissant les yeux vers ses mains. Fermant et ouvrant le poing pour que ça s’en aille.

Enfin, il consentit à ouvrir la bouche, tant pour occuper son esprit ailleurs que vers ces sensations étranges que pour savoir exactement où ils allaient. Et la réponse de Morgan ne se fit pas attendre. Marc grimaça légèrement. Il n’aimait pas les gangs. Il avait eu quelques ennuis avec certains d’entre eux. La véritable question était probablement avec qui Marc n’avait-il pas eu d’ennui. Vu sa facilité à se mettre les gens à dos, c’était une question piège. Il se contenta d’hocher la tête, en se demandant de quel gang il s’agissait. Morgan le savait et les menaient droit vers le trou à rat où ces weirdos se terraient. Au moins, il avait pensé à prendre une arme avec lui, si jamais les choses tournaient mal. Et elles tournaient souvent mal. Particulièrement quand Morgan et Marc bossaient ensemble. Les gens prenaient peur, donc certains avaient la sagesse de parler directement. D’autres tentaient de résister. Ils résistaient en se battant. Les gens travaillant de près ou de loin avec Hydra finissaient pas entendre parler de ce duo improbable. Et pour sa défense, Marc dirait bien qu’il n’était pas le plus dangereux du lot.

En retrait, il suivait Morgan, se murant dans ce silence amer. Il devrait être dans un avion en dehors de Genosha, pas ici. Pourquoi n’avait-il pas écouté son instinct qui lui disait de partir tant qu’il le pouvait ? Quitte à laisser tout le monde derrière ? La réponse, il la connaissait mais il refusait de mettre des mots dessus. Parce que pour la première fois de sa vie, Aidan mis à part, il se souciait de quelqu’un d’autre que sa propre personne. La gamine. Cette maudite gamine. Sa…fille. Il savait qu’un gosse changeait tout, c’était pour ça qu’il s’était toujours refusé l’eventualité d’aller pondre un gosse à une grognasse quelconque. C’était des responsabilités. Et les responsabilités, Marc les fuyait comme la peste. Quel choix s’offrait à lui, maintenant ? Arrêter tout et se ranger pour élever cette gamine ? Tout ça parce que Meryl n’avait pas réfléchi avant de lui faire ce sale coup ? Une minute, on parlait de Meryl, bien entendu qu’elle y avait réfléchi. Et plutôt deux fois qu’une. Ça lui faisait toujours aussi mal de penser à elle, de s’imaginer qu’elle était en train de croupir dans ce maudit asile et qu’il ne pouvait rien faire pour l’en sortir. S’il pouvait, peut-être qu’il la tirerait de là, qu’ils trouveraient un moyen. Marc endosserait sa responsabilité de père et resterait avec elles. Meryl et Mercy. A trois.

Il secoua la tête. Une baffe pour Bowman. Depuis quand il songeait à des trucs pareils, lui ? Tout plaquer et devenir le parfait père de famille ? A en crever de rire. C’était plus le truc d’Aidan, ça. Pas lui. S’il vivait jusqu’à quarante ans, ce serait un putain d’exploit. Jusque là, il allait faire ce qu’il savait faire de mieux : se démerder. Et ça, il savait très bien le faire. Trop bien, même. Il leva la tête en entendant Morgan dire qu’ils y étaient. Marc n’avait pas fait attention à l’itinéraire et il eut une sale surprise en découvrant l’endroit. Putain. Et dire qu’il s’était juré de plus y remettre les pieds… Il retint son souffle en se plaçant à côté de Morgan. « Avant qu’on y aille, faut que je te dise un truc. » Autant lui dire dès le départ, qu’il ne tombe pas de haut. Parce qu’aucun doute que les types qu’ils allaient voir ne se priveraient pas de faire savoir à Morgan qui était le type qui l’accompagnait. Il se massa la nuque une seconde avant de tourner les yeux vers son collègue. « Ces types-là… Ils m’aiment pas beaucoup. Ça risque de compliquer les choses. Leur chef va pas lâcher un mot s’il voit que je suis là. »


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