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 Paint Me Black {Ezriel}

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MessageSujet: Paint Me Black {Ezriel}   Sam 22 Juil - 23:30


Paint Me Black
Ezra & Gabriel


Il n’aimait pas la pluie. Il l’avait toujours détestée. Il détestait le bruit qu’elle faisait quand elle s’abattait sur les carreaux ou quand elle résonnait sur les toits. Genosha avait cet avantage qu’il ne pleuvait pas souvent. Sauf aujourd’hui. Les gouttes s’écrasaient sur le velux. Une par une, sans s’arrêter. A un autre moment, il s’en serait probablement agacé et aurait fini par mettre une musique pour couvrir ce bruit. Mais dans l’appartement, il n’y avait que le silence et le bruit de la pluie. Rien de plus. Ce même silence qu’il n’avait pas quitté depuis la tragédie qui avait chamboulé le semblant de paix qu’il avait trouvé avec Cindy. Le creux béant dans sa poitrine que rien n’arrivait à reboucher. Qui se creusait encore et encore au fil des jours qui passaient. Il y avait toujours un évènement pour l’agrandir davantage. Quand il se pensait à l’abri, quelque chose arrivait. La vie continuait, c’était ainsi. On ne pouvait pas se laisser abattre. C’était comme ça. Affronter les tempêtes, les unes après les autres en espérant en sortir indemne. Le problème… le vrai problème, c’était que les tempêtes étaient trop proches les unes des autres. Et qu’il ne s’en sortait pas indemne.

Son téléphone était éteint depuis deux jours. Il n’avait plus de batterie et Gabriel n’avait pas quitté sa place pour le recharger. Il n’avait pas vraiment bougé, en fait. La petite margelle sous le velux sur laquelle il avait pour habitude de s’installer quand il bossait sur un dossier épineux avait été son perchoir. Il ne s’était même pas rendu compte qu’il pleuvait, ayant perdu toute notion du temps, occupé comme il l’était à allumer et éteindre inlassablement son briquet dans un geste quasi mécanique. L’idée de s’allumer une cigarette ne lui avait même pas traversé l’esprit. Il avait simplement voulu se vider la tête, apaiser toutes les émotions violentes qui se bousculaient en lui et qui lui donnait l’impression de perdre la tête. Enfin. C’était plus qu’une impression. Il perdait la tête. Clairement, arrêter de voir le psy chez lequel Maritza l’avait trainé de force n’était pas la meilleure des idées. Mais il ne voulait plus laisser personne lui bourrer les crânes avec ces conneries de stress post-traumatique. Il en avait assez d’entendre la même rengaine. Ouais, il avait vécu une expérience traumatisante, et alors ? On s’en relevait. On se relevait de ça. La vérité, c’était qu’il avait cessé d’y aller quand on l’avait forcé à remonter à plus loin. L’obligeant à explorer des vieux souvenirs enfouis qu’il ne voulait pas voir ressurgir. Ces flashs d’une autre époque, d’une vie qu’il ne lui semblait pas avoir vécu. Depuis combien de temps c’était là et pourquoi ça ne ressurgissait que maintenant ? Il ne voulait pas le savoir. Il ne voulait tellement pas le savoir qu’il s’était barré de ce putain de bureau en claquant la porte derrière lui et refusant d’y refoutre ne serait-ce qu’un pied. Et ça, c’était juste avant la fausse couche de Cindy.

Il devait se rendre à l’évidence. Il ne pouvait plus endurer tout ça. Trop d’évènements en très peu de temps. Faire bonne figure devenait de plus en plus difficile. Ces flashs survenaient à n’importe quel moment, s’entremêlant avec les évènements du Pegasus et la vision de Cindy en larme dans ce lit d’hôpital. Des images rapides, qui ne lui laissaient aucun répit, au point qu’il n’arrive plus à dissocier le vrai du faux, ce qui appartenait à son présent et ce qui appartenait à son passé. Il voulait que ça s’arrête mais il ne savait pas comment faire. Et c’était dans ce genre de situation qu’il se coupait du reste du monde. S’enfermant dans la solitude, comme il l’avait toujours fait. En général, quand ça arrivait, Ezra débarquait au triple galop. Mais pas cette fois, parce que Gabriel ne voulait pas que son meilleur ami se préoccupe de lui. Il avait déjà assez à faire comme ça. Il ne voulait pas devenir une responsabilité sur le tas qu’Ezra se traînait à bout de bras.

Une question revenait sans cesse. A quel moment avait-il perdu le contrôle de sa vie ? A quel moment tout était devenu cet immense merdier dans lequel il s’enlisait aussi sûrement que s’il avait mis les pieds dans des sables mouvants ? Serait-il là, à contempler cette minuscule flamme qui apparaissait quand il allumait son zippo pour l’éteindre au bout de quelques secondes si le Pegasus n’était pas arrivé et si Cindy n’avait pas perdu son bébé ? Leur bébé. Comment on faisait le deuil d’un enfant dont on ignorait l’existence avant qu’il ne cesse d’exister, justement ? Un nouveau claquement, une nouvelle flamme. L’envie d’hurler. De hurler comme jamais il ne l’avait fait. Ces émotions qui se battaient dans son être et qui se livraient une guerre sans merci. Il perdait le contrôle.  Il laissa tomber le briquet sans grande conviction pour regarder à l’extérieur. L’objet tinta en touchant la margelle, rebondit avant de toucher le sol et cessa sa course. La pluie continuer de tambouriner sur la vitre. Il voulait juste que ça s’arrête. Il ferma un instant les yeux et laissa sa tête retomber contre la vitre. Il devrait bien quitter sa place un jour ou l’autre. Reprendre le cours de sa vie, vivre le plus normalement possible avec son coeur en mille morceaux.

Un bruit le fit redresser la tête et tourner ses yeux marrons en direction de la porte d’entrée. Il s’attendait à y trouver Maritza, sans doute furieuse de son silence. A la place, il découvrit Ezra, en plein milieu du couloir. Il manqua de se mordre la lèvre en le voyant. Ce qu’il voulait précisément éviter. Il savait pourtant que ça arriverait. C’était Ezra. Ezra Andrews, son ancre. Son pilier. Il déglutit. Il n’arrivait même pas à sourire face à la présence rassurante de son meilleur ami. Plus la force de faire semblant d’aller bien quand son monde s’effritait. Même pour Ezra. Pourtant, il devait le faire. Un sourire s'étira sur ses lèvres lorsqu'il lâcha enfin un « Hey. »
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Ezra
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Il peut contrôler le sentiment de peur. Une simple peur peut alors devenir une réelle phobie qu'il peut déclencher avec des hallucinations visuelles ou sensorielles.
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MessageSujet: Re: Paint Me Black {Ezriel}   Ven 28 Juil - 14:22

Un jour passe, puis deux et Ezra se décide enfin à appeler, jugeant qu'il a attendu assez longtemps pour pouvoir définitivement s'inquiéter. Quelques instants plus tard, il raccroche le téléphone et se mordille les lèvres, ajoutant un nouveau trait d’inquiétude à tous ceux, de fatigue, de tristesse et d'anxiété, qui déforment déjà son visage. Ca fait deux jours qu'il ne lui répond pas. Gabriel tape des phases comme ça parfois et Ezra sait que ca ne veut rien dire de bon. Son meilleur ami fait ca quand la vie ne lui en laisse plus le choix. Quand il a besoin de digérer les choses. Seul. Sauf qu'en général, le blond le met dans la confidence et ce depuis toujours. Ils se connaissent depuis leur plus tendre enfance et ont vécu des traumatismes similaires. C'est peut être pour ça que Gabriel est si important pour lui d'ailleurs. Lui, il le comprend réellement et vice versa. Il ne sait pas comment il doit prendre le silence de son ami et, pour cette grande première, Ezra a dû improviser et, surtout, il a dû recourir aux grands moyens. Il a appelé Maritza. Oui. Carrément. La géniale, intense et -il faut le dire- un peu folle maman poule adoptive de Gabriel. Cette dernière s'inquiète au même titre que lui pour le blond et n'en sait pas plus que lui sur le pourquoi du comment du silence imposé par Gabriel. Après un rapide échange, ils se mettent d'accord et raccrochent chacun de leurs côtés. Ezra glisse son portable dans la poche de son bermuda teinté, de-ci de-là, de peinture. Son visage se tourne vers la fenêtre où viennent s'échouer les gouttes de cette pluie qui berce la journée. Il adore entendre le bruit qu'elles font contre les vitres, ce petit tintement qui se renouvelle sans cesse sans jamais enchaîner les mêmes accords. Ca a un effet calmant sur ses nerfs souvent en pelote. Mais ce jour-là, il a besoin de bien plus pour atteindre une certaine sérénité.

Il a peur de ne pas arriver à aider Gabriel. Lui même se sent au plus bas. Ca fait déjà trois semaines qu'il ne met plus les pieds au travail, qu'il ne va plus aux différents vernissages de l'île, ni aux autres événements mondains et artistiques. Il erre dans cette maison. La hante. Tel le fantôme qu'il est devenu. Celui qu'il était déjà quelques années plus tôt, avant qu'il ne se prenne à vouloir vivre pour lui. Il peint sans cesse et se perd dans les couleurs et les formes, réelles ou abstraites, qui sortent de son imagination sans fin. Tout le reste lui semble presque vain. Tout le reste est définitivement sans saveur. Le présent n'a aucun avenir. Pas sans elle. Il n'y a que pour les proches qu'il lui reste qu'il fait l'effort de reprendre forme humaine. Il donne signe de vie, de quoi ne pas les inquiéter, en grande partie parce qu'il ne veut pas affronter une nouvelle fois l'air de pitié qu'ils prennent quand ils le regardent. Pour les mêmes raisons, il n'a parlé de leur rupture à personne et encore moins à Gabriel. Ce dernier a tellement d'autres soucis, bien plus grands, que le Andrews préfère ne rien dire, pour l'instant tout du moins. Vu son silence des derniers jours, Ezra a sûrement bien fait d'ailleurs. Il soupire lourdement. Ca lui permet d'évacuer ses propres malheurs pour se concentrer sur Gabriel. Ezra s'avance dans l'entrée de la maison, attrape ses clés de voiture et part en direction d'Hammer Bay.

Il trouve une place juste devant l'immeuble où vit son meilleur ami et se lance dans une manœuvre faite en deux deux. La pluie continue de s'écraser au sol, si bien qu'Ezra remonte la capuche de son hoodie, lui aussi parsemé de peinture, sur le haut de sa tête avant de sortir pour filer dans le hall. Il connaît le code d'accès par cœur et s'engouffre ensuite dans l’ascenseur qui le hissera jusqu'aux hauteurs. Arrivé au dernier étage, Ezra se dirige directement vers l'appartement de Gabriel. Il s'arrête alors  soudainement devant la porte et hésite deux secondes à frapper avant d'entrer. Le brun regarde la poignet qui l'appelle presque, lui confirmant presque que Gabriel ferait sûrement le mort si il toquait quelques coups contre le bois. Ezra cède finalement et ouvre la porte directement avant de s'engouffrer dans l'antre de tristesse de Gabriel. Il n'y a aucun son dans l'appartement. Seuls les gouttes qui s'abattent sur le velux résonnent dans l'air ambiant. Ca a quelque chose de lugubre et de mélancolique. Instinctivement, il se dirige au bon endroit et trouve Gabriel du premier coup. Ce dernier n'a pas l'air en forme, encore moins que les dernières fois où il l'a vu. Ezra comprend totalement. Le Pegasus, la quarantaine et puis, sortie de nulle part, la perte de cet enfant dont personne ne connaissait l'existence. Cette dernière est d'autant plus violente qu'il n'y a aucun tiers à blâmer. Lui, au moins, peut en vouloir à Hydra alors que Gabriel n'a aucun coupable. Ca paraît presque gratuit de la part du destin. Si seulement Cindy et lui avaient simplement su, ce drame ne serait jamais arrivé. La vie ne tient qu'à peu au final, et la mort aussi.

Gabriel tourne la tête vers lui, le remarque et semble presqu'hésiter avant de finalement afficher un sourire qui sonne terriblement faux. Pourtant, il devrait savoir qu'avec lui, il peut se permettre d'être sincère. Et pourtant, il feint d'aller bien en lançant un « Hey. » qui ne suffit pas à convaincre Ezra. Ce dernier n'a, lui, pas le courage et encore moins l'envie, de jouer cette comédie qu'ils s'imposent pourtant depuis des mois, et ce à cause de lui d'ailleurs, parce qu'il avait eu besoin de ça. Mais le Andrews ne veut pas se voiler la face concernant Gabriel. Ce dernier est trop important pour lui pour que le peintre se laisser aller à cette facilité. Son visage laisse donc transparaître son inquiétude mais aussi cette envie de parler réellement des choses et son « Hey. » à lui contraste avec celui du blond. Ezra ne le perd pas du regard alors qu'il reste, immobile, vers l'entrée de la pièce. Il ne sait pas trop quoi dire et n'y a, à vrai dire, pas réfléchi plus que ca. Il ne veut pas forcer Gabriel à partager son mal avec lui si il n'en a pas envie, mais tient tout de même à s'assurer qu'il ne fait tout de même pas de conneries irrémédiables. Ezra lève la main vers sa capuche qu'il a oublié d'enlever un peu plus tôt et la laisse tomber en arrière. Il en profite pour passer sa main dans ses cheveux trop long, les ramenant en arrière au passage, signe que la situation le travaille. « J'ai dit à Maritza que je passais, elle était prête à débouler quand elle a su que même moi je n'avais pas de nouvelles de toi. » Ca pourrait presque sonner comme un reproche et, au fond, c'est peut être le cas. Parce que ça l'a un peu blesser que Gabriel le repousse lui aussi. A croire que personne n'a plus besoin de lui. A croire qu'être un fantôme lui suffit.

Il regarde son meilleur ami, prêt à lui demander si ca va et, pourtant, cette question, il ne la formulera pas. Il sait très bien quelle en est la réponse. Gabriel a l'air tout aussi fantomatique que lui. Il porte le malheur sur son visage. Son sourire n'est qu'un rictus qui souligne sa tristesse. Et comment ça pourrait en être autrement d'ailleurs ? Comment pourrait-il encore être debout malgré tout ? Pourtant, Ezra ne sait pas tout ce qu'il se passe dans la tête du blond. Il n'en soupçonne pas le moins du monde la folie. Il ne se doute pas une seconde qu'il ne peut pas complètement comprendre la détresse de Gabriel. Le peintre regarde autour de lui pendant que le silence s'installe entre eux. Il ne sait pas trop ce qu'il cherche du regard . Peut être quelque chose qui ferait sortir l'appartement de son contexte habituel. Parce que cette période de sa vie est toute particulière, c'est certain. Ezra finit par s'avancer vers le blond et s'installe à côté de lui sans un mot. Quelques secondes passent encore avant qu'il tourne la tête vers Gabriel et de laisser son côté papa poule ressortir. Il ne lui demandera pas si il va bien, mais peut au moins s'assurer qu'il ne se laisse pas dépérir de tristesse. « T'as mangé quelque chose au moins ? » Il est prêt à parier que non.

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Si le bateau coule, si le bateau sombre, je te suivrais, je serais comme ton ombre. Tu me trouveras toujours dans ton sillon, dans les sales moments comme dans les bons. Et si le ciel s'écroule, si les continents plongent, je te suivrais même jusque dans tes songes. — Fauve.
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MessageSujet: Re: Paint Me Black {Ezriel}   Hier à 19:14


Paint Me Black
Ezra & Gabriel


Ce n’était pas la première fois qu’il restait seul avec les pensées qui lui parcouraient la tête. Il n’en était pas à son coup d’essai. Il l’avait déjà fait et la seule différence avec les fois d’avant, c’était qu’il n’avait pas mis Ezra dans la confidence. Il avait simplement coupé son téléphone, s’était installé et n’avait pas bougé.
Trop. C’était trop.
Son monde s’effondrait. Ses barrières s’effritaient une à une alors qu’il sentait la folie gagner du terrain et s’emparer de lui. Ces flashs qui fourmillaient, cette sensation d’être étranger à cet univers. Le vrai, le faux, le jour, la nuit… Plus rien n’était à sa place. Ça le rongeait de l’intérieur, comme un poison. C’était ça, perdre la tête ? Ne plus savoir qui on était ? Ne plus différencier la réalité d’une hallucination ? Gabriel n’avait jamais été doué pour gérer ses émotions quand elles devenaient trop intenses. Et avec tout ce qui lui arrivait, la moindre contrariété pouvait se transformer en crise de colère. Tout était multiplié par dix. Pour quelqu’un qui avait besoin de sentir une situation sous contrôle pour ne pas partir en roue libre, c’était insupportable. Et il ne voulait que personne ne le voit dans cet état. Pas même Ezra, qui avait déjà bien assez à gérer pour devoir en plus se préoccuper de lui.

Mais à croire que le silence radio n’empêchait pas son meilleur ami de débarquer chez lui.  Bien sûr. Il aurait dû parier. C’était Ezra. Il était toujours là pour accourir quand Gabriel se refermait sur lui-même.  Même quand ce dernier ne donnait pas de nouvelles exprès. En fin de compte, il aurait peut-être dû avertir Ezra pour éviter qu’il ne rapplique dans son appartement et le voit ainsi. Gabriel ne savait plus où se mettre. Il détestait laisser entrevoir ne serait-ce qu’un semblant de sa douleur à qui que ce soit et encore plus quand c’était Ezra alors qu’il était la personne qui le connaissait le mieux. Par fierté, pour commencer. Mais aussi parce que tel qu’il connaissait le Andrews, il allait vouloir prendre ce fardeau pour lui. Ce fardeau était le sien et il était le seul à pouvoir y faire quelque chose. Il devait se débrouiller seul pour une fois. Se battre seul. Se battre contre lui-même et cette part sombre de lui-même qu’il combattait depuis le début de son existence. En voyant Ezra se tenir droit comme un I, Gabriel ne pensait qu’à enfiler ce masque d’indifférence pour l’épargner. Faire semblant, pour le bien de tous. Mais comment faire quand il n’arrivait pas à n’être autre chose que l’ombre de lui-même ? Même l’unique mot qui était sorti de sa bouche n’était pas convainquant et à voir l’expression du brun, ce dernier n’avait plus envie non plus de faire semblant. L’inquiétude d’Ezra se ressentait dans sa réponse et Gabriel se détestait pour ça. Il aurait dû prévenir. Il baissa la tête pour fuir le regard de son meilleur ami qui méritait bien mieux que lui.

Il ne leva pas les yeux en entendant la suite. « Je suis désolé. » murmura Gabriel. Désolé de lui faire ça. Désolé de ne pas être capable de se montrer aussi fort qu’il le voudrait pour endurer tout ça. Et surtout, désolé de laisser entrevoir à Ezra une infime partie de toute la souffrance qui le rongeait de l’intérieur. Il ne se sentait pas capable d’affronter le regard d’Ezra et de lui dire tout ce qu’il ressentait. Lui-même l’ignorait. Il ne savait qu’une chose, c’était qu’il était un piètre ami qui provoquait de l’inquiétude inutile chez quelqu’un qui avait d’autres chats à fouetter. Ezra Andrews avait bien trop à gérer pour en plus devoir supporter les états d’âmes de Gabriel. Et pourtant, le voilà, au milieu du salon et en train de lui reprocher de ne pas avoir donné de nouvelles. Gabriel ne le méritait pas. Ce type était trop bien pour une personne comme lui.  « J’aurais dû te prévenir. Excuse-moi.»

Il ne redressa la tête que lorsqu’il discerna le mouvement d’Ezra qui s’installait sans un mot à ses côtés. Gabriel entoura ses genoux de ses bras, se recroquevillant sur lui-même. Il détestait se montrer aussi vulnérable. Il avait l’impression d’être de nouveau ce gamin faiblard qui craignait le monde dans sa globalité. Il entendait presque ces voix issues de son passé qui lui murmurait à l’oreille que c’était ce qu’il avait toujours été, ce qu’il était et ce qu’il serait toujours. Vulnérable. Faible. Sans défense. Gabriel serra les dents et soutint le regard d’Ezra qui lui posait une question rhétorique à laquelle Gabriel ne pouvait même pas mentir. « Pas vraiment.» Il n’en ressentait même pas le besoin. Avait-il seulement fait autre chose que de rester là sans bouger ? Et ruminer. Un peu. Beaucoup. Un demi-sourire se dessina sur ses lèvres. Il ajouta avant qu’Ezra ne songe seulement à l’engueuler :  « Et je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée de m’approcher d’un four, là, tout de suite.» Ses compétences culinaires étaient déjà médiocres quand il était au mieux de sa forme, alors quand il était au trente-sixième dessous… Il ne valait mieux pas essayer.  Il soupira. « Ne t’inquiètes pas pour moi, Ezra. » Ça n’en valait pas la peine. Il connaissait la chanson.  Dans quelques jours, ça irait mieux. Autant parler à un mur, cependant. Ezra s’inquiéterait, quoi qu’il fasse. C’était ce qu’il faisait. C’était ce qu’il avait toujours fait, au lieu de s’inquiéter pour sa propre personne. « T’as assez à gérer de ton côté. Je vais m’en sortir, t’en fais pas. J’aurais dû t’avertir, ça t’aurait évité de te déplacer. Surtout avec ce déluge. » Il désigna le velux d’un mouvement de tête. En fait, il aurait préféré affronter l’hystérie de Maritza, prête à lui hurler dessus pour ne pas avoir donné de nouvelles que la bienveillance d’Ezra. Une bienveillance qu’il n’avait franchement pas l’impression de mériter.
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