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 Stop the sky from falling down | Marc

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Tenebris
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- Changement de forme et de plan.
- Télépathie et emprise + hallucinations et cauchemars.
- Création de matière spectrale et contrôle des ténèbres.
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MessageSujet: Stop the sky from falling down | Marc   Ven 9 Mar - 20:44


Stop the sky from falling down
Connard & Tenebris
♠ ♣ Open your eyes 'cause you're never gonna know if your next move might be your last. Living a lie, everybody's always gonna bring up my past. I'm not ready to change, I'm doing my thing. You're pointing the blame, you know I'm not ready to choose. So don't get confused and stay the hell out of my way. ♥ ♦

Les éclats de voix résonnaient alentours, perturbant la matière même de l'atmosphère. L'écho étouffé des proclamations me caressant les tympans. Caché dans l'ombre, à l'abri des regards indiscrets, je me tenais à l'écart du groupe, les observant attentivement. Leurs allées et venues, les contours des silhouettes qui se dessinaient sous mes yeux. Croisant les bras contre mon torse, j'en vis un passer près de moi. Il me frôlait à peine, et déblatérait une absurdité à l'un de ses camarades. J'esquissais un sourire amusé, avant de ricaner, secouant doucement la tête. Les conneries qui sortaient de la bouche de ces magiciens de pacotilles, vraiment. Ça en valait presque le détour. Mais je n'étais pas là pour ça. Nous n'étions pas là pour ça. Lançant un regard en contrebas, je ne voyais toujours aucune trace de Marc. J'aurais pu être exaspéré, soupirer, mais en réalité, je savais exactement ce qu'il préparait. L'image faisait éclore un sourire narquois sur mes lèvres craquelées, tandis que j'attendais patiemment, scrutant toujours les tours de magie de bas étages mis en scènes par les pseudos sorciers auto-proclamés. L'un d'entre eux venait de se rétamer complètement, ce qui me fit éclater de rire. Heureusement, personne ne pouvait m'entendre dans le plan spectral, ni même sentir ma forme originelle crépiter sous ma peau. Quelque chose la tiraillait, l'interpellait, en ces lieux à moitié abandonné. Une source de magie, puissante, que je pouvais percevoir vaguement. Je la ressentais, au travers de picotements sur la pulpe de mes doigts.

Un bruit de pas précipités arriva bien rapidement à mes oreilles, me tirant de ma perdition. Me redressant, je dardais mes iris sur la porte qui venait de s'ouvrir avec fracas, claquant contre le mur. Une ombre en sorti rapidement, et j'esquissais un sourire en reconnaissant les contours de la silhouette de Marc. Il venait d'entrer en jeu, et allait se donner en spectacle. Une diversion, le temps que j'aille fouiller les lieux à la recherche de cette source d'énergie presque aussi tangible que précaire. Je ne ressentais pas la présence de pièges, alors que je m'attendais à un peu plus de résistance de la part de ces néo-sorciers. En vérité, ils n'étaient pas touchés par la grâce d'un quelconque dieu, ni même béni par des dons divins ou malins. J'avais l'impression de me retrouver face à une petite secte de croyants à la foi mal placée, mais ça, c'était que mon avis. Et j'avais réussi à entraîner Marc à ma suite en renouvelant le pacte pour qu'il soit conforme à notre deal. Le souvenir de cette fameuse soirée où je m'étais pointé avec quatre cent soixante quinze pages manuscrites afin qu'il signe le nouveau pacte me faisait doucement ricaner. Je me rappelais encore de son expression, alors qu'il avait tailladé sa paume et marqué son approbation avec son sang, sans me quitter des yeux, un air déterminé au creux de ses iris. Secouant la tête, je lançais un dernier regard vers Marc qui s'occupait de l'assistance, avant de me retirer. Laissant les ténèbres m'engloutir, toujours plus loin dans l'ombre.

Ma forme physique explosa en une myriades d'éclats sombres tandis que le spectre de mon être s'épanchait, prenant place dans l'espace alentours. Les fragments s'évaporaient dans les airs alors que je m'aventurais au travers du complexe, me laissant guider par cette énergie qui caressait mes paumes décharnées. Plus je m'approchais, plus la tension était palpable, sensation quelque peu déstabilisante. M'arrêtant devant une porte, je penchais la tête, ressentant la magie m'empoigner, me transcender. Je jetais un regard en arrière, soucieux, vérifiant bien qu'aucune de ces baltringues ne se retrouve dans le coin. Le silence m'entourait, l'obscurité ne dévoilant aucune forme à mon attention. Alors je passais la porte, m'engouffrant à l'intérieur de ce qui ressemblait à une réserve. Des cartons jonchaient le sol, certains ouverts, d'autres fermés. Quelques-uns étaient complètement déchirés, les morceaux éparpillés à même le sol. Des tessons de porcelaine ornaient également la texture par terre, et frôlait ma forme tandis que je flottais légèrement en hauteur, cherchant l'objet de ma convoitise. Je le sentis plus que je ne le vis, alors qu'un picotement plus fort semblait faire crépiter les ténèbres formant les contours de mon spectre. Dardant mon attention vers un coffre fort, je m'approchais, ressentant de plus en plus l'appel transcendant. Une légère mélodie résonnait à mesure que je comblais la distance, l'écho de sa puissance m'empoignant de plus en plus. Arrivé devant le coffre-fort, j'ordonnais aux ténèbres de manipuler l'objet avec précaution, afin d'en révéler le contenu. La matière noire vrilla contre moi, s'étirant, se déchirant en perçant la coque métallique, pour dévoiler le secret se trouvant à l'intérieur du cache.

Une onde lumineuse s'écrasa sur ma forme, éclairant les lieux plongés dans la semi-pénombre. Oh. Une structure aux formes géométriques complexes, dégageant une faible lueur bleutée, entremêlée à des arabesques de fumée blanchâtre. C'était presque trop beau pour être vrai, si bien que je restais bloqué un instant devant cet objet, le reconnaissant sans mal. Un catalyseur dimensionnel. Je savais bien que ces pécores disposaient d'un objet magique à la puissance incommensurable, mais là je devais avouer que je ne m'y attendais pas. Un artefact de la sorte ne devait pas être laissé à la vue de tous et encore moins entre les mains d'imbéciles pareils. Surtout qu'un simple mortel ne pouvait pas approcher de cet objet sans une sacrée couche de protection. Je grimaçais en me rappelant des brûlures au troisième et quatrième degrés. Secouant la tête, je me mis à scruter à nouveau l'objet qui pouvait nous permettre d'approcher au but. Et de mener à bien le plan qu'on avait mis en place avec Marc pour contrer cette connasse à capuche. Tendant la main vers l'objet, je passais ma paume translucide au dessus, sentant la texture pétiller sous ma forme. En une fraction de seconde, je repris forme humaine en me transposant dans le monde physique, agrippant le catalyseur d'une poigne ferme. Ma forme originelle crépitant sous ma peau alors que j'approchais l'objet lumineux de mon visage. Sa douce lueur caressa ma joue alors que j'esquissais un sourire satisfait. Hochant doucement la tête, je raffermissais ma prise, portant le catalyseur contre mon torse. En un mouvement fluide, je fis demi-tour, retournant vers la porte, tout en claquant ma langue contre mon palais.

Prenant appui sur une jambe, tout en levant l'autre, je défonçais la porte pour l'ouvrir, alors qu'un écho bruyant résonnait alentours. Reprenant appui sur mes deux pieds, je passais l'ouverture rapidement, mes pas claquant contre le sol. M'éloignant le plus possible de la pièce, je reprenais le chemin vers la surface, où Marc devait encore se trouver. J'entendais encore quelques éclats de voix, ou plutôt des cris, mais le silence régna en maître quelques secondes plus tard. Lorsque j'apparus enfin dans la pièce principale, cette fois au même niveau que Marc, je le vis du coin de l’œil un peu plus loin. M'arrêtant, je tournais la tête en sa direction, passant ma langue sur mes lèvres, les humidifiant avant de siffler pour capter son attention. Le sorcier tourna finalement la tête vers moi tandis que j'élevais mon bras, ma paume enserrant fermement le catalyseur qui se mis à briller sous les lueurs blafardes des projos et néons délabrés. On file. Ma voix, grave, résonnait encore alors que je rabaissais mon bras, laissant ma main frôler ma cuisse. Détournant le visage, mes iris se perdaient sur la porte devant nous, alors que je reprenais ma route. Passant l'ouverture, je m'engouffrais dans le couloir, tournant rapidement à l'angle pour continuer vers la sortie. J'entendais les pas de Marc derrière moi, sans avoir besoin de me retourner pour vérifier qu'il était bien là. Je commençais à le reconnaître mine de rien. Sa voix, sa manière de se déplacer, ses gestes, les contours de sa silhouette. Sa signature aussi était reconnaissable entre mille. Entrouvrant les lèvres, mon souffle glissa sur ma langue avant d'être étouffé par l'atmosphère, au moment même où on franchissait les portes du bâtiment. L'air frais claqua contre mon visage, tandis que je plissais les paupières, me dirigeant vers le moyen de transport que Marc avait récupéré pour venir ici. Une voiture, sans doute volée, mais c'était pas important. Pas quand l'univers tout entier risquait d'être déséquilibré, et que des déités manquaient de disparaître à cause d'une pouffiasse de l'ombre. Pas quand le frangin de Marc prenait part à ça, alors qu'on essayait de les arrêter. Un grognement m'échappa alors que j'ouvrais la porte, m'installant rapidement au niveau du siège passager. Claquant la portière avec force, je pouvais sentir le sang cogner à mes tempes tandis que la haine s'insinuait dans mes veines, crispant mes muscles, tendant mon corps. Le catalyseur pulsait contre ma paume, sous l'assaut de ces émotions qui se déversaient en mes entrailles, de ces sensations qui s'épanchaient en mon être, alors que ma forme originelle crépitait sous ma peau et que mon âme vibrait intensément.



Ayaraven


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@Pando There is no tomorrow. Watch me walk away. Painting my life in grey. All that I wish for is fading away. The time is now. Surrounded by shadows. Painted by colors of darkness. The final last word. Close to insanity.
❝Shadow surrounds me everywhere❞
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Pride
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Il manipule les ombres. En gros, il se sert d'ombres déjà existantes pour en faire ce qu'il veut : déplacer les objets, blesser des êtres vivants, etc.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Sam 10 Mar - 18:16



Stop the sky from falling down
What's inside my head, I've lost a sin. No one to forgive,
No one to forget. Don't you believe if you want it, you can have it. Take the wreck, leave the habit. We go down into the darkness like a stampede, charging. Follow me now, follow me, down

Il pourrait presque se sentir insulté en sa qualité de sorcier quand il voit les décorations qui ornent le mur. Il roule des yeux. Ce qu’il peut détester ce genre de type. Pas un pec de personnalité et qui pense que ce qu’Hollywood lui montre est la vérité. Exactement le même genre de connard qui va se déguiser en Amérindien à Halloween avec un costume à plumes à dix dollars, acheté à l’arrache sans se rendre compte de combien il est insultant envers toute une communauté. Ouais parfaitement, ce genre de mec. Il grogne. Il n’arrive pas à croire qu’il est en train de faire ça. Voilà ce qu’on récolte à signer un contrat aussi long qu’un tome d’Harry Potter sans le lire. Il aurait dû se douter que Tenebris en profiterait pour le couillonner un peu. Le pire dans tout ça ? C’était que s’il devait recommencer, c’est-à-dire s’ouvrir la main pour saigner sur toutes les pages du contrat en question, il le ferait sans hésiter. Sauter à pied joint dedans, sans même se soucier de ce que ça pourrait lui faire. Et le voilà, en train d’infiltrer une réunion pour branquignoles qui pensent être des sorciers. Bien entendu, aucun d’entre eux n’en est un. Ils se contentent de raconter les conneries qu’ils ont lu sur une page Wikipédia sans même chercher. Quel manque de respect. Il va avoir une petite discussion avec le chef de ce groupuscule à la manque pour lui expliquer comment ça se passe.

Il laisse tomber sa cigarette sur le sol et l’écrase avant d’avancer dans le couloir. Il sait que quelque part se trouve une déité sous forme spectrale qui n’attend que lui pour passer à l’action. Et il ne faudrait pas lui dire deux fois, parce que là, il est remonté. Il y a toute cette affaire qui sent mauvais. Le trafic d’âme, cette garce et son frère qui est impliqué. Son contrat avec Tenebris. La plaie sur sa paume le lance, tel un douloureux rappel de ce à quoi il s’est engagé et ce dans quoi il met les pieds. Une affaire qui le dépasse. Et dans laquelle il a plongé sans la moindre hésitation. Un truc colossal dont il ne saisit pas les implications et dans lequel il suit aveuglément Tenebris en espérant en sortir vivant. Il est remonté par tout ça, mais là, ce qui l’énerve le plus, c’est cette bande de débiles qui lui manquent de respect. A lui et à sa nature. Marc et son drôle de sens des priorités. Il arrive devant la double porte et les entend parler. Il grogne en levant les yeux au ciel. Il a juste une vérification à faire avant de se lancer dans l’action. Il se concentre et arrive à percevoir ce qu’il cherche. La présence de Tenebris dans ces lieux. Il est toujours là. Attendant que Marc remplisse son rôle. Parfait.

La porte vole presque de ses gonds quand Marc l’enfonce avec un coup de pied. Les deux battants vont claquer sur le mur. Il aurait pu se contenter de se servir de la poignée, comme n’importe quel humain normalement constitué mais Marc ne fait jamais rien comme les autres. Et comme ça, au moins, il est sûr d’avoir l’attention de ces débiles. Un mec se trouve au centre de la pièce, figé dans son action par l’arrivée musclée de Marc. Un petit sourire se dessine sur les lèvres de Bowman alors qu’il avance d’un pas lent à travers l’entrée. Il lance d'une voix forte et audible. « Je vous dérange, peut-être ? » Il sent les regards sur lui. Il a toute l’attention qu’il veut. Il lève la main, faisant tournoyer son index au niveau de sa tempe. « Désolé, je passais par là et j’ai mon Bullshit-sense qui a commencé à s’agiter. C’est qui le chef, ici ? » Il continue d’avancer, souriant de plus belle quand quelqu’un avance au centre, doublant au passage celui que Marc a interrompu. « Je suis le fondateur de cet ordre. Et vous, vous n'... » Il n'a pas le temps de finir sa phrase que Marc est déjà en train de ricaner. Jaune. « Oh pitié, laisse-moi rire. J’vous ai entendu parler de conneries grosses comme l’Empire State Building. C’est d’ailleurs très drôle parce que j’ai un truc à vous apprendre. Le seul véritable sorcier présent dans cette pièce… » Son sourire s’élargit quand il s’arrête, les mains dans les poches. «… c’est moi. » Une ombre tentaculaire s'allonge et s’élance à toute vitesse sur le chef pour le faire voler quelques mètres plus loin. Marc n’a pas esquissé un geste mais tout le monde a bien vu ce qui vient de se passer. Il fait craquer sa nuque alors que son sourire s’efface. « Ça, ça t’apprendra à m’insulter. Un pentagramme à l’envers ? T’as vraiment rien de plus original, connard ? » Il fait bien entendu référence à la décoration immonde qu’il a vu dans le couloir. « Pourquoi pas les chapeaux pointus et les balais, tant que t’y es ? » Il sort les mains des poches de sa veste et fait cette fois craquer ses poings dans un geste théatral. « Vous avez approximativement dix secondes pour vous barrer. Passé ce délai, j’estime que j’ai le droit de vous latter vos gueules. »

Il se déchaîne. Rien de mortel. Juste de quoi les assommer les uns après les autres. Se servant parfois de sa magie pour leur montrer ce que c’est qu’un vrai sorcier. Il les a les uns après les autres, quand certains ont eu assez de jugeotte pour prendre la tangente. Un de ceux qui l’affronte sort une formule en latin. Un latin si mauvais et si mal prononcé que Marc lève les yeux au ciel. « T’as inversé des mots, abruti. » Il répète lui-même la phrase en replaçant les mots dans le bon ordre, attend deux secondes avec un petit sourire et assène son poing dans le nez du mec. Ce n’est même pas une formule. C’est juste une phrase. Une phrase à la con qui n’a rien à voir avec de la magie. Comme les andouilles qui se font tatouer des symboles chinois en pensant à une signification très profonde alors qu’il s’agit juste d’une recette de rouleaux de printemps. Là, vraiment, il se sent insulté.  

Il se tient au milieu de corps inconscients, haletant et se sentant de meilleure humeur maintenant qu’il s’est occupé d’eux. Peut-être que ça leur passera l’envie de recommencer. Le plus dingue ? C’est que malgré tout ça, ces types ont réussi à mettre la main sur un artefact. Quinze dollars que le type super intelligent qui l’a acheté a pensé que c’était juste de la déco. C’est officiel, Marc déteste ce genre de mec. Il serre et desserre le poing droit en le regardant, sentant un petit élancement au niveau de ses jointures. Il récapitule. Stupides, pas renseignés et pas capable de se défendre. Qu’est-ce que c’est que cette bande de clown ? Il tourne la tête en entendant un sifflement derrière lui. Tenebris, de retour. Avec ce pourquoi ils sont arrivés ici. Marc sourit et pivote sur lui-même en voyant l’éclat qui s’échappe de la main de la déité. Il a du mal à croire que la manœuvre ait fonctionné. Et encore moins que ce soit un véritable artefact et non une contrefaçon chinoise. Tenebris n’a pas besoin de lui dire deux fois qu’il est déjà en train de le suivre. Direction la voiture, loin de ces crétins.

Il démarre la voiture sans perdre une seconde, heureux de sortir de cet endroit et de laisser à ces enfoirés un souvenir qu’ils ne seront pas près d’oublier. « On va où ? » Il a du mal à réaliser qu’il est sur le point de faire ça. Il était à deux lieues de s’imaginer qu’il ferait une chose pareille un jour. Traîner avec le dieu des Ténèbres lui apporte de nouvelles expériences, certaines dont il se passerait bien, au passage. Le plan spectral, par exemple. Oh, et finir attaché à une table. Et ressentir l’influence d’un démon. Des trucs déplaisants au possible. Mais rien comparé à la tâche qui s’annonce. Il a déjà fait part de ses doutes à Tenebris. Mais puisque ça semble être le meilleur plan, autant y aller franchement. Et puis, le pacte implique que Marc ne peut pas refuser. Voilà, une fois de plus, qui lui apprendra à vraiment lire avant de signer. Il suit les indications de Tenebris pour se rendre au lieu prévu. Il arrête enfin la voiture après une bonne demi-heure de route, histoire de se trouver assez loin de la ville pour ne pas être dérangés. Ils se trouvent devant un vieux bâtiment désaffecté depuis des plombes. Il soupire, vraiment pas prêt pour ce qui va suivre mais prenant quand même son courage à deux mains. Il sait très bien que ça peut mal tourner. Mais ils n’ont pas fait tout ça pour rien. Chaque chose a été réfléchie et penser. C’est nouveau pour Marc de travailler comme ça, parce qu’il a toujours agi avant de réfléchir. Ça le change un peu. Car la situation dans laquelle ils se trouvent a besoin d’être prise avec des pincettes. Les conséquences pourraient être gravissimes s’ils échouent. Il s’extirpe enfin de la voiture pour se diriger vers le coffre dans lequel se trouve un énorme sac de sport plein à craquer. Il le balance sur ses épaules en grognant et se dirige vers l’intérieur de bâtiment.

Quand il laisse finalement tomber à ses pieds, le contenu du sac résonne à grand bruit. Bien sûr, avec tout le barda qu’ils ont à l’intérieur. Il ne perd pas de temps parce qu’il a envie d’en finir au plus vite. Ça ne va pas être une partie de plaisir et il ne veut pas freiner davantage la chose. C’est en grimaçant qu’il réussi à ouvrir un vieux pot de peinture qu’il a embarqué pour l’occasion et qu’il commence à tracer le cercle d’invocation, en suivant les indications de Tenebris. Alors que les traits et les symboles prennent forme, Marc réalise réellement ce qu’il est en train de faire. Le plancher craque sous ses pas quand il se déplace d’une courbe à l’autre avec une expression concentrée. Il arrête son geste, pinceau en l'air et se tourne vers Tenebris. « Tu peux me rappeler en quoi c’est une bonne idée, déjà ? » Sa coupure à la paume l’élance encore. Il aurait mieux fait de lire les petits caractères.  

___

Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


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Tenebris
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Dim 11 Mar - 2:44


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Marc démarra la voiture sans plus attendre, après s'être installé derrière le volant. Le vrombissement attirant mon attention quelques secondes, avant que sa voix ne me tire de ma torpeur. Je lâchais un soupir avant de cligner des paupières, penchant la tête en arrière. Me laissant choir et glisser contre le dossier du siège, je m'installais le plus nonchalamment possible, sans lâcher le catalyseur. Son poids contre ma paume un rappel constant de ce qui allait nous attendre d'ici peu. Plissant les yeux, je fis claquer ma langue contre mon palais avant de lui donner l'information qu'il cherchait. Y a un bâtiment abandonné à environ 20 bornes. Un genre de vieil immeuble qui date d'il y a deux siècles. Inspirant longuement, je lui refilais ensuite les indications à suivre afin qu'il trouve le chemin jusqu'au pseudo refuge précaire qui nous servirait pour la soirée. Marc s'aventura alors sur la route, tandis que je laissais mon regard se perdre sur l'horizon. Les paysages défilaient, teintés de couleurs assombries par la pénombre. L'astre rond et laiteux dardant sa lumière blafarde entre les feuillages des arbres qui longeaient la route. La lueur bleutée de l'artefact créait une légère ambiance au sein de l'habitacle, le silence seulement entrecoupé par le moteur et le grésillement de l'énergie du catalyseur. C'était assez agréable, je devais bien l'avouer. Reposant mon esprit en ébullition, détendant mes muscles. Un peu comme le calme avant la tempête. Sauf que là, la tempête c'était un putain de cataclysme cosmique qui allait se crasher sur la toile de la réalité si on ne faisait rien pour l'arrêter. A cause de cette connasse sans remords, tout pouvait partir à l'agonie en un claquement de doigts. En un battement de cil. Une fraction de seconde. C'était tout ce qu'il lui fallait.

Serrant les dents, la mâchoire crispée et le regard durci, j'enserrais l'artefact plus fermement contre ma paume. La lueur s'emballa quelque peu et je fermais les yeux en soufflant, tentant de reprendre contenance. De garder un certain calme, un tempérament plus posé. Cela ne servait à rien de s'énerver tout de suite, mais garder cette haine et cette colère, silencieuses au fond de mon être me permettait de maintenir un semblant de perspective. Et d'avancer dans notre tâche pour récolter le plus d'informations possibles sur cette putain de garce avant de la confronter pour de bon. Il fallait qu'on connaisse notre adversaire et ses points faibles, trouver un angle d'attaque et pas foncer tête baissée. C'était pour cette raison que j'avais embarqué Marc avec moi ce soir. Que je l'avais entraîné à ma suite dans cette quête vengeresse aux allures intemporelles. A vrai dire, on y gagnait tous les deux si on parvenait à la neutraliser. Alors, la collaboration m'avait semblé être un bon plan sur l'instant. Et aux vues de ce qu'on avait déjà établi et réalisé ensemble, ce n'était pas vraiment une mauvaise idée. Ça avait même plutôt bien fonctionné jusqu'à présent. Malgré cela, la menace était toujours présente, tapie dans l'ombre. Pesante sur nos épaules, et je pouvais sentir la tension grésiller contre moi, ma forme originelle crépitant sous la peau. L'équilibre tout entier semblait reposer sur nous et nos actions pour la contrer. L'avenir de plusieurs entités, de déités et d'âmes mortelles étaient en jeu. Tout ça pour le bon plaisir d'une tarée. Et je n'allais pas me laisser faire face à cette sorcière maléfique. C'était elle, contre moi. Contre nous. Et nous, contre le reste du monde.

La voiture s'arrêta quelques temps plus tard, devant l'immeuble désaffecté, et le silence semblait bien plus pesant qu'auparavant. La réalité s'imprégnant plus profondément dans la matière même du temps, du présent. L'impact des conséquences transcendant l'atmosphère, l'air. Mordillant mes lèvres, la respiration hachurée, les muscles tremblant, je fermais les yeux. On y était. Et on ne pouvait plus faire marche arrière à présent. Rouvrant les paupières, je me glissais hors de la voiture, tenant toujours l'artefact d'une poigne ferme. Marc récupéra son sac dans le coffre, avant de le balancer sur ses épaules, et le tintement des objets à l'intérieur me rappela à nouveau que l'on ne pouvait plus reculer. Tout ce qu'on avait déjà préparé, tout ce qu'on avait déjà fait. Impossible de se braquer face à l'immensité qui nous attendait. Quelque chose pulsa en mes veines, mélangé à l'adrénaline qui cognait déjà à mes tempes, alors que j'avançais vers le bâtiment, m'engouffrant à l'intérieur. Le silence se brisa de par l'écho de nos pas contre le parquet, la texture branlante sous notre poids. Marc avait choisi la pièce qui l'intéressait, alors que je refermais déjà derrière nous, fermant les yeux en apposant ma paume contre la texture en bois. Marmonnant quelques mots, les ténèbres glissaient le long de mon bras en un tourbillon sombre, avant de s'étaler contre la porte. La maintenant fermée, protection contre d'éventuels indésirables. Rouvrant les paupières, je reculais de quelques pas, scrutant une ultime fois le voile sombre qui se dressait sous mes yeux. Pinçant les lèvres, je tournais rapidement mon attention vers Marc et le sac qu'il avait déjà laissé tomber au sol. Il en sorti son pot de peinture, tandis que je lui expliquais le design et le graphisme qu'il devait recopier. M'accroupissant à côté du sac, je levais légèrement le coude, passant ma main devant moi. Paume portée vers l'extérieur, tout en faisant bouger mes doigts. Une couche de ténèbres se forma non loin, tandis que je déposais précautionneusement l'artefact sur ce couffin de matière noire.

Glissant ensuite mes mains à l'intérieur du sac, j'en extirpais les bougies et commença à les disposer de part et d'autre du cercle toujours en création. Prenant bien soin d'éviter Marc et de franchir la peinture en de grandes enjambées. Après avoir tout installé, je revins sur mes pas pour récupérer les allumettes. Agrippant fermement le boîtier entre mes phalanges, je m'accroupissais devant l'une des sculptures de cire, piochant une allumette avant de la faire craquer. La flamme jaillit d'un coup, fébrile, et pourtant déjà bien tenace envers la mèche qu'elle dévorait. Je laissais mon regard se perdre quelques instants sur la beauté du feu, transcendé par ses mouvements précaires. La voix de Marc brisa ce silence auquel j'étais habitué, me tirant de ma contemplation. Sans lui jeter un regard, je me relevais en un mouvement fluide, la lueur orangée de la flamme éclairant quelque peu l'intérieur de la pièce. Sans quitter des yeux la bougie que je venais d'allumer, j'entrouvris les lèvres, ma voix résonnant dans les airs. Tu veux retrouver ton frangin ou pas ? Penchant la tête sur le côté, je tournais enfin mon regard vers lui, mes iris scrutant son visage dans la semi-pénombre de la pièce. Pas besoin de lui expliquer que pour y arriver, il faudra qu'on s'occupe de la connasse à capuche avant quoique ce soit d'autre. Mais pour l'atteindre elle, il nous fallait ces putains d'informations. Qu'on allait devoir chercher directement auprès d'âmes de défunts, dans le monde des morts, la dimension des esprits. Et pour y accéder, on devait délaisser nos enveloppes corporelles, abandonner nos corps charnels derrière nous. On allait devoir mourir. Littéralement parlant. Je soupirais, ma voix s'adoucissant étrangement, comme défaitiste, résignée. C'est le meilleur moyen et tu le sais bien.

Mon regard glissa sur les contours de sa silhouette avant que je ne me tourne à nouveau, m'avançant vers une autre bougie pour l'allumer. La flamme de l'allumette s'était éteinte entre mes doigts, le bois calciné se désagrégeant sous le contact de ma peau. Balançant les cendres au loin, j'en extirpais une autre et l'alluma rapidement, apportant le feu destructeur au niveau de la mèche. Je fis de même avec le reste des bougies et retourna près du sac lorsque j'en avais terminé, rangeant le boîtier dans une petite encoche cousue à même le sac. Je profitais d'être encore à proximité pour vérifier où en était Marc dans la réalisation du cercle. Il avait presque terminé. Bien. Me redressant rapidement, je m'avançais vers l'unique fenêtre de la pièce, levant déjà la main, bien en évidence. Écartant les doigts, paume tournée vers la baie, je marmonnais une formule en latin, sentant les ténèbres crépiter alentours. Tout contre ma peau, au creux des os, au point de transcender ma forme originelle. Spectre fantomatique qui vrillait en mes entrailles. L'espace-temps trembla tout autour de moi, du moins je le ressentais de la sorte. La toile de la réalité vibrait intensément, tandis que les ténèbres s'écrasaient contre la fenêtre, couvrant la source de lumière extérieure provenant de l'astre laiteux. La lune se couvrait se soir, drapée dans son plus bel apparat. Le néant son amant pour quelques heures. Levant ensuite ma deuxième main, je récitais une autre formule, plus complexe, en me décalant légèrement. J'avançais à pas lent, faisant le tour de la pièce, mes paumes se mouvant avec grâce, mes doigts pianotant avec élégance au travers de l'atmosphère. A chaque recoins, je devais fermer un nœud de ténèbres, et ainsi mimer la forme avec mes gestes. Levant les coudes, serrant les poings, ongles raclant contre les paumes, tout en écartant les poignets.

Cela dura quelques minutes, le temps que je scelle la pièce pour l'incantation. Et accessoirement pour protéger le corps de Marc qui allait donc rester en arrière une fois la formule énoncée, le sortilège entamé. L'écho de mes murmures finit étouffé lorsque je terminais de réciter, alors même que je baissais les bras, mes mains frôlant mes cuisses. Le parquet craqua sous mon poids alors que je me reculais, scrutant attentivement la protection mise en place. Ça devrait suffire. Mon souffle glissant sur mes lèvres, je me tournais vers le cercle à présent terminé, et hocha silencieusement la tête, appréciant le travail artistique. Marc mettait déjà en place les ossements, les poudres et autres ingrédients enchantés autour de la fresque. Les flammes s'élevaient en des arabesques stylisées, éclairant la pièce de leur lueur plus intense. Le clair-obscure qui régnait dans la salle m'apaisait, apportait un semblant de sérénité à l'endroit. C'était presque réconfortant, dans un sens, tant la sensation était familière. Faisant claquer ma langue contre mon palais, j'élançais ma paume, et en un geste fluide du poignet, amenais à moi l'artefact qui reposait toujours sur le couffin de matière noire. Le récupérant avec précaution, je fis dissiper le nuage de ténèbres en un battement de cil, et m'avança au centre du cercle. Tournant mon regard vers Marc, je l'invitais à me rejoindre à l'intérieur, penchant la tête sur le côté. Viens. Mes iris pétillants scrutaient avec attention son visage, seulement éclairé par les flammes et la lueur des bougies. Les ombres dansaient sur sa peau, faisant ressortir les moindres aspérités avec netteté. Je le sentais fébrile, trembler subrepticement. Il devait sûrement être tendu en cet instant, mais c'était compréhensible. Tout être mortel serait dubitatif et en panique à l'idée de quitter son corps pour voyager dans une autre dimension où seules les âmes pouvaient subsister.

Détournant mon regard, j'apposais mon attention sur les objets magiques qui entouraient le cercle, les contemplant rapidement. Tout y était, tout était prêt. Il n'y avait plus qu'à franchir la brèche et passer de l'autre côté. Tu es prêt ? J'attendis qu'il me réponde par la positive, avant de hocher la tête et de fermer les yeux. Prends ta potion. Concoction préparée avec soin qui lui permettrait de quitter son corps et de passer dans le plan spectral sans mal. Sans y être forcé, comme lorsque je le lui avais ordonné la dernière fois. Inspirant un bon coup, j'entendis le bruit caractéristique d'une fiole qui se faisait débouchonner, et rouvrit les paupières. Marc avalait déjà sa potion et relâcha la fiole qui explosa au sol en un tintement cristallin. Les tessons décorant le cercle sans le défaire. Je lui lançais un regard, au moment où il tourna de l’œil. J'étendais la main, faisant se dresser les ténèbres derrière lui pour le rattraper. La texture noire l'enlaça, et le déposa délicatement au sol, alors que je me tournais enfin pour commencer l'incantation. Fermant les yeux, je récitais la formule avec fluidité, la détermination imprégnant ma voix. Le catalyseur pulsait contre ma paume, picotant ma peau. Un courant électrique glissa sur mon bras, brûlant mes muscles alors que je continuais de murmurer avec fermeté. Je ressentais à nouveau la toile de la réalité vibrer contre moi, taillader ma peau, picorer la pulpe de mes doigts. Un écho bourdonnait à mes oreilles, tiraillant mes tympans, tranchant mon âme, déchirant mon corps. La tension ne cessait de s'amplifier, de grandir, de monter en puissance, jusqu'à atteindre le paroxysme. Et là, je rouvris les paupières, mes iris voilés par les ténèbres. Le néant recouvrant mes yeux. Avec un hurlement, je levais ma main enserrant l'artefact et m'abaissais au sol, d'un coup. Le catalyseur percuta le parquet avec force, les répercussions faisant trembler jusqu'à mon épaule.

Relâchant l'artefact, je sentis son énergie glisser sur mes doigts, parcourant mon corps une fraction de secondes avant que je ne me transpose dans le plan spectral. Dans le même mouvement, je fis exploser mon corps en une myriade de fragments, laissant ma forme originelle s'inscrire et s'imprégner dans cette réalité. Les ténèbres crépitaient doucement alors que je m'épanchais, retrouvant mes marques. Là, devant moi, une fissure dans la matière. Une fracture qui s'étendait, une lueur bleutée qui s'en échappait. Écartelée, la texture tangible de la réalité, alors que la faille s'étendait. Un craquement sinistre retentissant en un écho imperturbable, jusqu'à ce que le portail ne devienne immuable. Plus moyen de reculer. D'oublier. D'ignorer. Notre passage était préparé. M'imprégnant de l'instant, je sentis la présence de Marc à mes côtés. Portant mon attention sur sa forme désormais moins conventionnelle pour lui, j'étendais mes pensées en sa direction. C'est maintenant ou jamais. Et sans plus attendre, je me laissais happer entièrement par la fracture. Magnétisé par cette faille dimensionnelle. Par cette fissure sur la toile de la réalité. Mon être transcendé par l'énergie pure qui en découlait, mon âme vrillée dans tous les sens sous l'assaut de la déconstruction de cette dimension. Les ténèbres crépitaient toujours alentours, m'entourant de ce voile protecteur. Apaisant, rassurant, réconfortant. La lumière saillante de l'énergie contre l'obscurité creusée du néant. Les couleurs se mélangeant, ne laissant sur son sillage qu'un paysage grisé, déstructuré. En ruines, en cendres.



Ayaraven

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@Pando There is no tomorrow. Watch me walk away. Painting my life in grey. All that I wish for is fading away. The time is now. Surrounded by shadows. Painted by colors of darkness. The final last word. Close to insanity.
❝Shadow surrounds me everywhere❞
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Pride
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Il manipule les ombres. En gros, il se sert d'ombres déjà existantes pour en faire ce qu'il veut : déplacer les objets, blesser des êtres vivants, etc.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Mer 14 Mar - 0:34



Stop the sky from falling down
What's inside my head, I've lost a sin. No one to forgive,
No one to forget. Don't you believe if you want it, you can have it. Take the wreck, leave the habit. We go down into the darkness like a stampede, charging. Follow me now, follow me, down

Alors que l’échéance se rapproche et qu’il sent cette tension dans ses muscles qui ne cesse d’augmenter, Marc poursuit.  Tracer des courbes. Disposer les objets. Commencer légèrement à paniquer au fur et à mesure que les tâches sont faites. Car le moment qu’il redoute approche. Il est passé d’un agacement certain devant une bande de guignols qui tournent les vrais sorciers en ridicule à une appréhension, voire de la peur de ce qui va se dérouler ensuite. Il faut avouer que pour ce voyage, Marc va devoir franchir des limites qu’il s’est lui-même donné. Des limites qu’il n’était absolument pas pressé de dépasser. Il garde ses craintes pour lui. Parce qu’avouer que ça le fait un peu flipper lui arracherait la bouche. Il a peur, ouais. Carrément peur. Même s’il sait qu’il ne sera pas seul dans l’affaire, il y a toujours le risque qu’il ne puisse pas revenir de ce voyage. Il n’est pourtant pas du genre à penser au pire, mais sur le coup, étrangement, oui, il pense au pire. A ce qui pourrait mal tourner. Tenebris a raison, néanmoins. C’est bien le meilleur moyen. Il se demande encore une fois à quel moment sa vie est partie en couille. Mauvaise question. Elle est partie en couilles dès le début. Non, la vraie question, c’est « A quel moment retrouver mon frère est devenu sauver le monde ? » Et à quel moment, « mourir » est devenu le meilleur moyen ?

Depuis quand il est concerné par ce qui peut arriver au reste de la population mondiale si l’équilibre est menacé ? N’est-il pas du genre à s’en foutre de tout ? A se préoccuper de lui et de ses proches uniquement ? Mais surtout de lui ? C’est parfois beau de se mentir à soi-même, Marc.  C’est magnifique ce genre de petit mensonge. C’est facile de dire qu’on s’en fiche quand on ne le pense pas vraiment. C’est comme quand on prétend pouvoir arrêter de fumer quand on le veut, le tout en s’allumant la cigarette de trop. Marc dit à tort et à travers qu’il s’en fout. Il s’en convainc presque. Il s’en fout des autres. Sauf quand les autres sont des membres de sa famille ou des gens auxquels il tient plus qu’il ne veut bien l’assumer. En fait, la situation pourrait presque le faire rire. Lui. En train de tenter de sauver le monde. Avec la déité la plus chiante de l’univers tout entier. Il y a vraiment de quoi se fendre la poire.  A croire que le destin a un drôle de sens de l’humour. Tout ce que Marc voulait, c’était retrouver Aidan. Et voilà qu’à présent, il trace des cercles compliqués pour un rituel magique encore plus compliqué pour passer dans un autre plan. Un plan dans lequel il espérait vraiment ne pas avoir à foutre les pieds avant un moment. Mais il faut croire qu’entre ce qu’il espère et ce qu’il a vraiment, il y a une sacrée différence. C’est drôle, des fois, la vie.

Il n’a plus rien pour repousser l’échéance. En bon élève qu’il est, il a suivi les instructions de Tenebris à la lettre. Vient donc le moment où il ne peut que se redresser et rejoindre la déité au centre du cercle en serrant les mâchoires. Il n’a pas envie de faire ça. Il n’en a pas envie du tout. Mais comme il est un grand garçon, il va faire ce qu’on attend de lui. Serrer les dents, prendre une grande inspiration et espérer que tout va fonctionner comme sur des roulettes. Et que les protections vont tenir. Il pense également qu’il devrait rayer « passer à travers un foutu portail pour aller dans le royaume des âmes » de sa liste de chose à faire avant de mourir pour de vrai. Et qu’il devrait aussi rajouter une paire de baffe supplémentaire pour Aidan, vu tout ce qu’il lui fait faire. Ces gamins, j’vous jure. Tenebris lui demande s’il est prêt et Marc se retient de répondre qu’il ne sera jamais prêt pour ça. Tant pis. Il hoche simplement la tête. Son être trépigne de l’appréhension qui lui ronge les entrailles. Il finit par déboucher cette saloperie de fiole pour la porter à ses lèvres en fermant les yeux. Il grimace à cause de ce goût désagréable. Il laisse tomber le récipient de verre avec dédain en inspirant une nouvelle fois. Le vertige le saisit d’un coup. Il se sent vaciller. Il ne rouvre les yeux quand il sent que ça s’arrête, qu’il a gardé son équilibre. Mais il y a quelque chose de différent. Il le comprend, maintenant. Il baisse le regard et se découvre, lui-même, étendu sur le sol. Il n’y a rien de plus déstabilisant que de voir son propre corps quand on est plus à l’intérieur. Et là, il est trop tard pour regretter, car Tenebris est déjà en train de marmonner quelque chose. Le cerveau de Marc – ou du moins son substitut, parce que ce n’est pas évident de parler d’un truc physique quand on ne l’est plus soi-même – entre dans une espèce de phase dissociative où il observe les évènements s’enchainer sans y prendre part. Il ne cherche même pas à savoir de quoi il a l’air sous cette forme. Il ne veut pas le savoir. C’est déjà assez difficile à avaler, tout ça. Il a fini par détacher son regard de son corps pour regarder Tenebris balancer avec force l’artefact au sol. Les bougies s’éteignent sous l’impact. Comme par magie, pourrait dire un Marc avec des capacités cognitives normales et un petit sourire empreint d’ironie.  Il n’y a plus de marche arrière possible. Plus de regret à avoir. C’est trop tard pour ça. Et même s’il l’avait voulu, il ne l’aurait pas fait, parce qu’il sait au fond de lui que c’est le meilleur moyen. Il aurait peut-être préféré que ce moyen soit moins radical et moins dangereux.

Il suit la déité à travers le portail, toujours dans cet état second. C’est encore pire que la fois d’avant, quand Tenebris l’a forcé à se matérialiser dans le plan spectral en lui donnant l’ordre depuis sa tête.  Si cette fois-ci, il avait passé le temps du trajet à faire la tronche parce qu’il était furax qu’on le force, là, il ne peut que regretter ce qu’il a fait. Il dramatise un peu, en réalité, puisqu’il ne sent rien. C’est peut-être ça, le vrai problème. Il ne ressent rien. Il a l’impression de n’être rien de plus que du vide. Passer d’une forme physique à une autre forme qui ne l’est pas le déstabilise plus qu’il ne le pensait.  Il suit Tenebris sans le lâcher parce que ce dernier lui intime de rester près de lui. Pour sa sécurité et aussi parce que ce sera plus simple pour eux s’ils ne se séparent pas. Il n’a pas envie de sortir de cet état car ça l’obligerait à accepter la réalité de ce qu’ils sont en train de faire. Il ne sait pas ce qu’ils font vraiment à part chercher des informations. Visiblement, il n’a pas fait que laisser son corps derrière lui, mais aussi une partie de sa capacité à prendre du recul. Tenebris cherche quelqu’un et Marc le suit comme son ombre – quelle blague. Lui qui manipule les ombres, il est en train d’en devenir une. Ironie quand tu nous tiens.  Il lâche enfin quelques mots, les premiers depuis qu’ils sont là. « C’est… une super destination pour passer des vacances, ici. » On dirait presque qu’il est dans son état normal. Presque. Parce que ce n’est définitivement pas sa meilleure punchline. C’est même une phrase bateau sans la moindre intonation sarcastique, même s’il est clairement ironique. Il ne viendrait pas ici de son plein gré pour deux sous, maintenant qu’il connait les lieux. Il redresse la tête – façon de parler puisqu’il n’en pas vraiment – quand il entend une voix appeler la déité. Une voix qui pourrait lui coller des frissons s’il pouvait encore ressentir quoique ce soit. C’est déstabilisant car il ne s’agit pas vraiment d’entendre à proprement parler mais de percevoir.


___

Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


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Tenebris
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- Changement de forme et de plan.
- Télépathie et emprise + hallucinations et cauchemars.
- Création de matière spectrale et contrôle des ténèbres.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Ven 16 Mar - 22:49


Stop the sky from falling down
Connard & Tenebris
♠ ♣ Open your eyes 'cause you're never gonna know if your next move might be your last. Living a lie, everybody's always gonna bring up my past. I'm not ready to change, I'm doing my thing. You're pointing the blame, you know I'm not ready to choose. So don't get confused and stay the hell out of my way. ♥ ♦

Le décor se déconstruisait alentours, fragments par fragments, la toile de la réalité se déchirant telles les limbes. Le paysage en lambeaux se décomposait à mesure que je me laissais happer par l'énergie, magnétisé par sa force brute. Glissant mon être au travers de la structure abstraite, de la fissure vibrante, mes pensées s’épanchant vers l'avenir. Comme un corps à l'agonie, acceptant son sort, qui rendait son dernier souffle, sans pouvoir regarder en arrière une ultime fois. Passant au travers de cette énergie transcendante, je délaissais mon monde, ma dimension entre les mains du destin. Du hasard. Je n'avais pas eu le choix, tout comme le sorcier qui m'accompagnait. C'était notre seule chance de trouver quelque chose contre la charognarde. Cette grognasse qui trempait dans le trafic de déités et le sacrifice d'âmes. Qu'elles soient innocentes ou non, je ne pouvais pas la laisser condamner ces êtres mortels. Ces créatures qui peuplaient cette terre sans rien demander à personne. Ils étaient loin d'être irréprochables, et tendaient vers l'erreur plus que la perfection. Mais elle trouvait encore le moyen de s'approprier un droit sur leurs esprits. Sans oublier le contrôle qu'elle estimait avoir sur des êtres bien plus puissants et anciens qu'elle. Cette garce voulait mettre le monde à ses pieds, en détruisant ma famille au passage, et ça, c'était bien une chose que je ne pouvais laisser passer. Alors, il nous fallait trouver des réponses, traverser des portails et découvrir des artifices à utiliser contre la menace qu'elle représentait. Et l'éliminer. Une bonne fois pour toutes.

L'énergie crépitait contre ma forme originelle, dès lors que je passais la faille. Les ténèbres sifflant presque, s'étendant alentours pour contenir les contours de ma silhouette. La proximité de la lumière et du néant, créant une certaine friction qui me tiraillait étrangement. Étendant mon esprit vers l'âme du sorcier, je lui intimais de me suivre. Reste près de moi. M'éloignant quelque peu du portail, je sentis les ténèbres se calmer, apaisées par le silence des lieux. Elles ne picotaient plus contre ma forme, ni n'enlaçaient mes contours fantomatiques. L'absence de sensations, déversant un apaisement en mon être bouillonnant. L'ataraxie à son état le plus pur, le plus brut possible. Bien plus poignant que dans le Void. Le vide, qui se creusait à chaque fois que je m'éloignais de la déchirure, semblait de plus en plus solide, plus concret. Le paysage grisé s'étendait à l'horizon, une aura de mystère planant au dessus de nous. Aucun frôlement, malgré les âmes qui hantaient les lieux, aucun frottement de l'atmosphère, de l'ambiance austère. Aucun ressentis de mon esprit. Juste l'apathie, le calme plat. Une sorte de sérénité, que je pouvais percevoir en ces lieux, en mon fort intérieur. Un souffle sur l'âme, qui déversait cet engourdissement salvateur et paisible. L'insensibilité rongeant les lambeaux de mon être alors même que je passais à côté d'une âme en peine. Sa détresse faisait vibrer la toile de sa réalité tout autour de ses contours, son énergie fade clignotant furieusement, tranchant dans le décor. Sa vie perceptible dès lors que j'étendais ma forme en sa direction, la frôlant sans jamais l'atteindre. Mon esprit, touché par le sien. Tout ce qu'elle avait pu vivre, ressentir, éprouver, transperçant les ténèbres pour entourer mon âme, alors que mon être ne distinguait plus rien. Le néant vrillant mon esprit, tandis que je m'éloignais d'elle, sans pouvoir rien faire. Une âme de plus, qui cherchait l'inconsistance de la salvation, mais qui avait trouvé la vacuité de l'inanité. Sans pouvoir outrepasser le chagrin, la peine, les remords qui la transcendait, les ressassant à jamais.

Déambulant au creux de cette atmosphère à la fois sereine et empreinte à la tourmente, j'étendais mon esprit à la recherche d'une âme en particulier. Un être vieux de plusieurs siècles, que j'avais pu rencontrer à l'époque de son vivant. Un mortel, qui avait eu la capacité de communiquer avec les esprits, de son temps. Et de ceux de ses ancêtres. Parfois piégés dans le plan spectral. Il les avait aidés à s'échapper, à trouver la paix, et à les guider jusqu'au bout. Un être particulier, qui m'avait marqué dès les premiers instants où je m'étais incrusté dans son esprit. Tiraillé par la curiosité et sa générosité. J'avais énormément échangé avec lui, tant spirituellement qu'émotionnellement. Pendant des semaines, je lui rendais visite afin qu'il m'en apprenne plus sur son monde, tandis que je lui parlais du mien. Je lui avais même transmis un fragment de mon essence pour qu'il puisse percevoir ce qui l'entourait et qui lui était invisible. L'échange se faisant toujours à l'intérieur de son crâne, jamais de vive voix. Et lorsque je le laissais, je savais que notre secret était bien gardé. Par la suite, il avait été capable de percevoir les entités omnipotentes, ainsi que quelques déités. A force d'observations, et d'analyses, il avait fini par découvrir quelques vérités, lever le voile sur certains mystères abstraits. Son esprit s'était élevé, atteignant ce paroxysme, ce nirvana, qu'aucun être vivant n'avait jamais pu frôler sans l'aide de substances à la limite de la toxicité. Alors si je pouvais faire confiance en un mortel, pour me donner ce que j'étais venu chercher, je savais qu'il s'agissait de lui. Et qu'il saurait quoi faire pour me guider, me montrer la voie, comme il l'avait fait autrefois, pour ses semblables.

Le silence réconfortant fut brisé à l'instant où Marc échappa quelques mots. Ils résonnaient alentours, en un écho étouffé, glissant sur sa forme et au travers de la mienne. Je tournais mon attention vers lui, scrutant ses contours, étendant mes pensées vers lui. Beaucoup d'esprits se retrouvent ici après la mort. Flottant près de son âme, je m'arrêtais un instant, m'attardant toujours sur lui. Étirant mon esprit, tout en essayant de percevoir ce que je cherchais autour de moi. Il s'agit là de leur dernière demeure. C'était la fatalité qui s'abattait sur le commun des mortels. L'arrêt de la vie physique, la mort du corps tangible. Et l'éveil de l'âme, appelée jusqu'ici pour retrouver un semblant de tranquillité. Bien évidemment, certains se perdaient en chemin, bloqués dans le plan spectral ou alors emportés au Purgatoire. D'autres, se retrouvaient directement en Enfers, et les plus pieux au Paradis. C'était quelque peu différents pour eux, même si en soi, leur conditions étaient similaires. Mais de ça, nous ne pouvions rien y faire. Seuls les anges de la mort pouvaient à la rigueur s'occuper des cas à part, perdus entre deux plans ou deux dimensions. Nous, notre priorité, c'était les âmes des vivants. Ou des défunts, pour les démons. En tous les cas, ces âmes, quand elles n'étaient pas sacrifiées et radiées de l'existence, pouvaient avoir une seconde chance. Retrouver une vie après la mort, redescendre sur terre et se réincarner. Des fois même sur d'autres planètes, dans d'autres galaxies. Nous, nous n'avions pas cette possibilité. Nous n'avions qu'une seule chance, qu'une seule vie, entre toutes ces dimensions et tous ces plans infinis. Si un jour j'en venais à mourir, je disparaîtrais, à tout jamais. Le néant m'enlacerait pour toujours, étouffant mon âme, aspirant mon être. Je n'existerai plus, et une autre déité serait alors créée, prenant ma place pour contrôler les ténèbres. Tout comme un autre démon avait repris la place à Aegnoriel lorsqu'il avait été châtié des Enfers. Et à présent qu'il était mort, son esprit disparu dans l'abîme, l'équilibre tremblait, devenait précaire. A cause d'elle. Si jamais elle arrivait à m'atteindre, et à m'achever, comme elle avait éradiqué le démon, j'aurai accueilli ces autres ténèbres qui seraient venues pour m'effacer. Je serai mort sans avoir pu l'arrêter. Et ça aurait été là mon seul regret.

Rappelant mes pensées vers moi, j'esquivais la forme abstraite de Marc pour continuer mes recherches. Il devait bien être quelque part, et même si ça allait me prendre des heures, je comptais bien le retrouver avant de quitter cet endroit. Alors que j'avançais, une voix s'épancha quelques secondes plus tard, perturbant le silence alentours. Tenebris ? Transcendant ma forme originelle, faisant picoter les ténèbres sur mes contours. Je reconnaissais ce timbre particulier, cette aura caractéristique qui se laissait percevoir, cette énergie forte qui émanait derrière nous. C'était lui. Ruhan ? Mon esprit s'étendit en sa direction, guidé seulement par ces répercussions laissées par l'écho de sa voix dans l’atmosphère. Je le frôlais, son âme près de la mienne, son énergie faisant grésiller les ténèbres qui m'enveloppaient. Au ralenti, je me tournais vers lui, percevant son appel silencieux, sa demande secrète de contempler son esprit. Lorsque mon attention se porta sur lui, que mes pensées glissèrent sur son énergie, le temps s'arrêta complètement. Figé dans mon élan, transcendé par l'instant, empoigné par sa présence, je flottais dans les airs, incapable de m'arracher de ma torpeur. J'en oublias la silhouette de Marc, qui devait se trouver dans le coin. Impossible de me concentrer sur autre chose que Ruhan, alors que son éclat se déversait en moi, illuminant ces zones d'ombres que je préférais garder à l'écart. Cachées, secrètes. Mon âme s'épancha, tandis que j'enroulais mon esprit autour de lui, l'enserrant avec une douceur oubliée. Une tendresse que je n'avais connu qu'en la présence de l'Outsider, et de la sienne, par le passé. Il m'était difficile de renoncer à sa proximité, et la façon dont son être se tenait en disait long sur ses pensées. La manière qu'il avait eu de se rapprocher du contact fugace, précaire, comme si ma présence lui avait manqué, depuis toutes ces années.

Le silence devenait assourdissant alentours, tandis que je me perdais dans les souvenirs, tendant vers ses pensées, m'entremêlant à son esprit. Ces moments partagés, refaisant surface, touchaient mon âme, m'emportant des années en arrière. Sa présence restait ancrée en moi, et malgré son absence au cours de mon existence, je percevais toujours ce lien, qui nous avait unis. Cette complicité, cette proximité, cette affection. Toutes retrouvées en cet instant perdu dans le temps. Perdu dans l'espace et la réalité. Comme un souvenir qui était bien trop fort, une hallucination authentique. Pourquoi es-tu ici ? Je croyais que tu ne pouvais pas... Sa voix laissée en suspend, me toucha une fois de plus, et je rappelais mon esprit, bien trop tôt à mon goût. M'éloignant de sa prestance, de sa présence, ne pouvant plus apprécier ni savourer l'absolu de son être. Le laissant retrouver son intégrité, tandis que je tentais de retrouver et maintenir une certaine contenance. Au détriment de mon esprit, empoigné sous les effluves brumeuses des souvenirs hantés. Je suis venu te voir, Ruhan. Un silence, qui résonnait tel un écho, bien trop bruyant et percutant. Qu'y a-t-il ? Je flottais vers lui, doucement, lentement, sans franchir de limite. Sans succomber à son magnétisme, ni à ce qui émanait de lui. Je n'étais pas là pour ça. Même si sa présence m'avait manqué, et que son absence avait marquée mon âme. J'ai besoin de te demander quelque chose. Son esprit sembla perturbé, incertain alors même qu'il dardait son attention sur Marc. Du moins, c'était ce que j'imaginais. Je n'osais pas détourner mes pensées de lui, rompre cet échange invisible, ce contact précaire. Vas-y. Marc pouvait penser ce qu'il voulait en cet instant, il avait tout autant besoin que moi des réponses de Ruhan. Je répondrai dans la mesure du possible. Ma forme tressauta à ses propos, comme si l'appréhension faisait vriller les lambeaux de mon être. J'attendis quelques secondes, m'imprégnant de l'instant, savourant le moment tant qu'il persistait encore. Et enfin, je lui demandais s'il était au courant de ce qui se passait actuellement. S'il connaissait Hellhound, ou s'il avait vu cette femme bien trop puissante. Si les rumeurs des sacrifices étaient parvenus jusqu'ici. Je n'omettais rien, lui balançant la vérité sans me retenir. Mes doutes, mes craintes, empreintes au fond de mon esprit. Il m'expliqua qu'effectivement, il y avait eu des échos jusqu'ici, et que les dernières âmes arrivées avaient vues des choses affreuses. Ruhan narra quelques histoires, que je pris en considérations, avant de lui poser l'ultime question. Est-ce que... Tu saurais quoique ce soit, qui puisse nous aider ? La supplique était audible, perceptible, transcendant le voile fantomatique qui m'entourait. Faisant vriller les ténèbres alentours.

Nous ? Je me reculais légèrement, étonné. L'âme de Ruhan semblait pulser, tandis que ses pensées se faisaient à nouveau percevoir à mon esprit. Il n'y a plus que toi, ton acolyte n'est plus là. Quoi ? M'arrachant enfin de ma contemplation, j'élançais mon attention alentours, cherchant la présence de Marc. Son essence, son âme devaient être perceptible, mais étrangement, je n'arrivais plus à le retrouver. Scrutant l'horizon, je remarquais que sa forme avait complètement disparue. Effacée de cette zone, et carrément de ce plan. De cette dimension, où quelques bribes de son aura flottaient encore dans l'atmosphère, témoignant de sa présence ici il y a peu. Où était-il passé ? Je lui avais dit de rester près de moi, pourtant. Et maintenant il s'était envolé, volatilisé. Disparu d'un coup, sans que je ne lance le contre-sort, que j'énonce l'invocation inverse. Marc... Je me figeais à nouveau sur place, tandis que Ruhan s'approchait derrière moi. L'énergie qui émanait de son être frôlant les contours de ma silhouette. Sa voix résonna à travers mon âme, échauffant mon esprit à vif. Il semblerait que quelqu'un l'ait retrouvé. Il a été appelé à retourner d'où il venait. Non... C'était impossible. Il n'aurait pas pu retrouver le chemin inverse sans se perdre. A moins que cette garce soit bien plus puissante encore et ait réussi à le faire revenir. Le regard perdu sur l'horizon, je restais figé. Les ténèbres s'élançaient furieusement alentours, marquant mon agacement, ma colère qui refaisait surface. Il fallait que je retrouve Marc, que je parte à sa recherche. Que je m'éloigne de ce lieu mais aussi de lui. Sauf que je n'osais interrompre ses pensées. Même si mon être me criait de retourner dans le monde des vivants, me hurlait de retrouver Marc, je n'avais toujours pas eu ces putains de réponses. M'affaissant sur moi-même, je sentais mon être fantomatique trembler plus vivement, et l'esprit de Ruhan m'entoura subitement. Tel un voile protecteur, à l'assurance salvatrice. Je percevais ses réponses, tandis qu'il partageait ses connaissances avec moi. Qu'il m'informait sur les sortilèges dont il avait entendu parler. De ces pièges qu'il avait connu du temps de son vivant. Il me conta tout ce qu'il savait, tout ce qu'il avait un jour appris et retenu. Ses pensées glissaient en moi, emportant mon âme, s'entrelaçaient à mon essence brûlante. Il tentait de me réconforter, comme je l'avais fait des siècles auparavant, lors de ces moments partagés, où il s'était senti démuni, plus bas que terre. Étrangement, le percevoir aussi près de moi, après tout ce temps, eut raison de mes épanchements. Les ténèbres cessaient de vriller l'atmosphère, ma forme arrêtant de crépiter sous l'assaut de l'appréhension. Ruhan toucha mon âme une ultime fois, avant de se reculer. Va le retrouver. Sa présence s'estompa peu à peu, avant de complètement disparaître, et je n'avais toujours pas bougé. Il m'avait apaisé, et pour la première fois depuis très longtemps, je pouvais percevoir ce calme. Cette paix intérieure, cette ataraxie qu'il avait toujours recherché. Et qu'il avait à présent trouvé, dans ce contraste grisé. Contraste, que j'allais vite abandonner à défaut de désagréger. Une vague de haine déferla en mon être, faisant vriller mon esprit, tandis que je m'élançais enfin. Déambulant jusqu'à la sortie. À cette fissure, cette faille dans l'espace-temps. Cette déchirure dans cette réalité, qui allait me permettre de revenir à la mienne. De retrouver l'authenticité de mon monde, la complexité de l'existence même. Et surtout, d'aller récupérer Marc, et le tirer des griffes empoisonnées qui le retenaient prisonnier.


Ayaraven


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@Pando There is no tomorrow. Watch me walk away. Painting my life in grey. All that I wish for is fading away. The time is now. Surrounded by shadows. Painted by colors of darkness. The final last word. Close to insanity.
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Pride
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Il manipule les ombres. En gros, il se sert d'ombres déjà existantes pour en faire ce qu'il veut : déplacer les objets, blesser des êtres vivants, etc.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Dim 18 Mar - 23:10



Stop the sky from falling down
What's inside my head, I've lost a sin. No one to forgive,
No one to forget. Don't you believe if you want it, you can have it. Take the wreck, leave the habit. We go down into the darkness like a stampede, charging. Follow me now, follow me, down

Le paysage gris s’étend sous ses yeux et ça suffit à le faire se sentir insignifiant. Rien de tel qu’un petit voyage dans une autre dimension pour développer un bon petit complexe d’infériorité. Il y a tellement de chose à avaler que Marc a basculé ce qui lui sert de cerveau sous cette forme en pilote automatique. Il se contente de suivre Tenebris, mécaniquement. Reste près de moi, qu’il dit. Ah bah là, Marc n’a pas vraiment le choix s’il ne veut pas se perdre. Il est presque sidéré par le total vide qu’il ressent. Quand on a une forme physique, on ressent toujours quelque chose. Le froid. La chaleur. La faim. La peau qui démange. On ressent parfois même le poids de son propre corps même si on a appris à vivre avec et qu’on n’y prête plus attention. Les signaux qu’envoient les nerfs sont multiples. Et là… rien. Le silence. Aucun signal. Aucune sensation. Ça le perturbe bien plus qu’il ne s’y attendait quand il a commencé ce rituel à la noix. Il regarde autour de lui pour ne pas finir par devenir complètement taré. Ce paysage gris et désolé qui les entoure. Marc n’a jamais rien vu de tel et n’aurait jamais pu s’imaginer que quelque chose comme ça puisse exister. Ce qui l’amène à se sentir vraiment insignifiant. Un grain de sable. Rien de plus. Comme toutes ces âmes qui jonchent ces lieux.

Il suit la déité. Tenebris l’informe qu’un bon nombre d’esprit terminent ici après la mort. Etrangement ? Et bien ça ne lui donne pas envie. Et voilà que Marc se met à se demander s’il atterrirait ici ou ailleurs quand il aura passé l’arme à gauche.  Si passer le reste de l’éternité ici est le choix le plus acceptable qui s’offre à lui, ça craint un peu. Mais avec tout ce qu’il a fait, il n’est pas certain de terminer ici. Trop d’aller-retours autour de la limite de l’acceptable. Sa propre âme est en morceau. Il en a sciemment sacrifié des bouts pour élargir ses connaissances. Ce sacrifice a un prix. Un sacré prix. Un prix que Marc était prêt à payer pour connaitre ses propres limites et les dépasser. Mais avec la magie, rien n’est gratuit. C’est comme l’alchimie. On ne peut pas créer quelque chose à partir de rien. En magie, c’est pareil. Ses propres habilités avec les ombres sont liées à sa capacité à puiser en elles pour leur donner la forme qu’il souhaite ou les contrôler.  Il peut les allonger, les rendre solide pour en faire des armes tant qu’elles sont là. S’il n’y a pas d’ombre, il est impuissant.  D’où le fait qu’il soit forcé d’avoir au moins une source de lumière, même ridicule. Dans le noir total, ça ne fonctionne pas. C’est la même chose avec la magie qui coule dans ses veines. Il ne peut pas simplement faire quelque chose sans puiser dans une énergie déjà existante. Sinon, il doit sacrifier quelque chose. Des fragments de son âme. Des années de vie. Des expériences bien dangereuse pour un être mortel.  Et il décide de ne plus y penser parce que c’est quand même vachement anxiogène ces conneries. Son heure n’est pas encore venue et ça lui va très bien comme ça. Pour l’instant, il a une mission à remplir. Une âme appelle Tenebris. Derrière eux. La déité semble le reconnaître et Marc décide de rester en retrait. Il est encore une fois confronté à quelque chose qui le dépasse complètement. Il a l’impression d’assister à des retrouvailles. A quelque chose d’intime qu’il n’est pas censé voir. Il n’a pas les mots. Et il ne sent pas à sa place. La meilleure chose à faire est d’attendre que ça se termine, tout en écoutant l’échange. Il ne saisit pas toutes les implications et il n’a pas vraiment envie de comprendre. Il est ici pour des réponses. Ce que Tenebris fait avec cette âme, ce ne sont pas ses oignons. Enfin… ça le concerne un peu dans une certaine mesure, vu qu’ils sont là pour lui. Avec une forme physique, Marc aurait croisé les bras et baissé les yeux en attendant que ça se termine, les lèvres scellées. Dans son état actuel, il ne peut que… flotter ?

Ou tomber, c’est très bien aussi. Et souffrir au passage. Putain, ça fait mal. Il se sent tiré sans savoir d’où ça provient mais dans un éclat de lucidité, il arrive à comprendre que ce n’est pas normal. Sauf qu’il n’a même pas le temps d’avertir Tenebris au final. La scène paisible de ses retrouvailles avec ce Ruhan est effacée par quelque chose qui l’est beaucoup moins. Ça brûle. Et bam, le parquet. Il a le vertige, il souffre et il ne sait absolument pas où il est. Et c’est aussi bien différent. Sa forme non physique n’est plus vraiment la même. Il la sent, cette différence. « Mais putain, c’est quoi ce bordel… » marmonne Marc en tentant de reprendre ses esprits. Il est retourné dans son corps ? Sans Tenebris ? Non, ce n’est pas ça. Car s’il ressent des choses, ce n’est absolument pas comparable aux sensations de son enveloppe physique. Ce n’est pas du tout pareil. Il se redresse péniblement. Ça, c’est nouveau. La dernière fois qu’il s’est dématérialisé dans le plan spectral, il n’avait rien senti de tel. C’était de repasser au plan physique qui avait été douloureux. Pas vraiment douloureux mais avec certains effets indésirables. Là, il se sent comme s’il était passé sous un camion. Deux fois. Son regard s’attarde sur la pièce dans laquelle il se trouve. Il n’est pas dans le vieil entrepôt. Il est ailleurs. Il cherche à bouger pour voir vraiment dans quel endroit il a atterri mais il se heurte à une sorte de mur invisible qui lui inflige une légère décharge électrique en le repoussant.  Il grogne sous la douleur que ça lui provoque. Il serre les mâchoires et secoue doucement la tête en clignant des yeux. Il est censé paniquer, c’est ça ? C’est vraiment à croire que les situations les plus incongrues s’enchainent depuis qu’il connait Tenebris. Ouais, même alors que la déité est pas là, Marc trouve encore le moyen de lui rejeter la faute dessus.  En baissant les yeux, Marc a la désagréable surprise de constater qu’il se trouve pile sur un cercle. Il lui faut une bonne minute pour comprendre exactement de quoi il s’agit. Un piège. Putain. Il est dans un piège. Pourquoi ? Qui ? Quand ? Comment ? Et bordel de… Il cesse de pester dans sa barbe et se fige quand il entend des pas derrière lui. Il tourne légèrement la tête sur le côté pour regarder la silhouette qui est en train de le contourner. Dix dollars que ça a un rapport avec le piège dans lequel il se trouve. Il espère que cette personne est prête pour la dérouillée verbale qu’il va lui mettre parce que ce ne sont pas les insultes et les sarcasmes qui manquent.

Les insultes et les sarcasmes meurent carrément sur ses lèvres. C’est elle. S’il ne l’a pas vu la dernière fois, Tenebris lui a fait un descriptif détaillé. Et la voilà, en train de lui tourner autour d’un air satisfait. Hellhound. Elle s’arrête enfin et se plante face à lui, en croisant les bras. La capuche dissimule une partie de son visage mais le petit sourire est bien visible. Il exprime une forme de victoire. « Tu es vraiment son portrait craché. » Marc la fusille du regard en gardant le silence. Nul doute qu’elle fait référence à Aidan. « Ouais. Exactement le même genre de regard. » Elle soupire de façon exagérée et théâtrale. « Bon, je vais être honnête. T’es une épine dans mon pied. Toi et ton copain le dieu des Ténèbres, vous êtes pénibles. J’ai dû tuer Aegnoriel parce qu’il n’a pas pu s’empêcher de parler. T’as une idée de combien c’est difficile à trouver, des démons ? » « Tente le marché noir, peut-être ? » balance Marc en croisant les bras et en la toisant. « Très drôle. Où est Tenebris ? » « Pas là. » La réponse sort d’elle-même et il a presque envie de lui faire un sourire sarcastique en doublant le tout d’un geste du majeur. Mais ça aussi, il n’en a pas le temps. Hellhound change d’expression en une fraction de seconde. L’instant d’après, Marc est en train d’hurler de douleur, recroquevillé sur lui-même. Son être est en train de brûler. C’est pire que tout ce qu’il a dû endurer jusqu’ici. « Je vais t’expliquer comment ça se passe, Marc. Je pose les questions, tu réponds. » Il grogne et gémit à la fois quand ça s’arrête. Elle lui tourne le dos et fait quelques pas. Il profite de ce moment de répit pour rassembler ses neurones. Elle connait son prénom, et ça, ça craint. Elle sait qu’il est de mèche avec Tenebris. Ça craint encore plus. Elle est capable de le faire souffrir alors qu’il n’a même pas de forme physique. Elle est capable de lui parler et de le piéger alors qu’il était carrément dans un autre dimension. Tenebris n’a pas menti. Elle est redoutable. Il regrette le temps où il ne l’avait pas en face de lui. Elle lui tourne toujours le dos. Ce qui a échappé à la vue de Marc se dévoile enfin. Il est coincé ici avec elle, sous ses deux formes. Car à présent, il le voit. Son corps physique. Il est au centre de la pièce. Il sent une rage sourde monter en lui. Là, c’est officiel, il en fait une affaire personnelle.  Il n’est plus seulement question de retrouver Aidan et d’empêcher la fin du monde. Il est aussi question de lui latter la tronche quand l’occasion se présentera. « Aidan a tenté de me la faire à l’envers. Il trouve que ce qu’on fait n’est pas… moral. » Ben... sur le coup, il a eu raison, hein... «  C’est clairement pas moral, ce que tu fais. Du trafic d’âmes ? Tu ne pouvais pas te contenter de licorne en peluche ? » Ce sarcasme lui vaut le même traitement qu’auparavant. « J’ai pas besoin qu’on me dise ce qui est moral ou pas. Et tu es très mal placé pour me dire quoique ce soit. Je veux savoir où est Tenebris et ce qu’il prépare. » « Je ne sais pas où il est, je suis pas sa putain de mère. » Encore une fois, elle lui fait comprendre ses règles. Une leçon douloureuse. Il ne va pas pouvoir tenir bien longtemps. Mais le pire ? C’est qu’il dit la vérité. Il ne sait pas vraiment où est Tenebris. Est-il toujours là-bas ? Est-il revenu ? « Te fous pas de ma gueule, Bowman. Tu n’es plus sous forme physique. Pourquoi t’aurais besoin de quitter ton corps, hein ? » « Mais bordel, je te demande le résumé de ta journée, moi ? » Il crache ces mots. Termine encore une fois prostré sur lui-même à hurler.  

Il la détestait déjà mais là, c’est carrément plus qu’officiel. Il la hait. Elle essaye de lui tirer les vers du nez, sans succès. Marc encaisse. Il sent bien qu’il ne va pas pouvoir tenir comme ça éternellement. Le piège l’empêche de bouger et sous cette forme, il n’a aucun pouvoir. Il est totalement neutralisé. A sa merci. Elle peut littéralement faire ce qu’elle veut de lui. « Tu sais… » Elle est de nouveau face à lui, les bras croisés, alors qu’il est à genoux et extenué par les mauvais traitements qu’elle lui inflige. Ça doit bien faire trois heures que ça dure. Il lève les yeux au ciel avec l’air de dire Cause toujours, tu m’interesse « … C’est un peu à cause de ton frère si t’es là. Bon, c’est aussi à cause de toi parce que t’aurais clairement dû te mêler de tes affaires mais dans le contrat, je ne suis pas censé te toucher. » De quel contrat elle parle, celle-là ? Il en a assez de ses conneries. « Seulement, je crois que c’est de famille de me casser les ovaires, mais Aidan s’est barré. Il a juste disparu de mes radars. Il doit être en train de chercher un moyen de m’arrêter quelque part. » Aidan se serait détourné de Madame la Pétasse à Capuche ? Étonnant. Mais qu'est-ce qu'elle entend par dispairaitre des radars ? Merde, quoi. Il a encore plus de question, maintenant. Cette liste ne cessera jamais de s'allonger.  Elle se détourne à nouveau. Marc ne la regarde pas, cette fois-ci, lassé de son va et vient permanent. Il sent qu’il est en train de s’affaiblir. Il se demande combien de temps il va bien pouvoir tenir. Et si Tenebris va pointer le bout de son nez. Il espère que non. La pensée venue de nulle part, certes, mais il ne veut pas qu’il se pointe tant que cette salope est ici. C’est trop risqué. Ils savent de quoi elle est capable mais ils ne savent pas jusqu’où s’étendent ses pouvoirs. Si elle a réussi à passer les barrières de Tenebris pour récupérer son corps et piéger son âme ici alors qu’il était carrément sur un autre plan, elle est plus redoutable qu’elle en a l’air. Elle s’arrête de marcher. Marc lève enfin les yeux pour voir ce qu’elle fait. Elle se trouve juste à côté de son corps physique. « Du coup, je suis face à un dilemme, Marc. Tu ne me sers à rien parce que tu ne me diras jamais ce que je veux savoir et en prime… Vu qu’Aidan a brisé le contrat, t’es censé prendre pour lui. » Marc grogne en levant les yeux au ciel. « Comme si ce contrat à la con changeait quoi que ce soit. » « Je suis une femme de parole. Tant qu’il se tenait à carreau et qu’il faisait ce que je lui disais, j’avais pas le droit de te toucher, ni de toucher sa femme. » Il se décompose à l’évocation de Mai. Cette espèce de… Marc se redresse alors qu’elle poursuit. « Du coup, le dilemme, c’est le suivant. Je voulais te faire subir le même sort que l’autre démon à la langue bien pendue. Maiiiis… » Elle semble soupirer comme si elle était ennuyée par quelque chose. Elle redresse la tête pour le fixer avec un grand sourire. « Je ne peux pas m’empêcher d’imaginer ta tête et celle de ton frère si je te laisse comme ça pour l’éternité. Du coup, ça m’a l’air bien plus marrant. » « Plus marrant de quoi ? » Il n’est pas certain de vouloir connaitre la réponse. Elle voulait dire quoi, là ? Le laisser sous cette forme pour l’éternité ? Elle est sérieuse ? « Hey, réponds-moi, connasse ! » Elle l’ignore malgré les insultes qui sortent de sa bouche. Elle penche la tête sur le côté en fouillant dans ses vêtements. « Tu sais que si ton enveloppe physique meurt pendant que ton âme est ailleurs, tu restes coincé ? » Marc accuse le coup, digérant les mots qui viennent de sortir de sa bouche alors qu’il la voit en train de sortir un athamé. « Ne t’approche pas de moi, espèce de… » Les extrémités du cercle le repoussent au centre quand il rue pour tenter de sortir de là. « Passe le bonjour à Tenebris de ma part. » Il sent littéralement la lame le transpercer en même temps qu’elle transperce son vrai corps. Alors qu’il porte une main à l’endroit où il a senti cette douleur vive, elle se redresse et s’éloigne. Le laissant coincé dans cette cage magique avec son corps en train de se vider de son sang sous ses yeux alors qu’il est bien trop sous le choc pour que le moindre son ne sorte de sa bouche.  


___

Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


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Tenebris
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Dim 25 Mar - 23:17


Stop the sky from falling down
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♠ ♣ Open your eyes 'cause you're never gonna know if your next move might be your last. Living a lie, everybody's always gonna bring up my past. I'm not ready to change, I'm doing my thing. You're pointing the blame, you know I'm not ready to choose. So don't get confused and stay the hell out of my way. ♥ ♦



Les ténèbres crépitaient alentours, en rythme avec cette haine qui pulsait en mon être, à mesure que j'approchais du portail. La matère noire s'élançant vers l'énergie, désespérée d'atteindre la déchirure et de quitter ce monde sans couleurs. Ma forme originelle vibrante dès lors que je me laissais enlacer par le magnétisme du portail. A nouveau, j'étais transcendé par les mouvements des forces mystiques qui m'emportaient à ce point d'ancrage. A cette extrémité dans laquelle je me complaisais. Les contours de ma silhouette s'épanchaient alors que je voyais enfin le paysage familier se dessiner alentours. Je retrouvais mon monde, ma réalité. L'énergie pulsait derrière moi, alors que je me figeais juste devant le catalyseur. La colère qui m'empoignait faisant tressauter les ténèbres qui m'entouraient. Flottant au dessus du cercle peint par le sorcier, mon regard accrocha le coin où j'avais déposé Marc juste avant de partir dans l'autre monde. Un vide creusé par l'absence de son corps physique se trouvait à cet endroit, tandis que je constatais avec stupeur que son esprit n'était plus là lui aussi. Putain. Lançant un regard alentours, je remarquais que les protections des ténèbres tenaient toujours en place, et que la fresque dépeinte par les ingrédients et l'artefact étaient intacts. Merde. Si les protections n'étaient pas brisées, et que le cercle n'était pas défait, cela ne pouvait dire qu'une seule chose. Quelqu'un avait réussi à faire passer le sorcier de l'autre dimension à cette réalité, en transportant son corps au passage. Et si Marc n'était plus là, à la fois physiquement et spirituellement, il était fortement probable que la personne qui l'ait appelé à revenir ici soit d'une puissance inégalée. Un être redoutable, aux pouvoirs incommensurables, qui commençait sérieusement à m'agacer. Un grognement m'échappa tandis que je luttais pour ne pas partir en vrille. Ça me paraissait assez évident à présent, que l'autre connasse à capuche avait capturé Marc. Pour régler ses comptes et m'atteindre. J'avais encore eu quelques doutes avant, mais la colère qui venait à me ronger les lambeaux en cet instant était bien trop tangible pour que je puisse encore me tromper. C'était elle, la figure derrière toute cette souffrance, derrière les sacrifices et les trafics. Elle, qui avait ébranlé mon monde et décimé ma famille. Et elle allait payer. Pour ses crimes.

J'étendais mon esprit alentours, ressentant les ténèbres crépiter devant les ondes psioniques que je percevais. L'énergie émise par l'esprit de Marc était bien là, juste devant le portail, mais si faible. Elle pulsait, crépitait si peu, presque éteinte en un souffle. Comme de la fumée qui passait entre les doigts. Concentrant mes pensées vers ce point, je pouvais percevoir sa signature de manière plus précise. Et estimer une direction qu'il avait pu emprunter. Enfin, être forcé à emprunter. Lâchant un grognement, je rappelais mon esprit et mes pensées, avant de me matérialiser dans le plan des mortels. Empruntant ma forme physique, j'étendais la main vers le portail, marmonnant la contre-formule. L'incantation inversée pour le refermer. Il vibra, l'énergie pulsant à m'en transpercer la peau. Je ne m'arrêtais pas, malgré ces quelques pics désagréables qui me déchiraient de l'intérieur. Mais la haine résonnait en mes entrailles et contrebalançait cette douleur, empoignant mon être avec vigueur. La fureur me faisait tenir, donnant l'impression que rien n'allait pouvoir m'arrêter. La colère crépitant sous ma peau, frôlant les contours de ma forme originelle, au même rythme que les ténèbres qui s'épanchaient alentours. Mon esprit bouillonnait, mon âme ouverte à vif, alors que je laissais la rancœur me submerger. Refermant le portail une bonne fois pour toute, je récupérais l'artefact, l'attrapant du bout des doigts. Son énergie pulsait silencieusement contre ma paume, tandis que j'élevais mon autre main, ordonnant aux ténèbres d'effacer nos traces. Les objets magiques, les bougies, la fiole brisée et les ingrédients s'élevaient dans les airs, avant d'être enfouis dans le sac de sport du sorcier. Le cercle commençait à être rongé par la matière noire, disparaissant, s'estompant, s'effaçant peu à peu. M'approchant de la fenêtre, je murmurais quelques mots inaudibles pour retirer les protections obscures. Ma paume, élevée dans les airs, s'étendait vers le mur, tandis que je mouvais mes doigts, déliant les nœuds dans la pénombre.

Attrapant le sac quelque peu brusquement, je le balançais sur mes épaules avant de franchir la porte du bâtiment abandonné. J'avais effacé nos traces, et il ne restait plus rien de nous en ces lieux. A part cette énergie qui me picorait encore la peau. Une vague de rancœur se déversa en mes entrailles lorsque je m'échappais enfin, faisant vriller ma forme originelle et crépiter mon esprit. Serrant les dents, j'avançais vers la voiture volée, ouvrant le coffre pour y déposer le sac sans grande considération. L'artefact toujours en main, je l'entourais d'un voile noir protecteur et le plaçais dans un coin au fond du coffre, avant de le refermer. Soufflant bruyamment, je me reculais de quelques pas, levant mes paumes devant moi, tournées vers la voiture. J'esquissais de grands gestes, englobant le véhicule d'une poigne solide. Les ténèbres se jetaient sur les contours de la carrosserie, cachant la silhouette aux yeux indiscrets. Abaissant les mains, je me détournais enfin. Le sang cognait à mes tempes, mes oreilles bourdonnant sous l'assaut de la colère. Je grognais, mes paumes me picotant par anticipation d'un combat imminent, l'adrénaline vrillant mon corps tout entier. Un écho cognait furieusement au creux de ma cage thoracique, martelant mes côtes. Laissant la colère consumer mes entrailles, décimer mes réserves et brûler mon âme, je n'étais plus que haine. Faisant brusquement éclater ma forme physique en une myriade de fragments, je laissais mes lambeaux fantomatiques s'épancher abruptement dans la réalité. Me matérialisant dans le plan spectral, je me concentrais sur l'essence de Marc, cherchant à localiser sa position. Sa signature était très faible, mais je pouvais la percevoir malgré tout. Du fait du pacte, du contrat, ou peut-être d'autre chose. Peu importait en cet instant, si ce n'était de le retrouver. Lui, mais aussi elle. Et en terminer une bonne fois pour toutes. En une fraction de secondes, je me matérialisais d'un point à un autre, suivant sa signature comme une ombre. Son énergie se faisait de plus en plus vive, plus tangible, à mesure que je m'approchais de sa position. Il avait fait un paquet de kilomètres celui-là, mais encore, ce n'était en rien sa faute. S'il s'était fait rappeler, c'était à cause de moi. Parce que cette grognasse avait un problème avec les déités, et que Marc avait eu le malheur de traîner avec moi dernièrement. A cause d'un pacte et parce qu'il avait été au mauvais endroit, au mauvais moment.

Lâchant un grognement, je me matérialisais devant un nouveau bâtiment tout aussi délabré et à l'air austère. La signature de Marc était plus poignante, plus authentique à cet endroit. Il devait se trouver quelque part là-dedans. Serrant mes phalanges fantomatiques, je franchissais la porte principale du bâtiment, m'aventurant à l'intérieur de ces lieux sombres et désaffectés. Les ténèbres s'épanchaient autour de ma silhouette, ma forme crépitant dangereusement. Je pouvais ressentir la présence de plusieurs pièges, mais la haine qui me transcendait était bien plus puissante que ces boucles d'énergies de pacotille. Mais aussi entendre des bruits de pas, des échos étouffés au loin. Je n'avais pas le temps pour ça. Sans un regard en arrière, je suivais la trace du sorcier, avant de sentir son énergie me frapper de plein fouet. Il était dans la pièce juste à côté. Je n'attendis pas plus longtemps et me matérialisa en une fraction de seconde à cet endroit. La réalité se déforma sous mon regard, telle une onde, avant de se stabiliser. Et de me montrer ce paysage déroutant aux détails alarmants. Trois formes debout, dans les coins de la pièce, qui semblaient avoir perçues mon arrivée. Du moins, qui avaient perçues l'air qui se mouvait et crépitait à ma matérialisation. Une cage magique, à quelques pas. Au sein de laquelle je percevais l'esprit brisé de Marc. Recroquevillé, soufflé, ébranlé. Et là, au milieu de la pièce, son corps. Sa forme physique, immobile. Immuable, alors que le temps s'arrêtait, dès lors que je remarquais. Figé, mes iris s'ancraient à cette lame, qui transperçait la peau du sorcier. Qui perforait son derme, ses muscles, ses côtes. Pour s'enfoncer et déchirer l'organe qui se cachait au creux de sa cage thoracique. Je reculais, instinctivement, sous le coup que je me prenais au sens figuré. Non... Voir sa silhouette, ses contours si réels, se perdre dans la réalité, et cette tâche de sang qui ne cessait de s'écouler. De se disperser, de s'étendre encore et encore, me rappelant bien trop de choses. Bien trop de souvenirs que j'aurais voulu enfouir, et ne plus jamais faire resurgir. La scène se transposant à ces fragments qui hantaient mon esprit, s'inscrivant sous mes paupières dès lors que je fermais les yeux.

M'élançant d'un coup, je repris forme humaine, me matérialisant dans le plan physique. Je ne pouvais pas laisser passer ça, je ne pouvais pas perdre une autre personne de la même manière que je l'avais perdu lui. Alors je laissais cette haine m'étreindre, grésiller sous ma peau, et ma forme originelle crépiter sous l'assaut de cette colère sourde. Le sang pulsait à mes tempes, tandis que j'élevais la main, mes muscles tendus comme jamais. L'adrénaline cognait en mes veines, les ténèbres roulant sur mes bras, jusqu'à aller recouvrir le corps de Marc, d'un voile protecteur. Les ténèbres s'insinuaient déjà à l'intérieur de la plaie, pour enserrer son cœur et stopper le saignement. Lâchant un grognement, j'abaissais cette main, étendant l'autre, intimant aux ténèbres de percuter l'une des silhouettes dans un coin de la pièce. L'enserrant avec brutalité, je lui faisais racler son dos contre le mur, le soulevant sans le moindre effort. Je grognais, serrant les dents, la mâchoire crispée. Une boule dans la gorge, qui m'empoignait, et un écho raté qui se répercutait entre mes côtes. Mon esprit, échauffé par la rage, hurlait dans mon crâne, me vrillant l'âme. J’entrouvrais les lèvres, ma langue lourde dans ma bouche, alors que je sentais la fureur s'épancher en mon être. Je hurlais, des cris hargneux qui se répercutaient contre les murs, ma violence éclatant brusquement alentours. Serrant le poing à en faire blanchir mes phalanges, j'étouffais ce connard sans me préoccuper de mes ongles qui raclaient ma paume. Du coin de l’œil, je vis les deux autres se précipiter vers moi. Tandis que je tournais la tête en leur direction, j'ordonnais silencieusement aux ténèbres de se déchaîner sur eux. Une vague de matière noire se déversa sur eux, les ensevelissant sous la pénombre. Reportant mon attention sur le pécore que j'étais en train d'asphyxier, je pouvais le voir se débattre et sentir sa colère à mon égard. J'esquissais un sourire carnassier, un ricanement amer s'échappant de ma gorge. Crève, charogne. J'apportais mon bras vers moi, emportant sa silhouette en avant, avant de l'élancer à nouveau en sa direction. Sa tête cogna contre le mur et il s'immobilisa, rejoignant l'abîme. Délaissant sa silhouette immuable, je rappelais les ténèbres, tandis qu'il percuta le sol sans la moindre grâce. Me tournant vers les deux autres, je les voyais se relever, prêts à en découdre. L'un d'eux se tenait en retrait, et marmonnait une incantation en latin, tandis que l'autre me sautait dessus. J'en avais les oreilles qui saignaient, sa prononciation étant à chier. Tandis que je bloquais le coup de l'autre en levant mes deux bras devant moi, croisés pour protéger mon visage, je grimaçais en l'entendant continuer. Roulant les yeux au ciel, je pris une impulsion pour forcer le passage sur celui qui m'assaillait. Le déstabilisant, j'en profitais pour frapper le sol de mon pied, de sorte qu'une lance de ténèbres jaillisse du sol pour transpercer son corps. L'empalant sur place, et le faisant se soulever dans les airs, par la force de l'impact.

La respiration erratique, je portais mon attention sur le dernier encore en vie. Il continuait toujours son incantation, et ses mains bougeaient avec fluidité. Mon regard accrocha la silhouette de Marc, toujours enfermé dans cette cage magique, une fraction de seconde. Il fallait que j'agisse vite, si je ne voulais pas qu'il se retrouve bloqué ici à jamais. J'interpellais alors le dernier pécore, m'approchant de lui d'un pas menaçant. Eh ! Il ouvrit les yeux, et darda son regard sur les contours de ma silhouette, non sans stopper son incantation. Je levais la main devant moi, la secouant vigoureusement tout en faisant le même mouvement de la tête. Lèvres pincées, une grimace étira mes traits. Mec, revoie ton latin sérieux. Il écarquilla les yeux, ses mains se stoppant dans son élan. Je ricanais, ahuri, profitant de son absence de réaction pour élancer des ténèbres au sol, en la direction de Marc. Leur ordonnant de ronger les liens du cercle, d'affaiblir le piège juste assez pour qu'il puisse s'échapper. Plissant les paupières, je penchais la tête sur le côté, ma voix grave et tranchante résonnant alentours. Si tu veux pouvoir lancer un sort qui t'explose pas à la gueule à cause de son instabilité, révise ta prononciation. Parce que là... Je grimaçais à nouveau, abaissant ma main. C'est pas ça du tout. Croisant les bras sur mon torse, j'entreprenais de garder contenance et d'agir nonchalamment, de quoi gagner du temps, au grand dam de cette colère qui pulsait en moi. Attends, je vais t'en apprendre une bonne. Je ricanais exagérément, le voyant commencer à paniquer. Il semblait comprendre que j'essayais de l'entourlouper. Mais, j'allais quand même la lui sortir, ça faisait longtemps. Répète après moi. Passant ma langue sur mes lèvres, je me tenais bien droit, avant de lui exposer la réplique. Pedicabo ego vos. J'esquissais mon sourire le plus narquois, haussant les sourcils de manière suggestive, avant de décroiser les bras et de combler la distance. Écrasant mon poing sur sa gueule, je fracassais son visage, fracturant son nez, tandis qu'il fut projeté en arrière. Son dos percuta le sol brutalement et je m'accroupissais au dessus de lui, la rage me frappant de plein fouet. Elle revint à la surface, dévorant mes entrailles, alors que je laissais pleuvoir les coups, détruisant à jamais sa silhouette. La gorge brûlante, les muscles crispés, les poings échauffés, je fus transporté par la haine qui se déversait en moi. Marquant ce corps de ma signature particulière. Lorsque je le sentis mourir sous mes poings, je relâchais son corps et me relevais, la respiration saccadée. Une exclamation étouffée m'échappa, tandis que j'essayais de reprendre un certain contrôle. Mon corps tremblait encore, dévasté par la rage. Assaillit par ces émotions qui me vrillaient l'esprit. Le sang cognait à mes tempes, brûlant mes veines à vif. Mes muscles me tiraillaient et je sentais mon souffle devenir fébrile. Inspirant et expirant plusieurs fois, je tentais de ne plus me perdre, et de m'accrocher à cette réalité. A cette atmosphère tangible, et à l'avenir qui attendait toujours.

L'instant me rattrapa, et je me détournais enfin de ce spectacle macabre. Posant mon regard sur le paysage désolé, la silhouette de Marc qui saignait toujours au milieu de la pièce, et sur son esprit, à présent libéré de sa cage. Je m'élançais dans une impulsion, accourant vers lui, avant de me laisser tomber au sol. Genoux claquant contre la texture du sol, alors que j'attrapais son poignet d'une main et son visage de l'autre. Marc ? Je tapotais son visage, essayant de le stimuler assez pour le réveiller. Son esprit pouvait rejoindre son corps à présent qu'il n'était plus enfermé. Mais le sorcier avait perdu beaucoup trop de sang, et même si les ténèbres cautérisaient la plaie, il pouvait y avoir des complications. D'autant plus que son esprit, dans une sorte de transe, ou sujet à un traumatisme, pouvait ne plus retrouver le chemin vers son corps. Vers le confort de sa forme physique. Je sentais quelque chose se creuser en mes entrailles, une vague glaciale déferlant le long de mon échine. Une exclamation étouffée m'échappa, tandis que j’entrouvrais mes lèvres tremblantes. Marc ! Je sentais un pouls très faible, et l'énergie de son esprit s'estomper. Tournant la tête en sa direction, j'ancrais mes iris sur sa forme fantomatique, l'intimant de rejoindre son corps. Il avait l'air toujours aussi perdu, complètement à la dérive. Putain de merde. Reportant mon regard sur son corps, je sentis une boule se former dans ma gorge, que j'essayais de ravaler comme je le pouvais. Inspirant un bon coup, je fermais les paupières, serrant les poings. Okay. Je savais quoi faire. Rouvrant les yeux, un voile noir s'étendait sur mes iris, tandis que je levais ma paume. Ordonnant aux ténèbres d'entourer la silhouette immuable de Marc, et de refermer la plaie, je retirais précautionneusement la lame qui le perforait encore. Du sang jaillit de la brèche, et colora mes doigts, alors que je traçais une ligne contre ma paume. Mon propre sang s'échappant de sa prison de chair, tandis que je balançais l'objet plus loin. Portant directement ma paume sur la plaie, je sentis le liquide chaud, épais et visqueux contre ma peau, se mêler à celui qui me parcourait. La matière noire crépitant alors qu'elle passait au travers de ma main pour s'occuper de l'organe déchiré. La respiration extatique, j'essayais de contrôler mes mouvements, appuyant doucement sur son torse pour ne pas l'écraser. Murmurant une sorte d'incantation inversée. Une formule pour le rappeler à sa forme physique. Un sortilège pour lier son esprit et son corps. Transcendé par la situation, j'élevais mon autre main brusquement, muscles tremblants alors que ma paume se tournait vers l'âme de Marc. Je terminais l'incantation, relevant le visage vers lui, ancrant mes iris voilés aux siens. J'étendais mon âme, l'appelant doucement, l'enserrant lentement, pour le pousser à retrouver le chemin vers son enveloppe. Vers son corps, son physique qui l'attendait. Je n'allais pas le laisser ici, bloqué entre deux états précaires. Il n'allait pas claquer entre mes doigts par ma faute. Je refusais d'avoir sa mort sur la conscience.

Marc... Je continuais, ne le quittant pas des yeux. Il semblait me regarder, mais comme au travers d'un voile. D'un miroir sans teint. Reviens. Un écho pulsa au creux de ma cage thoracique, la sensation glacée ne me quittant plus. Telle une ombre, elle s'accrochait à moi et ne me lâchait sous aucun prétexte. Je l'amenais vers moi, par la force des ténèbres qui le poussaient lentement en ma direction. Ma paume me tiraillait, tandis que j'étendais le bout de mes doigts, le sentant tout proche de moi. Touche ma main. Ravalant ma salive, je ne pouvais décrocher mon regard de lui. Je ne pouvais pas l'abandonner, mais là, c'était à lui de trouver l'impulsion. De trouver la force de frôler la pulpe de mes doigts, et de se laisser entraîner par le lien que j'avais formé entre son âme et son corps. Il suffisait d'un contact, un simple et fugace contact, et il allait revenir. Il allait retrouver la vie. Je t'en prie... Le temps se figea, tandis qu'il avançait enfin, comblant la distance, frôlant ma peau. La pulpe picotant étrangement à son passage, un courant électrique me transcendant, alors que son esprit s'estompait, suivant le chemin jusqu'à son corps étendu à terre. Son énergie me parcourait, de part en part tandis qu'il retrouvait son enveloppe charnelle. Son essence crépitant sous ma peau, tandis qu'il glissa de mes doigts, et que la plaie cicatrisait à présent contre ma paume. Son organe se reconstruisant, ses côtes se remettant du choc, sa déchirure se pansant. J'abaissais ma main, la posant contre mes cuisses, tandis que l'autre restait accrochée à lui. Mon regard, toujours voilé par les ténèbres, glissant sur son corps jusqu'à rester ancré à son visage. J'attendais, incertain, le respiration fébrile, l’anticipation faisant battre un écho en saccades sous mes côtes. Le temps se figeait, tandis qu'il restait immobile, pris dans cet instant précaire. Allez... Mes doigts enserraient plus fermement le tissu qui recouvrait sa peau, ma paume pressant toujours sur la plaie cicatrisée. Serrant l'autre poing, je mordillais l'intérieur de mes joues sans le quitter des yeux. Marc, allez... Il ne respirait toujours pas, malgré le fait que je sentais l'organe pulser trop faiblement sous ma paume. J'espérais qu'il s'accrochait à ça, à cette vie qui l'attendait encore, au fait qu'il avait encore tant de choses à vivre et à accomplir. Et qu'il n'allait pas me filer entre les doigts, comme Ruhan, il y avait des siècles de cela. Une exclamation s'échappa de mes lèvres entrouvertes et tremblantes, alors que la vague glaciale se déversaient toujours en moi, vrillant mes entrailles, gelant mon être. Un écho se creusant dans le vide en ma poitrine, empoignant cet espace abîmé et tiraillé. Mon âme vibrait dangereusement, mon esprit vrillé à force d'espérer. Je me sentais m'effondrer sous ces sensations, alors que la réalité s'abattait sur mes épaules. Marc n'allait pas revenir.

Du moins pas tout seul. Pas sans aide. Alors, avec précaution, je desserrais le poing, levant la main jusqu'à l'apposer sur sa joue, doucement. Lentement, je tournais quelque peu son visage, frôlant ses cheveux en glissant vers sa nuque pour le pencher en avant. Fermant les paupières, je soufflais longuement, tentant de me dépêtrer de ce nœud qui m'empoignait. Trouvant un certain calme précaire au cœur de la tourmente, telle une accalmie après la tempête, je me concentrais. Puisant au fond de moi, à l’extrémité de mon être, j'arrachais une partie de cette énergie qui me constituait. Un bout de mon essence, fluide texture à l’apparence noire et assez épaisse. Pourtant aussi volatile que de la fumée. Je la faisais remonter de mon centre de gravité jusqu'à ma gorge, la sentant passer à chaque seconde. Elle glissa sur ma langue, lourde et coincée sous le palais. Rouvrant les yeux, le néant au creux des iris, je me penchais à mon tour. Comblant la distance qui m'éloignait de Marc, me rapprochant de plus en plus, jusqu'à ressentir une faible chaleur émaner de son visage. Une présence rassurante et réconfortante. Je frôlais presque sa peau, et tandis que je le maintenais d'une main, l'autre vint agripper délicatement son menton. Mon pouce passant sur ses lèvres pour les entrouvrir, ma pulpe s'éraflant presque contre la texture. Fermant les paupières, j'entrouvris les lèvres, soufflant doucement l'essence hors de mon corps. Elle s'épancha, en des arabesques stylisées, franchissant la barrière des lèvres de Marc. Je la sentais me quitter, m'abandonner, épuisant mes dernières forces, pour le rejoindre lui. Pour le booster, le requinquer. Le maintenir en son être et lui donner la stimulation nécessaire à son éveil. Le dernier fragment s'échappa de ma gorge alors que rouvrais les paupières. Le voile noir des ténèbres à présent effacé de sur mes iris. Je scrutais avec attention et appréhension ce fragment glisser sur ses lèvres, avant de se loger au fond de sa gorge, disparaissant en son être. Ma main glissa à nouveau sur ses côtes, appuyant juste assez pour pouvoir sentir les pulsations précaires, tandis que j'attendais un signe de sa part. Reviens Marc... Clignant des yeux, j'essayais de retrouver mes esprits, alors que je commençais à me sentir déphasé. Instable, et en proie à l'absence des ténèbres qui m'entouraient pourtant d'habitude. Là, après avoir déversé une partie de mon être en Marc, je me retrouvais vidé. Vidé de tout. Le souffle me manquait, l'énergie m'abandonnait. Je ne ressentais plus ma prise sur la matière noire, ni sur la réalité. Je flanchais, tremblant de toute mon âme, frigorifié par cette absence. Le manque me dévorant à petit feu, le néant se creusant en mon être. L'instant présent tangible, telle une poigne glaciale sur mon esprit à la dérive. Ma forme originelle se figeant, la vie cessant de crépiter en elle. Je sombrais, dans l'abysse, dans l'abîme. N'attendant qu'un signe.



Ayaraven


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@Pando There is no tomorrow. Watch me walk away. Painting my life in grey. All that I wish for is fading away. The time is now. Surrounded by shadows. Painted by colors of darkness. The final last word. Close to insanity.
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Pride
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Il manipule les ombres. En gros, il se sert d'ombres déjà existantes pour en faire ce qu'il veut : déplacer les objets, blesser des êtres vivants, etc.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Mer 28 Mar - 21:49



Stop the sky from falling down
What's inside my head, I've lost a sin. No one to forgive,
No one to forget. Don't you believe if you want it, you can have it. Take the wreck, leave the habit. We go down into the darkness like a stampede, charging. Follow me now, follow me, down


Sa paume est serrée à l’endroit où il a senti la lame le transpercer. Son visage est déformé par la douleur et le choc. Affaibli par les mauvais traitements qu’on lui a infligé, il sent à présent sa vie en train de lui échapper. Il n’a plus une once de rage en lui. Juste cette sensation de défaite qui lui tombe dessus. Il a perdu. Condamné à rester sous cette forme. Voilà où elle voulait en venir quand elle parlait de rester comme ça pour l’éternité. Et la seule chose qu’il peut faire, c’est regarder. Regarder en voyant le sort qui l’attend. Il ferme les yeux et se laisse tomber au sol. Il est foutu. Littéralement.  Parce que le tuer simplement aurait visiblement été un sort bien trop doux pour lui. Et que depuis le début, Marc est simplement un outil pour faire pression sur son frère. A croire que s’il n’avait pas été là, Aidan ne se serait jamais laissé piéger de la sorte dans un truc qui dépasse l’entendement. Quand il lui arrivait de penser que son frère serait bien mieux sans lui dans sa vie, au final… Il avait raison.  C’est de sa faute. Sa putain de faute. Ce n’est pas plus mal qu’il termine comme ça, en fin de compte. Il l’a bien cherché. Il n’est plus en colère. Il est simplement résigné sur son sort. Qu’est-ce qu’il peut bien faire d’autre ? Il n’est plus dans son vrai corps, piégé dans une cage magique, sous une forme immatérielle. Sans plan. Sans espoir. Avec l’arrière-goût de l’échec dans la bouche. Il entend des pas mais il n’a même plus la force de lever la tête. A quoi bon ? C’est trop tard, maintenant. Il la sent, cette vie qui s’éloigne. Qui est en train de le quitter progressivement. Il le sent, ce froid qui commence à l’envahir. Dans quelques instants, il restera avec cette seule sensation. Ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent, maintenant. Il a échoué et peut-être que tout le monde s’en portera bien mieux s’il n’est plus dans les parages pour semer le chaos partout où il passe. Peut-être que pour la première fois de sa misérable existence, il n’aura plus à se battre. Ça ne lui ressemble pas de baisser les bras mais des heures de torture mêlées à la réalisation c’est peut-être à cause de lui que la personne la plus importante de sa vie, la seule pour qui il est prêt à se lier avec une déité dans le seul but de le retrouver, cette personne-là, s’est retrouvée embarqué dans tout ce merdier. C’est à cause de lui qu’Aidan est obligé de se cacher. Et c’est encore à cause de lui qu’une fillette qu’il avait cherché à protéger s’est retrouvé à se jeter dans la trajectoire d’une balle qui lui était destinée. Parce qu’il est Marc. Parce que c’est ce qu’il fait. Il blesse les gens. Il ne sait pas faire autre chose que de semer le chaos et la violence dans son passage.

C’est tellement pitoyable. C’est à en pleurer de dépit. Franchement ? Cette façon de mourir ? Il ne peut pas faire pire. Il aurait presque envie de dire qu’il savait que ça allait finir comme ça un jour, mais non. Parce que rien n’aurait pu laisser entendre qu’il se ferait piéger dans une forme à mi-chemin entre la forme physique et matérielle et celle spectrale qu’il est censé adopter quand il change de plan avec l’aide de Tenebris. Rien ne laissait présager que cette garce lui mettrait la main dessus au moment où il était le plus vulnérable. Elle avait amplement calculé son coup. Et maintenant, il ne reste que deux personnes pour l’arrêter. Enfin une personne et une déité. Tenebris va devoir faire sans lui. C’est triste, quelque part, parce qu’il commençait tout juste à l’apprécier. C’est vrai, il n’a pas un caractère facile mais il s’est habitué à cet espèce de jeu de sarcasme entre eux. Tant pis. Il regrette également d’avoir douté d’Aidan. Il aurait pu réfléchir un peu. Maintenant qu’il est au courant, il se demande comment il a fait pour ne pas voir les preuves qu’il avait sous les yeux depuis le début. En fait, la seule chose que Marc ne regrette pas, c’est de ne pas finir dans là où il était quelques heures plus tôt. Au moins, il restera coincé dans ce monde-là, ce monde qu’il connait. Même si personne ne pourra le voir et qu’il risque de passer de très long moment de solitude avec ses regrets en travers de la gorge, cette sensation de froid et cette douleur qui harcèle sa cage thoracique.  

Et alors qu’il pense que c’est fini pour de bon, les choses prennent un tournant pour le moins radical. Ce n’est qui n’est au départ qu’un simple fourmillement qui lui semble pour le moins familier s’intensifie. Mais ce n’est que lorsqu’il la sent autour de lui qu’il redresse véritablement la tête. C’est… C’est lui. Ça ne peut être que lui. Il reconnait cette présence. Il cligne des yeux comme s’il sortait d’un long sommeil et ses iris se posent sur la silhouette de Tenebris, déchainant ses ténèbres. Quelque chose est en train d’enserrer son cœur. Marc grimace et porte une main à l’endroit où il sent toujours la morsure de la lame mais également cette chose qui s’est resserrée tout autour. C’est tellement irréel de Tenebris là, dans un tel état de rage qu’il peut le percevoir depuis la cage magique dans laquelle il est enfermé. Sa fureur passe à travers les protections érigées par Hellhound et le percute de plein fouet. Marc voudrait dire quelque chose mais il en est incapable. A la place, il assiste au spectacle. Ces fragments de ténèbres qui percutent les trois silhouettes inconnues. Ces mots qui sortent de la bouche de Tenebris avec une violence inouïe. C’est peut-être la première fois qu’il le voit comme ça et il pourrait presque être heureux d’être dans cet état tant il ressent le danger qui émane de la déité. Il réalise véritablement la menace que Tenebris représente, la puissance qui transpire par les pores de sa peau, la colère qui guide ses gestes et qui ferait presque trembler les murs. C’est avec stupeur qu’il voit Tenebris relâcher sa rage. Au fond de lui, ça suffit à ranimer une toute petite étincelle. Un léger sourire se dessine sur les lèvres de Marc. Quel orgueil, de penser que Tenebris n’arriverait pas à gérer sans lui. Il en est amplement capable. C’est une divinité, Hellhound n’est qu’une humaine. Ça prendra le temps que ça prendra mais il arrivera à lui latter la tronche en beauté. Le regard de Marc suit l’arc de cercle que décrit le corps d’un des adversaires avant de se faire empaler par cette espèce de lance d’une couleur noire qui jaillit du sol.

Il pose une de ses mains contre la paroi invisible du piège et se sent poussé en arrière à cause des protections. Pendant que Tenebris est en train de se battre, Marc est coincé dans cette prison magique, comme un putain d’animal. Il n’aurait pas été utile de toute manière mais c’est pour la symbolique. Il n’a jamais été du genre à se poser dans un coin en attendant que d’autres se battent à sa place. Et pourtant, dans ce cas de figure, il n’a pas d’autre choix que d’attendre. Sans forme physique, sans magie. Avec uniquement sa frustration et une minuscule parcelle de vie qui est maintenue par les ténèbres. Juste ce qu’il faut pour ressentir encore ce qui l’entoure. Son attention se porte sur la forme noire que Tenebris envoie vers lui. Il recule d’un pas et les observe ronger le cercle. Puis il entend la voix de la déité, ce qui l’oblige à lever la tête vers lui alors qu’il s’adresse au dernier debout. Râlant sur le latin. Marc roule des yeux, parce que clairement, là, on s’en branle de la prononciation. C’est pas comme si lui, il était en train de mourir lentement et que sa vie ne tenait qu’à un ridicule petit fil. Il aurait pu sourire dans d’autres circonstances mais là, il n’est pas vraiment en position de rire de la situation. Les ténèbres commencent à effacer les inscriptions sur le sol et Marc peut voir les contours de ce piège qui le retient se fragiliser. Ils s’affaiblissent. Il y a peut-être un espoir pour lui, en fait. Un minuscule et ridicule espoir. Son salut va peut-être venir de ce dieu qui est en train d’apprendre à un sorcier de pacotille comment prononcer correctement un sort. La cage tremble une dernière fois, d’une faible lueur avant de disparaitre. Et ce, pile à l’instant où Tenebris prononce une phrase en latin lourde de sens qui le fait de nouveau rouler des yeux. Il est sérieux ? Vraiment sérieux ? Genre, il est en train de crever et Tenebris fait une petite blague ? Il arrive à bouger, un pas après l’autre, dans un équilibre précaire. Il peut sentir le lien invisible qui le lie à sa forme physique et décide de se concentrer dessus. Peut-être que s’il arrive à regagner son corps à temps, il pourrait ne pas rester coincé.  Car pour ne rien arranger, il sent cette connexion s’affaiblir de secondes en secondes.

Non loin, Tenebris déchaine à nouveau sa rage en frappant le sorcier, encore et encore, avec une telle haine qu’elle la prend littéralement aux tripes. Il tente de lui hurler d’arrêter mais aucun son ne sort de sa gorge. Il s’est tellement affaibli qu’il n’est pas capable de se servir de sa voix. La connexion se perd. Marc peut la sentir disparaitre. Douloureusement. Plus elle s’éloigne et plus il lui est difficile de garder le contrôle. Il porte à nouveau une main sur son cœur en sentant cette douleur lancinante qui ne le laisse aucun instant de répit et flanche sur le côté. Ce n’est que lorsque son autre main rencontre le sol en essayant de garder l’équilibre qu’il sent la connexion se briser. D’un coup. Merde. La petite flamme qui s’est allumée en lui s’éteint sèchement. Le laissant là, ébranlé et bien trop choqué pour bouger. Putain. C’est fini pour de bon. Hellhound a gagné. Cette dure réalité lui tombe dessus et l’écrase. Il ferme les yeux et laisse retomber sa main. Il reste ainsi un instant qui lui semble une éternité. Quand il les rouvre, c’est pour voir Tenebris se laisser tomber à côté de son corps. Marc secoue lentement la tête en se remettant debout. Ça ne sert à rien. Elle a gagné. Il est coincé.  Il ne peut que se poster silencieusement derrière Tenebris, ses émotions au travers de sa gorge. Il doit le laisser ici et terminer ce qu’ils ont commencé. Il n’y a plus rien à faire pour lui. Il tend une main devant lui pour la poser sur l’épaule de Tenebris mais arrête son geste à mi-chemin, le laissant en suspens avant de resserrer le poing et de le laisser pendre à nouveau. Il se ravise pour ne rien faire de plus que de fixer les dégâts. Son propre sang sur le sol, Tenebris qui tente de le ramener comme il peut alors qu’il est trop tard. Lorsque la déité se tourne vers lui pour le regarder, Marc peut lire cette détresse qui lui tord les entrailles. Bordel de merde. C’est qu’il a l’air affecté par sa mort, en plus ! Marc a de nouveau envie de parler mais n’y arrive pas. Pourtant, il en aurait des choses à lui dire. De partir d’ici, pour commencer. Hellhound a une longueur d’avance. Et il n’y aucun doute possible sur ses intentions. Elle compte toujours provoquer la fin du monde avec ses conneries. Il a également envie de lui dire de chercher Aidan. Lui expliquer que son frère se cache d’elle et qu’il pourrait être un allié précieux. Tant de choses à dire et tant de mots qui restent coincés.

Le désespoir qu’il peut lire dans les yeux de Tenebris cède la place à autre chose. Comme de la… détermination ? Mais qu’est-ce qu’il attend pour partir d’ici ? Va-t-en, bordel. Va l’arrêter ! Il n’a pas compris qu’il n’y a plus rien à faire ? Pourquoi gaspille-t-il de précieuses secondes ? Barre-toi ! Laisse-moi là et barre-toi ! Pourtant, il semblerait que Tenebris a un plan. A l’instant où il voit Tenebris lever la paume, il sent quelque chose en lui, à l’emplacement de son cœur. Il lâche malgré lui un gémissement de douleur quand la lame est retirée et un truc fait tilt dans son esprit. Comment est-ce qu’il peut être encore capable de ressentir ça ? Il secoue la tête pour se reprendre et contourne les deux silhouettes pour voir ce que la déité est en train de fabriquer. En fronçant les sourcils, il s’aperçoit avec stupeur que les iris du brun ont viré au noir intense. Est-ce qu’il est en train d’essayer de le ramener ? Il y a vraiment quelque chose à faire pour lui ? Rien ne lui échappe car tout se déroule sous ses yeux écarquillés. Il retrouve à nouveau la sensation de cette connexion qui avait pourtant disparue. La main de Tenebris est sur son cœur, une autre est tendue vers lui. Les sensations diverses s’intensifient, encore plus quand l’âme de la déité entre en contact avec la sienne. Il est en train de s’acharner pour rien et surtout de gaspiller une énergie précieuse dont il aura besoin plus tard. Marc a presque envie de reculer pour lui faire comprendre qu’il doit le laisser et qu’il ferait mieux d’abandonner. Pourtant la détermination avec laquelle il l’appelle, cette voix qui touche son âme comme du papier de verre, tout ça… Il ne peut pas partir comme ça. Pas alors que Tenebris est en train de tout mettre en œuvre pour l’empêcher de s’en aller. Il lit en lui des émotions tellement humaines. Si fortes qu’il peut les sentir. Et c’est peut-être à cause de ces émotions qui ne sont pas la sienne qu’il tend mécaniquement sa propre main vers la sienne. Il avance d’un pas pour briser cette distance qui les sépare, se raccrochant à la connexion rétablie entre lui et son enveloppe physique. Sa paume effleure celle de Tenebris.

Les sensations s’intensifient. La douleur, le froid, la peur. Une énergie soudaine et nouvelle qui parcourt ses veines. Sa blessure en train de se refermer. Il ressent absolument tout comme avant, avant qu’il ne quitte ce corps qu’il vient de réintégrer. Il y a pourtant un truc de différent. Cette énergie, qui lui est étrangère. Elle l’anime d’un nouveau souffle. Ses yeux s’ouvrent enfin alors qu’il se redresse en inspirant brusquement. Déboussolé. Déphasé. Mais vivant. Vivant, putain. C’est ce qu’il arrive enfin à comprendre en rassemblant ses esprits et en digérant la nouvelle, une main portée à son front. Putain. Il est vivant. Ses yeux sont grand ouverts. Il sent la présence de Tenebris à côté de lui et en tournant la tête dans sa direction, il le voit sur le point de tourner de l’œil. « Merde ! » lâche Marc en tendant le bras et posant une main sur l’épaule de Tenebris pour l’empêcher de tomber. « Putain ! »  Il accompagne doucement sa chute, en proie à la panique la plus totale quand il le voit sombrer dans l’inconscience. « Hey ! Non, reste avec moi, mec ! » Il ne sait pas ce qu’il a fait, mais il comprend que c’est lié à son retour soudain dans le monde des vivants et à cette énergie qu’il sent en lui. Et au fait qu’il ne ressente plus cette sensation sombre qui accompagne d’ordinaire la déité. Et alors qu’il est en train de le secouer pour le ranimer, il se met à imaginer le pire.  Un genou au sol, il se place de façon à vérifier que Tenebris n’a pas fait la connerie de se sacrifier pour lui – là, il serait incapable de se le pardonner et de lui pardonner par la même occasion – et lâche une sorte de soupir soulagé en voyant qu’il est toujours vivant. Juste vidé de son énergie. Il s’écarte de quelques centimètres, lâchant enfin Tenebris pour rester à genoux à côté de sa silhouette, le cœur battant et les poings serrés. Il souffle doucement « Espèce de… »  Quel idiot, putain. La mâchoire serrée, il regarde la forme physique de Tenebris. C’est un idiot, mais un idiot qui lui a sauvé la vie. Et un idiot qui vient de lui flanquer également la trouille parce qu’il a vraiment cru qu’il allait… Bref.  Il laisse quelques instants s’écouler le temps de se remettre de ses émotions. Il vient de frôler la mort, quand même. Il est vraiment passé à deux doigts d’y claquer. A cause de Hellhound. Ses poings se serrent un peu plus et une vague de rage le submerge. Elle va le payer. Pour ce qu’elle leur a fait. A Aidan, à lui et à Tenebris qui est inconscient à cause de tout ça. Mais avant, ils doivent sortir de là. Il se redresse à moitié, grimaçant à cause de son corps endolori – merde quoi, elle l’a poignardé, cette pétasse – et attrape Tenebris pour le soulever doucement. Il grogne de douleur et d’effort mais parvient enfin, au prix d’une lutte acharnée, à se remettre debout avec lui, un bras le soutenant en même temps qu’il fait glisser le sien par-dessus ses épaules. Quelque part, heureusement que Tenebris est dans les vapes car il serait probablement en train de râler s’il était conscient de la situation. Mais quoi, il ne va pas le laisser là, si ? Et il ne va pas non plus attendre qu’il se réveille. Il se barre, avec lui, même s’il doit le trainer et galérer pour les mettre à l’abri. Ce type vient littéralement de se vider de son énergie pour le sauver et c’est une dette dont Marc ne sera probablement jamais capable de s’acquitter. En revanche, ce qu’il peut faire, c’est mobiliser ses forces pour le sortir d’ici et laisser cet endroit dans lequel Marc ne voudra plus jamais revenir.  

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Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


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Tenebris
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- Changement de forme et de plan.
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- Création de matière spectrale et contrôle des ténèbres.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Mer 4 Avr - 21:46


Stop the sky from falling down
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♠ ♣ Open your eyes 'cause you're never gonna know if your next move might be your last. Living a lie, everybody's always gonna bring up my past. I'm not ready to change, I'm doing my thing. You're pointing the blame, you know I'm not ready to choose. So don't get confused and stay the hell out of my way. ♥ ♦


L'attente était insoutenable, le temps semblant s'étendre à l'infini, tandis que je luttais pour ne pas sombrer. Clignant des paupières, le souffle court, je me sentais déjà partir. Mon corps tremblait, mes oreilles bourdonnaient, mes poumons se compressaient. Un poids m'entraînant vers le fond, alors que j'étais déjà à bout. Sur le point de flancher. Mais je devais tenir, au moins jusqu'à ce que Marc se réveille. Jusqu'à ce qu'il reprenne son souffle, regagne son corps et retrouve sa vie. Le silence alentour, entrecoupé par ma respiration erratique, vrillait mes tympans. Absence de bruit, beaucoup trop assourdissant, déphasant. Ma prise sur la réalité, complètement altérée, alors que je ne percevais quasiment plus rien. Plus de sensations, plus d'émotions. Le néant dévorant déjà mon être en lambeaux. Je n'avais plus la force de grimacer, de réagir face à ce vide qui m'empoignait. Mes bras, retombant mollement le long de mes flancs, tandis que je me laissais entraîner par cette vague glaciale qui dévalait le long de mon échine. Pourtant, sous la peau, un brasier me dévorait de l'intérieur. Contraste enfiévré, qui me donnait le vertige. L'impression que je volais et sombrais en même temps. Entrouvrant les lèvres, mon souffle glissant sur ma langue lourde, je sentis quelque chose se bloquer. Au creux du thorax, un poids faisait pression. M'étouffant par ailleurs. Je ne pouvais plus bouger, ni respirer. Incapable de reprendre mon souffle, de retrouver ma respiration, cherchant l'air sans qu'il ne puisse m'accorder sa grâce. Lèvres tremblantes, tandis que mes iris s'embuaient, se perdant dans le vide. Une forme floue, des contours incertains s'inscrivant dans la réalité, sans que je ne puisse vraiment le percevoir. Un vertige, plus puissant me pris, et je fermais les paupières. Me sentant partir en arrière. Enterré vivant, entraîné dans le gouffre, à mesure que je quittais ce monde authentique, réel. Que je m'effondrais sur moi-même, en proie à l'abandon et à l'inconscience, rejoignant l'immuable, l'intangible.

Des bruits étouffés, quelque chose contre moi, qui m'enserrait. Je percevais une texture, sous la pulpe de mes doigts, alors que je ne pouvais toujours pas bouger. J'essayais d'ouvrir les paupières, de me raccrocher à la réalité, d'empoigner ce qui m'entourait. Sans succès. Je retombais aussitôt dans la pénombre. Pendant une période indéterminée, un instant bien trop incertain, jusqu'à ce que j'atteigne la surface à nouveau. Tentant de trouver des repères auxquels je pouvais me fier. Je sentis ma main bouger, légèrement, tremblante contre ma cuisse. Une plainte m'échappa, tandis que j'inspirais longuement, sentant ma tête pencher sur le côté. Entrouvrant les paupières, mon regard embué se perdit dans le vide, sans pouvoir accrocher quoique ce soit. Je ne parvenais plus à discerner les tons, tant il faisait sombre. Seule une couleur ocre, voire dorée perçait le tableau ombragé. Redonnant un peu de lumière à la scène plongée dans la pénombre. Une forme se dessinant, en contraste, s'inscrivant sur ma rétine. Les contours s'imprégnant à ma vision, se faisant de plus en plus nets, et clairs. Jusqu'à ce qu'un vertige s'empara une fois de plus de mon esprit. Fermant instinctivement les paupières, trop brusquement. Ce qui étira les traits de mon visage et me fit crisper la mâchoire et serrer les dents. Je grimaçais, en essayant de lever la main. Un poids enserrait mon poignet, le rendant de plus en plus lourd à mesure que je l'élevais. La pression, bien trop poignante, me fit baisser les bras, et je rendis les armes. La noirceur reprenant ses droits, raffermissant sa prise sur mon âme. Je sombrais, encore et toujours. Je m'éveillais, de temps à autre. Oscillant entre des instants où j'avais une prise précaire sur la réalité, et des moments où je ne pouvais que la relâcher. Tout s'écroulait, et je m'effondrais sous ce poids qui m'assaillait. Qui m'empoignait et m'entraînait vers le fond. Dans des ténèbres bien plus sombres que celles que j'avais délaissées, abandonnées.

Une texture souple sous la pulpe de mes doigts, tandis qu'un réflexe me fit plier mes phalanges. Mes muscles se crispant, mon corps se tendant. Des picotements parcouraient mon visage, tiraillant l'épiderme, et étirant mes traits. À la dérive, l'âme en chute libre, je tremblais, sans pouvoir me calmer. Une vague glaciale enserra mes entrailles, le vide provoqué par l'absence de mon essence me ravageant de l'intérieur. Tandis qu'un brasier s'enflammait en mon crâne, consumant mon être, ne laissant derrière lui que les cendres de mon esprit. Une chaleur atroce s'épanchait en moi, brûlant mes veines, mettant ma peau à vif. J'avais l'impression de me retrouver dans les limbes, d'être entouré par les flammes des enfers, tant la sensation était poignante. Dévorante, déchirante, destructrice. Mes poumons brûlaient, mes côtes se compressaient, des échos de battements ratés se répercutant au creux de ma cage thoracique. Les pulsations vrillant mes veines, cognant à mes tempes. Mes oreilles bourdonnant, alors que le silence était assourdissant. Un voile semblait m'entourer, me coupant de l'authenticité. La brume opaque et épaisse, me brouillant l'esprit, alors que du coton abstrait engourdissait mes membres. Un poids étouffant, qui me faisait flancher, pendant que je tremblais sous l'assaut de ces sensations transcendantes. Perceptions bien trop virulentes pour me laisser à l'agonie, j'ouvrais alors les paupières. Iris embués, regard voilé, pupilles dilatées, tandis que je me redressais brusquement. Lèvres entrouvertes, le souffle court, la langue lourde. J'inspirais difficilement, cherchant l'air qui me manquait. Un vertige me vrilla le crâne, et je tanguais, papillonnant des paupières, avant de me laisser m'échouer en fermant les yeux. M'écrasant contre la texture supportant mon poids, ma carcasse, ma coquille fêlée, brisée.

La respiration erratique, je tentais de reprendre contenance. Ravalant ma salive et passant ma langue sur mes lèvres, avant de souffler bruyamment. Je percevais alors plus aisément, ce qui se passait en mon être. Ce que je ressentais au fond de moi. Le fantôme de la chaleur ne me quittait plus, se collant contre mon corps, telle une ombre insidieuse. Brûlante sous l'épiderme, léchant ma peau de l'intérieur, la calcinant de son contact fébrile. J'avais extrêmement chaud, et en même temps, une sensation étrange gelait mes entrailles. Le froid se déversait en moi, tandis que je percevais ce vide qui se creusait. Cette absence, qui se faisait de plus en plus longue. Plus lourde à porter, plus difficile à oublier. Il m'empoignait, alors que le vent glacial soufflait jusqu'à ma cage thoracique. Empoignant la moindre parcelle de mon être sur son passage, me vidant de toute énergie et me laissant en proie à l'agonie. La faiblesse, pure et dure, qui me frappait de plein fouet. L'impact me fit rouvrir les yeux, alors qu'une boule de stress, d'angoisse explosa sous mon torse. Mon regard se perdit sur un plafond aux couleurs brunes. Une lampe était allumée, et elle me fit plisser les paupières, tant la lueur vrillait ma rétine. Je tournais légèrement la tête, mes iris accrochant tous les détails de cette pièce, avec appréhension et crainte. Je notais la présence de meubles, de lits, d'objets décoratifs et même d'une plante verte dans le fond de la chambre. Un bruit d'eau attira mon attention, tandis qu'un clapotis retentissait alentour. Il devait y avoir une salle de bain, derrière la porte à gauche, parce que l'écho était régulier, et qu'une odeur légère titilla mes narines. Je soupirais en posant mes pieds à terre, une vive douleur enserrant mon crâne. Grimaçant légèrement, j'apportais ma main à mon front, sentant ma paume glacée s'apposer contre la peau brûlante. Le contact était plutôt agréable, bien que mon corps soit encore en transe, et complètement déphasé. Mon esprit bouillonnait, tandis que j'essayais de me rappeler de ce qui c'était passé. De l'autre dimension, à mon réveil. Je repensais à Ruhan, un écho d'un battement raté se creusant sous mes côtes à la simple image qui s'inscrivait à l'arrière de mes paupières. Avant de revoir l'âme de Marc, anéantie, à la dérive, en dehors de son corps sans vie et en sang.

La panique m'ébranla d'un coup, me déchirant les muscles alors que je me relevais du lit, l'âme vibrante comme jamais. La gorge nouée, enserrée, la langue lourde contre mon palais, la respiration hachurée, je tremblais alors que j'avançais. Pas fébriles martelant le parquet, tandis que je tournais dans tous les sens. Sans savoir où j'étais réellement, je me mis à chercher une trace de lui, le cœur au bord des lèvres. Un fragment de sa présence, un morceau de son esprit, qui pouvait m'indiquer qu'il était bien en vie. Que j'avais réussi et qu'il n'était pas... Qu'il n'était pas... Fermant les paupières, je secouais la tête, une plainte s'échappant de ma gorge. Marc ? Je rouvrais les yeux, tournant le visage vers la fenêtre, alors que mes entrailles se tordaient. Il faisait nuit, et je n'avais plus aucune certitude. Plus aucune lumière n'était faite sur cette réalité qui m'entourait. Le clair-obscur régnant en maître alentour. Maaaaarc ?! La crainte consumait mon âme, à chaque seconde qui passait. Le temps filait entre mes doigts comme de la fumée, et je ne pouvais le rattraper. Agrippant du vide dès lors que j'étendais la main, paume tendue vers les airs, offerte à l'atmosphère. Clignant des paupières, je tanguais quelque peu alors qu'un nouveau vertige empoigna mon esprit. Me rattrapant de justesse à un meuble contre le mur. Je grommelais, en grimaçant, me redressant comme je le pouvais, me traînant presque à la salle de bain. Pas de traces de lui. Mon sang ne fit qu'un tour, alors que je rentrais dans une sorte de transe. Sortant de mes retranchements, par automatisme. MAAARC ! Je hurlais presque à présent, la panique assaillant mon âme, dévorant mon être. Sans pouvoir prendre de recul, je me laissais entraîner par la crainte et le désespoir. M'élançant vers la sortie.

La porte s'ouvrit à la volée, et je me stoppais dans mon élan, m'arrêtant à quelques pas. Mon regard accrocha les contours de la silhouette qui se tenait dans l'encadrement, figée sur le pas de la porte. Mes iris remontèrent jusqu'à son visage, alors que j'écarquillais les yeux. Mémorisant la forme de son corps, notant les caractéristiques particulières du propriétaire. Plongeant mon regard dans le sien, vérifiant qu'il s'agissait bien de lui. Je restais ainsi, figé, le temps de quelques secondes, alors que je scrutais ses iris. Déchiffrant ce qui passait au travers, le reconnaissant enfin. C'était bien lui. Marc. Ravalant ma salive, et clignant des paupières, je m'élançais en sa direction. Soudainement épris par quelque chose de plus solide, plus sombre et plus spontané. Le soulagement que j'avais ressenti, s'était estompé aussitôt. Effacé par la panique qui resurgissait à la surface, étouffé par le silence tendu qui s'étendait. Mû par un réflexe précaire, j'agrippais fermement son col, mes phalanges se resserrant autour du tissu. La texture abrupte sous la pulpe de mes doigts, tandis que je le tirais à l'intérieur. La porte se referma d'elle-même à cause du mouvement, et je ne le quittais pas du regard. Mes iris, voilés par la panique, toujours accrochés aux siens. Dans une impulsion, j'empoignais plus fermement son col, et le plaqua contre le mur le plus proche. L'impact brutal vrilla mes poignets, et se répercuta jusque dans mes coudes. Le souffle court, la langue lourde, je déglutissais difficilement. Ma voix, teintée par la crainte, voilée par l'angoisse, résonna autour de nous. Brisée, tremblante, fébrile. Putain, t'étais où ? Je marquais un silence, mon souffle devenant de plus en plus extatique, s'écrasant sur son visage, alors que mes pupilles se dilataient à cause de la panique. Qu'est-ce qui t'es arrivé là-bas ? Une plainte s'échappa du fond de ma gorge au souvenir de Marc, étendu au sol, baignant dans son sang. Tremblant comme une feuille et empoigné par l'angoisse, je ne contrôlais plus rien. Et qu'est-ce que tu foutais, bordel ?

Je n'arrivais plus à me détacher de lui, à regarder ailleurs. Tant j'avais eu peur qu'il reste indéfiniment dans l'oubli. Et que je me sois retrouvé ici, sans lui. Dans l'inconnu, sans la présence réconfortante de ces ténèbres qui me suivaient. Qui me suivaient, et qui n'étaient plus. Lèvres tremblantes, j'inspirais alors, clignant des paupières. Mon corps vibrait toujours, en proie à ces émotions irrépressibles et ces sensations destructrices. Le vide creusé par l'absence, et marqué par le manque, m'empoignait plus intensément. Tandis que sous la pulpe de mes doigts, une impulsion me chatouilla. L'énergie picota contre ma paume, caressant ma peau. Remontant le long de mes bras, jusqu'à mes épaules, glissant en mon centre de gravité. Le creux crépitant dangereusement, l'écho résonnant bruyamment en moi. Je sentais la présence qui me manquait, en lui. La marque de mes ténèbres, cette signature particulière, en ses entrailles. En son être, tout entier, qui m'appelait. Et je ne pouvais rien faire. Si ce n'était de rester ainsi, à subir le martyr, tandis que lui, avait pu s'en sortir. Réalisant alors la proximité, et la situation dans laquelle je me trouvais, je clignais des paupières, desserrant ma prise sur lui. Reculant quelque peu, je me raclais la gorge, toussotant doucement. Hrm... Mon regard fuyant son visage, ne se posant plus sur les contours de sa silhouette. Ma langue passa sur mes lèvres, claquant contre mon palais tandis que je ravalais ma salive. Tentant de reprendre contenance, alors que ma voix tremblait toujours, soumise au contre-coup de l'impulsion. Où est-ce qu'on est là ? Je ne pouvais plus le regarder en face, si bien que mes iris se perdaient alentour. Scrutant ce décor sans le voir, sans le percevoir. Des formes floues qui se dessinaient sur ma rétine, s'imprégnaient à l'arrière de mes paupières dès lors que je fermais les yeux. C'est quoi cet endroit ?



Ayaraven


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@Pando There is no tomorrow. Watch me walk away. Painting my life in grey. All that I wish for is fading away. The time is now. Surrounded by shadows. Painted by colors of darkness. The final last word. Close to insanity.
❝Shadow surrounds me everywhere❞
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Pride
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Ven 6 Avr - 22:51



Stop the sky from falling down
What's inside my head, I've lost a sin. No one to forgive,
No one to forget. Don't you believe if you want it, you can have it. Take the wreck, leave the habit. We go down into the darkness like a stampede, charging. Follow me now, follow me, down


Les mains serrées sur le volant, il jette des regards inquiets à la déité inconsciente sur le siège passager. Le besoin de les mettre en sécurité maintient Marc éveillé et conscient de la situation. Malgré tout le sang qu’il a perdu. Comme s’il ne s’était pas lâchement poignardé et n’avait pas manqué de claquer dans cet endroit malsain. Ses veines grouillent de cette énergie sombre qu’il ressent depuis son réveil. Une énergie déroutante car inconnue et familière à la fois. Son cerveau tourne si vite qu’il n’arrive pas à faire le tri dans ses pensées.  Les derniers évènements sont un tel merdier qu’il aurait bien besoin de se poser cinq secondes pour analyser la situation. Sauf qu’il ne peut pas se le permettre. La douleur qui ronge son abdomen lui sert de piqûre de rappel. Elle lui rappelle pourquoi il est primordial de s’éloigner d’ici et de se mettre en sécurité quelques temps. L’inquiétude déforme les traits de Marc quand il regard la silhouette de Tenebris pour la énième fois, dans l’attente d’un signe. Une inquiétude qui cède la place à une colère sourde quand il repense à la façon dont la déité a tourné de l’œil. Ses mains serrent le volant de plus belle, comme dans une volonté de le briser. Il pousse un grognement rageur en appuyant sur l’accélérateur. Ils se barrent de cette foutue ville. Loin d’elle et de ses sbires. Par ses actes, Hellhound a allumé la mèche. Il ne desserre pas les mâchoires quand il voit le panneau indiquant la sortie de la ville. Il roule comme ça pendant quelques kilomètres, sans savoir vers où il se dirige. Tout ce qu’il sait, c’est qu’ils sont encore trop près d’Hellhound. Bien trop près. Un nouveau regard vers Tenebris, une nouvelle vague d’inquiétude.

Il a bien mis, quoi… ? Une vingtaine de minutes ? Une vingtaine de minute pour extirper la carcasse de Tenebris de cette voiture, monter les marches de la chambre qu’il a payé cash en le portant à moitié et le laisser tomber sur le lit en grognant. Il s’écarte en haletant sous l’effort. Ses mains tremblent toujours quand il se laisse tomber sur le fauteuil en face. Il se repasse les évènements de la soirée. En boucle. Essayant de comprendre où ça a merdé. Serrant les dents à chaque fois qu’il se remémore la sensation de la lame pénétrant dans son cœur. La détresse glaciale qui l’a envahi quand il a senti la connexion se briser. Ça ne fait qu’alimenter sa rage et son désir de voir cette garce brûler. Il se lève du siège d’un mouvement rageur et se dirige vers la salle de bain. Il y croise son reflet. Cette face livide, c’est la sienne. Il ne se reconnait pas. Ses traits sont tirés, montrant qu’il vient de traverser quelque chose de difficile. Sa chemise est tâchée de sang, ce qui fait qu’il comprend un peu mieux le regard éberlué de la gonzesse à la réception du motel. Avec tout ça, il a totalement oublié à quoi il ressemble. Ça lui fout une nouvelle claque dans la tête et il s’accroche au lavabo pour ne pas flancher. Ses jointures blanchissent tant il en serre les extrémités avec force pendant que la colère laisse la place à une rage sans nom. Il se prend en pleine gueule la réalité des évènements. Il a failli mourir. Piégé. Il a été torturé pendant de nombreuses heures puis elle a voulu le tuer. Et il n’a même pas pu se défendre. Il se déteste pour avoir été aussi vulnérable. Il se sent comme la pire des merdes. Elle aurait pu lui rouler dessus quinze milles fois que ça lui ferait le même effet. Il lâche l’évier et se redresse, rassemblant son courage pour enfin faire ce qu’il repousse depuis qu’il est là. Marc déglutit. Délicatement, il écarte les bords de sa chemise pour regarder sa blessure.

Sa haine redouble. Il serre les dents. Il a besoin d’une cigarette. D’un verre. De prendre l’air. De n’importe quoi qui l’empêche de tout casser. Dans ce genre de cas, il a le choix entre se rouler en boule jusqu’à la fin de sa vie ou garder le contrôle et se battre jusqu’au bout. Il a aussi besoin de nouvelles fringues. Ce genre de motel reste discret sur la clientèle mais ce n’est pas une raison. Le sang qu’il a sur lui va finir par attirer l’attention et la dernière chose dont ils ont besoin tous les deux, c’est d’avoir les flics au derrière. Il s’assure que Tenebris est toujours vivant avant de sortir de la chambre. L’air frais de l’extérieur agit telle une claque. Marc fait quelques pas en avant en cherchant ses cigarettes dans la poche de sa veste et s’adosse au pilier. Il a besoin d’air. Et surtout de se calmer. L’énergie sombre qui grouille en lui ne l’aide pas à faire le vide car il a comme l’impression que ses émotions sont bousillées. Il est épuisé, mentalement parlant, mais physiquement ce n’est pas le cas. Il mettrait sa main à couper que ce qu’il sent en lui a un rapport avec l’état dans lequel se trouve Tenebris. Il est de nouveau parti pour ruminer sa colère. Les mêmes pensées qui l’ont saisi dans la salle de bains pour le mettre à terre reviennent mais il décide de les chasser. C’est bon, il a compris. Il a failli mourir. Il ne veut plus y penser. Il a d’autres chats à fouetter. Il veut passer à autre chose. Trouver un moyen d’arrêter cette pouffiasse. Lui faire payer ce qu’elle leur a fait. C’est le seul moyen pour retrouver son frère et pour aider Tenebris dans sa quête. Il préfère se concentrer sur ça. Il préfère focaliser ses pensées sur cette perspective plutôt que de réfléchir davantage au sort auquel il a échappé de justesse. Et à l’état dans lequel se trouve Tenebris. Il s’allume une autre cigarette directement après avoir terminé celle-ci. Son état de nerf est tel qu’il les enchaine sans parvenir à se calmer.

Une heure s’écoule peut-être. Il est adossé contre le pilier, le regard dans le vide. Devant lui s’étend le parking, avec des allées et venues de péglands qui s’arrêtent pour la nuit ou qui viennent tromper leurs conjointes avec une prostituée ramassées sur le bord de la nationale. C’est calme. Peut-être est-ce justement parce que ça l’est trop qu’il finit par entendre un cri étouffé venant de derrière lui. Il sursaute, se retourne et fixe la porte. L’information met quelques secondes à arriver jusqu’à son cerveau. Son cœur se met à battre à toute vitesse quand il balance son mégot et qu’il se précipite à l’intérieur. Il se met à imaginer le pire. Dans le cas précis, que l’autre garce les a retrouvés et s’en prend maintenant à Tenebris pendant qu’il a le dos tourné. Il ouvre la porte avec tant de force qu’elle claque contre le mur. Il n’a pas le moindre plan et comme d’habitude, il se contente de foncer tête baissée vers le danger. Il se prépare à recevoir la silhouette qui fonce dans sa direction, sans réfléchir. Quand cette dernière s’arrête devant lui, il percute qu’il est en face de Tenebris. Son regard balaie les alentours pour trouver la raison de ces cris. L’expression de la déité est vraiment flippante. Il ne l’a jamais vu comme ça et c’est bien pour ça qu’il reste sans voix. Même quand ses mains se referment sur lui pour le tirer à l’intérieur de la chambre. Une exclamation s’échappe de sa gorge, suivie d’un grognement de douleur quand il heurte le mur. Mais putain, c’est quoi son problème à lui ? On ne peut plus aller fumer une cigarette, maintenant ? Il retrouve un peu de sa verve, prêt à l’envoyer chier pour qu’il le lâche mais la question qu’il lui pose le laisse à nouveau sans voix. Ce n’est pas la question, c’est la façon avec laquelle il l’interroge. Tenebris panique. Il a peur. Et ça, c’est quelque chose de tellement inédit que Marc ne sait pas comment réagir, si ce n’est qu’en écarquillant les yeux sous la surprise. Son visage est près du sien alors qu’il déglutit. Tenebris enchaine les questions, dont celle que justement Marc essaie d’éviter depuis plus d’une heure avant de lui demandait ce qu’il foutait. Cette soudaine proximité avec lui le plonge dans une profonde confusion. Les mots restent coincés dans sa gorge et il ne peut que rester là, les lèvres entrouvertes et le regard perdu. Tenebris le lâche enfin et Marc s’aperçoit qu’il s’est presque arrêté de respirer.

Ses propres tremblements ont repris de plus belles. Pendant l’ombre d’un instant, il a vraiment cru avoir affaire à un dingue. Il porte une main à l’arrière de son crâne en massant l’endroit où il a heurté le mur. Mais vas-y, amoche-moi encore plus, je te dirais rien. « J’étais en train de fumer une cigarette, en fait. » Plutôt le paquet en entier mais ce n’est qu’un détail sans la moindre importance. Il met les mains dans ses poches pour cacher le fait qu’il tremble toujours. Se donnant volontairement un air nonchalant et calme. Un air seulement, puisqu’à l’intérieur, il est tout sauf calme. « Juste devant la porte. » Il baisse les yeux en contournant Tenebris sans croiser son regard. Il n’a pas envie de répondre à l’autre question. Parce qu’il n’a pas envie d’afficher les émotions qui se livrent une bataille sans merci au fond de son être. A la place, il se contente de retirer sa veste en cuir et de la déposer négligemment sur son propre lit. Tenebris a involontairement réveillé la douleur de son abdomen en le plaquant contre le mur et c’est en lui tournant le dos que Marc grimace. « On est dans un motel, à plusieurs kilomètres de la ville. Suffisamment loin de Hellwhore. » Il se laisse aller à ce jeu de mot d’un goût douteux parce que ça fait du bien à ses nerfs de l’insulter. Ça n’arrange pas la situation dans laquelle ils sont mais ça le détend. Il pivote légèrement sur le côté pour poser ses yeux sur la silhouette de Tenebris. « J’avais besoin d’un endroit assez éloigné pour qu’on soit en sécurité. Au moins pour cette nuit. Quand elle captera que je m’en suis sorti, elle va revenir nous casser les couilles. »

Il serre le poing pour contenir le tremblement à cette pensée. C’est pas le moment. Il sent le regain d’énergie qui l’habite depuis qu’il a ouvert les yeux perdre en intensité. C’est en passant une main lasse sur son visage qu’il saisit la complexité de la situation. Il va devoir se blinder de toutes les protections qu’il connait pour éviter qu’elle ne lui refasse le coup. Il se racle la gorge pour reprendre. « Demain, on se casse d’ici. Elle sait qu’on bosse ensemble. Elle voulait savoir des trucs parce qu’elle s’imagine qu’on a un plan secret ou un truc du style. » Le sourire qui se dessine sur les lèvres de Marc n’a rien de rassurant. Il laisse au contraire paraitre un peu de ce qu’il a vécu pendant ce laps de temps. Il se tourne entièrement vers Tenebris en s’asseyant sur le lit. Un soupir épuisé s’échappe de ses lèvres. « T’avais raison. Elle est puissante. Trop. Je peux m’estimer chanceux, je crois. » Littéralement, c'est l'une des personnes les plus puissantes que Marc a rencontré dans sa vie. Et il ne sent pas de taille. Il secoue la tête pour chasser ces images désagréables de son esprit. Il préfère poursuivre pour informer Tenebris de ses découvertes « Maintenant qu’elle sait qu’on bosse à deux, elle va plus nous lâcher. Et pour elle, je suis un moyen d’atteindre Aidan qui se planque quelque part en essayant de l’arrêter. Elle va s’en prendre à tous ses proches pour le forcer à sortir de son trou. » Il hausse les épaules avec un nouveau sourire empreint de sarcasme « Mais comme je suis toujours en vie, je suppose que ça remet les compteurs à zéro et qu’elle va revenir pour moi. » Il prend énormément sur lui pour ne pas laisser la colère se manifester dans ses paroles. Chose qui échoue lamentablement. Il plante son regard vers Tenebris qui est toujours debout. « Et toi ? Ça va mieux ? » Les traits de Marc s’adoucissent. Il n’y a plus la moindre trace de sarcasme ou de colère. Juste de l’inquiétude. « Qu’est-ce que t’as fait pour te retrouver dans cet état ? Je savais même pas que ça pouvait tourner de l’œil, un dieu. »

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Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


Spoiler:
 
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Tenebris
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- Changement de forme et de plan.
- Télépathie et emprise + hallucinations et cauchemars.
- Création de matière spectrale et contrôle des ténèbres.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Lun 9 Avr - 0:16




Stop the sky from falling down


Open your eyes because you're
never gonna know if your next
move might be your last. Living
a lie and you know I'm not ready
to choose. So don't get confused
and stay the hell out of my way.

La voix de Marc résonnait tout autour de moi, tandis que mes oreilles bourdonnaient. J'entendais à peine ce qu'il disait, tant le sang cognait à mes tempes. Des battements affolés se répercutaient sous mes côtes, des échos ratés au creux de ma cage thoracique. La langue lourde et la respiration erratique, je reprenais peu à peu contact avec la réalité. Malgré une vision légèrement trouble, et les vertiges, je percevais sa silhouette. Ses contours distincts qui me contournaient. Le silence s'ensuivit, tendu alors que je n'osais même pas le regarder. L'idée même empoigna ma gorge, m'étouffant presque sous ce poids oppressant. Je déglutissais, avec difficulté, en baissant la tête. Laissant mon regard se perdre sur la texture du sol sous mes pieds. Lèvres entrouvertes, mon souffle tremblant s'échappa en glissant sur ma langue, entrecoupé par une plainte silencieuse. Un bruissement attira mon attention, tandis que je me figeais sur place. Le corps tendu, les muscles crispés, alors que sa voix résonnait faiblement dans la chambre. Il m'expliqua la situation, rapidement, sans que je n'ose l'interrompre. Plusieurs kilomètres nous séparaient de ce lieu maudit, de l'incident désastreux. Et beaucoup d'autres nous éloignaient de l'artefact caché. Le souvenir du catalyseur enrobé de ténèbres me fit tiquer. Le voile opaque devrait toujours l'entourer et le cacher des yeux des mortels, mais il faudrait quand même y retourner pour le récupérer. Je ravalais ma salive en repensant à l'artefact, laissé derrière nous, tel un souvenir brumeux. La mention de Hellhound me fit cligner des paupières, et un ricanement amer s'échappa de ma gorge enserrée. Roulant sur ma langue avec nervosité, tandis que je secouais la tête, dépité, défait. C'était donc bien elle qui avait rappelé Marc. Et qui l'avait laissé dans cet état. L'insulter ne ferait rien de plus et ne changerait pas ce qui s'était passé. Même si ça faisait un bien fou de la traiter, de la couvrir de noms tout aussi désagréables que malpropres. L'incendier directement nous épargnerait bien des mésaventures, mais il était trop tard. Le mal était fait. Marc était dans un sale état, et j'avais réussi à le faire revenir, au prix de ma propre vie. Ironie du sort, j'étais toujours là, bien que mon être vibrait sous la peau. Empoigné par des vertiges incessants, qui malmenaient mon âme. Toujours en vie, après ce sacrifice. Vidé de cette énergie qui me constituait, de mon essence même, le manque me rongeant l'esprit. Je soupirais, comprenant que je pouvais à nouveau sombrer en un instant.

Le sorcier enchaîna, expliquant qu'ici, nous serions en sécurité. Même si elle risquait de revenir pour nous enfumés plus tard. Je soupirais silencieusement, espérant sincèrement qu'il avait raison. Il ne vaudrait mieux pas qu'elle nous retrouve, du moins pas maintenant. Pas dans cet état précaire, où je risquais de flancher à la moindre seconde, et où je ne pouvais plus protéger Marc. Ou lui venir en aide si... Si tout cela recommençait. Je fermais les paupières brusquement, serrant les dents. La mâchoire crispée me tiraillant les muscles du visage. Ma respiration devint plus hachurée, abrupte, et le bourdonnement s'intensifia à mes oreilles. Mes pensées me vrillant l'esprit, s'écrasant contre les parois de mon crâne. Des flashs de la soirée, des images fugaces s'inscrivant à l'arrière de mes paupières. Les trois connards que j'avais dégommé en un rien de temps, les liens qui retenaient Marc, ces lacérations sur son corps. Son esprit à la dérive qui sombrait, qui avait abandonné. Son agonie, que j'avais pu percevoir et sa détresse qui m'avait empoigné. Sous l'assaut de ces souvenirs, et de ces sensations, mes poings se serraient tout seuls, instinctivement. À en blanchir mes phalanges, tandis que mes ongles raclaient mes paumes à présent rougies. Je grimaçais, sentant mon être tout entier vibrer. Mon corps tremblant, secoué de tressautements alors que j'essayais de ne pas flancher. De me contrôler et de ne pas me laisser submerger par la vague destructrice qui s'écrasa en moi. Dévorant déjà mes entrailles et grignotant l'organe sous les côtes. Faisant ressortir cette colère sourde qui grondait en mon être, qui ravageait mon esprit en ébullition. Les échos cognant plus lourdement au creux de ma cage thoracique, tandis que mon sang brûlait mes veines. Lâchant un grognement, en serrant plus brutalement les poings, j'entendis un craquement retentir. Une vive douleur m'élança la main, alors que je rouvrais les paupières, en secouant ma paume, dépliant mes phalanges. Mon regard accrocha la plaie qui se trouvait là, ligne fine et droite, désormais rougie. La même que précédemment, lorsque j'avais entamé le rituel. Mes iris ternis la scrutant avec intérêt, notant les couleurs qui se mélangeaient sur la pâleur de l'épiderme. Une palette de nuances bien trop réelles et trop authentiques. Qui ne s'estompaient pas avec le temps. Et à présent, la plaie me narguait, me rappelant que mes blessures resteraient. Tant mentalement, psychiquement, que physiquement et physiologiquement.

J'entendis à nouveau Marc qui se mis à parler. Lui tournant toujours le dos, je ne pouvais discerner ses contours ou encore la mine qu'il arborait. Ni savoir s'il me regardait ou s'il m'évitait. Ravalant ma salive, je finis par hocher la tête, sans certitude. Jusqu'à ce qu'il raconte ce qui était passé par la tête de la sorcière. De cette chienne des enfers, qui aurait mieux fait de se faire bouffer par Cerbère, que d'en profiter comme ingrédient pour son sacrifice. Une nouvelle vague de rage s'empara de moi, alors que je levais les yeux au ciel. Lèvres entrouvertes, sans pouvoir émettre le moindre son. Sérieusement, elle avait fait revenir Marc de l'autre dimension parce qu'elle était paranoïaque ? Qu'elle avait eu des questions qui ne pouvaient pas attendre ? Bordel de merde. Fermant les yeux, j'inspirais longuement, tentant de maîtriser mes tremblements. Peine perdue d'avance, alors que les échos redoublaient d'intensité, au creux de ma cage thoracique et contre mon épiderme. Putain... Mon souffle hachuré et faible glissa sur mes lèvres, alors que je rouvrais les paupières. Mes iris fades et dénués de vie se portèrent sur le plafond, tandis que mes épaules s'affaissèrent. Le poids de la fatalité s'abattant sur mon esprit, emportant mon âme en dehors de ce corps qui, au final, ne m'appartenait même pas. Un étranger en ma propre enveloppe charnelle. Ne pouvant plus retrouver le confort de ma forme originelle. Figée à jamais dans l'intemporel, l'immuabilité. Je l'avais abandonnée, elle aussi. Délaissée, perdue, à l'instant même où mon essence m'avait quitté. Et je n'avais pu que me rattacher à ce corps que m'avait donné l'Outsider il y avait des siècles de cela. Encore une fois, l'ironie me frappa de plein fouet, alors que je constatais mon échec. Ma perdition me suivant jusqu'à la fin, m'entraînant vers ce gouffre sans fond. Qui ne cessait de m'appeler, de m'inciter à rejoindre le néant. Pour finir dans l'oubli, et cesser d'exister. Juste partir et ne plus jamais revenir. J'étais sans doute corrompu depuis le temps et c'était peut-être là, la seule et unique solution. Pour régler ce problème d'équilibre et en finir avec ces sacrifices, je devais certainement me terminer. Dans le fond, ça faisait sens, et ça expliquerait bien des choses. Mais je ne pouvais décemment pas rester là et subir le châtiment de Hellhound, qui tentait d'apposer sa marque en cette réalité, alors qu'elle n'était rien aux yeux du monde. Elle devait être stoppée, et je devrais tout faire pour l'arrêter. Tout ce qui était en mon pouvoir, quitte à en terminer avec moi-même.

Seul problème, je ne disposais plus de cette connexion aux ténèbres. Leur réconfort salvateur ne m'accordant plus leur grâce bienfaitrice. J'avais clairement merdé, mais je n'avais pas pu me résoudre à laisser Marc dans cet état. J'avais choisi de lui sauver la vie, au détriment de la mienne. Délibérément, j'avais mis en danger ma propre existence pour lui. Un soupir glissa sur mes lèvres, ma langue claquant contre mon palais. Au moins, on s'en était sorti tous les deux. Tirés d'affaire et de cet endroit chaotique. J'étais encore bien amoché, l'esprit en vrac, et soumis à ce vertige poignant, mais lui avait pu survivre à bien pire. Mais, il devait quand même être aussi éreinté que moi, aussi démuni face à la situation. Et même si ça m'avait soulagé de le savoir en vie, de l'avoir vu debout et conscient, ça n'avait pas apaisé la haine en mon être. La colère qui me vrillait les entrailles, m'empoignant brutalement. Elle revint subitement, d'un coup, brusquement. Emportant mon esprit brouillé, et mon corps tremblant dans ce tourbillon rageur. J'en voulais à cette grognasse de nous avoir foutu dans ce bordel. D'avoir poignardé Marc et de s'être barrée en le laissant comme ça. A l'agonie, aux portes de la mort. Mais je m'en voulais encore plus. De ne pas avoir été assez vigilant et aux aguets. De ne pas avoir été assez rapide pour venir à son secours. De ne pas avoir assuré nos arrières plus intensément lorsque nous étions partis pour l'autre dimension. De l'avoir embarqué dans cette quête qui le dépassait. De le confronter à ces forces mystiques et ces puissances abstraites, immatérielles. Je m'en voulais atrocement, pour l'avoir entraîné dans cette histoire. Cette guerre qui ne lui appartenait pas. Et ce, bien malgré le contrat à la con qu'il avait signé avec un air de défi peint sur le visage. Je grognais à nouveau, pinçant les lèvres, me maudissant silencieusement. Maltraitant et insultant mon esprit, mon être, mon nom. Je n'avais pas mérité son aide, et lui était quand même venu. Il m'avait suivi malgré ses réticences, à l'autre bout du monde. Dans une autre dimension, qu'il n'aurait jamais dû voir de son vivant. La colère envers mon être s'intensifia, tandis qu'il parla à nouveau. Plus il s'épanchait, plus je me maudissais. Il s'estimait chanceux, mais à mon sens c'était plutôt une malédiction. Une tragédie survenue au pire moment possible. Et tout cela relevait de ma faute. De ma propre erreur. Dont les conséquences me tiraillaient l'âme et rongeaient mon esprit.

Bowman enchaîna, mentionnant ce que l'autre grognasse savait sur notre collaboration. Il glissa également des informations sur Aidan, comme quoi il se terrait quelque part et prévoyait de la stopper. Ainsi donc, il se jouait d'elle depuis le début. Ce que Marc expliqua par la suite révéla bien des choses sur son frère. Il avait été forcé, à agir pour elle et à suivre son plan. Et maintenant, il se cachait, et tentait de l'arrêter, tout comme nous. Il était dans notre camp depuis le début. Et Marc avait tellement paniqué pour son frangin qu'il n'avait pas pu le voir directement. Il avait fallu qu'il effectue cette putain d'invocation et qu'on traverse pire que les enfers pour s'en rendre compte. Un soupir s'échappa de ma gorge, tandis que je baissais à nouveau la tête en fermant les paupières. Je comprenais mieux à présent, pourquoi je n'avais pas pu le localiser. Le trouver directement. S'il se cachait d'elle, il devait avoir trouvé un sacré sortilège. Que même les déités ne pouvaient outrepasser. Les points se reliaient lentement, en mon esprit, malgré les zones d'ombres, plongées dans la pénombre. Cette guerre allait plus loin que je ne l'avais pensé, et prenait des proportions bien trop considérables. Même Marc l'avait compris à présent. On était clairement foutus si on ne trouvait pas un plan pour l'éliminer. Pour en terminer, une bonne fois pour toutes. Il nous fallait toute l'aide possible, autant du côté sorcier que du côté des déités. Je pourrais toujours retenter un appel auprès de mes frères et sœurs, malgré l'échec de la dernière fois. Pinçant les lèvres, je chassais ce souvenir de mon esprit en secouant la tête. Bowman pourrait peut-être voir de son côté, auprès de ses congénères. Le temps pressait avec cette connasse aux commandes de l'équilibre du monde, bien que ce n'était clairement pas le moment d'aller faire du recrutement. En attendant de trouver de l'aide, il faudrait que je réfléchisse à une autre solution. Une alternative tout aussi prompte au succès. Pour l'instant, je ne savais pas quoi faire, malgré mon esprit échauffé qui vrillait en mon crâne. A part attendre, et reprendre des forces, retrouver un peu d'énergie, je ne pouvais pas faire grand chose. Le monde courrait à sa perte et je venais de me prendre un stop en plein dans la tronche. Ah, la beauté de la dérision.

Le sarcasme de Bowman me fit tiquer alors qu'un frisson désagréable me transcendait. Picotant en mes entrailles, tiraillant ma peau fébrile, à vif et tremblante. Je lui tournais toujours le dos, incapable de me retourner. D'oser le regarder en face après ce que j'avais fait. Ma faute avait causé du tort, et j'en payais à présent le prix. Marc n'avait pas eu à subir tout cela. Et je pouvais m'en vouloir pour l'éternité pour ce qui c'était passé, cela n'allait rien changer. Rien du tout. Déglutissant avec amertume, je laissais mon regard se perdre sur le sol. Sans bouger, ni émettre le moindre mouvement, de peur de succomber encore une fois. Le vertige tiraillait toujours mon esprit, et cognait en mon crâne. Rappel incessant que je ne pouvais y échapper. A cette fatalité qui me narguait et m'attendait au tournant. Un poids enserrait ma gorge, pesant lourdement sous mes côtes. Se creusant dans le vide, marquant le manque avec plus de fermeté. D'authenticité et de réalisme. Un voile passa devant mes iris, alors que je clignais des paupières pour le chasser. De la brume embrouillant mes pensées, une sensation cotonneuse se pressant sous ma peau, m'engourdissant. Tremblant toujours subrepticement, sans pouvoir m'arrêter. Subissant en silence, alors que la voix de Marc perturba encore l'atmosphère. Souffle fébrile et plus calme, qui caressait mes tympans. Apaisant mon être tourmenté, mon esprit échauffé, mon âme ébranlée. Une boule de nerfs se coinça au fond de ma gorge, me bloquant la respiration, faisant brûler mes poumons. Quelque chose picota en mes entrailles, tandis que les vagues glaciales se déversaient toujours en moi. En guerre contre ce brasier qui s’épanchait sous la peau, dévorant mon épiderme. La confrontation me laissant en proie à l'agonie, alors que ce vertige m'achevait lentement et douloureusement. Ravalant ma salive, je fis passer ma langue sur mes lèvres pour les humidifier. Mon souffle glissa dans les airs, alors que mes pupilles se dilataient, mon regard se concentrant sur un point devant moi tandis que je relevais la tête. Mon visage se décomposa à sa question suivante, étirant mes traits, peignant une grimace sur mon faciès. Me raclant la gorge, je tournais légèrement la tête, la penchant sur le côté, de sorte de pouvoir apercevoir les contours de sa silhouette du coin de l’œil. Sans pour autant porter mon regard sur lui, je l'observais tout de même, de loin. Mettant sciemment cette distance entre nous, conscient de ce qui allait suivre si j'osais seulement poser mes iris sur lui. Ouais... J'esquivais son regard perçant, ses questions silencieuses, en retournant la tête. Regardant droit devant moi, en me refermant sur moi-même. Rien d'important.

Enfonçant mes mains dans mes poches, j'avalais ma salive avec difficulté. Souhaitant cruellement pouvoir retrouver une autre saveur sur ma langue ; le sucre réconfortant des sucettes aromatisées. Mes doigts se resserraient sur du vide, alors que je constatais que je n'avais plus de sucreries sur moi. Putain, j'en avais bien besoin d'une là. Pour évacuer et penser à autre chose. Cette journée allait de pis en pis. Devenant pire à chaque seconde de plus. Je soupirais, me décidant enfin à me bouger quelque peu. J'esquissais un pas vers la droite, en me tournant légèrement pour reprendre la direction du lit sur lequel je m'étais réveillé. Les contours de la silhouette de Marc étaient toujours perceptibles, et je me faisais violence pour ne pas juste poser mon regard sur lui. M'assurer qu'il allait bien, malgré les épreuves traversées. Et que les ténèbres s'occupaient bien de lui. Pour le rafistoler et le requinquer. Je fermais les paupières un court instant, me concentrant sur mes pas fébriles. Rouvrant les yeux, je soufflais silencieusement, jusqu'à arriver au niveau du lit. Je restais là quelques secondes, avant de me laisser choir. M'asseyant, en tournant le dos au sorcier, plongeant ma tête entre mes paumes, mes coudes contre mes genoux. Je grommelais doucement, avant de marmonner. Aidan... Un silence, alors que je me frottais les yeux en grimaçant. On peut... Papillonnant des paupières, je me redressais lentement, lui lançant un regard en coin, en tournant légèrement la tête sur le côté. Toujours sans le voir vraiment. Tu lui fais confiance ? Question stupide, mais il fallait que je sois certain de ses intentions. Et si Bowman se portait garant pour lui, alors, je pouvais toujours espérer avoir une chance contre l'autre grognasse à capuche. Je ne tins pas plus longtemps et détourna le regard, reportant mon attention sur le sol. Baissant la tête en croisant les bras, les laissant reposer sur mes cuisses. Mes doigts pendant dans le vide, tandis que ma paume m'élançait toujours. Et que le vertige cogna plus brusquement contre mon crâne, m'arrachant un grognement, étirant mon visage en une grimace. Fermant les yeux sur le coup en serrant les dents, je ne sentis que trop tard quelque chose de chaud s'écouler de mon nez. Visqueuse et épaisse, la substance percuta la peau de ma main glacée. Le contact m'électrifia, tandis que je rouvrais les paupières avec difficulté. Une flaque carmine s'épanchait sur la peau de ma main, et j'écarquillais alors les yeux, le souffle court. Merde... Retournant mon poignet, j'apportais ma paume à mon visage, pour couvrir l'écoulement. Ma gorge s'enserra, ma respiration se bloquant à même mes poumons. Le regard perdu et en proie à la panique, j'essayais d'engloutir de l'air. De récupérer cet oxygène si précieux maintenant que je n'avais plus que cette forme pour survivre. Mais je n'arrivais seulement qu'à aspirer du vide. Ne parvenant plus à respirer correctement, je me mis à trembler plus intensément. Le sang se déversant malgré tout, échappant à la prison de mes phalanges, tandis qu'il cognait également à mes tempes, me vrillant le crâne déjà bien secoué. Merde, merde, merde... Je tentais de me relever, tanguant en me redressant, me rattrapant de justesse pour ne pas trébucher. Dans une impulsion, je m'élançais, sans attendre d'avoir vraiment retrouvé l'équilibre. Me dirigeant vers la porte par laquelle Marc avait débarqué. L'ouvrant à la volée et m'éclipsant au dehors, à l'extérieur, où l'air frais de la nuit s'écrasait sur mon visage. Où la pénombre m'entourait de ce voile sombre, à défaut de retrouver mes ténèbres salvatrices. Tandis que des points blancs dansaient devant moi, sur mes iris pétillants. Ma peau picotant étrangement, ravagée par le brasier qui me consumait, et détruite par cette glace qui me gelait sur place. M'empoignant avec force, à mesure que je tremblais sous l'absence de mon essence. Le manque se creusant de plus en plus, me vrillant subitement, alors que je me rattrapais au mur. Complètement paniqué, incapable de respirer. L'esprit à la dérive, le corps déphasé. L'âme brisée, l'être fragmenté. Saignant à blanc, ma vie s'écoulant entre mes doigts tremblants. A chaque seconde qui passait.


by tris

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@Pando There is no tomorrow. Watch me walk away. Painting my life in grey. All that I wish for is fading away. The time is now. Surrounded by shadows. Painted by colors of darkness. The final last word. Close to insanity.
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Pride
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Lun 9 Avr - 20:22



Stop the sky from falling down
What's inside my head, I've lost a sin. No one to forgive,
No one to forget. Don't you believe if you want it, you can have it. Take the wreck, leave the habit. We go down into the darkness like a stampede, charging. Follow me now, follow me, down


S’estimer chanceux est un putain d’euphémisme. Ça s’est joué de peu. Là, c’est plus de la chance. C’est carrément une bénédiction divine. Le terme est on ne peut plus approprié quand on sait que c’est un dieu qui l’a tiré de là in extremis. Avec un détachement qui le caractérise bien, Marc explique ce qu’il sait, passant sous silence certains détails qu’il estime pas important – ou qu’il préfère passer sous silence parce qu’il n’a pas envie de s’en rappeler plus que ça. Au hasard, trois heures de torture. Juste comme ça. Il parle d’Aidan, de pourquoi cette espèce de connasse encapuchonnée l’a rappelé alors qu’il était peinard dans cette dimension grisâtre, de ce qu’elle cherche… Bref, les informations qu’il a pu en tirer quand il n’était pas en train de se tordre de douleur par terre ou en train d’agoniser pour cause d’athamée à la noix plantée quelque part dans son organe vital. A cette pensée, il porte une main sur sa poitrine avant de la laisser retomber. Il lui semble que c’est un peu moins douloureux. Même s’il ignore exactement ce que Tenebris lui a fait. Ça s’est passé pendant qu’il était en train de naviguer sous cette forme fantomatique. Marc tente de se souvenir de ses gestes mais son cerveau ne semble pas accepter ce qu’il s’est passé quelques heures auparavant. Ça a la même saveur qu’un mauvais rêve dont on essaie de se rappeler à tout prix mais qui nous échappe alors qu’on est à deux doigts de se souvenir réellement. Ce qu’il sait en revanche, c’est qu’il était presque mort. Pour de vrai. Il a normalement perdu bien trop de sang pour péter le feu comme il le fait actuellement. Il baisse les yeux vers une de ses mains et la fixe en la bougeant lentement. Il devrait être fatigué comme jamais. Pas capable de bouger et de parler. Voir carrément aux soins intensifs d’un hôpital. Mais non. A la place, il est sur ce lit, dans un motel au bord de la route à faire la conversation à… son sauveur. Merde, ça lui fout un coup, ça aussi. Il n’a pas pour habitude de se faire sauver les fesses.  Et encore moins par une déité.

Tenebris répond à sa question mais il y a quelque chose dans sa façon de le dire qui dérange Bowman. Peut-être la manière évasive avec laquelle il prétend que ce n’est pas important, ce regard fuyant et ce mouvement de tête pour que Marc ne voit pas l’expression de son visage. Il fronce les sourcils en gardant le silence. Il y a définitivement un truc qui cloche. Quelque chose que Tenebris ne veut pas lui dire. Il perçoit une agitation en lui alors qu’il le fixe. C’est bien la première fois qu’il ne le regarde pas dans les yeux quand il doit répondre à une question sérieuse. En langage humain, ça veut dire qu’il y a vraiment quelque chose qu’il refuse de lui dire. Il repense à la panique qu’il a pu lire dans ses traits juste avant, l’empressement avec lequel il lui avait demandé où il était. Cette peur. A-t-il déjà vu de la peur chez lui ? Non. Il a vu de l’agacement, de la colère, de l’amusement. Toutes ces expressions humaines qui parfois se manifestent sur le visage de son enveloppe physique. De la détresse, aussi. Comme tout à l’heure. Mais jamais de la peur. Putain. Les pièces du puzzle se rassemblent, une à une. Il a tourné de l’œil. Il a peur. Il n’a pas l’air dans son état normal. Il fuit son regard. Marc sait que la vérité est sous son nez mais il n’arrive pas à trouver la pièce manquante. Celle qui pourrait l’aider à compléter le puzzle. Et ça, il n’y a rien de plus frustrant. Rien de plus agaçant. C’est forcément arrivé entre l’instant où il avait réintégré son corps et l’instant où il avait ouvert les yeux. A nouveau, cette énergie sombre qui parcourt ses veines s’agite. C’est excessivement énervant d’avoir la vérité à portée de main et de ne pas pouvoir l’atteindre. Marc aurait bien envie de lui gueuler dessus pour l’obliger à parler mais il n’en a pas la force. Et ils ont eu leur lot de sensation forte pour la soirée. A la place, il se contente donc d’hocher la tête et de répondre simplement un « D’accord. » Rien d’important, mon cul. Si c’était vraiment rien d’important, il lui aurait dit. Mais Tenebris a de la chance dans son malheur. Marc n’a pas envie d’aller à la confrontation avec lui. Pas cette nuit.

Il sent le besoin immédiat de nicotine le tirailler. Il s’est pourtant envoyé la moitié du paquet à fumer nerveusement pour se détendre les nerfs. Cela n’a pas servi à grand-chose car il est toujours au bord de l’implosion. Il s’oblige à garder le contrôle car il ne sait que trop bien ce que ça donne quand il perd le contrôle. Marc grommelle et s’adosse au mur en se massant une tempe, les yeux clos. Ce n’est pas de nicotine dont il aurait besoin, en réalité. Mais d’une bonne nuit de sommeil. Voire trois. Histoire de récupérer totalement de l’enfer auquel ils viennent d’échapper. Il entend les mouvements de Tenebris dans la pièce et laisse retomber sa main quand la déité s’adresse à lui.  Il rouvre les yeux pour fixer le mur face à lui, attendant la suite. La question à dix milles dollars. Celle qui mérite d’être posée. Les mâchoires de Marc se serrent alors qu’il déglutit. Fait-il confiance à Aidan ? Le suivrait-il jusqu’au bout, même s’il a indirectement mêlé son frère à ses histoires ? Ce n’est pas tant le besoin d’information qui a fait qu’Hellhound l’a rappelé de l’autre dimension. C’était un prétexte. C’était un moyen de faire d’une pierre deux coups. Atteindre deux personnes à la fois, transformant Marc en instrument de vengeance. Rien de plus. Une nouvelle bouffée de haine le prend à la gorge. Il déteste qu’on se serve de lui. Et encore plus quand il n’est qu’un outil pour atteindre quelqu’un. Même s’il était resté à l’écart avec Tenebris, même si Marc n’avait pas fait ce pacte à la con le liant à la déité pour retrouver Aidan, Hellhound s’en serait pris à lui. Parce qu’il s’appelle Bowman et qu’il est son frère. Peu importe donc les circonstances de leur rencontre. Mais ce qu’elle a lui dit lui redonne espoir. Son andouille de frère n’a jamais cessé de vouloir lui mettre des bâtons dans les roues. Il se terre quelque part, se protégeant de telle sorte qu’aucune déité ne puisse le trouver. En d’autres termes, il a un plan. Et vu qu’il est visiblement né avec les mêmes dons que Marc, il y a moyen qu’il les aide. Alors ? Est-ce qu’il lui fait confiance ? « Oui. » La réponse sort de ses lèvres d’elle-même, franche et nette, ne laissant aucune place à l’interprétation.  Et rien que le fait de l’avoir dit à voix haute l’apaise. Ça suffit à calmer légèrement sa tempête interne. Il laisse retomber sa tête contre le mur en fermant à nouveaux les yeux. Ouais. Au moins, ça, c’est sûr. Il n’est qu’un idiot d’avoir douté une seconde de son propre frère.  

L’exclamation poussée par Tenebris l’oblige à rouvrir les yeux et braquer sa tête dans sa direction. La déité lui tourne le dos. Marc arque un sourcil en penchant la tête. Qu’est-ce qu’il lui arrive ? Il se redresse doucement. « Qu’est-ce qu’il y a ? » Figé à sa place, il voit soudain les mouvements tendus de Tenebris, ce tremblement qui le parcourt en même temps qu’il entend ces mêmes jurons se répéter. « Tenebris ? » La langue brûlante de question, il écarquille les yeux devant la rapidité avec laquelle l’autre se redresse et vacillant.  Au moment où il atteint la porte, Marc se met debout quasi instantanément, rongé par l’inquiétude que lui provoque ces réactions soudaines. Il l’appelle une nouvelle fois en passant par-dessus l’autre lit comme s’il n’était rien et s’élançant à sa suite. C’est quoi, encore, ce bordel ? Il ne sait pas ce qu’il se passe. Il n’a rien senti de mystérieux, de magique dans l’air. Il n’a rien perçu comme étant une menace, ce qui l’interloque davantage. Il passe le seuil de la porte et s’arrête un moment pour regarder dans quelle direction Tenebris a pu aller. Il le voit quelques mètres plus loin, contre le mur. Se tenant le nez. Il jure dans sa barbe en se dirigeant vers lui d’un pas vif. Il écarte légèrement les bras pour montrer son agacement et sa surprise. « Tu peux me dire ce qu’il t’arrive, bordel ? T’agis bizarrement depuis tout à l… » Sa phrase meurt dans sa gorge quand il aperçoit le liquide rouge qui colore la paume de Tenebris. Il n’est plus qu’à quelques pas de lui. « Tu saignes ? » Merde. Ça saigne un dieu ? Est-ce que ça peut saigner pour de vrai ? Outre le sang, il y a autre chose qui inquiète vraiment Marc. La panique qu’il lit dans les yeux de Tenebris. Les tremblements qui le parcourent de toutes parts. Cette recherche d’air. Sans réfléchir, il pose une main sur son épaule et l’autre sur son visage pour le forcer à le regarder. « Hey ! Qu’est-ce que tu as ? » A nouveau, l’inquiétude lui noue les entrailles. Tenebris est pâle à faire peur. Putain de merde. Il réalise. Tenebris est en train d’avoir une crise de panique. Il reconnaît les signes. Fuck. Il a bien besoin de ça, maintenant. Vraiment. Comment il doit gérer ça, hein ? Comment on gère un dieu en proie à une crise de panique ? Marc secoue la tête pour rester maître de ses émotions. Il parle d’une voix calme et ferme. « Respire doucement. » Il ne sait pas si son conseil va être utile. Ce qui avait marché pour lui quand il était gamin ne marchera peut-être pas avec une déité. Il ne sait pas comment leur métabolisme fonctionne, s’ils ont besoin d’oxygène ou quelque chose comme ça. Il va devoir naviguer à l’aveugle. Et se servir de la magie va être inutile, vu qu’il est humain et que l’autre en face est une divinité. « Hey, connard. Ça va aller, d’accord ? Ça va aller. » Toujours sur le même ton, avec une mine inquiète, il cherche comment gérer cette situation totalement inédite. Il dit que ça va aller, mais si l’autre continue, ça ne va pas aller du tout.


___

Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


Spoiler:
 
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Tenebris
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- Changement de forme et de plan.
- Télépathie et emprise + hallucinations et cauchemars.
- Création de matière spectrale et contrôle des ténèbres.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Jeu 12 Avr - 23:53




Stop the sky from falling down


Open your eyes because you're
never gonna know if your next
move might be your last. Living
a lie and you know I'm not ready
to choose. So don't get confused
and stay the hell out of my way.

Les paupières fermées, le corps tremblant, je fermais le poing, en grognant. Les dents serrées, la mâchoire crispée, une exclamation sifflante m'échappa, tandis que je me laissais m'avachir contre ce mur. M'accoler contre cette texture qui se dressait et me maintenait pendant que je sombrais. La gorge enserrée, je ne parvenais toujours pas à respirer. A retrouver cet air salvateur qui pouvait libérer mes poumons compressés. Des échos m'empoignaient sous les côtes, des battements affolés se répercutant au creux de ma cage thoracique. Le sang cognant à mes tempes, s'écoulant de mon corps en des filaments carmins. Peignant des arabesques stylisées sur ma paume recouverte de la substance vermeille. Mes oreilles bourdonnaient, m'entourant d'un silence qui oppressait mes tympans. Putain, ce que c'était désagréable. Dérangeant. Un son strident résonnait dans mon esprit, se répercutant contre les parois de mon crâne, me tirant un grognement. Étirant mes traits en une grimace tandis que je me penchais en avant, me tournant légèrement sur le côté. De sorte que mon dos puisse s'appuyer contre le mur, alors que je desserrais mes phalanges. Laissant ma paume racler contre la texture pour trouver une meilleure prise. Rouvrant les paupières, je clignais des yeux pour tenter de chasser ces points blancs qui parsemaient ma vision. Sans succès. Les pupilles dilatées, au point d'en absorber mes iris voilés par de la brume, je ne percevais que partiellement ce qui se trouvait alentour. Complètement déconnecté de l'instant présent, déphasé avec la réalité. Subissant le contre-coup du manque, les conséquences de l'absence de mon essence. Perturbé par ce qui m'assaillait, soumis à ce poids qui me tirait au fond de moi-même. Me forçant à me renfermer, me retrancher en mon être. Érigeant des barrières tandis que j'étais acculé. Pris entre deux obstacles qui m'oppressaient, se compressant alentour pour m'étouffer. Me priver de cet air, de l'oxygène salvateur. De cette source, ce regain d'énergie caractéristique. Le vide se creusant en mes poumons, à mesure que le temps passait, que les secondes s'écoulaient. Le sang s'épanchant, échappant à mon contrôle, alors même que j'essayais de le retenir. Paume colorée posée sur le derme, couvrant le haut de mes lèvres, appuyant comme je le pouvais. Je le sentais glisser contre ma peau, substance chaude qui marquait l'épiderme de cette couleur carmine particulière. Une goutte effleurant mes lèvres, passant sur ma langue. Le fer embaumant contre mon palais, tiraillant ma gorge.

J'entendis des échos étouffés parvenir en ma direction, m'arrachant sensiblement de ma torpeur. Tournant mon regard évasif alentour afin de trouver l'origine de cette voix familière. De ce timbre réconfortant. Mon esprit embrouillé tentant de se raccrocher à cette prise abstraite, imaginaire, qui semblait se rapprocher. Mes iris accrochèrent enfin les contours d'une silhouette, et dans ce brouillard qui enfumait mes pensées, je reconnaissais tout de même la signature de Marc. Son aura particulière, d'où émanait l'énergie de mes ténèbres, et celle de sa propre magie. Je grimaçais en le voyant arriver en ma direction en écartant les bras. Un sifflement s'échappant de ma gorge, alors qu'un nouveau vertige s'empara de mon esprit. Fermant les paupières brusquement, je restais ainsi quelques secondes, avant de rouvrir les yeux. Malgré la douleur qui me vrillait le crâne et l'épanchement de sang qui ne cessait de s'écouler à n'en plus finir. Liquide carmin couvrant mes lèvres, mon menton, tombant en un clapotis à terre, marquant la texture de pigments colorés aux contours incertains. Retirant ma paume, libérant mon visage, laissant ma main trembler devant moi, je scrutais alors la substance qui peignait mon épiderme. Qui coulait sur mes doigts, entre mes phalanges à présent rougies. Ce fragment de vie qui se ruait au dehors, me quittant peu à peu. Me laissant là, vidé d'énergie, de force, alors que je croulais sous ce poids contre mes épaules. Que je tremblais toujours, le corps en proie à ces tressautements incontrôlables. L'esprit à la dérive, tandis que la panique me dévorait les entrailles, me coupant le souffle, s'imprégnant à ma rétine. Évincé de l'instant, par ce tableau abstrait qui se peignait avec mon sang, jouant de ma propre vie. La voix de Marc, trancha les airs, fendant ce silence qui bourdonnait à mes oreilles. Sans pour autant m'arracher de ma contemplation, de me tirer de ce spectacle morbide et pourtant fascinant. Ses pas résonnant en échos à mes tympans, en rythme avec le sang qui pulsait en mes veines, cognant à mes tempes. Alors qu'il comblait la distance, rapprochant son corps du mien, qui tremblait encore, sans jamais pouvoir s'arrêter.

Une main se posa sur mon épaule, le contact me faisant tiquer. Sursautant presque, imperceptiblement au travers des soubresauts. Sa paume déversant une chaleur qui glissait à l'endroit même où sa poigne me tenait. Une autre main glissa sur mon visage, enserrant ma joue. La paume posée délicatement contre la peau, appuyant doucement, de quoi attirer mon attention. Décrochant mon regard de ma main ensanglantée, le portant alors sur les contours de la silhouette qui m'appelait. Scrutant Marc au travers du voile opaque qui embrumait ma vision et embuait mon esprit. Tremblant entre ces mains immuables, qui se trouvaient être un point d'ancrage. Les iris voilés par la peur, la crainte, la panique. L'angoisse imprégnant mes pupilles dilatées, alors que je ne pouvais toujours pas respirer. Lèvres entrouvertes, mais gorge enserrée. J'entendais à peine ce que Marc me disait, percevant à moitié les traits de son visage. Je ne pouvais me concentrer que sur ce mur contre lequel j'étais appuyé, et les mains du sorcier qui me maintenait en place. Ses paumes échauffant ma joue et mon épaule, tandis que je me laissais aller à ce contact. M'épanchant, appuyant contre ses mains, doucement, tentant de ne pas sombrer complètement. M'abandonnant presque entre ses paumes qui m'offraient la salvation. Clignant des paupières, en grimaçant, j'essayais de me concentrer sur son visage. Sur son regard, ses expressions. N'importe quoi pour me tirer de là. Pour me faire sortir de la torpeur, de l'horreur qui m'empoignait. Et pour oublier ce que j'étais en train de vivre. De subir. Marc parla à nouveau, m'intimant de respirer doucement. Il ne comprenait pas que je n'y arrivais pas, que je ne parvenais pas à récupérer cet air dont j'avais cruellement besoin. Et je ne pouvais pas lui répondre, ni même bouger entre ses doigts. Seulement rester ainsi, à le fixer dans les yeux, ancrant mes iris aux siens, alors qu'il était toujours là, à me maintenir, me toucher. M'incitant à revenir à la réalité au travers de contacts transcendants et authentiques. Il répliqua encore, balançant une insulte, comme si cela allait changer quelque chose. Au moins ça avait bien attiré mon attention. Son souffle s'écrasa contre ma peau alors qu'il murmurait que tout ira bien, que ça allait aller.  Je voulais le croire, vraiment, mais c'était une peine perdue d'avance. J'étais une cause perdue d'avance. Cependant, le ton employé, sa mine inquiète et l'air qu'il arborait eurent raison de moi. Me figeant sur place, alors que je prenais conscience de ce qu'il faisait, de l'instant qui s'imprégnait alentour. Découvrant à nouveau cette proximité avec son esprit, au travers de son corps presque pressé contre le mien, et de mes ténèbres en son être. Mon essence, m'appelant silencieusement, me faisant reprendre contact avec la réalité.

Alors j'essayais quand même et malgré tout. De suivre ses directives, d'inspirer lentement, d'expirer longuement. Calmement, doucement. Le regard fuyant, je recommençais à retrouver de petits filets d'airs sur ma langue, glissant au fond de ma gorge. J'écarquillais les yeux, suffoquant presque par l'absence de l'oxygène, qui venait à présent lentement remplir mes poumons. Beaucoup trop lentement. J'élevais ma main immaculée vers Marc, enroulant mes doigts autour de son bras qui me maintenait l'épaule. Enserrant mes phalanges contre le tissu qui le recouvrait, juste de quoi m'accrocher à lui. D'avoir un ancrage tandis que l'air explosait sous mes côtes, emplissant mes poumons compressés. Les échos de battements frénétiques se répercutant toujours au creux de ma cage thoracique. A en faire trembler mes membres, crispant mes muscles, alors que je me tendais, entre Marc et le mur. Clignant plusieurs fois des paupières, je regardais partout autour de moi afin de retrouver mes repères. Une douleur lancinante me vrilla le crâne l'instant d'après, m'arrachant une grimace. Le vertige reprenant ses droits sur mon être, enserrant mon esprit avec force et brutalité. Je raffermissais ma prise sur le sorcier alors que je chancelais, sentant la substance carmine s'écouler une fois de plus en un petit filet. Le sang s'épanchant de plus belle, alors que je grognais sous l'assaut de la douleur. Reportant ma paume maculée à mon visage, couvrant mon nez, mes lèvres, avec empressement, retenant le liquide épais avec difficulté. Une goutte glissa sur mon poignet, s'aventurant en dessous de ma manche. Et une autre. Et encore une autre. Fermant les yeux, je penchais ma tête en arrière en soupirant. Retrouvant peu à peu une respiration plus posée, un souffle moins extatique, moins hachuré et moins fébrile. Tremblant toujours subrepticement, mais moins brusquement, je desserrais ma prise sur Marc, m'accolant le plus possible contre le mur. Profitant de sa texture et de ce contact pour m'éloigner de lui, lentement. M'extirpant doucement de sa prise, de ses paumes chaudes contre moi. Frôlant ses mains une ultime fois avant que l'air ne claque contre ma joue. Courant frais contre l'épiderme échauffé par le contact fantôme, qui picotait toujours ma peau. A vif, fébrile. Rouvrant les paupières, je soupirais, longuement, les iris portés sur l'horizon. Le regard légèrement perdu, fuyant, je commençais à peine à discerner ce qui m'entourait. Et le poids de l'instant me retomba dessus si brusquement que mes jambes flanchèrent. Glissant contre le mur, je finis par me laisser tomber. M'écrouler au sol après avoir succombé à l'émotion de la panique. Après avoir flanché sous le poids oppressant de ces sensations. Après avoir sombré dans le néant.

Avachi au sol, complètement ramassé, je restais ainsi quelques secondes. Le temps de me reprendre, de respirer un bon coup, de savourer le calme et le silence, alors que des restants de tremblements me parcouraient encore. Un bourdonnement résonnant à l'intérieur de mes oreilles, vrillant légèrement mon crâne, tandis que les vertiges s'espaçaient. Et que la douleur s'estompait peu à peu. Me libérant enfin de l'oppression et me permettant de respirer sans retenue. Le regard perdu devant moi, je laissais mes pensées s'épancher. Les souvenirs remonter, de la soirée, de l'autre dimension, de tout ce qui était arrivé. Le rappel de l'horreur, du carnage, de la douleur. Et j'étais toujours autant dévasté, mais mon corps ne réagissait plus comme avant. Incapable de le contrôler comme je le voulais, je restais alors immobile, plongé dans l'immuabilité. Seul mon torse se soulevait, à mesure que je respirais. Lentement, mais sûrement. Reprenant peu à peu confiance en mes capacités pour me permettre de me laisser aller. Un soupir franchissait la barrière de mes lèvres, alors que l'arrière de ma tête percuta le mur en un bruit sourd et étouffé. Le menton relevé, mais le regard toujours abaissé, voilé à moitié par mes paupières plissées. Le silence s'étendant, alors qu'une respiration s'écrasait contre ma joue. Marc s'était accroupi à côté de moi, et se tenait toujours à proximité. Prêt à chercher le contact à nouveau si le besoin s'en faisait ressentir. Si je flanchais à nouveau dans ce tourbillon dévastateur. C'était une première pour moi, je devais bien l'avouer. De ressentir aussi fortement, de manière aussi puissante ces sentiments, ces sensations qui me vrillaient le corps et empoignaient mon âme. Au point d'en ébranler mon esprit, de le fissurer, de le briser. Clignant des paupières, je murmurais doucement, mon souffle s'élevant faiblement. Merci... un simple mot, emprunt de sincérité, lourd de sens. Première fois que je le lui disais, après tout ce temps que l'on avait passé ensemble. Penchant légèrement la tête sur le côté, je relevais mon regard vers son visage. Mes iris accrochant les siens, scrutant ses traits étirés. M'imprégnant de l'instant qui s'étendait entre nous. Essayant de transmettre silencieusement l'authenticité de ces remerciements, en me plongeant dans son regard brillant. Notant les nuances qui parsemaient ses iris, contemplant les couleurs qui se mélangeaient harmonieusement. Complètement transcendé par l'instant, je ne pouvais plus me détacher de son regard. Dans l'impossibilité de m'éloigner de lui, alors que le fantôme de son toucher picotait encore ma peau. Et que l'énergie sombre qui grouillait en lui s’épanchait en m'appelant. Entrouvrant les lèvres, mon souffle glissa sur ma langue, tandis que je sentais le vide se creuser sous mes côtes. Ma gorge s'enserra à nouveau, me tiraillant en compressant mes poumons. Un écho raté pulsant au creux de ma cage thoracique, étouffé sous les vagues qui m'assaillaient. Qui s'échouaient en mes entrailles et dévalaient en cascade le long de ma colonne vertébrale.

Le souffle coupé, magnétisé par ce qui se jouait, je n'osais plus bouger. Ne voulant perturber l'instant tangible qui s'étendait, et qui perdurait. Une sorte de tension contre mon épiderme, me maintenant en place, frôlement fébrile qui picotait ma peau. Le temps s'était comme figé, et je sentais mes lèvres trembler. Ma langue, lourde contre mon palais, savourant ce goût amer qui s'y déversait. Mes iris finirent par me brûler alors que les points blancs parsemaient à nouveau ma vision. Clignant des paupières, je refermais la bouche, en déglutissant. Lorsque je rouvris les yeux, quelque chose changea dans l'atmosphère. Quelque chose de plus sombre s’épanchait alentour. Une énergie pulsante, palpitante contre ma peau. Crépitement familier qui me tiraillait, me frôlait sans jamais me toucher. Alors que je crevais de les retrouver. De les rappeler à moi. Mais elles restaient silencieuses, et sourdes à mes hurlements de détresse. Insensibles à mes tremblements, aveugles à mon égard. Un claquement retentit plus loin, suivi d'un autre, et encore d'un autre. La faible lueur qui éclairait le genre de couloir, s'estompant brusquement. Plongeant les lieux dans une obscurité plus prononcée. Laissant les ombres reprendre leurs droits, et les ténèbres assaillant l'espace qui nous entourait. Seule la lueur laiteuse de l'astre lunaire, éclairant quelque peu les recoins du motel. Bloquée cependant, par les quelques nuages, et les piliers qui se tenaient le long du couloir extérieur.  Ravalant ma salive, je me détournais enfin de Marc, mon regard scrutant les zones éclairées au loin, avant de se perdre dans la pénombre. La culpabilité rongeant mon être, vrillant mon âme, tandis qu'une vague glaciale déferla en mes entrailles, empoignant l'organe sous des griffes acérées. Oh, bordel... Si je ne me trompais pas, ce qu'il venait de se passer avait un lien avec mes ténèbres. Enfin, avec celles que j'avais transvasées en Marc, du moins. Mon essence semblait avoir été ébranlée dans l'être du sorcier, et Bowman avait dû penser à quelque chose pour la titiller. Juste assez pour qu'elle prenne place dans le plan de l'existence. De quoi la laisser déverser les ténèbres dans la réalité. Et étant donné qu'il ne savait rien de tout ça, que j'avais gardé mon sacrifice sous silence, il allait penser que tout ceci était de mon ressort. De ma faute. Et je ne pouvais rien faire pour lui montrer que j'étais impuissant. Que je disposais plus des ténèbres à ma guise. Que j'étais vidé. De toute énergie, de mon essence, de ce qui me constituait. J'étais complètement anéanti, en ruines. Mais ça, Marc n'aurait jamais dû le savoir. Et l'incident qui venait de survenir, allait briser ce silence et dévoiler la vérité aux yeux du sorcier. La présenter à lui sur un plateau d'argent. Il allait enfin comprendre ce qu'il se passait. Ce que j'avais fait là-bas. Pour le ramener. Ce que j'avais sacrifié. Pour lui. Et je n'étais pas prêt à le confronter. Je ne le serai jamais.


by tris

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@Pando There is no tomorrow. Watch me walk away. Painting my life in grey. All that I wish for is fading away. The time is now. Surrounded by shadows. Painted by colors of darkness. The final last word. Close to insanity.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Dim 15 Avr - 16:28



Stop the sky from falling down
What's inside my head, I've lost a sin. No one to forgive,
No one to forget. Don't you believe if you want it, you can have it. Take the wreck, leave the habit. We go down into the darkness like a stampede, charging. Follow me now, follow me, down


En répétant ces phrases, Marc se demande s’il prononce ces mots pour Tenebris ou pour lui-même. Il ne sait pas si ça va vraiment aller. Pas seulement cette crise de panique mais tout ce qu’il y a autour. Le bourbier dans lequel ils s’enfoncent, pas après pas. Seconde après seconde. Empêcher l’équilibre d’être menacé. Retrouver son frère. Survivre. Il ne pourra pas tout faire. Le plus difficile est encore devant eux. C’est loin d’être fini. Il le sait. C’est une toile d’araignée complexe et immense qui s’est tissée autour d’eux. Bouger les fils pourrait leur être fatal. Pour de bon. Rien que là, alors qu’il est à l’extérieur avec Tenebris, il se sent trop exposé. Trop visible. Il se sent encore trop proche d’Hellhound et de cette ville qu’il a fui en roulant à tombeau ouvert. Il n’y a pas assez de kilomètres qui les séparent d’elle et de sa folie.  Si elle est capable de le rappeler à elle alors qu’il n’est pas dans la même dimension qu’elle, qu’est-ce que quelques bornes ? Il est encore là, ce qui veut dire qu’elle n’a pas encore vu qu’il est toujours en vie. Mais ça ne saurait durer. Il doit bouger. Se protéger. Et se fier à personne d’autre que Tenebris. Tout ça est en train de le rendre paranoïaque au possible.  Pour couronner le tout, voilà que l’autre déité est en train de lui faire une crise de panique dans les pattes. Son regard effrayé, son souffle irrégulier, son nez en train de saigner. Il y aurait de quoi être impressionné si ce n’était pas quelque chose de purement humain qu’on ne s’attend pas à voir chez une déité. Marc ne sait pas comment gérer cette situation qui devient catastrophique au fil des secondes. Alors, est-ce ça va aller ? Peut-être pas, en fin de compte.

Le voir dans cet état, en proie à une panique totale le laisse désarmé car il ne sait pas comment ça peut être possible. Tenebris est une déité capable de manipuler l’essence même de nombreuses peurs chez l’être humain. L’obscurité. Les ténèbres. La symbolique la plus puissante qui soit. Et pourtant, le voir ainsi prostré, s’accrochant à lui comme s’il était une bouée de sauvetage, ça a vraiment de quoi le déstabiliser au plus haut point. L’énergie en lui grouille de plus belle depuis qu’ils sont en contact physique. Il commence tout juste à le remarquer. Il y a quelque chose qui ne va pas. Enfin. Quelque chose de plus à ajouter à la grande liste qui ne cesse de s’allonger et qui s’appelle « Les trucs pas normaux ». C’est dingue comme elle s’allonge depuis une heure. « Tu fais une crise de panique. C’est quelque chose de courant chez les humains quand on est confronté à une situation extrême. Un mécanisme de défense. » Marc déglutit en cherchant comment expliquer à quelqu’un de pas humain comment ça marche. C’est un truc d’humain. Pas de déité. Il ne connaît pas assez les divinités pour être un expert en la matière, Tenebris étant le seul qu’il côtoie de près. Peut-être qu’il passe trop de temps avec lui ? Peut-être qu’il n’est pas censé être là aussi longtemps ? Marc l’ignore car il ne sait rien sur les déités et sur leur métabolisme. « Concentre-toi sur moi et continue de respirer. » Il l’encourage du regard car c’est probablement la meilleure chose à faire.

Il n’a jamais été doué pour s’occuper des autres. A chaque fois qu’il le fait, ça vire au désastre. Si bien qu’il a pris l’habitude de laisser les gens se démerder seuls avec leur problème. Parce qu’il est pas assez empathique pour se mettre à la place des autres et qu’il empire la situation davantage qu’il ne l’améliore. Pourtant, là, il y a un certain nombre d’élément qui le pousse à agir pour l’aider. Déjà, c’est un dieu. Un dieu paniqué. Un dieu paniqué qui peut ne plus contrôler la force dévastatrice qui fait partie intégrante de lui. Marc craint de voir les ténèbres se déchaîner sur lui et les personnes présentes dans le motel. Il ne tient pas à se faire rayer du plan de l’existence à cause d’une vulgaire crise de panique, alors qu’il vient quand même d’échapper de peu à la mort. Cette idée n’aide en rien à calmer Marc qui n’est pas franchement dans un meilleur état émotionnel. Il s’oblige à rester calme parce que deux idiots qui paniquent, ça ne fera pas avancer les choses. La deuxième raison qui pousse Marc à vouloir aider Tenebris, c’est qu’ils sont tous les deux dans cette galère. Ensemble. Et qu’ils s’y sont retrouvés mêlés malgré eux. Grâce à lui, Marc est toujours là pour respirer. Grâce à Tenebris, Marc peut marcher sur cette terre avec son enveloppe physique et toute sa tête. Non pas comme un esprit perdu et hagard. Alors il peut au moins l’aider à se calmer. La troisième raison officielle ? Marc sait ce que ça fait. De ne plus avoir le contrôle et être en état de crise. Cela fait bien des années qu’il n’en a pas eu de crise d’angoisse. Ça n’a rien à voir avec son âge ou même avec son mental. En fait, les crises se sont arrêtées à l’instant où il en a tué la source, dans une ruelle sombre et mal fréquentée. Les crises sont mortes avec Ronald. Car il n’a jamais eu l’esprit aussi apaisé que lorsqu’il l’a enfin tué. Tuant son bourreau et le gamin effrayé qu’il était. Mettant un terme à des années de souffrance. Et en épargnant d’autres à de parfaits inconnus.

Une autre raison, qu’il garde sous silence et qu’une petite voix dans son cerveau est en train de lui souffler… c’est qu’il commence à s’attacher à lui. C’est bien trop étrange de le formuler de cette façon. Ou même juste d’effleurer l’idée. Alors il fait comme il fait si bien le faire quand quelque chose devient un brin dérangeant pour lui. Il le bazarde dans un coin de son cerveau et se concentre sur ce qu’il a sous les yeux. Tenebris. Il doit se concentrer sur Tenebris. Tenebris qui semble se calmer, reprendre le contrôle de ses émotions. Il le voit se laisser glisser au sol et suit le mouvement en pliant les genoux pour arriver à sa hauteur. Une tension lui noue les épaules, alors qu’il l’encourage toujours à respirer calmement, un petit sourire se formant au fur et à mesure que le souffle de Tenebris se fait plus calme et régulier. Ils ont frôlé la catastrophe pour la deuxième fois de la soirée. Marc songe de façon ironique qu’il mérite une putain de médaille. Il hoche doucement la tête en baissant les yeux quand il entend les remerciements de Tenebris. C’est peut-être la première fois qu’il entend ce mot sortir de la bouche du brun. Dit avec sincérité, sans ironie de sa part. Et c’est même peut-être la première fois qu’on lui dit véritablement merci.  « De rien. » murmure Marc. Il est rassuré de le voir redevenir maître de ses émotions. Les questions se bousculent dans sa tête mais il choisit de n’en poser aucune. Ils ont tout le temps pour ça. Il se contente donc de reprendre son expression habituelle pour dissimuler tout le bordel émotionnel qui se joue en lui et tapote le genou de Tenebris, comme il le ferait à un ami. « C’est toujours flippant la première fois, mais avec le temps, on apprend à gérer. Je t’avoue que je ne pensais pas que les déités pouvaient faire des crises de panique. Je suis surpris. » Et voilà qu’il recommence à parler. Ferme-la, Marc. Il se blase lui-même.  

Il se tait en commençant à se remettre debout. Au final, il avait raison. Ça va aller. Pour la crise. Il espère que c’est la première et la dernière. Il préfère ne pas imaginer ce qui aurait pu se passer si Tenebris avait déchainé ses pouvoirs divins sur le motel. Il leur reste encore énormément de chose à faire. Et cette brève accalmie l’a éloigné de la colère qui brûle en lui. Rajoutant par-dessus des émotions négatives comme la panique. Marc est une vraie boule de nerf avec les émotions à fleurs de peau qui fait comme si tout allait bien. Rien que pour ça, il a envie d’en découdre avec Hellhound et de lui faire payer. Parce qu’il déteste être la victime de ses émotions et encore plus, se sentir fragilisé de la sorte. Il a conscience de son instabilité et ça l’énerve. Il est partagé entre son envie de fuir loin d’elle et d’aller la trouver en tête en tête pour se venger. Repasser à son petit sourire quand elle a quitté la pièce, en prenant bien soin de le laisser agoniser hausse sa colère d’un cran. C’est à l’instant où il se redresse qu’il perd cette nonchalance qui le caractérise. Car la lumière qui éclaire ce couloir extérieur dans lequel ils se trouvent s’éteint subitement. Les ampoules claquent. Les unes après les autres. Une nouvelle tension noue ses muscles. Une nouvelle fois, il ne sent rien d’extraordinaire pouvant expliquer ça. La logique voudrait que ce soit un phénomène naturel. Mais rien n’est logique dans sa vie. Et certainement pas aujourd’hui. Il le sent dans ses tripes. Cette extinction soudaine des feux est tout, sauf naturelle. Et ce qui l’alarme pour de vrai ? Il n’a pas senti l’empreinte de Tenebris derrière tout ça. Cette empreinte familière qu’il a appris à reconnaître. Un peu comme celle qui est en train de grouiller en lui et qui semble lui donner la force de se tenir encore debout après une nuit pareille. Il braque un regard inquiet vers la déité. « C’est toi qui a fait ça ? » En fait, il n’attend même pas la réponse. Il s’écarte. Bordel de merde. Heureusement, la lune les éclaire faiblement. De sorte qu’il puisse voir des ombres. Il n’est pas totalement désarmé. Tant que les ombres sont visibles il peut attaquer. Au pire, il y a toujours la personnification des ténèbres à ses côtés.

Dans sa tête, tous les scénarios possibles se jouent, mais il y en a un en particulier qui capte son attention. Celui de cette garce est en train d’avancer vers eux. Il n’est pas prêt, putain. C’est un Marc paranoïaque et paniqué qui regarde autour de lui et qui voit avec stupeur une autre rangée d’ampoule éclater avec le même bruit qu’auparavant. Si ça continue, le truc qui en a après eux va plonger tout le motel dans l’obscurité la plus complète. Et même la sensation rassurante que lui provoque les ténèbres ne parvient pas à le calmer. Parce que plus les phénomènes se rapprochent, moins il parvient à garder son calme. Et moins il garde son calme, plus les phénomènes gagnent en intensité. « On… On devrait retourner à l’intérieur. » Dans un endroit qui n’est pas exposé. Un endroit où ils pourraient se défendre. Il braque une nouvelle fois le regard en direction de Tenebris, déglutit et se dirige sans attendre vers ce qui lui semble actuellement être l’endroit le plus sûr. Une fois à l’intérieur, il commence à retourner les meubles. Si c’est ce qu’il pense, ils ont besoin de protection. Mais au fur et à mesure qu’il vide les tiroirs en répandant le contenu au sol, qu’il fait le tour de ce qu’il a sur lui – un briquet, un paquet de clope et un téléphone portable, youhou – il se rend compte qu’il n’a rien sous la main. Ce qui ne fait qu’hausser sa fébrilité et son désespoir. C’est trop tôt pour subir une attaque, bordel ! Tenebris peut-être les aider même si ça emmerde un peu – beaucoup – Marc de compter sur lui pour ce coup alors que la déité en a déjà fait beaucoup pour lui ce soir. Il est censé savoir se débrouiller seul. C’est un sorcier, pas le pécore du coin, putain. Il regarde autour de lui et rage intérieurement de ne rien trouver. Il entend la déité s’affairer dans la salle de bain pendant qu’il se concentre pour chercher une autre solution. Il n’a pas d’autres solutions. Il n’a rien. Des pas derrière lui l’obligent à se retourner. Il caresse doucement l’espoir que la déité a trouvé quelque chose et il déchante en le voyant planté là. La seule chose qu’il y a de changé, c’est qu’il n’a plus de sang qui lui recouvre la tronche. Marc laisse planer un silence avant de lancer, d'une voix qui est loin d'être calme. « Qu’est-ce que… Tu crois vraiment que c’est le moment de te préparer pour le bal de promo, là ?! »

___

Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


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Tenebris
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Mar 1 Mai - 19:05




Stop the sky from falling down


Open your eyes because you're
never gonna know if your next
move might be your last. Living
a lie and you know I'm not ready
to choose. So don't get confused
and stay the hell out of my way.

La voix de Marc résonnait alentour, brisant ce silence assourdissant. Me tirant de mes pensées, m'arrachant de l'obscurité, tandis que sa main se posait sur mon genou. Tapotant lentement, cherchant et fuyant le contact à chaque impulsion. Sa paume effleurant le tissu, ses doigts caressant la texture, tandis que je clignais des paupières. Mes iris accrochant les siens alors qu'il m'expliquait ce qu'il venait de se passer. Ce qui avait pris place en cet instant précis. Le moment tendu à la stabilité précaire, où j'avais cru sombrer sans jamais pouvoir me relever. Où je m'étais senti engloutir par les ténèbres, alors même que je n'avais plus d'emprise sur elles. Même dans l'abstrait, dans l'imagé, elles me narguaient. L'ironie. Je retins un sourire amer, un ricanement sans saveur, tandis que le sorcier confessa ses craintes. Il avoua n'avoir jamais pensé que les déités puissent être soumises à des crises de panique. Un sous-entendu certain voilant ses propos. Que les divinités puissent ressentir l'angoisse, la panique, la peur. Qu'elles puissent souffrir des mêmes maux que les humains. Qu'elles soient faibles, de la même manière. Une boule se forma au creux de ma gorge tandis que je déglutissais difficilement, un poids pesant lourdement en mon être, me tirant sur moi-même. Au point que je me repliais en mon fort intérieur, la langue lourde, le corps tendu, les muscles crispés. A nouveau, en train de me figer dans le temps, mes pensées se perdant tandis que mon esprit s'épanchait. Une fois de plus, je me retrouvais ébranlé face à de simples mots, suite à des paroles somme toute innocentes, énoncées sans réelles intentions de blesser. Et pourtant, les entendre de la bouche de Marc, était presque plus dérangeant que d'avoir perdu une partie de mon être. Plus douloureux, tandis que la culpabilité recommençait à me ronger les entrailles. A déverser sa vague glaciale au creux de mon être, gelant mon âme, crépitant contre mon épiderme. M'empêchant carrément de respirer, alors même que j'en avais le souffle coupé, la gorge enserrée, les poumons compressés. La langue lourde, un goût amer glissant contre mon palais, je détournais le regard. Incapable de soutenir plus longtemps le poids de ses mots. De supporter le poids de ces maux.

Les ampoules éclataient alentour, sur les deux rangées qui nous entouraient. Un claquement retentissant à mes oreilles, l'écho caressant mes tympans. Faisant remonter mes craintes à la surface, mes doutes concernant la suite. Sur cette situation dans laquelle nous étions empêtrés. Et sur la manière dont le sorcier allait réagir en réalisant. Lorsqu'il prendrait conscience de ce que j'avais fait là-bas, alors qu'il s'était perdu en chemin, pour le faire revenir à lui-même. Pinçant les lèvres, me mordant l'intérieur des joues, je fermais brusquement les yeux. L'obscurité s'inscrivant à l'arrière de mes paupières, tandis que je serrais lentement les poings en entendant la voix de Marc. Qui me demandait si j'étais responsable de la subite apparition de la pénombre. Non. Je n'étais pas l'instigateur de cette présence obscure alentour. Mais mon essence elle, pouvait en être la commanditaire. Du moins, celle qui transmettait l'énergie nécessaire pour matérialiser les ténèbres dans la réalité. L'esprit du sorcier avait dû faire le reste, s'épancher suffisamment pour que l'essence considère cela comme en ordre. Comme une autorisation pour s'échapper, s'enfuir, sortir de sa prison et imprégner l'espace alentour. Le regard qu'il portait sur le motel, sur le couloir, et tout autour de nous, était beaucoup trop paniqué pour que je lui dise la vérité. Trop poignant pour que j'ose seulement lui confier qu'il était le responsable. Il semblait au bord de la crise, prêt à sombrer comme je l'avais fait auparavant. Et je ne pouvais pas me permettre de le savoir ainsi entre mes mains. Tremblant comme une feuille, en train de se briser lentement, son esprit en proie à la dérive. Alors lorsqu'il se mis à parler à nouveau, soumettant l'idée de retourner à l'intérieur, je ne pouvais rien faire d'autre que d'accepter. Hocher la tête en le regardant un court moment, m'imprégnant de la réalité, de l'instant qui se jouait. Qui se dégradait en une fraction de seconde, explosant en une myriade de fragments, tandis que l'adrénaline pulsait en mes veines. Le rush reprenant de l'aplomb en mon être, me donnant assez d'énergie pour me redresser, me relever. Me tirer du sol, me soulever et me remettre sur mes deux jambes. Dans une impulsion, je suivis Marc à l'intérieur de la chambre, le corps tremblant subrepticement. La respiration erratique, le sang cognant à mes tempes tandis que je fermais la porte derrière nous. Vérifiant bien que personne ne nous suivait. Afin d'être sûr que tout cela était bien réel. Pour savoir si mes craintes étaient fondées ou non. Et encore une fois, je me retrouvais confronté à la réalité. Il n'y avait aucun danger. Tout ce qui arrivait, provenait donc bien du sorcier. Relevait du fait de mon sacrifice. Existait à cause de mon erreur.

Bowman s'affairait dans la pièce, et le voir ainsi en panique, affolé, dans la précipitation me transperçait sous les côtes. Enserrait ce creux qui tremblait sous l'assaut de l'inanité, pinçait l'organe qui pulsait de manière fébrile. L'écho extatique résonnant contre les os, oppressant mes poumons. Un poids amer tiraillant ma gorge tandis que des battements ratés se répandaient au creux de ma cage thoracique, cognant jusqu'à mes tempes. Détournant le regard pour m'arracher à ce tableau empreint de désolation, je m'élançais vers la salle de bain. Transcendé par l'amertume et les regrets, je serrais les poings, les ongles raclant les paumes. Les phalanges blanchissaient contre l'épiderme rougie de mes mains, tranchaient avec la cicatrice du rituel. J'ouvris la porte d'un rapide et fluide mouvement du poignet, desserrant ma prise sur mes propres mains, les laissant retomber mollement contre mes flancs. Un soupir franchissait la barrière de mes lèvres alors que je me dirigeais vers l'évier de la petite salle de bain. Un clapotis résonnait lentement, en un rythme régulier, contraste parfait avec la précipitation qui explosait à côté. Mon regard accrocha un éclat droit devant moi, et je levais mes iris sur les contours de la silhouette, tandis que je scrutais mon reflet dans le miroir. Un visage déformé par la fatigue, assombri par des cernes, durci par les traits étirés. Des yeux fades, dénués de vie, ternis. Et surtout, une tache carmine qui décorait le tableau pastel. Peinture écarlate et tranchante qui attirait le regard, maculant mon visage. Traçant des filets sur mes lèvres entrouvertes et tremblantes, formant des arabesques sur ma peau, recouvrant mon menton, glissant dans mon cou. Le goût du fer embaumant contre mon palais alors que je passais ma langue contre mes lèvres. Le poids du sang déferlant jusqu'au fond de ma gorge, m'arrachant un grognement désabusé. Je crachais ma salive dans le lavabo, texture parsemée de pigments vermeils, avant de laisser l'eau s'écouler. Prenant mes mains en coupe pour recueillir le liquide frais et salvateur au creux de mes paumes. Les élevant à hauteur de mon visage, tandis que je me penchais en avant, aspergeant ma peau. La purifiant de par cette eau immaculée, translucide, transparente, qui apaisait les tiraillements de mes joues échauffées. Rinçant les filaments carmins en les effaçant de mon épiderme. Je frottais doucement, du bout des doigts, la pulpe massant lentement la peau pour faire disparaître ces arabesques écarlates. Le liquide coloré glissant dans l'évier m'arracha une grimace, tandis que je clignais des yeux. Des perles d'eau ayant accrochés mes cils, me voilant légèrement les iris. Je rinçais encore plusieurs fois, désireux de me débarrasser de cette sensation dérangeante contre ma peau. Frottant à n'en plus finir, pour retirer les dernières traces. Au bout de quelques secondes, je finis par couper l'eau du robinet. Mes paumes enserrant les bords de l'évier, alors que ma tête était encore baissée. Mes paupières fermées, mon souffle hachuré se perdant alentour, tandis que les dernières gouttes d'eau glissaient dans mon cou.

Relevant enfin la tête, le visage toujours aussi imprégné par des traits beaucoup trop humains pour être les miens, je laissais une exclamation m'échapper. Mes lèvres tremblaient, tandis que mon souffle glissait sur ma langue. Un poids conséquent enserrant ma gorge, un voile opaque s'inscrivant sur mes iris. La réalité me frappa, encore une fois, alors que je réalisais ce que j'avais fait. Ce que j'étais devenu. Sacrifier mon essence, perdre cette partie de moi, me reliant à mon être même, à mon existence absolue, avait fait de moi un martyr. M'avait rendu tel que j'étais à présent. Prisonnier de ce corps qui n'était pas le mien. Qui ne serait sans doute jamais vraiment le mien. Un simple humain, piégé dans un corps mortel. Enfermé dans une forme physique qui ne me ressemblait aucunement. Et je n'avais aucun espoir de retrouver un jour ma forme originelle, le plan spectral ou encore mon essence. Pinçant les lèvres, je me mordais l'intérieur des joues en grimaçant. Fermant les yeux alors qu'une image s'inscrivait à l'arrière de mes paupières. Un souvenir refaisant surface, caressant mon esprit ébranlé. Il y avait bien des années, j'aurais fait pareil pour un être cher. Très cher. Et je n'en avais pas eu l'occasion. J'aurais alors tout perdu, pas seulement cette personne, mais aussi mon âme au passage. Dans le temps, dans l'espace. Partout et nulle part à la fois. Et si j'avais succombé à cette envie de sauver cette personne dans le passé, je n'aurais jamais tenu jusqu'ici. Jusqu'à présent. Je n'aurais sans doute jamais rencontré Marc, par inadvertance, et je n'aurais certainement jamais été confronté à Hellhound. Peut-être aurait-ce était pour le mieux. Peut-être que je lui aurais évité de subir tout ceci, de presque mourir, de se perdre dans des dimensions qu'il n'aurait pas dû voir, et qu'il avait perçues par ma faute. Peut-être même qu'en fait, Hellhound n'aurait pas eu cette idée folle de renverser l'équilibre du monde. Et tout aurait été parfait. Dans un ordre sensiblement stable, et sans la moindre once de chaos. L'image me fit serrer les dents, alors que je réalisais que c'était impossible. Peu importe ce que j'avais, ou non, fait dans le passé, le présent n'en aurait pas été changé. Et quand à savoir ce que l'avenir réservait, je n'étais pas sûr de la moindre chose, et certain d'absolument rien.

Soupirant un bon coup, je rouvris les paupières en me redressant. Sans accorder un ultime regard à mon reflet démuni, je me tournais vers la porte de la salle d'eau. Attrapant la poignée du bout des doigts pour la pousser doucement, et enfin sortir de cette pièce à l'atmosphère oppressante. En rejoignant une autre, où la tension était bien plus palpable. Le silence s'étendait lentement, alors que j'avais cessé d'avancer. Me figeant à quelques pas seulement du sorcier, mon regard ayant accroché les contours de sa silhouette. Il s'était retourné, et m'avait observé un instant, notant sûrement l'absence de sang. Sous ses iris inquisiteurs, je n'avais pas osé bouger, ni même esquisser le moindre geste. Respirant le plus silencieusement possible, la gorge toujours enserrée par ce poids désagréable. Sa voix s'éleva, tandis qu'il répliquait d'un air ahuri, me sortant une tirade que je compris à moitié. A l'entente de ses propos, et en reconnaissant ce ton qu'il avait employé, je baissais les yeux. Mes iris accrochant la texture du sol, alors que je restais ainsi, figé dans l'espace. Incapable d'émettre le moindre son, même en me raclant la gorge. J'entrouvris les lèvres, relevant légèrement le visage, penchant ma tête sur le côté. Mes yeux se posant sur l'un des murs à côté de Marc, près des lits. C'est bon... Mon souffle glissa sur ma langue, s'envolant devant moi, s'étouffant de par la tension qui régnait dans la chambre. J'ai juste nettoyé le sang, c'est tout. Je me raclais à nouveau la gorge, prenant enfin une impulsion pour m'avancer. Me dirigeant vers le lit d'une démarche rapide et mesurée, malgré le support fébrile de mes jambes. Une fois à proximité, je lâchais un soupir à fendre l'âme, avant de me tourner. Me laissant tomber en arrière, afin de m'asseoir sur le bord du lit. Les épaules avachies, la tête baissée, je joignais mes mains, nouant mes phalanges entre elles. Mes coudes reposant contre mes cuisses, tandis que je sentais le regard du sorcier sur moi. Il attendait que je prenne la parole, certainement. Et avant qu'il ne commence à se laisser emporter à nouveau, je décidais de lui accorder le bénéfice du doute. De lui confier que nous n'étions pas en danger. De lui avouer, à demi-mot, qu'on était en sécurité, et qu'il n'avait pas à s'en faire. Qu'il pouvait se reposer, et profiter de l'accalmie avant la tempête. Ma voix s'éleva doucement, faiblement. On n'est pas menacé, Marc. Je pinçais les lèvres, la tension dans mes épaules et mon dos devenant plus poignante, tandis qu'un léger vertige s'épancha à mon esprit. Ce qu'il c'est passé avant... Je soufflais, raffermissant ma prise sur mes mains, sur mes poignets. Ce n'était pas une attaque. Ma langue passa sur mes lèvres, tandis que je mesurais le poids de mes mots. En fait... Relevant doucement la tête, tournant mon visage vers le sorcier, je dardais mon regard à côté de sa silhouette. Tout ça... Ma langue claqua contre mon palais, tandis qu'enfin, j'osais porter mes iris sur ses contours. Les accrocher aux siens, alors que je lui confiais une partie de la vérité. Un fragment de la réalité, pour qu'enfin il comprenne. Malgré mes doutes, malgré mes craintes. Malgré moi-même. C'est à cause de... moi. Mon souffle se bloquant à même ma gorge, brûlant mes poumons, me tiraillant les muscles. Me mordant la langue le temps de me calmer, serrant mes poings pour ne plus trembler. Je ne pouvais plus reculer tandis que le poids des mots s'imprégnait alentour. À mesure que je dévoilais ce qui pesait en mon esprit et oppressait mon être depuis avant. C'est toi qui a fait claquer les ampoules dehors.


by tris

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@Pando There is no tomorrow. Watch me walk away. Painting my life in grey. All that I wish for is fading away. The time is now. Surrounded by shadows. Painted by colors of darkness. The final last word. Close to insanity.
❝Shadow surrounds me everywhere❞
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Pride
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Il manipule les ombres. En gros, il se sert d'ombres déjà existantes pour en faire ce qu'il veut : déplacer les objets, blesser des êtres vivants, etc.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Jeu 3 Mai - 19:36



Stop the sky from falling down
What's inside my head, I've lost a sin. No one to forgive,
No one to forget. Don't you believe if you want it, you can have it. Take the wreck, leave the habit. We go down into the darkness like a stampede, charging. Follow me now, follow me, down


Il n’en croit pas ses yeux, pour le coup. Il est en train de retourner la chambre pour trouver un moyen de les protéger, rien que ça. Et pendant ce temps-là, sa majesté Tenebris en profite pour faire un brin de toilettes. L’air de rien. Comme si tout était putain de normal. Marc reste un instant à le fixer, en cherchant à comprendre ce qui est en train de lui passer par la tête. Il n’a pas compris l’urgence de la situation ? Il s’en branle, peut-être ? Marc est-il en train de nager dans la confusion ? Les mots s’échappent de sa gorge, bien trop vifs, même pour lui. Il n’y a pas que les mots qui le sont. Ses nerfs. Sa peau. Tout. Marc lui-même est à vif. Ses pensées partent dans tous les sens et il a bien du mal à garder les pieds sur terre depuis cinq minutes. Un mélange de panique, de haine et de détermination sont mixés à l’intérieur de ses entrailles et ça donne… ça. Ce Marc paranoïaque qui s’en prend avec véhémence à Tenebris. Il se sent pressé par une urgence, menacé par un ennemi invisible qui peut venir de nulle part et de partout à la fois.  Il a juste nettoyé le sang ? Comme si c’était le truc le plus urgent à faire là tout de suite ? Vraiment ? Marc laisse échapper un sifflement. Ils ont autre chose à penser que de se préparer. Peut-être que les problèmes voudront bien attendre cinq secondes, pas vrai ? Le temps de se nettoyer le visage ? Il se retient de justesse de se montrer méchant en plus d’être bien trop agressif à son goût. Il suit le mouvement de Tenebris des yeux, nageant dans l’incompréhension la plus totale. Et vas-y, maintenant il se pose, l’air de rien. Marc écarte les bras en fronçant les sourcils, cherchant à comprendre son manège. Est-ce qu’on peut juste lui expliquer, là ? Ne serait-ce que cinq minutes ? Juste pour qu’il sache s’il n’est pas en train de perdre la boule ? Et puis d’un coup, la réponse tombe. Comme une claque dans la tronche. On est pas menacé.

Une seconde de silence s’écoule alors qu’il cherche à comprendre où il veut en venir. Il a bien vu, pourtant… Il était avec lui dehors quand ils ont eu le spectacle son et lumière. Sans lumière en l’occurrence. Alors pourquoi lui sort-il ça ? Ça vient d’où, cette certitude soudaine que y’a pas de danger ? Et puis une nouvelle fois, il répond. Comme s’il était une nouvelle fois dans sa tête. Il semble avoir du mal à le dire. Marc sonde le visage de Tenebris, observe ses expressions en cherchant des indices pouvant l’éclairer – à défaut d’éclairer le couloir. Ce qui s’est passé n’est pas une attaque d’après lui. D’accord, mais alors qu’est-ce que c’est ? Pris de court, il sent sa paranoïa baisser d’un cran. Marc aurait-il extrapolé ? Ce serait logique, après tout. Il a définitivement besoin de repos. De repos et de patience parce qu’il a l’impression que la déité fait trainer les choses. Il a brièvement envie de le secouer et de lui ordonner d’accoucher. Si ce n’est pas une attaque, qu’est-ce qui a provoqué cette série d’explosion ? Là encore, Tenebris a la réponse. Mais pas celle qu’il attendait. Elle claque dans le silence, se répercute sur les murs pour arriver jusqu’à lui. C’est toi qui a fait claquer les ampoules dehors.

Un ange passe. Un ange obèse qui prend son temps pour parcourir le peu de mètre carré que contient cette putain de pièce. Il cligne des yeux, les bras figés dans l’air alors qu’il tente d’enregistrer l’information. Lui ? Depuis quand peut-il faire ça ? Comme ça ? Il a déjà fait claquer des ampoules, oui. Mais jamais autant d’un coup. Jamais avec cette force. Marc secoue brièvement la tête. Ce n’est pas possible. Il ne peut pas avoir causé ça. Pas tout seul. Il n’est qu’un mortel et il arrive à peine à la cheville de Hellhound. Il fixe Tenebris qui fuit son regard depuis bien trop longtemps pour que ça le rassure. « N'importe quoi...Je peux pas faire ça. Si j’avais ces capacités, je le saurais, non ? » Il écarte de nouveau légèrement les bras en secouant la tête. C’est vraiment du grand n’importe quoi. Et comme pour lui montrer qu’il peut se fourrer le doigt dans l’œil jusqu’au coude, il entend un claquement derrière. Il sursaute et fait volte-face. Ses muscles sont tendus. Il est prêt à réagir. Mais il s’avère que ce n’est que la télévision qui a décidé de s’allumer seule. Comme perturbée par quelque chose. Une énergie quelconque. Merde. C'est lui qui provoque tout ça. Ce n'est pas un ennemi invinsible. C'est... c'est lui !  Marc pousse un grognement de rage et se précipite pour débrancher le poste, à l’instant où une voix nasillarde sort des hauts-parleurs pour asséner une connerie telle que Qu’est-ce que tu fous avec les clés de mon cheval ? Il tire sur le fil d’un coup sec et se redresse furieusement en direction de Tenebris. C’est bon, il en a marre. Ras-le-bol de ces cachoteries. Tenebris refuse de lui dire ce qu’il s’est passé entre le moment où il a réintégré son corps et l’instant où il s’est vraiment réveillé.  Il repense à la question qu’il a posé plus tôt. Qu’avait-il répondu ? Rien d’important. Rien d’important d’après lui. Si ce n’était rien d’important, pourquoi se met-il à saigner ? A paniquer ? Et pourquoi lui, Marc, est-il toujours debout, en forme et avec une soudaine perte de contrôle de ses dons ? La réalité le heurte de plein fouet. Tenebris lui a fait quelque chose. Quelque chose qu’il n’aurait pas dû faire et son corps en paie à présent le prix. Marc se retient un instant au meuble qui tient la télévision.

Si ce n’était pas important, pourquoi refuse-t-il de lui dire ? Pourquoi fait-il trainer les choses ? Il n’affronte pas son regard, il se recroqueville sur lui-même. Les iris de Marc se posent une nouvelle fois sur la silhouette de la déité. Une vague de colère le tourmente quand il comprend que Tenebris ne lui dira rien. La lumière blafarde de la chambre vacille une fois ou deux avant que Marc ne se force à se calmer en serrant les poings une nouvelle fois. Il soupire et se passe une main sur le visage. « Okay. » Il brise son immobilité pour se placer face à Tenebris, prenant place sur le lit en face. « Qu’est-ce qu’il s’est vraiment passé là-bas ? Et ne me répond pas que c’est rien d’important parce que je contrôle plus rien et un coup peut vite te partir dans la gueule. »  Il ne contrôle plus rien, oui. Il lève les yeux au plafond quand les lumières oscillent encore une fois. L’énergie sombre qu’il sent en lui est agitée. Il la sent. Il la sent tellement qu’il ne peut que lui accorder l’attention qu’elle demande. Deux choix. Soit c’est ce voyage hors de son corps qui lui fait ressentir ces sensations, à cause de la façon dont les évènements ont tournés. Soit, c’est lié à Tenebris. Et c’est même l’option la plus probable. « Jusqu’à preuve du contraire, je ne fais pas dans la variation de lumière et encore moins dans l’explosion d’ampoule à la suite. Et t’es dans un sale état. Alors putain… » Marc soupire en plantant une nouvelle fois son regard dans celui de Tenebris. Il arrive à contenir ses émotions, s’adressant à lui d’une voix calme mais ferme. Il a besoin de le savoir. Il doit comprendre. « Ne me mens pas et dis-moi la vérité. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? »

___

Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


Spoiler:
 
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Tenebris
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4 / 54 / 5
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- Changement de forme et de plan.
- Télépathie et emprise + hallucinations et cauchemars.
- Création de matière spectrale et contrôle des ténèbres.
Wesley, Carol, Kay, Ryan, Lena, Val, Zhoey, Dakho & Graham
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Mer 16 Mai - 3:46




Stop the sky from falling down


Open your eyes because you're
never gonna know if your next
move might be your last. Living
a lie and you know I'm not ready
to choose. So don't get confused
and stay the hell out of my way.

Le temps semblait se figer tout autour de nous, alors que le silence emplissait la pièce. Le poids des révélations pesant lourdement sur mes épaules, alors que la réalité s'alourdissait également. Empoignée par ces mots à présent suspendus dans les airs. La fatalité s'abattant brusquement alentour, alors que je fuyais le regard du sorcier. Lui dévoilant tout à demi-mot sans oser plonger dans ses pupilles pour voir sa réaction. Je m'éloignais de cette responsabilité qui me prenait à la gorge, qui brûlait mes poumons, les compressant douloureusement. Mon corps tremblait encore, en proie à ces incessantes sensations qui me vrillaient les entrailles. Le brasier ardent dévorant mes côtes, la vague glaciale qui crépitait sous ma peau, tailladant mes muscles endoloris. Je ne fuyais pas seulement le regard du sorcier, que je savais posé sur moi. Je le fuyais lui aussi. Ses accusations, sa présence, ses réflexions, sa signature. Je fuyais mes propres ténèbres, mes démons, qui se retrouvaient en lui. A gronder dans son corps, lorsque je lui avais transmis mon essence. Le vide se creusait toujours en mon être, empoignant cet espace inerte en ma cage thoracique. Cette crise, semblait se rejouer à mon esprit, encore et encore, et encore. Sans jamais s'arrêter. A chaque inspiration, le vide prenait de plus en plus d'espace. A chaque expiration, je sentais ce poids compresser mes côtes. Une boule se formait dans ma gorge, tandis que je baissais la tête en entendant enfin les mots de Marc. Il perturbait enfin le silence, le criblant de balles, touchant de par sa voix cette tension qui rôdait autour de nous. Qui crépitait contre ma peau, à mesure que je me retrouvais confronté à cette réalité. Ma langue passa sur mes lèvres craquelées, tandis qu'un souffle erratique s'échappait de ma gorge. Clignant des yeux, je me redressais lentement, tournant toujours la tête ailleurs que vers lui. Partout mais pas sur lui. Incapable de le regarder en face, je ne pouvais que rester là, sans rien dire. Lèvres entrouvertes, langue lourde, le souffle coupé, et le regard fuyant. La gorge enserrée, les poumons compressés, les mains tremblantes. Une toute autre agonie.

Je l'entendais bouger dans la chambre, ses pas presque étouffés par la texture du sol. Un grésillement s'élevait dans les airs, parvenant à mes tympans. Je relevais doucement la tête vers le bruit, fronçant à peine les sourcils lorsque la boîte s'alluma, faisant défiler des images. Des répliques sans queue ni tête sortant de la télévision, alors que je poussais un soupir silencieux. Les épaules avachies et la tête une fois de plus tournée autre part. Mes iris accrochèrent la fenêtre, alors que je contemplais l'extérieur. Mon attention tournée au dehors, tandis que le sorcier s'affairait à nouveau dans la pièce. Je l'entendais à peine, rendu sourd par cet écho qui pulsait au creux de ma cage thoracique. Qui cognait à mes tempes avec brutalité. Je relevais une jambe vers moi, le talon posé sur le bord du lit, enserrant mes bras autour du genou. Posant le menton sur mon poignet, cherchant encore et toujours à me perdre dans un ailleurs qui n'existait pas. Qui m'était inatteignable, maintenant que j'étais dépourvu ce mon essence. De cette vitalité qui s'écoulait en moi, et qui me délaissait de plus en plus à chaque seconde. Ce manque devenant plus poignant, plus tiraillant, alors que sa source se trouvait pourtant à proximité. Là, juste là. A quelques pas. Tendre le bras, toucher sa peau, et ressentir. Ma marque en lui, ma signature qui vibrait sous son épiderme, quelque part. Intouchable, malgré tout. Je mordais l'intérieur de mes joues, pinçant les lèvres, fermant les yeux. L'obscurité s'incrustant à l'arrière de mes paupières. Mais pas aussi familièrement que d'ordinaire. Le silence qui s'instaurait me vrillait les tympans. S'insinuant dans l'atmosphère déjà étouffante, tendue au possible. Incapable de respirer correctement, je me faisais violence pour retrouver contenance. Reprendre un rythme posé et contrôlé, moins hachuré. Un souffle fébrile glissa sur mes lèvres, et ce poids empoignant ma gorge se fit plus intense. Tiraillant encore et toujours la chair, ce muscle, avec force. Je ne pouvais plus parler. N'osais plus élever ma voix, pour dire quoique ce soit.

Un mouvement à côté de moi, un appel d'air qui me fit rouvrir les yeux. Du coin de l’œil, je pouvais voir le sorcier qui s'installait sur le lit juste en face de moi. Ne bougeant toujours pas, tentant de percevoir ses mouvements sans tourner la tête, je restais ainsi figer, à attendre. A seulement l'écouter parler. Me parler. Tenter de comprendre, d'assembler les indices et de trouver la vérité. De percevoir la réalité, telle qu'elle était. Il avouait, à demi-mot qu'il était perdu, me demandant de rendre les images moins floues à son esprit. Il ne savait pas ce que j'avais fait là-bas, pour lui sauver la vie. Et m'intimait de lui dire ce qu'il c'était passé. Mais je ne pouvais pas. Je n'y arrivais pas. Serrant les dents, la mâchoire crispée, je fermais une fois de plus les paupières. La voix de Marc parvenant à mes oreilles en un écho étouffé. Je pouvais sentir d'ici mes ténèbres grésiller en lui, mais n'arrivais plus à les atteindre. A les contrôler, à les maîtriser pour les calmer. Et apaiser cette tension qui ne cessait de prendre de plus en plus d'ampleur. Son regard creusait mon âme, alors même que je l'ignorais. Fuyant désespérément la confrontation pourtant inéluctable. Un frisson parcourait mon échine lorsque Marc mentionna mon état actuel. Mon échec. Mon erreur. Balancée en plein dans la gueule, sans plus de retenue. Mordillant mes lèvres, je tremblais une fois de plus, secoué par ces sensations qui m'empoignaient. Transcendé par ces émotions qui tiraillaient mon être. Rongeaient mon âme en l'emportant sous les vagues. Noyé par ce trop plein abstrait et pourtant si réel. Authentique, alors que le souvenir du sacrifice remontait à la surface, à mesure que je sombrais, que je me laissais couler. Je ne pouvais pas. Je n'arrivais pas à lui en parler. Je ne voulais pas en arriver là. Comment aborder le fait que j'avais donné mon essence pour lui ? Que j'avais sacrifié bien plus que ma vie pour lui ? Que je me laissais mourir pour lui ? Alors qu'il n'était qu'un humain brisé, à l'âme fracturée. A qui j'avais tout donné pour le faire revenir dans sa coquille ébréchée. M'abaissant à la nature la plus primitive et archaïque, brute et élémentaire. Délaissant mon être, mon statut, mon existence même. Devenant à mon tour cet humain fébrile à l'esprit déchiré. Vidé de tout. Tout ça pour réparer ma faute commise. Ma hâtise, mon manque de précautions, pour nous éloigner de Hellhound. J'avais laissé Marc en proie à l'inconnu, visible pour tout le monde, alors qu'il était en position de faiblesse. Qu'il était vulnérable. Quelque chose serra sous mes côtes à la constatation, et je mordis plus ardemment mes lèvres. Il s'est fait avoir, à cause de moi, et ça, je ne pouvais pas me le pardonner. Je n'arriverais pas à oublier l'horreur et le désarroi, comme cette fois là. Cette nuit d'horreur qui remontait à bien des siècles. Les deux scènes se jouant à mon esprit, se superposant à l'arrière de mes paupières. Le cauchemar continuait.

Ironie, alors que je pouvais les manipuler à ma guise également. Et qu'à présent, j'en étais la proie. L'horreur devenant réalité, en mon être, alentour. Plus rien ne pouvait arrêter cela, si ce n'était de confesser. D'avouer, pour expier la faute. Un soupir franchissait la barrière de mes lèvres, alors que je rouvrais les yeux. Dardant mon regard sur le sorcier, osant enfin franchir la limite. Osant plonger mes iris fades dans ceux plus brillants des siens. Tu veux vraiment savoir ? Je commençais à reprendre un peu d'aplomb. Un peu de confiance, de contenance. Ma voix était pourtant tremblante, et ma respiration fébrile n'aidaient aucunement à paraître détaché ou composé devant lui. Je m'effondrais plutôt, m'échouant sur mes propres émotions. M'écrasant sur la plage de mes remords, ensevelis par les sensations. Il voulait la vérité, il allait l'avoir. Soupirant un bon coup, je redressais légèrement le cou, me tournant lentement vers lui. Tu revenais pas, Marc. Plongeant encore plus mon attention dans ces orbes colorés, cherchant son regard, ses pensées, au travers de ses iris. Je laissais l'instant s'imprégner alentour, le silence devenant bien trop tendu contre ma peau. T'étais déjà parti. Lèvres tremblantes, je détournais le regard, dépliant ma jambe qui retomba mollement au sol. Croisant les bras sur mes genoux, baissant une fois de plus la tête. Ma voix, plus qu'un murmure à peine audible tant l'écho du silence était assourdissant. Tu avais perdu tellement de sang... Les images me revenaient en tête, hantant mon esprit comme jamais. Mes mains tremblaient sans que je ne puisse les contrôler, ni contenir les soubresauts. Le sang cognant à mes tempes, gonflant mes veines d'adrénaline. Et tu voulais même plus retourner à ton corps. Je... Souffle fébrile qui perturba l'atmosphère, tandis que je secouais la tête. Tentant de chasser les souvenirs qui affluaient dans mes pensées sombres. Je ne suis même pas sûr que tu aurais pu y retourner si je n'avais pas... Silence. Inspirant longuement, je fermais les yeux, passant ma langue sur mes lèvres. Impossible de reculer, mais impossible de me dévoiler. Le choix était bien trop difficile, mais il était pourtant déjà fait. Rouvrant les paupières, je laissais mon regard se perdre dans le vide, tandis que la fatalité m'empoignait. Que la tension s'estompait pour recharger de plus belle en crépitant contre ma peau. Reportant mon regard sur son visage aux traits étirés, je soufflais, presque silencieusement. Tel un secret inavouable, un murmure étouffé. Si je ne t'avais pas transmis une partie de moi.


by tris

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@Pando There is no tomorrow. Watch me walk away. Painting my life in grey. All that I wish for is fading away. The time is now. Surrounded by shadows. Painted by colors of darkness. The final last word. Close to insanity.
❝Shadow surrounds me everywhere❞
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Pride
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Il manipule les ombres. En gros, il se sert d'ombres déjà existantes pour en faire ce qu'il veut : déplacer les objets, blesser des êtres vivants, etc.
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MessageSujet: Re: Stop the sky from falling down | Marc   Lun 21 Mai - 20:45



Stop the sky from falling down
What's inside my head, I've lost a sin. No one to forgive,
No one to forget. Don't you believe if you want it, you can have it. Take the wreck, leave the habit. We go down into the darkness like a stampede, charging. Follow me now, follow me, down

Il ne sait pas, il ne sait plus. Il nage en plein brouillard, alors que les questions se succèdent et que la tension parcourt ses veines. Il aimerait comprendre ce qui lui arrive mais assembler les pièces du puzzle est un exercice bien plus compliqué qu’il ne le pensait, dans l’état où il se trouve. Il se rend compte à présent qu’il est loin d’être dans son état normal. Que cette paranoïa poussée à l’extrême n’est pas naturelle. Ses émotions sont exacerbées. Le souvenir de cette culpabilité énorme qui pesait sur lui alors qu’il était prostré à même le sol, à se sentir comme la pire des merdes lui revient en pleine tête. Tout a commencé à partir d’Hellhound. Marc serre les mâchoires et tente de chasser la vision de son sale petit sourire et le souvenir de sa voix nasillarde alors qu’elle est en train de le narguer. Il sent toujours son emprise sur lui et cette douleur dans sa poitrine qui lui rappelle encore une fois ce qu’ils viennent de traverser. Son regard se pose sur Tenebris et il ne lui laisse plus le choix. Plus de mensonge. Plus de non-dit. Marc veut savoir ici et maintenant ce qu’il s’est réellement passé. Il a besoin de comprendre et surtout, de faire la lumière sur ces nouvelles capacités qu’il vient de se découvrir. Il l’accule et l’oblige à tout lui révéler. On ne passe pas de déité vengeresse et furieuse à… ça… en un instant, sans la moindre raison.

Leurs regards se croisent et Marc est frappé par le vide qu’il peut lire dans celui de Tenebris. Comme si toute vie s’était estompée. Et pourtant, il a l’air bien plus humain qu’avant. Son visage prend des traits qu’il n’a jamais vu sur cette enveloppe physique dont il se sert pour marcher parmi eux. Sa voix heurte enfin Bowman qui ne répond pas. La réponse est évidente. Bien sûr qu’il veut savoir, bien sûr qu’il souhaite plus que tout mettre des mots sur cette situation merdique dans laquelle ils se trouvent. Son être trépigne d’impatience. Il sent l’énergie cogner contre sa peau, comme les vagues d’une mer déchainée. Et la vérité qu’il se mange en plein visage lui fait à peu près le même effet que de se manger un tsunami sur le coin de la gueule. Tu ne revenais pas. Le silence. Le souffle que Marc retient en digérant cette information. L’impression de plonger tout entier dans une mare d’eau glacée. Tenebris continue. Marc veut presque qu’il s’arrête. Il a voulu la vérité mais voilà qu’il est incapable de l’accepter. Il secoue la tête en fermant les yeux. Tu ne revenais pas. Tu étais déjà parti. Son cœur se serre et il se prend sa propre peur en travers de la gorge. Il réalise ce qui s’est vraiment passé.  Il rouvre les yeux pour les poser sur un coin de la pièce. C’est à son tour de fuir le regard de Tenebris. Les émotions contradictoires se bousculent dans sa tête. Il lui en veut et lui est reconnaissant. Lui en veut de lui balancer la vérité qu’il a pourtant tant demandé. Et le remercie de ne pas l’épargner.

Marc ressent une nouvelle fois cette blessure au niveau de sa poitrine. Il sent encore une fois cette lame glaciale. Il se souvient de ce sentiment de désespoir qui l’avait saisi, ce vide quand il a senti la connexion se briser. Et le regard de Tenebris, déterminé à le ramener coûte que coûte. Insensible à ce que Marc tentait de lui dire. Contrairement à lui, la déité n’avait pas renoncé. Et Marc s’en veut pour ça. Il s’en veut d’avoir abandonné si facilement. Et la suite a pour but de l’achever. Une partie de lui. Le blond redresse vivement la tête. Hein ? Qu’est-ce que… Cette fois, ça y est. Toutes les pièces du puzzle s’emboîtent à la perfection. Tout s’explique. Il a l’indice qui lui manquait pour comprendre le tableau et tout cet ensemble. Ça le frappe de plein fouet. Tenebris a sacrifié une partie de son essence de dieu pour le sauver, lui. Les mâchoires de Marc se serrent de plus belles. Parce qu’il sait qu’il ne mérite pas ça. Ce sacrifice-là. Celui d’Aidan. Celui de Mai. Tous ces gestes inconsidérés pour le sauver, lui, de cette mort qui l’attend depuis des années. Il secoue la tête et ses yeux se teintent de colère quand il pose les yeux sur Tenebris. Il souffle. « Espèce de crétin. » Ses ongles s’enfoncent dans ses paumes.

Tenebris aurait pu se barrer et continuer sans lui, Marc en est persuadé. Il est de taille à l’affronter. Marc n’est qu’un frein, depuis le début. Il est cet humain fragile sur lequel la déité doit veiller. Celui qui l’oblige à ralentir parce qu’il ne peut pas le suivre. Sans lui, Tenebris serait déjà loin. « Tu n’aurais pas dû faire ça. Tu aurais dû… » Marc déglutit. « … continuer sans moi. » Une fraction de seconde, la culpabilité est plus forte que la colère.  Il ne mérite pas d’être sauvé et il est temps que son entourage le comprenne. « C’est stupide. Je te ralentis et pendant ce temps, cette pétasse est en train de prendre de l’avance sur nous. » Et elle se rapproche d’Aidan, accessoirement. La colère reprend le dessus, une bonne fois pour toute. Car il vient également de comprendre autre chose. Les réactions exacerbées de Tenebris, ses comportements… humains. Cette partie de lui, c’est lui qui l’a. Son essence de dieu. Tenebris est humain. Marc a réussi l’exploit de rendre un dieu humain sans même le vouloir. Il serre les poings une nouvelle fois, maitrisant avec difficulté sa colère car ses nouvelles capacités sont directement liées à ses émotions. « Cette conversation n’est pas terminée. On en reparlera demain, quand je ne serais pas sur le point de faire exploser le motel. » Il a le plus grand mal à retenir son sarcasme et son envie de tout faire péter. Au fond de lui, il sait qu’il se trompe de cible. Que Tenebris a fait ce qu’il pensait être le mieux. Seulement… Encore une fois, Marc ne pense pas le mériter. Il refuse qu’on sacrifie quelque chose pour lui. Et ça vaut pour Tenebris qu’il apprécie suffisamment.

Il se redresse et attrape son paquet de cigarette. « J’vais fumer. » Sèchement. Il ne veut pas rester dans cette pièce pour le moment. Il a besoin de souffler, sans se prendre sa propre erreur en travers de la gueule à chaque fois qu’il regarde Tenebris. La colère et le dégoût qu’il ressent contre lui-même de les avoir mis dans cette situation. Ses émotions, toutes aussi instables que ses nouveaux pouvoirs sont trop dangereux pour rester dans la même pièce que Tenebris devenu humain pour leur plus grand malheur. Il ne manquerait plus qu’il le blesse sans le vouloir. Putain. Il quitte la pièce en claquant la porte, furieux contre le monde entier. Il reste un long moment à l’extérieur, à tenter de calmer ses nerfs et établir un plan. Trop long. Il n’a pas les idées claires et il sait qu’il ne réussira à rien mais il s’acharne jusqu’à être suffisamment agacé par son état pour renoncer. Quand il retourne enfin à l’intérieur de la chambre, il n’accorde pas le moindre regard à Tenebris et se dirige directement vers le lit. Pour tenter de se reposer. En vain, une nouvelle fois. Car les images de cette soirée ne sont pas décidées à le laisser en paix.  Dos à Tenebris, Marc revoit tout ce qui s’est passé, toute l’horreur qu’ils ont vécue et c’est bien à cause de ça qu’il est incapable de fermer l’œil. Mais il s’en fait la promesse. Cette pétasse va le payer très cher.


___

Take Me Down
TO THE FIGHTING END
WASH THE POISON FROM OFF MY SKIN


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