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 Damian | It's never black or white.

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Petit-bonhomme :D
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Extrêmement dangereux avec une batte de baseball ou un sabre-laser.
Superbement doué pour se ratatiner au sol en voulant se donner un air badass. Agile dès qu'il s'agit de darder son regard sur des beaux-gosses comme Valerian. Pro de la ninjatude, à tous les coups personne ne captera ses œillades fort appuyées.

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MessageSujet: Damian | It's never black or white.    Ven 20 Oct - 20:25

Damian Kalel Burrows

It's time to fight for what we believe is right
19 ansPetit-bonhomme /out/
Employé chez UnknownHydra
Homosexuel et célibataire for nowHumain

Pouvoirs -

Extrêmement dangereux avec une batte de baseball.
Superbement doué pour se ratatiner au sol en voulant se donner un air badass. Agile dès qu'il s'agit de darder son regard sur des beaux-gosses comme Valerian. Pro de la ninjatude, à tous les coups personne ne captera ses œillades fort appuyées.


Souhait

Damian aurait aimé que ses parents ne soient jamais assassinés de la manière dont ils l'ont été. Que jamais il n'assiste à cette manifestation de la cruauté humaine à l'état pur. Il a souhaité que les mutants ne soient plus si injustement discriminés, comme lui-même l'a été à cause de ses origines et de son orientation. L'ancien Kalel voulait que ceux qui lui ont permis de prendre conscience de l'importance de la vie vivent heureux, et jamais ne connaissent la souffrance.

Emergence

Parfois, Damian est sujet à des impressions de déjà-vu. Quand il se retourne sur un visage familier dans la rue, persuadé de l'avoir déjà vu quelque part. Mais la plupart du temps, il se détourne et hausse les épaules, persuadé d'halluciner. Il devrait penser à voir son docteur pour recalibrer son traitement, tiens...


La présence des émergés parmi la population a été confirmée au cours de cette année, que pensez-vous de ces individus qui parcourent les rues de Genosha ? N'avez-vous pas peur qu'ils causent de nouveaux attentats ou pensez-vous que Hydra se cache derrière tout ça ?  
Ni l'un ni l'autre. Franchement, c'est plutôt gonflé de me demander ça, après ce qui est arrivé à Bella ! En plus, c'est tellement discriminatoire de les appeler les émergés. Ok, ils ont peut-être des dons cools, mais ils sont comme vous et moi. S'ils deviennent des menaces, c'est simplement parce qu'on les traite comme tel. C'est les gens effrayés qui construisent le mal autour d'eux, et ça devient franchement ridicule qu'on pourchasse ces gens comme ça. C'est injuste !

Pensez-vous que les mesures et la pression mise en place par les autorités est-elle un mal nécessaire ? Que pensez-vous de la grande rafle organisée par la garde rouge lors de l'Ultimate festival ? Certaines rumeurs parlent d'un groupe de recherchés qui sèmeraient la pagaille sur l'île, en avez-vous entendu parlé ?
Ce que j'en pense ? Je pense que vos questions à la con, vous devriez vous les foutre dans le derrière ! Franchement, cette rafle n'avait rien de normal. Je n'y étais pas, mais ça a fait les news pendant des semaines, et vu les vidéos qui ont été postées sur les réseaux sociaux, c'était tout bonnement un pur carnage. Ah, la Garde Rouge peut être fière d'effrayer les habitants de Genosha. Jamais on aura vu une autorité aussi incompétente. Vous les avez vu non ? Ils ont foncé dans le tas, franchement, j'ai une bonne vue, mais j'aurais jamais pu dire si y avait des émergés avant qu'ils se la jouent Starsky et Hutch !

Quant à ce groupe de recherchés... boarf, je vois des affiches partout, mais pour l'instant j'ai rien vu de concret. Encore des conneries pour faire céder la population à la peur et à la haine, j'en suis sûr !

Une majeure partie de la population est sujette à des rêves plus qu'anormaux, est-ce votre cas ? Comment pouvez vous expliquer qu'autant de personnes soient touchées?Le climat de Genosha est si atroce qu'on rêve d'une réalité parallèle ? (ricane). Nan, en vrai j'en sais rien. J'ai pas trop eu ce genre de soucis, pis vu mes... problèmes, on va dire, je suis pas le mieux placé pour disserter là-dessus.


pseudo

Renescence

sexe/age

Toujours le même depuis que je suis ici

pays

Bientôt chez les Kiwis

DC

AC

personnage marvel, scénario ou inventé

Inventé

niveau d'émergence

1

niveau de maitrise

0

Désirez-vous un parrain/marraine

Je demande un avocat.

vous nous avez connu...

Par le Saint-Esprit

un dernier aveu

J'ai la connaissance sacrée, sisi, je vous assure
house of memories
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Ven 20 Oct - 20:26

Before Genosha

we all have to start somewhere
Des murmures et des visages qui se tournaient sur son passage. Des chuchotements à n’en plus finir alors qu’il avançait pas à pas, guidé par cette main singulière sur son épaule. Cette main dotée d’une force masculine qui avait déjà eu raison de lui une première fois, alors qu’il avait voulu fuir. Fuir loin, en courant, sans s’arrêter. Mais l’homme l’avait rattrapé, l’avait forcé à hurler sa colère et son désespoir, à lui taper dessus, avant qu’il ne l’enferme dans ses bras si rassurant, dans une étreinte si nécessaire. Et maintenant qu’il l’avait écouté, il était là, à vouloir s’enterrer. Il baissait la tête, mais ne pouvait s’empêcher de croiser les regards des autres. Comme lui. Ou presque.

« C’est donc lui ? »
« Kalel, oui. On l’attendait. »
« Oh. Pauvre gamin. »

Des voix retentissaient au travers d’une pièce composée d’adultes inconnus à ses yeux. Le concerné, Kalel, attendait maintenant adossé au mur attenant à cette même pièce, du côté extérieur à celle-ci. Un groupe de jeunes, guère plus âgés que lui, passa devant sa silhouette et de nouveaux murmures firent suite à leur passage. Génial, je suis la nouvelle star du coin grinça t-il intérieurement.

« Aucune famille ? Nulle part ailleurs ? »
« Non. Quand ils ont émigré ici… les tantes, oncles et autres cousins n’ont pas survécu au voyage. J’ai cru comprendre que les passeurs s’étaient foutus de leur groupe. C’est un miracle que Kalel et ses parents s’en soient sortis. »
« Et ils avaient eu les papiers pour rester sur le territoire ? »
« C’était des faux. Incroyable qu’ils ne se soient pas fait attraper pendant des années. On va devoir l’aider à obtenir des papiers légaux, mais après la fraude et… ça... » Un soupir fit suite à cette déclaration. Après ça, oui. Comme si c’était de la faute du gamin.
« On verra ça plus tard, on commence à être habitué. Est-ce qu’il… a tout vu ? »
« Il refuse d’en parler, mais les policiers l’ont trouvé sur la scène du crime. Apparemment, il aurait assisté à l’horreur, oui. »
« Merde... » Un nouveau gamin brisé, un peu plus que la plupart de leurs résidents, cette fois. La femme n’en revenait pas. Comment étaient-ils censés réparer le garçon après le traumatisme qu’il venait de vivre ?

Kalel, de son côté, s’efforçait de rester neutre, de prétendre ne pas entendre les propos qui filtraient à travers les murs. Mais son parcours avait déjà fuité dans tout l’établissement, il n’était un secret pour personne qu’il n’était qu’un reste oublié d’une immondice, d’une atrocité sans nom. La porte s’ouvrit d’un coup, surprenant le garçon qui sursauta violemment, manquant de glisser sur le sol. Surtout, ne pas lâcher de larmes devant eux. L’homme qui était à ses côtés, un éducateur au sourire doux malgré sa carrure impressionnante, serait le seul à le voir craquer, c’était bien suffisant. Un second homme, mince, vêtu d’un polo bleu et d’une coiffure au gel impeccable, fit irruption dans le couloir, suivi d’une femme aux traits carrés, marqués, mais au visage avenant. Les deux personnes qui venaient de discuter du passif de Kalel comme s’il n’était pas juste à côté d’eux, séparé par un mur si fin qu’il était persuadé de pouvoir le traverser d’un coup de poing bien placé. La femme prit la parole en se pliant légèrement, désireuse d’arriver à la hauteur du gamin de 14 ans : « Bonjour Kalel. Je suis madame Elisabeth Murose, mais tu peux m’appeler Eli. Tu vas vivre un long moment avec nous. » Elle désigna ses compagnons d’un signe de tête. « Tu reconnais Mr. Ross, il est venu te voir plusieurs fois au commissariat. Et l’homme qui est à côté de toi, c’est notre éducateur spécialisé, Mickaël. » Kalel hocha la tête, mais il se fichait considérablement de l’identité de ses bienfaiteurs. La femme soupira alors qu’elle lui tendit la main : « Bien. Viens, je vais te montrer le foyer. Tu verras, dans peu de temps, tu t’y sentiras comme à la maison. » Comme s’il avait le choix.



« Et qu’est-ce qu’on dit ? »
« FÉLICITATIONS DAMIAAAAAN !!! »

Des dizaines de voix répétaient en choeur, s’exclamaient pour lui. Damian venait d’avoir 18 ans, et tout le monde savait pertinemment ce que cela voulait dire. « T’es enfin libre mon pote ! » Un jeune du foyer, 16 ans à peine, frappa amicalement Damian dans le dos, jalousant secrètement sa liberté nouvellement acquise. Avoir 18 ans, ici, ça signifiait devenir majeur. Et donc quitter ce foyer de malheur. Foyer qui, pourtant, avait sauvé bien des gamins en détresse. « Tu nous oublieras pas, hein D’ ? Tu viendras nous rendre visite, hein ? » Nouvelle voix, féminine cette fois. Fluette, elle appartenait à une petite fille de 11 ans. Elle s’était prise d’affection pour ce garçon de couleur, mince et souvent silencieux, qui savait la prendre dans ses bras quand elle pleurait à chaudes larmes. « Promis Bella, je reviendrais tous vous voir. » Un sourire sur les lèvres, Damian prenait enfin la parole, ce qui provoqua des hourra de toutes parts. L’adolescent n’avait pas toujours été facile à vivre, enfermé pendant des mois dans un mutisme profond, donnant du fil à retordre à ses éducateurs. Et les choses ne s’étaient pas arrangées quand la maladie s’était déclarée.

Damian s’en souvenait encore. Elisabeth, Mickaël et Ross aussi. Ce moment, où la veille d’un noël, les policiers avaient sonné à la porte de l’établissement, amenant un Kalel joyeux. Très joyeux. Trop même. « Regardeeeeeeez ! C’est noëeeeeeeel ! J’ai amené plein plein plein de cadeaux. J’ai même une playstation, là, laissez-moi leur montrer ce qu’il y a dans mes sacs wesh ! » Eli était restée interdite face à celui qui se ferait renommer Damian quelques mois plus tard. Les policiers le tenaient chacun par les épaules, alors que le jeune portait des dizaines de sacs, comme s’il venait de dévaliser un supermarché. Ce qu’il avait plus ou moins fait, en vérité. « Eliiiiiiiiiiii, venez là pour un câlin ! Je veux un câlin groupé ! » Kalel avait sauté dans ses bras, échappant à la poigne des policiers qui se grattaient la tête. Il faudrait payer pour tout ça. Pour la console. Les jeux qui allaient avec. Les palettes de maquillages, les figurines et les DVDs piqués à la superette non loin du foyer. Heureusement que celui-ci était connu pour ses bonnes actions, d’ailleurs. Kalel aurait pu finir ailleurs. Il aurait dû même, mais la renommée de l’établissement lui avait sauvé les miches, ou presque.

Eli avait amené les agents un peu à l’écart, alors que Kalel s’était réfugié auprès de Mickaël. Personne ne comprenait ce qui lui arrivait, le gamin sautillant partout, tapant dans ses mains, rigolant sans cesse. C’en était presque effrayant. « Je… je ne comprends pas, il n’a jamais été comme ça. Vous dites qu’il a volé tout ça en voulant souhaiter un joyeux noël au foyer ? » Les policiers hochèrent la tête, l’air embarrassé. « Oui M’dame ! » Elisabeh soupira. « Mais enfin, c’est insensé. Kalel est probablement le garçon le plus calme que j’ai jamais connu. A tel point que c’en est désespérant. » Le plus jeune des deux policiers se gratta la tête, incapable de répondre quoi que ce soit. Le plus vieux, par contre, bien connu par le personnel du foyer, osa enfin dire le fond de sa pensée, l’air le plus sérieux du monde. Et peut-être bien attristé, oui, peut-être bien. « Si je peux me permettre, Eli, vous devriez emmener le môme voir un médecin. J’ai déjà vu ça et... » Il secoua la tête. Ce n’était pas bon. « Et quoi ? John, quoi ? » Le dénommé John observa quelques secondes le gamin. Il ne l’admettrait jamais ouvertement, mais ça lui brisait le coeur de voir tous ces gosses pourrirent dans un foyer parce que la vie avait été cruelle avec eux. Heureusement que c’était une personne comme Murose qui gérait l’établissement et non quelqu’un d’autre. « J’vais pas me prétendre professionnel mais… j’ai connu un garçon, tout pareil que lui. Pris de soudaines crises de… d’hyperactivité, de… manie. » Silence. « Manie ? » L’agent se balançait d’un pied sur l’autre. « Et.. et après; c’était pas beau, vous voyez c’que je veux dire ? Vraiment pas. Le garçon avait même tenté de se pendre. » Elisabeth laissa échapper un hoquet choqué. « Vous n’êtes pas en train de me dire que Kalel va faire la même chose quand même ? » L’homme haussa les épaules. Qu’est-ce qu’il en savait lui ? Il avait vu un truc similaire, ça voulait pas dire qu’il avait la science infuse. « J’sais pas moi, je vous dis ce que j’ai pu croiser au fil de mes affaires. Allez juste… faites-le voir un médecin, ça ira mieux pour ça. Et on se reverra au poste pour finaliser le problème de son vol. » Les deux agents allèrent quitter les lieux, les laisser tranquille pour la soirée. Merde, c’était noël ! John connaissait bien Elisabeth, il pouvait bien lui faire cette fleur et laisser Kalel tranquille. Pour ce soir. « Attendez ! De quoi souffrait cet enfant dont vous me parlez ? » Le policier se retourna, sur le pas de la porte, tenant son haut dans ses mains. Le triturant même. « On a appris plus tard qu’il était bipolaire. » Il remit sa casquette et se détourna, suivit par son jeune collègue. « Bonne soirée M’dame Murose. Et joyeux noël ! »


Oui, décidément, la vie de Damian n’avait pas été simple. Et maintenant, il semblait aller mieux. Il avait acquis sa liberté, avait appris à aimer ce foyer qui l’avait recueilli. Pour écarter son passé tortueux, il avait décidé de prendre une nouvelle identité. Elisabeth, Mickaël et Ross s’étaient battus pour lui, pour qu’il obtienne ses papiers et son changement de nom. Un long parcours, un long combat qui avait plus d’une fois miné Damian. A tel point qu’ils avaient bien failli le perdre, plus d’une fois. Les cicatrices sur ses poignets en témoignaient. « Et donc, maintenant que tu es enfin libre, tu comptes faire quoi ? » Damian éclata de rire devant la grimace de Mickaël qui reprenait les mots d’un autre jeune du foyer. Libre. C’était un mot étrange. Il aurait pu s’apparenter à sa situation, mais en l’instant présent, Damian se sentait surtout désemparé. Bien qu’il ne le laissait pas paraître. « Trouver du boulot, gagner ma vie. Vivre tranquille quoi. » Le majeur haussa les épaules, arrachant un sourire à son éducateur. La vie était constituée de tellement de surprises, il verrait bien ce qu’il adviendrait de lui. Oui, voilà, il vivra au jour le jour, et advienne que pourra.



Héro, héroïne…. C’était ressemblant, mais en l’instant présent, ça n’avait pas la même signification. Comme pris d’un soudain saute d’humeur, Damian éclata d’un rire, un rire bruyant, tout sauf naturel. Il faisait bien souvent frissonner ses colocataires, qui détestaient le voir ainsi. Un déchet humain, roulé en boule sur son lit, dans cette chambre qui, il fut un temps, était si spacieuse et si bien rangée. Mais depuis deux mois, cartons de pizzas et canettes de bière s’alignaient sur le sol, alors que du linge sale traînait de l’autre côté de la pièce. La chambre était un bordel conséquent, dans lequel se complaisait Damian, réduit à lézarder à même le sol, parfois trouvant la force de grimper sur son lit. Si encore la malbouffe n’était que son souci, il n’inquièterait pas autant ses colocataires. Mais son état était à faire peur : l’air cadavérique, mais surtout désabusé, il avait ce scepticisme et cette ironie macabre qui le constituaient désormais. A chaque fois que ses deux co-habitants rentraient dans l’appart, ils craignaient de ne trouver qu’un corps sans vie appartenant à leur ami. S’il l’était encore. « Putain Dam’, me dis pas que tu recommences avec ça ! » Damian sembla émerger, quelques instants seulement, alors que la voix de sa colocataire résonna dans ses oreilles. Il eut l’étrange impression qu’elle se répercutait en écho à l’intérieur de son oreille, et il pouvait visualiser les vibrations du son se cogner contre la paroi de l’appareil auditif du corps humain. Il planait, littéralement. « Eeeeeh, Emma, t’savais qu’héroïne, ça fait comme hérooos ? Je vole pas, mais je plane, c’est pareiiil ! » L’intéressée, Emma, souffla bruyamment. Donnant des coups de pieds dans les déchets qui reposaient sur le sol, elle alla rejoindre Damian sur son lit. Il avait les yeux vitreux, et ce qu’elle n’avait pas remarqué immédiatement lui sauta aux yeux. Un fin bandeau en plastique serrait son avant bras, alors qu’une seringue manquait de bientôt tomber du lit. « Putain, mais t’es vraiment qu’un con Burrows ! » Emma n’en pouvait plus. Combien de fois l’avait-elle récupéré dans cet état ? « Pire qu’une loque. » Elle murmura pour elle-même, alors qu’elle virait la seringue et le produit de mauvaise qualité qui trônait à l’intérieur d’un geste nerveux. Damian représentait beaucoup pour elle. Elle connaissait sa maladie, savait d’où il venait. Mais jamais elle ne l’avait vu au plus bas. « Rien à foutre, je vais te faire décrocher moi. » Elle en avait de l’espoir. Virant dans un excès de colère divers débris par terre, elle se releva et allait pour redresser Damian. Mais celui-ci semblait avoir sombré dans un profond sommeil, et un instant, Emma eut une moue peinée. Il semblait si paisible, quand il dormait. Pourquoi fallait-il qu’il cède si facilement à la souffrance ? Elle se détourna de lui. Quelques instants seulement. Qui furent des minutes, alors qu’elle voulait ranger sa chambre. Elle voulait faire en sorte qu’il se remette, qu’il prenne son traitement et se trouve un boulot. Elle voulait faciliter ses conditions de vie, l’aider à se soigner. Au lieu de cela, perdue dans ses pensées, elle le laissa s’enfoncer, involontairement. Il fallut qu’elle ne se retourne que quelques dizaines de minutes plus tard pour réaliser. De la bile s’écoulait de la bouche de Damian, toujours plongé dans le néant. Il avait été pris, irrégulièrement, de soubresauts révélateurs, mais cela lui avait échappé. « Putain, Damian, non ! » Se précipitant sur le lit, la jeune fille claqua les joues du garçon. Elle ne savait pas quoi faire, pas comment faire. Elle n’était pas prête pour ça. « Non, non, non, me fais pas ça, Dam”, je t’en prie. » Tremblante, des larmes coulèrent en un flot inarrêtable sur ses joues alors qu’elle composa le numéro d’urgence. « A-a-ai-aidez moi, j-je crois que m-mon ami fait u-u-une overdose, j-j-je sais pas quoi faire. »



« Madame… Murose ? »
Elisabeth se leva de sa chaise en jetant un regard concerné à l’homme en blouse blanche qui venait de l’interpeller. Il lui tendit la main, mais lui jeta un regard interrogateur. Elle n’avait pas vraiment l’air d’être sa parente, à en juger par… la différence de couleur de peau, par exemple. « C’est moi-même. Je me suis occupée de lui pendant des années. » Elle se justifia brièvement, rajoutant qu’elle était la directrice du foyer qui avait accueilli Damian. Aussitôt, les traits du docteur se détendirent alors qu’il accompagnait la femme fatiguée à l’entrée de la chambre de son ancien petit protégé. Qui l’était toujours, mais qui lui avait échappé. « Damian ira bien, rassurez-vous. Mais il va falloir l’envoyer en cure de désintoxication. Il ne va pas s’en sortir autrement. » Murose soupira. Combien de fois l’avait-elle repêché dans des hôpitaux depuis le début de l’année ? Elle n’osait même plus compter ses nombreuses interventions. « Je sais Docteur mais… à chaque fois il refuse. » Le professionnel secoua la tête, les traits un peu plus durs. « J’ai son dossier sous les yeux, et il a un lourd passif. Bipolarité et addiction ne font pas bon ménage. Surtout qu’il a déjà attenté à ses jours. Je pense qu’il va falloir l’interner de force. » Elisabeth s’accrocha au mur, alors que ses yeux remplis de larmes dévisageaient un Damian endormi à travers les vitres de sa chambre. A le voir dans cet état, elle regrettait que la loi oblige le foyer à relâcher ses jeunes à leur majorité. Cela ne réussissait pas à tout le monde. Damian n’avait pas su faire face à la solitude qui l’avait soudainement accueilli. Et au lieu de demander de l’aide, il avait tenu à faire front, comme un grand. Cela avait marché, au début. La petite mascarade avait marché les premiers mois suivant ses 18 ans. Il avait trouvé un boulot dans une compagnie high-tech, avait même décroché un CDI après une période d’essai réussie. Cela lui avait permis d’obtenir son appartement en colocation avec deux autres jeunes de son âge. Tout avait l’air d’aller pour le mieux. Jusqu’à ce qu’il retombe en dépression, et que son traitement devienne insuffisant. Elle aurait du mieux veiller sur lui, elle le savait. « Il va me détester... » Comme il l’avait tant haïe au début de son intégration au foyer. Combien elle avait souffert de son silence et de son regard meurtrier. Si elle avait compris sa souffrance à l’époque, désormais elle se sentait impuissante. Murose avait toujours pris soin de ses jeunes, mais elle vouait une affection particulière à Damian. « Il vous remerciera plus tard. » assura alors le médecin, le regard déterminé, en lui tendant un bloc-note. Elle n’avait plus qu’à signer.



« Alors comme ça, aujourd’hui, c’est le grand jour, Mr Burrows ? » L’intéressé tourna un regard mi-amusé mi-agacé face à l’infirmière qui terminait de nettoyer sa chambre. « Même pas vous m'appellerez Damian pour me dire au-revoir ? » La jeune femme, présente depuis à peine quelques semaines, connaissait Damian depuis son arrivée en ces lieux. L’établissement médical avait une politique stricte vis-à-vis du traitement de leurs patients, et le personnel n’était pas en droit d’appeler ces derniers par leurs prénoms, excepté le thérapeute attribué au patient. Elle avait vu Damian arriver dans un état difficile. C’est à peine s’il faisait l’effort de se traîner. Il n’était ni plus ni moins qu’un zombie, qui avait refusé toute visite. Et qui avait passé de sales quarts d’heures. « Vous savez qu’on a pas vraiment le droit de faire ça ici... » Damian haussa les épaules. Il le savait, mais et alors ? Pour la première fois depuis des semaines, il se sentait bien. Vraiment bien. Et il allait quitter la clinique prochainement, ce n’était plus qu’une question de minutes. Alors ils pouvaient bien faire une exception au règlement tous les deux. S’approchant de la brunette, il l’entoura de ses bras et huma son odeur. Toujours ce mélange de produits chimiques. Il la serra tout contre lui, appréciant énormément Elsa. Elle débutait dans le métier, et elle avait été celle qui lui avait le plus fait du bien ici. Quelque part, elle allait lui manquer. « Merci Elsa, merci pour tout. » Il murmura, au creux de son oreille, alors que la concernée balbutia : « Mais-euh-m-mais pas de quoi. Damian. » Le jeune homme sourit. Enfin, elle se décoinçait. Il la remercia une dernière fois alors qu’un homme venait le chercher. Il était attendu à la sortie de l’établissement. Enfin, il pouvait quitter cette clinique. Enfin, il pouvait apprendre à vivre.

Elisabeth, Mickaël et Ross l’attendaient. Et ils n’étaient pas seuls. Ils avaient, à leurs côtés, plusieurs connaissances de Damian. Tous d’anciens ou actuels jeunes du foyer qui avait fait de lui l’homme qu’il était aujourd’hui. Enfin, homme, c’était vite dit. Il n’avait même pas atteint ses 20 ans. Il y avait même Emma, elle qui avait tant de fois appelé Murose quand il plongeait dans la drogue. Elisabeth fut d’ailleurs la première à s’approcher de lui, venant naturellement l’encercler dans une étreinte affectueuse. Elle avait tant craint ces retrouvailles. « Pardonne-moi, j’ai fais ça pour ton bien. » Le chuchotement fut prononcé au creux de son oreille, et Damian n’eut pas besoin de mots pour lui montrer toute sa reconnaissance. Le foyer était devenu sa famille, il y avait des années de ça. Aucune des personnes ici présentes n’avait besoin de se justifier sur leur présence en ce jour. Ce ne fut qu’une fois le tour complet des personnes présentes effectué que Damian prit la parole, fronçant les sourcils : « Où est Isabella ? »

Elisabeth l’avait emmené à l’écart. Mickaël et Ross avaient reconduits les jeunes là où ils logeaient, tandis qu’Emma était rentrée chez elle. Au fond, Eli s’était attendu à cette interrogation. La petite Bella avait toujours représenté quelqu’un de particulier pour Damian. Elle avait été la première à se plaindre de son prénom, Kalel, trop dur à épeler à son goût. Inconsciemment, elle avait été celle qui avait fait pousser des ailes à Damian. A se blottir contre lui quand il était enfermé dans son silence, cloué dans un coin d’une pièce. Elisabeth se souvenait des derniers mots que Damian avait prononcé à l’attention de la petite : « Tu nous oublieras pas, hein D’ ? Tu viendras nous rendre visite, hein ? » « Promis Bella, je reviendrais tous vous voir. ». Elle comme lui savaient que cette promesse ne serait pas tenue. Et elle ne l’avait pas été. Bella avait été déçue de ne pas revoir son Damian préféré, mais elle avait fini par se faire à l’idée. Elle avait eu surtout d’autres chats à fouetter.

« Je ne comprends pas. Elle est … partie ? » Eli soupira discrètement. Cela n’allait pas être facile d’expliquer à Damian que c’était la meilleure option pour la gamine.
« Elle n’a pas eu le choix. » Burrows ne comprenait toujours pas. Pas le choix ?
« Personne ne pouvait l’aider ? Vous l’avez laissé filer comme ça, toute seule, par elle-même ? A même pas 13 ans ? »
« Ce… Nous n’étions pas… adapté, pour ça. Nous n’étions plus d’aucune aide pour elle. » Murose eut un regard implorant envers Damian qui venait de se figer sur place.
« Mais enfin ! Elle n’avait que vous, que ce foyer. Vous en avez aidé tellement, quelle différence ça aurait fait que vous la cachiez un peu plus ? »
« Elle était recherchée, Damian ! Elle était en danger, et en restant avec nous, elle mettait tout le monde en danger ! »
« Parce que c’est une mutante. » Damian renifla, accablé. Méprisant, aussi, pour la première fois depuis qu’il connaissait Elisabeth. Il avait failli à sa promesse envers Bella. Pis encore, il l’avait abandonné, comme tout le monde. « Et moi qui vous croyais différents du reste du monde. »
Elisabeth eut l’impression de se prendre un coup en pleine face. Elle comprenait le désarroi de Damian, mais il pouvait difficilement réaliser combien cette décision avait été difficile à prendre. N’était-il pas celui qui avait cédé si facilement à la drogue et à la maladie ? « J’ai fais ça, pour protéger tout le monde. Tu sais que l’émergence des mutants est loin de provoquer la sympathie de tous les simples humains que nous sommes. Déjà que le foyer a son lot de détracteurs, je te laisse imaginer ce que ces gens auraient pu faire à Bella s’ils avaient appris pour elle. »
« Bien sûr, pour ces crétins, les mutants sont les pires monstres qui soient ! » Damian cracha, ses paroles sonnant comme un venin. Il avait toujours eu un avis tranché sur la question. Il faut dire qu’il avait vu le côté sombre de l’humanité de près. Et qu’il savait ce que ça faisait d’être différent.
« Loin de moi l’idée de les défendre, mais certains mutants sont véritablement dangereux. Ils pourraient nous tuer d’un claquement de doigts s’ils le souhaitaient. »
Damian, qui avait repris sa marche aux côtés d’Elisabeth, s’arrêta brutalement. Se tournant, l’air furibond, vers Murose, il s’approcha d’elle, à tel point qu’elle eut un mouvement de recul, et se retrouva bientôt acculée contre un arbre. Belle idée d’avoir voulu se promener dans un parc désert. Le décor n’avait pas vraiment eu l’effet escompté. Loin d’apaiser Damian et ses démons, la conversation faisait remonter tout ce qu’il conservait en lui, enfoui profondément depuis qu’il avait été témoin du pire de l’humanité.
« Parce que c’est pas le cas des humains ? Eli, vous vous foutez de moi ? Vous osez me dire que seuls les mutants incarnent le fléau de cette Terre ? »
« Ce n’est pas c... »
« C’est de la connerie ! Je les ai vu, moi, ce dont ils sont capables, ces humains si effrayés des mutants. Vous étiez pas là, vous ! Vous avez pas vu le sourire qui déchirait leurs visages, cette flamme qui dansait dans leurs yeux fous ! »
« Damian, je ne voulais pas... »
« STOP ! Vous n’avez pas entendu les os être broyés, vous n'avez pas vu tout ce sang par terre. Vous les avez pas vu massacrer vos parents avec leurs battes, leurs... leurs... putain ! Vous étiez pas là quand... » La voix de Damian s’étrangla, alors que sa respiration lui manquait. Il tomba brutalement à genoux alors que le souvenir de l’extermination de ses parents lui revenaient en mémoire. Tout ça parce qu’ils n’étaient pas comme eux. Ils venaient d’un autre pays, n’étaient pas nés sur ce territoire qui acceptait pourtant leurs présences. Présence qu’ils devaient grâce à ces braves blancs qui payaient les impôts, et qui venaient assassiner leurs voisins. « Vous savez… La nuit, j’entends encore leurs hurlements. Ceux de ces malades et ceux de mes parents qui suppliaient de m’épargner. Qui s’excusaient d’être juste… là. Mais on avait mérité notre place ici. Ils avaient ouvert leur commerce, ils vendaient honorablement. Ptêtre que les papiers étaient pas officiels, mais personne le savait ça. On voulait juste… on voulait connaître le rêve américain. » Brisé, sa voix l’était, tout comme lui. Eli vint bientôt le recouvrir de ses bras. Étreinte forcée dont il essaya de se dégager, avant de s’y abandonner. « J’aurais voulu qu’ils me tuent aussi. Plutôt que de me forcer à regarder ça. Je revois les yeux de ma mère, la nuit. Remplis de larmes. Alors qu’à côté, mon père agonisait. Et ces connards ont bien pris le temps de s’amuser avec elle. Ils voulaient qu’elle dégage, mais ils étaient bien content de... de… vous savez bien. » Damian renifla bruyamment. Il n’avait jamais parlé de ça à qui que ce soit, de son ressenti sur la chose. Il n’avait jamais dit qu’il avait été enfermé dans un vieux placard en bois transpercé par de lignes minces qui lui avait permis de tout voir. De tout enregistrer dans sa mémoire. « Alors venez pas me dire que les mutants sont dangereux. Tout le monde est dangereux ici. Les hommes, c’est le pire. Surtout quand ils craignent la différence. » Damian se releva brutalement, un regard noir étant sa dernière offrande à Murose. Puis, sans un mot, il lui tourna le dos, et s’éloigna à pas vifs. Il savait quoi faire, désormais. Il devait retrouver Bella, et tous ceux comme elle. Et les protéger des pourritures comme celles qui avaient massacré sa famille.



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Petit-bonhomme :D
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Extrêmement dangereux avec une batte de baseball ou un sabre-laser.
Superbement doué pour se ratatiner au sol en voulant se donner un air badass. Agile dès qu'il s'agit de darder son regard sur des beaux-gosses comme Valerian. Pro de la ninjatude, à tous les coups personne ne captera ses œillades fort appuyées.

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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Ven 20 Oct - 20:28

After Genosha

Life goes on
« Mais euh… y a pas une couille là ? »
La mère de famille fit les gros yeux alors que son fils biologique, 12 ans et souffrant déjà d’un manque flagrant de neurones, prenait la parole.
« Qu’est-ce que je t’ai déjà dit sur la vulgarité ? » Elle vit le petit lever les yeux au ciel avant de souffler, en pointant le couloir de la main.
« Nah, mais j’sais pas, il est pas vraiment … comme nous quoi. » Silence, à peine gêné de la part du môme. Non loin de là, derrière un mur, Kalel écoutait tout.
« Tu m’expliques ? » La mère s’impatientait.
« Baaaaah, il est noir quoi. Il fait un peu tâche dans la famille quoi. »
« Tyler ! » Cette fois-ci, la mère Burrows s’agaçait vraiment. Quand elle était tombée enceinte, elle n’y croyait pas. Elle avait déjà adopté un premier enfant avec son mari, après que les docteurs avaient signalé la stérilité de l’homme de la maison. Et puis, Tyler était tombé du ciel. Mais il y avait des moments, elle se demandait comment sa fille adoptive pouvait être si bien élevée, là où Tyler faisait part d’un manque flagrant de tolérance et de compréhension. Certes, il n’avait que 12 ans, mais elle était persuadée de lui avoir appris deux trois petites choses depuis qu’elle l’avait mis au monde. « Je t’interdis de parler de Kalel comme ça ! Il est un membre de notre famille désormais, et tu ferais mieux de t’y faire ! »
« Ok ok… mais Kalel, c’est vraiment chelou comme nom. » La matriarche ne rebondit pas sur les derniers mots de son fils, plus agacée par son utilisation du mot louche à l’envers que par sa réflexion dénuée de bon sens. Ce n’était tout de même pas de la faute du gamin s’il s’appelait Kalel ! Un claquement de portes fit toutefois suite à la déclaration du petit, et la mère de famille reposa son couteau de cuisine précipitamment. Elle foudroya son fils du regard alors qu’elle comprit aussitôt ce qui était la source du bruit. L’adoption du jeune Kalel commençait bien.

Agenouillé à même le sol, un petit garçon de huit ans se balançait d’avant en arrière. Son regard d’ores et déjà désabusé se perdait dans l’horizon. Il n’avait pas su où aller, alors le petit garçon avait fini par abandonner sa marche sans but pour se poser par terre, assis sur un trottoir. Des passants traversaient la rue sans même lui lancer un regard, probablement habitués à voir des gamins échapper à la surveillance de leurs parents. Dans le monde actuel, il fallait dire que plus rien ne choquait grand monde. Une ombre vint pourtant se dessiner aux pieds du garçon, pour finir par le recouvrir totalement. En levant les yeux, il remarqua qu’une femme venait s’agenouiller devant lui. Les traits carrés et tirés, elle avait ce visage avenant qui mettait immédiatement en confiance ses interlocuteurs. « Mais qu’est-ce que tu fais là petit ? » Le petit en question porta un regard brillant sur l’inconnue. Ce qu’il faisait là ? Il ne le savait pas lui même. Il ouvrit la bouche pour répondre quelque chose, mais la referma aussitôt, incapable de produire un son sur le moment. Loin de s’en formaliser, la femme reprit la parole, tentant de percer la carapace du gamin. « Bien. Tu veux peut-être me dire où sont tes parents ? » Cette fois-ci, la question eut plus d’effet sur le petit Kalel, qui montra l’autre côté du pays en tendant son bras mince. L’inconnue suivit ce qu’il montra du regard en fronçant les sourcils, avant de lui retourner un regard interrogateur. « Ils sont … en face ? » Kalel secoua la tête avec véhémence. « Ils sont loin. Pas ici. » La femme eut comme une illumination alors qu’elle comprenait le sous-entendu du môme. « Ah, je vois. Mais comment es-tu arrivé ici tout seul alors ? » Le petit haussa les épaules. Il n’avait pas tout compris, tant de gens lui étaient passés sous les yeux, s’occupant de lui, le dirigeant vers tel ou tel établissement ou encore vers telle ou telle famille. « Je sais pas, mais j’ai une n’velle famille maintenant. J’aime pas trop... » L’inconnue décida de le rejoindre sur le trottoir alors qu’elle reformait le puzzle de l’histoire de Kalel dans sa tête. « Tu n’aimes pas trop quoi ? Ta nouvelle famille ? » Il hocha la tête affirmativement. « Et pourquoi donc ? » Cette fois-ci, le petit hésita. Il n’avait pas vraiment les mots adéquats pour expliquer son ressenti. « Il...il a dit que j’étais une tâche ! » La femme fronça les sourcils. Elle essayait d’interpréter les déclarations du gamin. Elle avait certainement compris qu’il avait été adopté, mais de là à saisir qui était il et pourquoi il avait dit ça… « Mais pourquoi il aurait dit ça ? » Une larme apparut au coin de l’oeil de Kalel. « Paske je suis noir ! » Un sourire se dessina sur les lèvres de la femme. Le petit avait encore du mal à parler, bien qu’il avait quelques années déjà, et il l’attendrissait. Elle reprit son sérieux alors qu’elle passa une main sur ses épaules, décidée à le réconforter. « Oh tu sais… ceux qui disent ça ne réfléchissent souvent pas avant de parler. Tu ne devrais pas fuir pour ça. Sois fier de qui tu es, de ta couleur de peau. » Elle s’interrompit. Ses paroles n’étaient pas vraiment adaptées pour un gamin de huit ans tout tremblotant. Elle attaqua sous un nouvel angle : « Et les autres, ils en disent quoi ? » Kalel la regarda en fronçant les sourcils, plusieurs fois de suite. Moue craquante qui la fit sourire à nouveau. « La nouvelle maman elle a dit que c’était pas bien de parler comme ça. » L’inconnue hocha la tête, frictionnant le dos du jeune garçon. Le petit appelait déjà la mère Burrows maman, mais pour avoir de l’expérience avec des jeunes, elle savait que les sentiments derrière ne suivaient pas forcément. C’était trop tôt pour ça, le terme de maman n’était, à l’heure actuelle, qu’une formalité dans la tête du futur Damian. « Et elle a eu raison. Il ne faut pas te laisser intimider par ceux qui te disent ça, d’accord ? Les gens qui se moquent de ta couleur de peau ne sont pas très intelligents. Mais les gens comme ta nouvelle maman, eux, ils le sont et ils savent que la couleur de peau ne change rien. Tu comprends ce que je te dis ? » Le gamin hocha vigoureusement la tête. Elle n’était pas certaine qu’il réalisait l’ampleur de ses mots, mais il aurait le temps de les remâcher dans sa tête plus tard. « Comment tu t’appelles, petit ? » Réponse immédiate. « Kalel ! » La femme sourit à nouveau. « Kalel, c’est un joli nom. Moi, tu peux m’appeler Eli. » Elisabeth Murose tendit sa main, faussement solennelle à Kalel, qui tapa joyeusement dedans. Il aimait déjà bien Eli. Elle au moins, elle était gentille. Un peu comme sa nouvelle maman, mais avec le crétin de fils en moins. Eli se releva et aida Kalel à faire de même. « Maintenant, on va te ramener chez toi. » Au vu de son âge, elle devinait aisément que Kalel n’avait pas dû s’éloigner trop de son nouvel habitat. Elle l’espérait du moins. Et dans le cas contraire, elle avait plus d’un tour dans son sac.



Il ne devrait pas faire ça. Encore moins avec lui, avec sa coiffure superbement plaquée sur sa tête, avec sa copine tout aussi superbe mais qui le laissait parfaitement indifférent. Il ne devrait pas les observer, tous deux, sur ce matelas qui ne lui appartenait pas, ni à lui, ni à son frère adoptif. Vu l’état du plancher, des murs environnants et de tout le reste du lieu, de toute manière, il était évident que la famille Burrows ne possédait pas l’endroit. Les parents se feraient un sang d’encre s’ils découvraient ce que faisaient deux de leurs enfants dans un squat d’un quartier mal-famé de l’île. Et peu importait que l’un soit adopté, bipolaire reconnu et mal dans sa peau ; et l’autre quaterback du lycée, toujours suspendu aux paroles de sa petite amie blonde à forte poitrine. Tyler n’était qu’un stéréotype de plus, et sa copine ne valait guère mieux. Damian avait véritablement parfois l’impression de faire tâche dans la famille Burrows. Si la matriarche était adorable, le patriarche avait des attentes particulières vis-à-vis de ses enfants, et l’ancien Kalel ne remplissait certainement pas sa part du contrat. Heureusement pour lui, Silke était là. Il trouvait toujours du réconfort auprès de sa grande soeur, et peu importait qu’aucun lien de sang ne les unissait. Le jeune garçon avait trouvé sa famille auprès d’elle, et pour rien au monde il n’échangerait sa grande soeur. Une voix rauque résonna à l’intérieur de l’église abandonnée, tirant Damian de ses pensées. « Ramène tes fesses Ka’. » Damian grogna. Il y avait belle lurette que plus personne ne l’appelait Kalel, depuis que son changement de nom avait été officiellement accepté par les hautes sphères de l’île. Mais Tyler était un connard de première qui n’en perdait pas une pour le saouler. Quatre ans de différence, voilà ce qui lui permettait de se comporter comme un parfait mécréant. Et le pire, c’est que Damian ne trouvait rien à y redire. Il était bien trop obnubilé par la plastique superbe de son frère adoptif pour s’offusquer à chacune de ses provocations. Le dernier des Burrows rejoignit donc le quaterback, et se cala entre lui et sa copine, légèrement mal à l’aise. La jeune fille, pas méchante, mais un brin naïve et superficielle, lui tapota l’épaule en souriant alors qu’elle lui releva sa manche. Tyler, à côté, avait fini de faire chauffer le liquide, bien qu’il avait quelque peu bâclé le travail. Cela faisait des années qu’il se piquait, et plus il continuait à prendre cette merde, moins il prenait de précaution. « T’es prêt mon vieux ? Celle-là c’est de la bonne, crois-moi ! » Damian ne le croyait pas. Il se fichait de ses paroles qu’il buvait littéralement sans prendre le temps de les comprendre. Malgré lui, et ce depuis de longs mois désormais, il était accro. Addict au physique de Tyler, à chacun de ses mouvements qui mettaient ses muscles en valeur. Il était accro à cette héroïne qui l’envoyait en l’air et lui permettait de se perdre dans des limbes où il était heureux, à s’assumer pour ce qu’il était. Cela faisait belle lurette qu’il avait accepté son état handicapant, qu’il suivait son traitement pour sa maladie. Sa bipolarité ne le dérangeait pas outre-mesure, bien que certaines crises étaient inévitables et nécessitaient un recalibrage de son traitement. Mais du haut de ses quinze ans, il se découvrait intimement, d’une manière qui le dégoûtait un peu. Un peu beaucoup, dès lors que Tyler était la cause involontaire de cette découverte de soi. « Shoot. » Ce fut son seul mot, avant que ses yeux ne se perdent dans ceux toujours enjoués de Tyler. Un bref grincement lui échappa lorsque l’aiguille se planta dans son bras, suivit par le rire de la blonde à ses côtés. Dans quelques instants, Damian baignerait dans le bonheur…

« Putain mais qu’est-ce que tu as foutu Burrows ? » Damian leva à peine les paupières alors qu’Emma le secouait dans tous les sens. Des larmes de rage défilaient sur ses joues, énervée après son meilleur ami. Tout ça c’était de la faute de Tyler. Elle n’avait pas mis longtemps à comprendre que Damian passait son temps à zieuter ce crétin sans cervelle, et il avait été si faible qu’il avait suivi son crush dans ses emmerdes. Certes, il n’en était pas encore au stade de dealer pour le compte d’un quelconque gang, mais le voir devenir un consommateur régulier, ce n’était pas pour la rassurer. « Tu peux pas t’empêcher de jouer au con deux minutes, non ? » Emma ne comprenait pas son ami. Ils se connaissaient depuis des années désormais, depuis qu’ils avaient partagé cette même salle de classe en primaire. Elle l’avait vu, dans ses bons comme dans ses mauvais moments, n’avait jamais pris peur devant ses crises parfois hallucinantes. Mais elle ne supportait pas son immense défaut, celui d’être dépendant. Quand il n’était pas dépendant à quelqu’un, c’était à cette merde. Et Damian avait beau être une crème en temps normal, et supporter assez bien de se piquer jusque là, elle détestait cette dangereuse faiblesse en lui. « Je l’aime, Em’. » Le jeune Burrows émergeait à sa manière, se redressant sur le matelas miteux pour lui faire face. Un sourire étrange flottait sur son visage, et aussitôt, Emma craignit le pire. « Je vais aller lui dire, j’en peux plus de me cacher ! » Damian tenta de se lever, mais manqua de s’écrouler sur son amie, en proie à un tournis assez conséquent. Elle le rattrapa aussitôt et l’encouragea à se reposer sur le lit : « Oula, calmos mon pote, tu vas me crever dans les bras si tu continues. » Et ce n’était pas qu’une manière de parler. « Et qu’est-ce que tu racontes ? Tu planes encore, tu dis des bêtises. » Damian secoua la tête. « Non, non. Tu comprends pas. Je l’aime vraiment. » Emma soupira. Bordel, voilà que ça recommençait. Comment est-ce qu’il pouvait un seul instant tomber amoureux d’un nul pareil ? « Je crois que ce que tu aimes surtout, c’est son corps baraqué et rien d’autres. Sentimentalement, c’est niveau zéro entre toi et lui. Et c’est ton frère adoptif, ce serait vraiment trop weird. » Le jeune ado remua les paroles d’Emma dans sa tête. Il avait toujours l’esprit plus ouvert après une injection. L’héroïne avait ses propres bienfaits pour lui. « Mais.. j’invente pas tout ça, tout ce que je ressens quand... » « Quand tu le vois rouler des abdos ? » ricana Emma en l’interrompant. Elle soupira, plus mature que Damian. « Ecoute, poto, la façon dont tu regardes Tyler, c’est la même que tu as de regarder la moitié des dernières années dans les couloirs. En clair, t’aimes bien mater, mais je t’en veux pas, je suis pareille.  » Emma rigola doucement en balançant son poing dans l’épaule de son meilleur ami. Le contexte avait beau être grotesque, le lien qui unissait Emma et Damian était intense, et en toute heure du jour ou de la nuit, l’un était là pour l’autre et vice-versa. « T-tu crois ? » La brune hocha la tête, avec force. Plus de force que nécessaire même. « Bah, écoute, cite-moi trois choses que tu aimes chez Tyler et on en reparle. » Damian ouvrit la bouche, réfléchit longuement, plissa les yeux. Il alla jusqu’à porter la main à son menton pour renforcer son état de réflexion intense, mais rien n’y faisait. « Mouais, sa tablette de chocolat compte facile pour trois ! » Il lâcha un rire nerveux alors qu’Emma l’imita en levant les yeux au ciel. « Burrows, putain, mais t’es vraiment con ! » Une insulte à laquelle il était habitué. Une manière d’affection d’Emma, ni plus ni moins. « Mais… mais je comprends pas. Tout ce désir pour lui, toute cette sensation de… c’est pas normal de... » « D’apprécier la vue de beaux corps mâles ? » compléta doucement son amie. Le jeune garçon ne répondit pas, se mordillant nerveusement la lèvre. Les effets de l’héroïne commençaient à se dissiper, il avait bien fini de planer. « Il n’y a rien d’anormal à aimer les personnes de mêmes sexes, Damian. Tu es gay, voilà tout. » Le concerné planta ses yeux chocolat dans ceux de sa meilleure amie. Est-ce qu’elle venait de faire son coming-out pour lui ? « Je… comment ? » Il ne savait pas quoi dire. Il le savait, il aimait la vue de ces différents garçons qu’il croisait dans les corridors du lycée. Il aimait mater Tyler quand il pratiquait ce sport qu’il ne comprenait pas. Il aimait également admirer l’équipe de Tyler au complet, mais il s’était toujours focalisé sur la petite personne de Tyler. Tout simplement parce que c’était son frère adoptif et qu’il espérait trouver une explication logique au fait qu’il puisse plus apprécier un corps masculin que féminin. « Ecoute, Burrows, pas besoin d’être un génie pour savoir que t’es gay. C’est pas une tare. Je le sais depuis belle lurette. Et à force de foutre des râteaux aux nanas qui t’invite à sortir, ça met la puce à l’oreille. » Emma continuait, prenant son ami par les épaules. « Je comprends pourquoi tu t’es focus sur ton con de frère. Tu l’as tous les jours sous les yeux, et y a pas un jour sans qu’il ne trouve une excuse pour se foutre à moitié à poil. Je mettrais ma main à couper qu’il sait que ses attributs te font de l’effet et qu’il en joue avec toi. » Damian se récria aussitôt. « Non, il peut pas savoir ! Surtout pas ! » « Pourquoi, tu as peur qu’il te fasse virer de la maison ? » Le garçon soupira. « J’aurais tort de penser ça ? » « Non, mais Tyler est juste un abruti, pas un monstre. Si tu veux mon avis, il en a rien à foutre que tu sois gay. Et j’te rappelle que t’es un Burrows. Votre maman est pire que tout en matière de tolérance. » Emma sourit doucement. « Donc, si je suis ton raisonnement, tout le monde sait que je suis gay sauf... » « Sauf toi, t’as tout compris ! » Damian secoua la tête en se grattant le crâne. C’était d’un ridicule. « J’y crois pas... » Emma resserra sa prise sur ses épaules. « Allez Burrows, il est temps de l'assumer ! » L’intéressé avait encore du mal à y croire. Saisissant la main de son amie, il confessa : « De toute façon, c’est vrai que Tyler, à part ses muscles, il a rien pour lui. Juste un petit poids à la place du cerveau. » Les deux adolescents se regardèrent et éclatèrent de rire en s’écroulant sur le matelas du squat infâme. L’innocence retrouvée, pendant quelques instants, oubliant l’addiction qui pourrait empirer de Damian, et son coming-out à venir. Lorsque ses craintes seront effacées, lorsqu’il comprendra que sa famille ne se débarrassera pas de lui. Et lorsqu’il pourra faire face à ses futurs détracteurs, sans se qualifier d’erreur de la nature lui-même.



« Bella ? » La voix interloquée d’Emma, adossée à la porte d’entrée de leur appartement, intrigua Damian. Les deux amis avaient choisi de vivre en colocation dès qu’ils avaient achevé le lycée, diplôme en main, et si l’une continuait les études, l’autre travaillait à plein temps. Les deux arrivaient à coïncider leurs moyens pour payer le loyer de l’appartement, et ils n’avaient jamais été aussi bien dans leurs peaux. Ou presque, Damian ayant toujours ses petits démons. La porte claqua, et des bruits de pas précipités précédèrent l’arrivée d’Isabella Murose dans le salon où reposait nonchalamment le jeune adulte. Il se releva aussitôt pour prendre son invitée dans ses bras. La fille d’Elisabeth et Mickäel Murose, éducateurs dans un foyer de Genosha qui s’étaient liés d’amitié avec Damian et sa famille adoptive 11 ans plus tôt, était en larmes et tremblait de la tête au pied.
« Bella, qu’est-ce qu’il t’arrive ? » Damian lança un regard inquiet à sa colocataire, qui le lui retourna en écartant les bras. Elle ne comprenait pas ce qu’une fillette de 13 ans foutait dans leur appart, de toute évidence en proie à une détresse incontrôlable.
« J-j-je savais pas c-c-comment ar-r-rr-rr-êter ça, D’. » Bella pleurnichait, en prise à de gros hoquets de pleurs qui compliquaient sa prononciation.
« Arrêter quoi ? » Damian ne comprenait pas. Il avait toujours été très proche de la fille d’Eli, mais il ne voyait pas pourquoi Bella n’allait pas voir sa mère à la rescousse.
« Ils m-m-m’ont ff-fait tellement peur. »
« Qui ça ? » Cette fois-ci, ce fut au tour d’Emma d’intervenir alors qu’elle s’agenouillait près de la gamine et de Damian.
« L-la Garde Rouge. » Les larmes commençaient à se tarir, au grand bonheur des deux jeunes adultes qui peinaient à comprendre la jeune fille.
« Qu’est-ce que ces brutes t’ont fait ? » gronda le jeune homme. Il vit sa petite protégée secouer la tête, incapable d’expliquer les faits. Elle avait si peur… si honte.
« Bella, si tu ne nous expliques pas, on ne peut pas t’aider. » Emma tentait une approche en douceur. Elle regarda Damian, l’interrogeant. Devaient-ils appeler les Murose ?
« Je s-sais pas comment j’ai fais ça... » La jeune fille essuya ses larmes. Les jeunes gens restaient silencieux, attendant la suite. « Je.. ils étaient là, dans la rue, ils venaient chercher quelqu’un et… et… j-j’ai cru que c’était peut-être pour moi, j-je sais pas pourquoi. » Pendus à ses paroles, Damian et Emma ne cessaient pourtant de s’échanger des oeillades concernées. Pourquoi la Garde aurait été après Bella en particulier ? « Mais c’était pas pour moi, c’était pour je sais pas qui moi, mais… »
« Mais tu as pris peur. » Damian compléta, câlinant doucement la jeune fille. Celle-ci confirma d’un signe de tête avant de reprendre.
« J’aimais pas voir comment ils voulaient l’emmener, j’ai crié d’abord, je sais pas trop, j’ai hurlé, je les ai pointé du doigt et là… et là... » Emma et Damian n’en pouvaient plus, tendus comme jamais. Ils redoutaient le pire. « Toutes les vitres des bâtiments de la rue ont explosé, TOUTES. » Ou presque, elle ne s’était pas amusé à les compter. « Et..et.. j’avais pas compris, au début. J’avais crié qu’ils la lâchent, qu’ils la laissent tranquille, qu’ils étaient méchants, j’avais juste… crié. » Elle explosa en larmes. Elle se dégagea pourtant de l’emprise de Damian pour finir de raconter son histoire. « T-t-tt-tout d’un coup, ils se sont tous retournés vers moi, ll-ll-les gens se sont mis à me désigner ! Comme si… comme si j’étais la coupable. Alors j’ai crié encore qu’ils me laissent tranquille et c’est là que j’ai compris... » Elle souffla. « J-j-jj-je parlais pas. Je criai. Un son indescriptible, si aigüe que même moi, il m’a fait mal aux oreilles. Q-qquand je pensais parler, je faisais que cracher des… ondes ou je sais pas quoi et j… j.. j’ai pété toutes les vitres. Mais j’avais pas compris moi ! » Émergée. Voilà ce qu’elle était. Damian et Emma étaient abasourdis alors qu’ils reprenaient leur souffle, ce même souffle qui s’était coupé tandis que Bella narrait sa mésaventure. Et désormais, la Garde Rouge l’avait reconnue et serait à sa recherche.

« Qu’est-ce que t’as fait ?? Mais t’es complètement dingue ? » Damian fit mine de se boucher les oreilles pendant qu’Emma lui criait dessus. Son meilleur ami avait pété un câble, et elle ne pouvait croire à ses révélations. « Mais tu veux te faire arrêter ? C’est une nouvelle crise qui a lâché ton cerveau, c’est ça ? Ou un de tes trips quand tu te piques, c’est ça ? Parce que là, t’es complètement malade mon gars, et avec tes conneries, on va tous y passer ! » Emma était inarrêtable. Damian avait commis l’irréparable. Pourtant, il alla caler ses deux mains sur ses épaules, alors qu’il plongeait son regard dans les siens. « Emma, calme-toi, ça va aller. » La brune le regarda, les yeux exorbités. « C...ça va aller ? MAIS T’AS PERDU LA TÊTE ? » Ok, Emma pétait littéralement une durite. Le jeune homme ne pouvait pas lui en vouloir, il aurait peut-être dû tâter le terrain avant de lui annoncer les choses cash. « J’aurais tout vu avec toi. D’abord tes conneries avec la drogue, tes bêtises avec Tyler, les crises dans les toilettes, mais là, mais là… HYDRA PUTAIN. HYDRA. POURQUOI ? » Damian jeta des regards inquiets dans leur appartement, écartant ses bras pour que son amie baisse d’un ton. Si leurs voisins entendaient ses cris, ils étaient foutus. « Chuuuut, Emma, calme toi. Pas besoin de réveiller tout le quartier. » La concernée lui lança un regard lourd de reproches. Son colocataire était devenu fou. « Comment tu veux que je me calme alors que tu me balances oklm que tu as fais ami-ami avec des terroristes ? » Burrows souffla. Il n’allait pas s’en sortir avec son amie. Pas tant qu’elle ne lui laisserait pas une seule chance de s’expliquer. « Comment t’as pu faire ça, Burrows ? » Emma semblait s’être lassée, et se laissa tomber sur le canapé dans un soupir de désespoir. Elle ne risquait pas de repasser derrière lui cette fois. « Je… je l’ai fais pour Bella ! » se justifia t-il, bêtement. Sa colocataire ricana. « Elle a bon dos, Bella ! Elle n’est même plus là ! » « Justement ! » Le ton fut tellement colérique qu’il fit sursauter Emma, qui ne pipa mot. « La Garde… l’a arrêté, ils ont mis la main sur elle, et maintenant, elle est où ? T’as entendu de ses nouvelles toi ? Eli et Mickaël ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes depuis que leur fille a été raflée, et les gens les traitent comme des parias parce qu’ils sont les parents d’une émergée. Tu trouves ça juste, toi ? » Emma secoua la tête, toujours silencieuse. Cela dit, elle ne voyait pas le rapport avec Hydra. « Hydra… je ne cautionne pas tout ce qu’ils font, mais eux, au moins, ils emprisonnent pas les émergés. Ils se battent pour eux, reconnaissent leurs dons, les encouragent même. » Du moins le croyait-il, il était loin d’avoir assisté aux véritables agissements de l’organisation terroriste. « La prise d’otage au Pegasus, c’était un encouragement peut-être ? » Emma lâcha d’un ton plat, et vit se figer Damian. Mieux, il se liquéfiait sur place. Il vint s’asseoir à ses côtés en soufflant, le visage peiné, et incertain. Il s’était embarqué dans une merde pas possible, et pourtant, il était convaincu de faire ça pour le bien de Bella, et de tous ceux comme elle. « Ecoute, je ne prétends pas comprendre tout ce que fait Hydra mais… au moins, leur idéologie est juste. Et peut-être que c’est un mal pour un bien. Peut-être qu’on retrouvera Bella, comme ça. Que la Garde Rouge payera pour ce qu’elle a fait. » Emma soupira. Calmée pour le moment, mais toujours aussi peu convaincue. Elle était livide. « Je fais pas grand chose là-bas. Je les aide à construire des babioles, genre des stylos-micros, des conneries du genre. La plupart du temps, je suis derrière l’ordi en train de bosser sur des programmes informatiques ! » Emma le foudroya du regard. Il leva les mains en un signe de tranquillité. « Bon, bon, la plupart du temps, je suis toujours à Unknown pour bosser sur les effets spéciaux. Emma, ça change rien à ma vie, d’accord ? J’ai juste l’impression de faire quelque chose en plus, pour eux. Les émergés. » Damian dépendait d’Emma, littéralement. Sa colocataire finit par s’avouer vaincue lorsque la conversation prit fin, une heure plus tard. Il était trop tard pour faire marche arrière. Burrows avait été recruté par Hydra, et son boulot ne souffrait en rien de son implication nouvelle. Mais lui, en tant qu’être humain doté d’une conscience, il ne pouvait ignorer les effets de la double-vie qu’il commencerait à mener. Et s’il oscillait entre inquiétude d’avoir fait une erreur et excitation de faire partie de quelque chose de plus grand que sa propre petite personne, il ne regrettait pas vraiment son choix. Trop persuadé de pouvoir faire quelque chose pour Bella, et pour tous les émergés. Trop dépendant de ce besoin d’agir, peut-être parce qu’il se sentait différent à sa manière, peut-être parce qu’il en avait assez de ne jamais rien faire. Il était temps pour Burrows de se prendre en main. Et d’agir.



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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Ven 20 Oct - 20:59

MON BEBEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE

Blblblblblbl

Ce nom + cet avatar
J'ai trop hâte d'en apprendre plus sur ce perso trop cool Il va envoyer du pâté je le sens bien! Même si c'est un petit jeunot et que tu n'en as pas vraiment l'habitude, aha. Courage à toi pour la fiche en tout cas, et hésites pas si tu as la moindre question

Re bienvenue officiellement avec ce petit bout de chou :cute:

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Stuck in a cage with my doubt
Come and find me in the dark now. Everyday by myself I'm breaking down. I don't wanna fight alone anymore. Bring me out from the prison of my own pride. In the end I'm realizing I was never meant to fight on my own. (c) .bizzle
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Quicksilver
3 / 53 / 5
3 / 53 / 5
Il court vite !
Casey, Maria, Laura, Elijah, Maddie, Clary, Paige, Laserian, Rey
777
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Ven 20 Oct - 21:51

Rebienvenuuuuuuue

En espérant que ce personnage t'inspire plus :cute:

___



- BEFORE I FORGET -

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3 / 53 / 5
2 / 52 / 5
Electrokinésie. Quand il se laisse absorber par ses émotions, Jin est capable d'avoir le contrôle et de créer des éclairs. Plus son émotion est forte, plus ses pouvoirs d'Electrokinésie augmentent. Ce qui peut-être extrêmement dangereux pour lui et son entourage.
Keith/Malik/Amélia/Connor/Stan/Jay/Taïs/Junno/Aldébaran/Simon/Kelsey
854
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Sam 21 Oct - 9:25

Re-bienvenue futur copain de mon petit frère de coeur :cute:

Plein de courage pour ta fiche
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InvitéInvité

MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Sam 21 Oct - 13:31

T'as l'air sacrément dangereux avec une batte de base-ball toi.

Amuse-toi bien avec Valou!
Et puis bonne chance avec ta fiche!
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Mai FraserSorcier
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Nemain
4 / 54 / 5
2 / 52 / 5
Sorcière. Détecteur sur patte de surnaturel. Entend les morts. Communique avec des esprits. Lance des sorts basique. Très renseignée sur la magie.
Steven, Cindy, Jennifer, Colleen, Carter, TJ, Bobbi
260
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Sam 21 Oct - 13:50

Je t'ai déjà dit que j'adore tout particulièrement ton choix de vava et de nom de code ? Non ? Bah c'est dit

Rebienvenue avec ce perso plus qu'attendu
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Petit-bonhomme :D
2 / 52 / 5
0 / 50 / 5
Extrêmement dangereux avec une batte de baseball ou un sabre-laser.
Superbement doué pour se ratatiner au sol en voulant se donner un air badass. Agile dès qu'il s'agit de darder son regard sur des beaux-gosses comme Valerian. Pro de la ninjatude, à tous les coups personne ne captera ses œillades fort appuyées.

Daisy / Aelys / Nikki / Erica / Santana / Gwen / James
196
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Dim 22 Oct - 10:31

MON CHERIIIIIIIIIIII
Je suis enfin là pour toi, j'espère que je serais un petit jeunot à la hauteur comme tu dis


Merci beaucoup tout le monde Vous êtes des amours avec vos messages

Promis, je prendrais soin de Valerian, il sera heureux -ou pas /out/-

Et oui, mieux vaut ne pas me mettre une batte dans les mains. Je serais capable de faire un malheur avec

Hihi, merci Mai Contente que les noms et l'avatar fassent l'unanimité :cute:
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Max EzelMutant
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AYAYAYYAYA
4 / 54 / 5
4 / 54 / 5
Il fait exploser des trucs et c'est trop cool.
Kitty, Ezra, Arthur, Jake, Altaïr et Isaiah
1506
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Dim 22 Oct - 18:16

J'ai trop hâte d'en savoir plus sur ce perso mais sache déjà que je veux des liens !

J'éspère que tu t'éclateras avec lui en tous cas et bon courage pour l'écriture.

___


LINE OF FIRE

Convince yourself to be someone else and hold back from the world your lack of confidence. What you choose to believe in dictates your rise or fall.  ©️shinouh

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Bloody
3 / 53 / 5
2 / 52 / 5


-Nécromancie : Ernessa est nécromancienne de naissance, elle peut sentir la présence des morts, elle peut aussi rentrer en contact avec eux, sous sa permission les morts peuvent la posséder pour laisser un message. Lorsque Ernessa utilise une magie bien plus ténébreuse pour réveiller les morts, celle-ci perds de sa force, le corps est bien plus compliqué à faire revenir qu'une âme.
-Projection astrale : Ernessa peut se projeter hors de son corps pour voyager et voir les esprits.
-Magie venant de Hell : Ernessa peut se rendre à Hell un court instant, là-bas elle peut y retrouver Héla la fille de Loki. Trentes minutes après son retour de Hell, si elle touche une personne, celle-ci peut mourir.
-Une éventuelle perte de contrôle
Loki Odinson - Gadreel F. Sharpe - Clinton F. Barton - Lilith Dracul - Ernessa J. Quiles - Nicholas S. Frances - Virginia P. Potts - Logan J.Wilander
766
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Dim 22 Oct - 20:32

Re-bienvenue sur le forum
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InvitéInvité

MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Lun 23 Oct - 12:10

rebienvenuuuuue
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Pride
5 / 55 / 5
3 / 53 / 5
Il manipule les ombres. En gros, il se sert d'ombres déjà existantes pour en faire ce qu'il veut : déplacer les objets, blesser des êtres vivants, etc.
Albert, Gabriel, Jess Drew, Kurt, Lorna, Kris, Lucy & Ben
519
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Lun 23 Oct - 16:11

T'es sexy comme ça Re-bienvenue

___

Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


Spoiler:
 
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Petit-bonhomme :D
2 / 52 / 5
0 / 50 / 5
Extrêmement dangereux avec une batte de baseball ou un sabre-laser.
Superbement doué pour se ratatiner au sol en voulant se donner un air badass. Agile dès qu'il s'agit de darder son regard sur des beaux-gosses comme Valerian. Pro de la ninjatude, à tous les coups personne ne captera ses œillades fort appuyées.

Daisy / Aelys / Nikki / Erica / Santana / Gwen / James
196
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Mar 24 Oct - 12:36

Ouuuh

Merci à vous tous
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-
0 / 50 / 5
0 / 50 / 5
150
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    Jeu 26 Oct - 22:28

FÉLICITATIONS

you are one of us now

Tu as officiellement perdu tes souvenirs et tu es maintenant un habitant de l’île paradisiaque de Genosha!


Blblblblblb ~ Tu sais ce que je pense de ta fiche Kalel est trop chouuuuuuuu, et je suis contente que ça aille mieux pour lui sur Genosha :cute: Puis Eli, Bella et Emma quoi J'ai hâte de le voir en jeu Fais nous des folies et amuse-toi bien avec lui


Maintenant que tu es validé, que tu as ton groupe et ta couleur, il est maintenant le temps de t’amuser avec nous! Mais avant tout pense à passer dans ce sujet pour recenser ton pouvoir et/ou ton métier et/ou ta ville de résidence. Ensuite, va poster ta fiche de liens et de rps pour qu’on puisse venir t’harceler! Essaie de faire un petit résumé de ton personnage dans la partie prévue à cet effet pour faciliter l'échange d'idées. Si tu es un peu perdu n'hésite pas à faire un tour dans la partie I need a hero. Si tu souhaites t'inscrire au loto du RP, tu n'as qu'à t'inscrire! Un partenaire et un sujet te seront donnés! Tu peux aussi créer un scénario. Surtout, n’hésites pas à passer sur la CB, dans les jeux et le flood pour du fun fou!

J’espère de tout mon cœur que tu te plairas sur House of M!

Il ne me reste qu’à te dire : BON JEU!
house of memories
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MessageSujet: Re: Damian | It's never black or white.    

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Damian | It's never black or white.
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