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 Let's run away together

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MessageSujet: Let's run away together   Lun 18 Juil - 22:49




let's run away together

Victor & Wanda


 


Tu rigolais aux blagues que tes amies faisaient. Tu n’avais pas fait de soirée comme celle-ci depuis très très longtemps et ça te faisait du bien. Ton frère avait eu raison. Il t’avait poussé à sortir, à quitter un peu la maison et surtout à aller vivre ta vie. Tu avais bien protesté, te servant au passage de tes enfants comme excuse mais après de longues minutes de prise de tête avec lui, tu avais cédé. Et c’était une bonne chose : la soirée était très agréable. Le bar dans lequel vous étiez était très sympa. Tu n’y étais jamais allé et c’est ce qui t’avait décidé. Tu ne voulais pas aller dans des lieux trop habituels de peur de croiser des connaissances. Tu préférais sortir avec l’illusion que personne ne te connaissait. Évidemment, tu vis rapidement que certaines personnes te jetaient quelques regards, t’ayant certainement reconnus mais tu n’y fis pas attention. Tu étais là pour profiter et non t’inquiéter du regard que les autres te portaient. Le bruit des conversations et des éclats de voix était largement couvert par la musique. L’endroit était plutôt bien rempli et à la table du fond tu étais assez bien dissimulée.

Deux verres déjà vides trônaient devant toi, mais un nombre plus important était placé devant tes amies. Ton esprit était plus léger, tu te sentais plus détendu et tu fredonnais les chansons que tu connaissais. Tu attrapas ton verre, prenant la paille entre tes lèvres et vidas d’une gorgée ton mojito. L’alcool était apaisant, s’écoulant le long de ta gorge, te brûlant de l’intérieur. Tu écoutais négligemment ce que racontait l’une de tes amies quand une impression étrange te saisit. Comme si ton corps entier avait réagi à un évènement qui t’échappait encore. Tu levas les yeux et parcourus la salle : rien ne te parut anormal. Ressentant toujours cette impression tu te retournas. Ton coeur bondit et tes entrailles se contractèrent. Il était là, juste à l’entrée. Aussitôt tu te retournas sur ta chaise, t’affaissant involontairement. Tu tentas de rester naturelle mais à l'intérieur de toi tout semblait dysfonctionner. Tes mains étaient devenues moites, ton coeur avait un rythme beaucoup trop rapide et la nausée te secouait le ventre. Pourquoi était-il ici, dans ce bar ? Pourquoi ? Tu adressas de faibles sourires à tes amies, ne cherchant pas à éveiller leur curiosité. Tu tripotas nerveusement ton verre, prenant deux grosses gorgées au passage.

Tu n’arriverais pas à te calmer. Pas ici. Tu posas de nouveau tes yeux à l’endroit où tu l’avais vu. Disparu. Tu parcourus la salle : pas là non plus. Avais-tu halluciné ? Était-ce ton esprit qui te jouait des tours ? Plus trop sûre de toi et ayant l’impression de perdre la tête, tu sirotas rapidement les dernières gouttes de ton cocktail, pressée de finalement t’en aller. Tu déposas quelques billets sur la table - le nécessaire pour couvrir ta note - et tu saluas tes amies. Tu repartis d’un pas empressé vers la sortie. L’air plus frais qu’à l’intérieur te calmait. Ta respiration devint plus régulière et tes battements de coeur se calmèrent. C’était ton imagination, voilà tout. Tu ne l’avais pas vraiment vu. Tu posas une main sur ton coeur, remué par ce souvenir. Tu marchas quelques pas quand la porte du bar claqua de nouveau. Tu te retournas pour jeter un coup d’oeil et tu croisas ses yeux bleus, bien trop familier. Un hoquet de surprise franchit tes lèvres.

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MessageSujet: Re: Let's run away together   Mar 19 Juil - 13:48

❝Let’s run away together❞
Wanda & Victor
Tout l’art d’aimer se réduit, ce me semble, à dire exactement ce que le degré d’ivresse du moment comporte, c’est-à-dire, en d’autres termes, à écouter son âme.

Krölik est une région magnifique. Des plaines à perte de vue succèdent à de basses collines, dont les dos verdoyants n’essayent même pas de faire croire qu’ils veulent toucher le ciel. La route qui y mène serpente entre elles ; en l’empruntant, les automobilistes croient qu’ils n’atteindront jamais la ville. Puis, soudain, le paysage se dégage, et c’est une longue étendue d’un vert pur qui apparaît, scindée çà et là de haies clairsemées. Des moutons paissent dans les prés. Ils ne relèvent même pas la tête lorsqu’une voiture passe à proximité de leur champ.
Même si la vie m’en a éloigné, Krölik a toujours gardé une place particulière dans mon cœur. Mes parents adoptifs y vivent encore, ainsi que nombre d’amis d’enfance qui préfère le calme de la campagne à l’agitation de la ville. J’y revenais souvent, autrefois ; ces derniers mois, je m’en suis tenu éloigné, de peur que toutes ces personnes, qui me connaissent bien, ne remarquent la mélancolie qui s’est emparée de moi. Mais le temps a passé. Je ne peux pas les ignorer éternellement. Un vieil ami m’a invité à dîner, avec d’autres connaissances, et ses paroles ont été très claires : interdiction de refuser. J’ai donc pris la route ce matin pour me rendre à Krölik. Une journée à passer chez mes parents, au cours de laquelle ma mère m’a trouvé maigre et pâle, et mon père m’a demandé avec espoir si une femme m’avait tenu loin d’eux tout ce temps. J’aurais pu répondre que oui, en quelque sorte, mais il se serait fait des idées. L’excuse habituelle du travail m’a donc sauvé une fois encore.
Nous avons commencé par dîner dans un bon restaurant de la ville. Après quelques verres de vin, je suis plus à l’aise et mes amis moins inquiets pour moi. Nous nous sommes racontés nos anecdotes – ils adorent m’entendre parler de la trépidante vie de Hammer Bay, même si je n’y participe que peu. Bien sûr, les traditionnelles questions sur une éventuelle petite amie n’ont pas manqué. Certains ont même insinué que je pourrais avoir un petit ami et qu’il n’y avait pas de honte à avoir. J’ai esquivé l’interrogatoire, une fois encore. Comment avouer qu’on est amoureux de l’héritière de Genosha ? Ils me prendraient pour une espèce d’admirateur resté un peu trop longtemps célibataire, le genre à posséder des posters obscènes dans sa chambre de vieux garçon. Je préfère encore qu’ils me croient homosexuel. C’est bien plus simple à gérer.
Nous avons convenu de terminer la soirée dans un bar où, je l’espère, un groupe de musique se produira. Maintenant que les questions sur mon avenir sentimental ont été posées, je peux baisser ma garde et me laisser aller à m’amuser. Le sourire me vient même aux lèvres quand nous arrivons devant l’établissement choisi : nous y venions lorsque nous étions plus jeunes, essayant de faire croire que nous étions déjà majeurs pour pouvoir boire de l’alcool. Je laisse mes amis pénétrer à l’intérieur. Ils restent un instant dans l’entrée, et moi dans l’encadrement de la porte, le temps de chercher une table libre. Il y a du monde, ce soir, plus que dans mes souvenirs. L’endroit est devenu branché. Comme eux, je regarde autour de moi pour dénicher notre repaire d’une heure ou deux... et mon cœur s’arrête.
Instinctivement, mes deux yeux se ferment. Le chambranle de la porte m’offre un appui appréciable, le temps de retrouver mon calme. J’ai dû rêver, c’est tout. Ça m’arrive souvent.
J’ouvre les yeux à nouveau, porte le regard sur l’endroit où j’ai cru l’avoir vue ; une fois encore, je sens mes entrailles chavirer. Je n’ai pas rêvé. Wanda est là, assise à une table, au milieu d’un groupe de femmes que je ne connais pas – sûrement des visages que l’on peut voir dans la presse à scandales dont je ne suis pas friand. Sans réfléchir, j’attrape l’épaule de mon ami Thom, juste devant moi :

« Je vais faire un saut aux toilettes. Prenez une table, j’arrive. »

Il acquiesce sans discuter. Il a déjà trop bu pour s’inquiéter de quoi que ce soit.
Je ne m’y attendais pas, mais les toilettes sont étincelantes de propreté. Les lavabos ont été lavés récemment ; j’en profite pour ouvrir le robinet et me passer de l’eau sur le visage. Lorsque je me redresse, le miroir me renvoie un visage à faire peur, pâle, défait, creusé. Tout à coup, je comprends les regards inquiets et les réprimandes de ma mère.
Je suis un idiot. Un adolescent de quinze ans a plus d’aisance que moi dans le domaine des sentiments, je le sais, mais face à Wanda, la raison me déserte. Moi qui tiens tant à paraître stoïque et mesuré en toutes circonstances, perds toute contenance lorsqu’elle est là. On m’a demandé de ne plus l’approcher. J’ai obéi. Mon cœur, lui, a décidé de se rebeller contre cette injonction ; l’ordre cosmique aussi, si l’on en juge par sa présence ici. Que fait-elle là ? Il n’y aucune raison pour elle de quitter Hammer Bay. Pourquoi vient-elle dans cet endroit ? Je lui ai parlé de mon enfance à Krölik : serait-elle venue exprès, en espérant me croiser ?

« Ne sois pas stupide ! »

Les poings serrés sur le bord du lavabo, j’attends une minute que les battements de mon cœur s’apaisent. Je dois faire comme si elle n’était pas là. De toute façon, je n’ai pas d’autre choix.
Mais alors que je sors, mon regard, comme un papillon attiré par la lumière, se porte en direction de la sortie. J’entrevois la silhouette familière qui sort. Un autre coup d’œil m’apprend que ses amies sont toujours présentes ; les miens ont déjà commencé la fête, sans se soucier de moi. Il m’a dit de ne pas l’approcher, mais ici, si loin de Hammer Bay, si loin de sa famille, si loin de tout, qui le saura ?
La raison me quitte tout à fait et je m’élance à sa suite. Que ferai-je une fois dehors ? Que lui dirai-je ? Je n’en ai pas la moindre idée, mais tant pis. L’amour ignore tout du courage ou de la lâcheté, c’est la passion, et uniquement elle, qui l’anime. Je sors à mon tour ; derrière moi, la porte claque un peu trop fort. Wanda se tient à quelques mètres, seule. Dans la pénombre rompue par l’éclairage du bar, je distingue sans peine les courbes de son corps.
Et tout à coup, elle se retourne. Son regard se pose sur moi. Elle a l’air surprise – ni contente, ni mécontente, simplement surprise. C’est le moment où jamais, Victor. Il faut dire quelque chose, faire quelque chose.

« Bonsoir. »

Oh, bravo ! Belle entrée en matière. Il faut que je demande des cours à Sam. Ou pas : après tout, elle m’a aimé tel que j’étais. M’aimait-elle vraiment ? Je ne sais plus quoi penser.
Et maintenant ?

« Je ne pensais pas te voir un jour ici. J’ai cru avoir rêvé, mais... »

Mais je ne sais pas ce que je voulais dire par là. Je l’observe un instant. Elle est restée aussi belle que dans mes souvenirs. J’aime quand elle est simple, quand elle n’arbore pas ces robes, ce maquillage, ces coiffures qu’on lui voit à la télévision ou dans les journaux. J’aime quand elle est elle-même.

« Ça fait longtemps. Tu as l’air d’aller bien. »

Mieux que moi, en tout cas. Dans ma poitrine, mon cœur bat à tout rompre. Ma gorge réclame à boire, mon cerveau préférerait de l’alcool. Très fort.

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MessageSujet: Re: Let's run away together   Mer 20 Juil - 11:32




let's run away together

Victor & Wanda


 

Maintenant tu t’en souviens parfaitement. Krölik, c’est la ville de son enfance, mais n’habite-t-il pas Hammer Bay aujourd’hui ? Que fait-il ici un soir de semaine, si loin de chez lui ? Pourquoi fallait-il que tu le croises le seul jour où tu t’autorises une sortie ? « Bonsoir. » Sa voix te transporte et te renvoie des mois en arrière. Tu te retrouves replongée dans vos souvenirs communs et ton coeur se serre. C’est douloureux, insoutenable. Tes poumons se bloquent et tu as l’impression que tu n’arriveras plus jamais à respirer normalement. Tu entrouvres les lèvres mais aucun son ne semble capable de les franchir alors tu refermes la bouche. Sa présence ici ne fait que souligner les mois où vous avez été séparé. Cela semble presque surréaliste qu’il se trouve debout devant toi. Tu baisses les yeux vers le sol, écrasé par une douleur que tu ne peux apaiser. Tu finis même par les fermer espérant que ce n’est rien d’autre qu’une hallucination et qu’il va disparaître. « Je ne pensais pas te voir un jour ici. J’ai cru avoir rêvé, mais... » Un faible rire franchit alors tes lèvres. Sa voix te ramène à la réalité, car c’est bien la réalité. Il est là devant toi. Tu ouvres les yeux et continues de fixer le sol « J’ai cru la même chose… mais… » Tu poses ton regard sur lui. Non. Ce n’était pas un rêve. Ou alors un cauchemar. De le savoir si près.

Tu avais envie de le toucher, de voir s’il était toujours aussi grand et si son odeur était restée la même. Non. Ce n’était pas une bonne idée. Cela vous causerait plus de tort et puis tu ne savais même pas ce qu’il en était de sa vie. Enfin, tu connaissais les grandes lignes… tu t’étais renseignée une fois, prenant soin que ton frère n’en sache rien. Tu savais alors qu’il se portait bien et avait toujours son travail au lycée... mais tu ignorais tout de sa vie privée. Avait-il quelqu’un aujourd’hui ? Cette idée te brise le coeur une nouvelle fois. Tu ne pouvais pas supporter qu’une autre pose ses mains sur lui. C’était tellement égoïste de ta part. La rue est déserte. Le bar se situe au bout d’une impasse donc la circulation y est presque inexistante, ce qui est bien. Tu te tiens sur la route mais tu ne peux pas t’empêcher de bouger les pieds : certainement l’effet de ta nervosité. Tu le poses sur le trottoir avant de l’enlever ensuite. « Ça fait longtemps. Tu as l’air d’aller bien. » Tu acquiesças en silence. Oui ça fait très longtemps même… Trop longtemps. Quelques mètres vous sépare et avec la lumière du bar dans son dos tu n’arrives pas bien à distinguer son visage. Et tu veux voir son visage. Tu vois ses yeux mais tu veux t’y plonger, t’y perdre. Tu veux lire le fond de ses yeux. Tu veux t’approcher mais tu as peur de le faire. Tu as peur d’être une nouvelle fois happée par son aura et de ne plus pouvoir t’en défaire. La gorge serrée tu prends tout de même la peine de lui répondre : « Je.. Oui ça va. » Ta gorge se serre à nouveau, bloquant chaque respiration et chaque mot dans ta gorge. « Et toi ? Comment vas tu ? »

Tes mots sonnent faux. Tu n’as pas envie de bavarder comme si de rien n’était. Tu n’as pas envie de faire une conversation banale comme si vous vous étiez vu hier et vous verrez demain. Tu l’observes et malgré la pénombre tu distingues des éléments de son visage qui te sont familiers. Tu reconnais certains de ses traits que tu vois sur des êtres plus petits. Tes enfants. Ses enfants. Il leur ressemble tellement. Cela te bouleverse et les larmes te montent aux yeux. Comment peux-tu faire pour lui mentir comme ça ? Tu aurais dû lui dire depuis le début. Tu as honte de toi. Tu ne mérites même pas qu’il t’adresse la parole. Mais comment pourrais-tu lui avouer ça maintenant ? Ils ont déjà tellement grandi et ça changerait toute sa vie. Il n’a pas besoin de ça. Pietro te tuerait si tu lui en touchais un mot. Ta vision reste floue à cause des quelques larmes et tu te détournes. Tu devrais partir, maintenant. « Je dois y aller. » Tu n’oses pas le regarder une dernière fois de peur de craquer pour de bon.


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MessageSujet: Re: Let's run away together   Mer 20 Juil - 13:38

❝Let’s run away together❞
Wanda & Victor
Tout l’art d’aimer se réduit, ce me semble, à dire exactement ce que le degré d’ivresse du moment comporte, c’est-à-dire, en d’autres termes, à écouter son âme.

Mon cœur bat comme un fou. J’ai l’impression de l’entendre cogner, et j’ai peur que Wanda le perçoive, elle aussi. Je n’ai jamais cherché à outrepasser l’injonction de Pietro. Cela pourrait passer pour de la lâcheté – c’en est sans doute. Au fond de moi, je crois que je savais que le rêve devrait un jour prendre fin, que je devrais me réveiller, sans elle à mes côtés. Nous avons vécu quelque chose de magnifique, mais elle est l’héritière de Genosha, et je ne suis qu’un pauvre idiot, trop simplet pour avoir vu la fin arriver. Le réveil a été brutal. La réalité est moins belle. Et puis, avouons-le franchement : qui aurait envie de passer pour un admirateur obsédé par l’objet de son désir ? Pourtant, ce soir, je me sens capable d’oublier l’ordre que le prince m’a donné ce jour-là. La revoir tout à coup, l’entendre parler, me parler, me donnerait presque des ailes. Lorsque nous nous sommes rencontrés, j’ai cru au hasard. Lorsqu’elle a accepté mon invitation à sortir, j’ai cru à un malentendu. Lorsqu’elle m’a rendu mon baiser, j’ai cru à la chance. Ce soir, je crois que c’est le destin qui nous réunit à nouveau. Prêcher la suprématie de la raison n’empêche pas d’avoir la foi.
Wanda se montre hésitante, troublée. J’ignore ce qu’elle pense de notre séparation. Nous n’avons pas vraiment eu l’opportunité d’en discuter. Je ne peux qu’émettre des suppositions, même si mes sentiments pour elle altèrent sans doute mon jugement. Elle ose à peine me regarder, quand je la dévore des yeux. Ça ne peut pas être un nouveau hasard. Nous sommes voués à nous retrouver, quoi qu’il arrive.
Elle dit aller bien, mais sa voix trahit une certaine émotion. Est-elle agacée de me trouver là ? Est-elle heureuse ? Tourmentée ? Si je m’écoutais, je franchirais la courte distance qui nous sépare – deux pas me suffiraient – pour la serrer contre moi. Mon cœur rate un battement tandis que je m’imagine l’entourant de mes bras et respirant son parfum, le nez plongé dans la masse de ses cheveux bruns. Hélas, en dépit de la hardiesse dont je me crois capable ce soir, je me contiens, car le moindre geste malvenu pourrait rompre ce moment. Si c’est un nouveau rêve, cette fois je préfère ne pas ouvrir les yeux.

« Et toi ? Comment vas-tu ? » s’enquiert Wanda.

Mal. Je meurs chaque matin depuis que je n’ai plus le droit de la voir se réveiller près de moi. Je souris sans y croire à mes collègues, à mes amis, à ceux qui croisent mon chemin, et je meurs à nouveau, le soir, quand elle n’est pas à mes côtés. Et tout ceci est d’un ridicule à pleurer. Je ne suis certainement pas le premier homme éconduit sur cette planète ; mais le problème vient peut-être du fait que ce n’est pas elle qui m’a éconduit, mais lui. Wanda n’a pas dit qu’elle ne voulait plus me revoir, ni qu’elle ne ressentait rien pour moi, ni qu’elle préférait « qu’on en reste là », comme disent les gens bien élevés. Nous nous sommes quittés sans mettre un terme à notre relation. Voilà sans doute pourquoi rien n’est fini, pour moi.
Je souris vaguement, hausse les épaules. Ça ne servirait à rien de mentir ou de dire la vérité. Nous sommes déjà trop blessés l’un et l’autre pour supporter ces banalités.
Wanda se détourne soudain, l’espace d’un instant. Je reste immobile, aussi maladroit qu’à mon habitude.

« Je dois y aller », souffle-t-elle.

Et pour moi, c’est la goutte d’eau. Il y a des sanglots dans sa voix. Je m’avance – deux pas, comme je l’avais prévu – et enroule mes bras autour d’elle. Si son frère voyait ça, il me pulvériserait, mais je m’en moque. Rien ne compte, hormis elle. Le temps s’arrête à ce moment, et comme je le rêvais encore un instant plus tôt, j’inspire pour sentir son parfum. Comme autrefois, mes doigts se posent sur son dos, se glissent dans ses cheveux. Je suis enfin complet.

« Rien ne t’y oblige, lui murmuré-je à l’oreille. Il n’y a rien, ici, il n’y a personne. Reste... »

C’est exactement ce que je redoutais. Je ne veux pas avoir l’air de la supplier. Je ne veux pas passer pour quelqu’un à qui on a fait une grâce, et qui refuse de la voir s’envoler, qui s’y accroche, prêt à la détruire pour la garder. Je ne veux pas non plus avoir l’air d’un admirateur qu’une bluette passagère a rendu fou à lier. Mais c’était plus qu’une grâce ou une bluette à mes yeux. Lorsque Wanda s’est abandonnée dans mes bras, il ne s’agissait pas d’une passade ou d’une fantaisie de princesse trop gâtée. Elle était sérieuse, tout comme moi... et le fait d’y croire aussi aveuglément me donne parfois l’impression d’être un imbécile.
Il est trop tard, cependant. J’ai franchi la distance qui nous séparais et j’ai fait ce que je redoutais. La passion a eu raison de l’intellect. L’alcool a dû y jouer un rôle, aussi. Les yeux clos, la joue appuyée contre sa tête, je m’imprègne de ce bonheur que je sais éphémère, m’enivre d’elle, avant que ne sonnent les douze coups de minuit. Il n’y aura pas de fin de conte de fées, pas de « heureux jusqu’à la fin des temps ». Je le sais maintenant, moi qui autrefois songeait à un dîner romantique, une bague dans un écrin et un violon pour l’ambiance. Mais pour autant, je refuse de la laisser partir comme la dernière fois.

« Personne n’est obligé de le savoir », soufflé-je encore. « Personne » porte un autre nom, mais je préfère ne pas l’évoquer. Comme s’il risquait de surgir du coin de la rue, brandissant un doigt accusateur et me promettant nuée de sauterelles et pluie de sang. « Reste avec moi. Juste... Juste un moment. »

Juste le temps d’y goûter à nouveau.

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MessageSujet: Re: Let's run away together   Jeu 21 Juil - 20:44




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Victor & Wanda


 

C’était vraiment trop douloureux. Tu ne supportais pas de le savoir là, à quelques mètres, voire moins, de toi. Tu devais t’en aller. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire. Des pas, un mouvement et tu sens ses bras qui t'emprisonnent. Comme avant. D’un coup tu relâches toute la pression qui s’était accumulée et avec elle l’air qui semblait s’être bloqué dans ta gorge. Tu respires à nouveau, tu te sens immédiatement mieux comme si tu venais de retrouver la deuxième moitié de ton âme. Tu te rends bien compte qu’il hume tes cheveux, ton odeur. Comme avant. Tu fais de même. Tu t’enivres de tout ce que tu peux pour le moment de peur que cet instant ne se brise. Ses doigts dans ton dos puis dans tes cheveux te font frissonner. Tu ne bouges pas, tes bras sont toujours le long de ton corps de peur que le moindre geste ne ruine tout ça. « Rien ne t’y oblige » Il te murmure ses mots à l’oreille et tu te laisses bercer par sa voix. Tu fermes les yeux et te laisse aller contre lui. « Reste… » Ton coeur se serre. Tu aimerais rester. Toute la vie si tu le pouvais… Si tu le pouvais. Pourquoi les choses étaient-elles si compliquées ? Tout ne devait-il pas s’arranger ? Chacun devait vivre sa vie comme il l’avait toujours souhaité. Cependant tu avais l’impression qu’une partie de ton souhait s’était envolé avec lui quand Pietro l’avait chassé. Tu n’as jamais pu t’expliquer avec lui. Ton jumeau ne t’en a pas laissé le choix. Que pouvait tu faire ?

Tu sens sa joue contre toi et u te blottis contre lui, désireuse d’être aussi près que possible. Son odeur n’a pas changé. C’est la même. Cette petite note de sucré, mélangé à un parfum de fleurs dont tu ignores la provenance. Tu souris. Tu es bien. Tu ne peux pas demander plus. Pourtant c’est mal. Tu fais une erreur et il le payerait aussi cher que toi le lendemain. La distance sera encore plus dure, la séparation sera encore un déchirement dont tu n’es pas sûre de le supporter. Pourtant tu n’as pas le choix. Cela ne peut durer que le temps de quelques instants. Des instants merveilleux. C’est le son de sa voix qui te sort une nouvelle fois de tes pensées. « Personne n’est obligé de le savoir » Tu sais qu’il a raison. Personne ne serait au courant, personne n’aurait à le savoir. Mais ce n’était pas une raison. Pas la solution à votre problème. Tu te sentiras seule et misérable dans quelques heures. Tout ça n’était qu’une folie. Tu dois arrêter. Arrêter cela et tout de suite avant que ça ne devienne pire encore. Avant que tu ne puisses plus faire marche arrière. Avant que tu ne sombre une nouvelle fois dans le réconfort de ses bras. Tu sens son coeur battre aussi fort que le tien, au bord de l’explosion l’un et l’autre. Tu en peux rien faire. C’est trop tard.

« Juste un moment » Tu ne veux plus lutter contre ce que tu ressens. Ton corps entier réagit à son contact et tu es fatiguée de lutter. Voilà si longtemps que tu ne l’avais pas entendu, que tu n’avais pas pu le toucher et n’avais pas senti son coeur battre. Tu voulais enregistrer chaque seconde de ce moment pour le conserver précieusement au fond de ton coeur. Tu voulais chérir ces retrouvailles ne sachant pas de quoi serait fait votre futur. Tu repoussas tout ce qui tournoyait dans ta tête, tu repoussas tes craintes, tes remords. Tout ce qui faisait de toi un monstre à tes yeux. Car tu étais un monstre pour ce que tu lui avais fait ou plutôt pour ce que tu lui cachais mais tu y penserais plus tard. Tes mains remontèrent à leur tour le long de son dos, le caressant doucement au passage. C’était si normal, si naturel, si familier. Comme avant. « Tu m’as manqué » Les mots étaient sorti tel un murmure, brise incontrôlable venant directement de ton être. C’était la vérité. Tu ne t’étais pas sentie totalement toi-même jusqu’à maintenant. Jusqu’à ce qu’il te prenne une nouvelle fois dans ses bras. Toute cette peine, ces longs mois séparés l’un de l’autre ne semblaient n’être qu’un mauvais souvenir.

Tu as besoin de le voir. Tu veux le voir. Tu ouvres les yeux et te redresses. Tes mains se déplacent facilement jusqu’à son torse et tu t’écartes délicatement de lui. Tu veux contempler son visage. L’imprégner dans ton esprit. Retenir chacune de ses mimiques. Tu poses ta main sur sa joue, savourant le contact de sa peau au passage. Tu refermes les yeux incapables de le contempler plus longtemps. Une larme roule sur ta joue. Comment as-tu pu faire pour rester éloigné de cet homme tout ce temps ? Comment peut-on vivre sans l’homme que l’on aime, car oui tu l’aimes. Tu l’aimes de tout ton être et cela te bouleverse. Toutes ces émotions que tu pensais ne plus ressentir ressurgissent et tu débordes. Tu n’arrives pas à tout contenir alors tu pleures. Tu pleures car tu es de nouveau dans ses bras et tu es heureuse. Tu pleures car tu as peur de demain. Impuissante, les mots sortent tel un flot intarissable. « Ne me quitte plus » C’est injuste de lui dire ça mais tu ne veux plus ressentir la douleur de son absence. « Jamais. » Tu rouvres les yeux mais tu n’arrives pas à distinguer clairement l’expression qu’il arbore. Ta vision est noyée sous tes larmes. « Restes avec moi pour toujours. » Tu attrapes son visage avec ta deuxième main et en moins d’une seconde tes lèvres s’écrasent sur les siennes, redécouvrant la saveur de l’homme que tu aimes.


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MessageSujet: Re: Let's run away together   Ven 22 Juil - 23:05

❝Let’s run away together❞
Wanda & Victor
Tout l’art d’aimer se réduit, ce me semble, à dire exactement ce que le degré d’ivresse du moment comporte, c’est-à-dire, en d’autres termes, à écouter son âme.

Wanda ne me repousse pas. Je pensais qu’elle essaierait peut-être, qu’elle manifesterait une volonté de ne pas franchir la limite, mais je sens son corps se détendre contre le mien. Elle soupire, sans résister. Les barrières tombent. Le fossé qui nous séparait semble enfin comblé. Là est sa place, là est la mienne. Il n’y a nul autre endroit pouvant mieux nous convenir.

« Juste un moment… »

Ces simples mots, doucement murmurés, presque inaudibles, me transportent. À mon tour, j’abandonne toute crainte, toute tension. Le soulagement et le bonheur m’envahissent ; sur mes lèvres, un sourire oublié renaît, et je la serre plus fort. Je n’ai donc pas rêvé. Tout ce temps que nous avons partagé, ce n’était pas un fantasme de mon esprit ! Ce n’était pas un rêve. Wanda souhaite elle aussi retrouver ces moments qui nous ont été arrachés. Je sens ses bras graciles m’entourer, et ses mains fines trouvent naturellement leur place sur mon dos. Elle me rend mon étreinte. Fou que je suis, je succombe à nouveau.

« Tu m’as manqué », chuchote-t-elle encore.

J’aimerais lui répondre, mais les mots refusent de franchir mes lèvres. J’ai toujours été ainsi : je puis discourir sans fin à propos des pensées et de la logique des autres, mais suis incapable d’évoquer mes propres sentiments. Et pourtant, oui, qu’elle m’a manqué ! Le souffle d’air qui m’animait m’avait été arraché. Je n’étais plus qu’une ombre, un automate, un être sans âme ni cœur, à peine bon à se lever le matin pour dispenser une vaine sagesse, que j’étais incapable de mettre en pratique. Nuit et jour, mes pensées se tournaient vers la seule personne au monde que je ne pouvais aimer… mais qui m’aime, pourtant !
Elle lève les yeux vers moi ; je me noie dans ces aventurines étincelantes. Sa caresse me fait frissonner. Refusant de relâcher mon étreinte, de crainte qu’elle ne m’échappe à nouveau, je profite de cet instant inespéré que le destin a bien voulu nous accorder. La vue de ses larmes me serre le cœur. J’ignore si elle pleure sur ce qui ne peut et ne doit pas se produire, sur ce temps que nous avons perdu, sur ce bonheur que nos retrouvailles nous permettent d’attendre… Mais ces larmes sont sans doute nécessaires. Je pose mon front contre le sien, ferme les yeux.

« Ne me quitte plus. Jamais. Restes avec moi pour toujours », m’intime-t-elle.

Si j’avais eu le choix, jamais je ne l’aurais laissée. Je suis peut-être parti, mais j’ai laissé mon âme derrière moi ce jour-là.

« Jamais », soufflé-je.

Et soudain ses lèvres se posent sur les miennes, m’arrachent un baiser passionné, auquel je m’abandonne sans me dérober. En un instant, mon corps s’électrise. Comme avant. Rien n’a changé. Ces mois de séparation m’ont simplement amené à comprendre qu’il n’y a aucune vie sans elle : je suis voué à l’aimer depuis toujours. Mes doigts se crispent sur son dos, empoignent ses cheveux. J’oublie tout. La rue de Krölik, mes amis qui m’attendent, les siens qui se questionnent sans doute, Pietro et son ordre inepte, mes craintes, nos différences : rien n’a d’importance. La seule chose qui compte, c’est ce baiser et ce corps contre le mien.
Derrière moi, le bruit caractéristique d’une porte se fait entendre, mais je refuse que ce moment se termine ainsi. Il n’est pas encore temps de se laisser rattraper par la réalité. La nuit n’est-elle pas le domaine du rêve ? Tant que le soleil ne se lève pas, nous sommes libres de faire comme bon nous semble.
Sans réfléchir, mes doigts cherchent ceux de Wanda et les agrippent. Je romps le baiser à contrecœur, mais uniquement pour m’élancer dans la pénombre, l’entraînant avec moi. Le Victor Shade que tout le monde connaît n’est ni aventureux, ni fou. Mais tout le monde ignore quelle force me pousse, quand Wanda est à mes côtés, et quel homme je suis prêt à devenir pour elle. Nous courons quelques instants, assez pour mettre suffisamment de distance entre le bar bondé et nous. Je connais Krölik comme le fond de ma poche. Je pourrais l’emmener avec moi, n’importe où. Personne ne nous retrouverait. Pourrions-nous être heureux, au milieu de ces plaines, de ces collines, au bord de ces falaises ? Je le crois, oui.
La petite place sur laquelle nous avons atterri est vide. À cette heure-ci, la fontaine en son centre ne fonctionne plus ; les rares carpes koï dorment entre deux eaux. Le brouhaha du bar n’est plus qu’un murmure à demi étouffé par la nuit. Ma main n’a pas lâché celle de Wanda. D’un geste doux, je la ramène vers moi, la serre à nouveau, l’embrasse à nouveau. À défaut de savoir comment exprimer ce que j’éprouve à cet instant, je peux au moins lui montrer.

« Dis-moi que tu as la permission de minuit, ce soir », murmuré-je contre ses lèvres.

Nous ne pouvons pas nous séparer maintenant, pas avant le matin. Je suis prêt à rester éveillé toute la nuit pour savourer chaque seconde passée avec elle.
Mes deux mains sur ses joues, je goûte encore à ce dont j’ai été si longtemps privé. Le moindre contact avec elle me ferait presque douter de la réalité du monde quand elle n’est pas là ; je ne me suis jamais senti aussi vivant que maintenant. Tout à coup, je pourrais presque comprendre ces adolescents auxquels je tente d’inculquer un semblant de raison, quand eux ne songent qu’à vivre leurs désirs sans aucune limite.

« Faisons le mur ensemble, lui proposé-je, un sourire insolent sur le visage. Personne ne le saura. On n’a qu’à… marcher, et trouver un endroit tranquille… »

Ma gorge se serre encore, mais l’alcool, cette fois, vient à ma rescousse. Je l’embrasse, savourant ce qui m’a tant manqué.

« Ne rentrons pas, Wanda. Pas avant le matin. Je refuse… Je refuse de vivre ça encore une fois. »

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MessageSujet: Re: Let's run away together   Dim 24 Juil - 17:36




let's run away together

Victor & Wanda


 

Réalité ou fiction ? En cet instant comment démêler le vrai du faux ? Le rêve est une chose si belle, si puissante et agréable. Un délice sucré duquel on ne veut surtout pas s’éveiller. La réalité à l’inverse, est brutale et froide. C’est pour ça qu’on court à la poursuite de nos rêves. Ils sont tellement plus doux. Et là, maintenant malgré les larmes qui s’écoulent sur tes joues bouffit tu crois rêver. Ça ne peut pas être réel. Ce n’est qu’un mensonge de ton esprit, une tromperie qu’il te joue. La réalité n’est pas si douce, si délicieuse d’habitude. Pourtant, il semble bien être là, sous ton touché, il s’adresse à toi, répond à tes supplications. « Jamais ». Ces mots font déborder une nouvelle fois ton coeur et tu esquisses un sourire satisfait. Il ne te quittera jamais plus. Ne supportant plus l’espace entre vous, tu te redresses jusqu’à ce que ta bouche touchent la sienne. Tu te délectes de ce baiser, redécouvrant la saveur de vos lèvres qui s’entremêlent. Ses mains sont toujours dans ton dos, tes cheveux, te transportant à chaque contact, à chaque pression de ses doigts sur ta peau. Quelle idiote tu avais été de croire que ta vie serait mieux sans lui, que la sienne serait meilleure sans toi. Vous êtes les deux moitiés d’une même pièce, inséparable, indissociable.

Le bruit sec d’un claquement de porte te ramène à la réalité. Le bar, la musique, la foule. Vous n’êtes finalement plus seul au monde, rattrapé par ce qui vous entoure. Tu sens ses doigts emprisonner les tiens avant qu’il ne s'écarte de toi. Immédiatement tu sens un vide t’envahir, reprendre le dessus sur toi. Tu ne supportes plus la moindre distance avec lui. Mais ces doigts sont toujours scellés aux tiens et tu te fais entraîner à travers la nuit sombre par ton amant. Tu l’entends avant de réaliser qu’un éclat de rire s’est échappé de tes lèvres tandis que vous vous élancez à toute allure à travers les rues de Krölik. Tu te laisses mener, ne cherchant même pas à poser de questions, t’émerveillant de votre folle course. La seule chose à laquelle tu penses c’est à quand ses lèvres retrouveront les tiennes. D’un geste tu essuies les dernières traces de larmes qui maculent tes joues, elles n’ont plus raison d’être. Vos pas résonnent dans les allées désertes, répétant sans fin une mélodie qui sonne agréable à tes oreilles : celle d’amants en fuite. Il ralentit aux abords d’une petite place. Celle-ci est calme et déserte vous offrant toute l’intimité que vous aviez recherché en fuyant le bar. Une magnifique fontaine faite de pierres blanches trône en son centre et tu devines l’identité des habitants qui se reposent sous l’eau du bassin. Tu songes même à y jeter une pièce, priant pour que cette journée ne s’arrête jamais. Que ces moments ne s’effacent plus jamais. « Victor » Ta voix n’est qu’un murmure tandis que tu resserres ta prise sur sa main.

Il t’attire une nouvelle fois à lui et tu te laisses faire, perdant le fil de tes pensées sous ses baisers. Tes mains s’agrippent une nouvelle fois à lui, ne souhaitant pas perdre la moindre goutte de son être. Il te souffle des mots entre deux baisers et tu n’y fais presque pas attention. Ce n’était pas totalement une question alors tu te contentes de l’embrasser encore et encore comme simple réponse. Tu lui offrirais ta vie plutôt qu’une nuit. Tout le temps qu’il voudra, tant qu’il reste avec toi. « Faisons le mur ensemble » Un rire cristallin franchit tes lèvres. Ta main se pose sur sa nuque et tu l’observes. Tu traces du doigt le sourire malicieux qu’il t’adresse, tu plonges ton regard dans chacune de ses prunelles bleues. « Oui. Fuyons, tous les deux. » Tu te redresses et dépose un baiser plus léger sur ses lèvres. « Personne ne le saura. On n’a qu’à… marcher, et trouver un endroit tranquille…» Tu hoches silencieusement la tête. Tu réalises seulement à cet instant ce que votre geste va engendrer comme conséquence. Demain sera une désillusion douloureuse et ton coeur se serre immédiatement. Tu n’aurais pas dû sortir, perdre le contrôle. Tu aurais dû t’en aller, avant, quand tu le pouvais encore. Tu ne veux pas qu’il souffre davantage. Tu ne veux pas qu’il se retrouve encore confronté à ton frère. Ton frère ! S’il venait à apprendre ça… que ferait-il ? Tu l’as trahi. Tu lui avais promis de ne plus t’approcher de Victor. Tu t’étais convaincu que c’était le bon choix. Alors pourquoi, ce soir dans ses bras, tu n’es plus vraiment sûre de toi ? Et si tu t’étais trompée depuis le début ? S’il n’y avait aucune échappatoire à l’amour qui vous liait tous les deux ? Que malgré tout ce qui s’était passé, tout ce que tu avais fait et reconstruit… Si malgré tout ça vous ne pouviez pas vivre l’un sans l’autre ? « Ne rentrons pas, Wanda.» Entendre ton nom de sa voix te réjouis, il n’a jamais sonné aussi bien qu’entre ses lèvres. Tu reposes tes yeux sur lui. Tu ressens chacun des battements de son coeur comme si c’était le tien. « Pas avant le matin. Je refuse… Je refuse de vivre ça encore une fois. »

Tu ne sais pas quoi dire, les mots te semblent dérisoires. C’est ta faute tu l’as entraîné une nouvelle fois dans cette folie, mais quelle douce folie ! Tu ne veux pas réfléchir à tout ça maintenant, tu veux juste te laisser porter par le courant. Tu l’attires plus près de toi, tu le serres contre ton corps. « Emmène moi où tu voudras » N’importe où pourvu que tu puisses profiter de lui seul à seule. Tes souvenirs de lui n’étaient qu’une vague copie, tellement éloigné de ce qu’il est réellement. Tu le redécouvres chaque seconde. Tu poses tes lèvres sur ses joues, dans son cou. Tu retrouves immédiatement ses lèvres dans un autre baiser fougueux. « Je.. Je connais pas bien la ville. J’irais où tu voudras, n’importe où. » Tu avais l’impression que tu pourrais refaire le monde -encore- tant qu'il était là, à tes côtés, ta main dans la sienne. Tu n’avais plus peur, tu ne voulais plus avoir peur. Tu surmonterais toutes les épreuves et toutes les difficultés, juste pour pouvoir le voir. Tu n’en as pas assez de lui, tu en veux plus. Tu veux plus de rire, plus de caresses, plus de baisers. Tu le veux en entier et pour toujours. Une vie ne suffirait pas à te rassasier de lui « Tant qu’on est ensemble. » Ta voix était tremblante. Tu n’arrivais pas bien à trouver tes mots. « Je veux être avec toi. Mon coeur t’appartient, Victor. » Tu le fixes dans les yeux pour découvrir sa réaction. Il est clair qu’il ne t’as pas oublié, mais tu veux être certaine que ce que tu ressens pour lui est aussi fort de son côté. « Je suis désolé » Ta voix se refait hésitante et une main se plaque sur ta bouche. « J’aurais jamais dû te laisser partir. C’était la plus grosse erreur de ma vie. »



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MessageSujet: Re: Let's run away together   Mar 26 Juil - 16:30

❝Let’s run away together❞
Wanda & Victor
Tout l’art d’aimer se réduit, ce me semble, à dire exactement ce que le degré d’ivresse du moment comporte, c’est-à-dire, en d’autres termes, à écouter son âme.

Son rire résonne et s’élève entre les hautes maisons de Krölik. Après tous ces mois, il me semble être la plus belle chose au monde. Il me transporte, efface la solitude et la peine, et j’oublie ces longues semaines de désespoir tandis que Wanda me rend mes baisers. Elle a laissé ses doigts entre les miens et se blottit contre moi. Je redeviens, enfin, l’homme qu’elle a fait de moi, sous son meilleur jour.

« Emmène-moi où tu voudras », acquiesce-t-elle.

Est-ce la fièvre de l’amour que je perçois dans son regard et dans sa voix ? Elle couvre ma peau de baisers ; je les lui rends avec empressement, comme pour rattraper tout ce temps perdu. Son corps a le même parfum qu’autrefois. Non, il me paraît même encore plus doux qu’avant.

« Je.. Je connais pas bien la ville. J’irais où tu voudras, n’importe où. Tant qu’on est ensemble. »

Sa voix tremble. Mon cœur, lui, chavire à chacun de ses mots. Elle s’offre à moi, sans retenue, sans masque. Je devrais lui dire, moi aussi, tout ce que j’éprouve pour elle. Je devrais lui avouer à quel point ces semaines de séparation m’ont paru longues, pire que n’importe quoi d’autre, que je n’envisage pas ma vie sans elle, sans nous. Elle aimerait sans doute entendre à quel point je l’aime. Même ces simples mots n’ont jamais su franchir mes lèvres. Peut-être parce que je ne croyais pas en cette chance incroyable, celle qui m’a valu d’être aimé par une femme comme Wanda. Et me savoir épris, aveuglément épris, m’effrayait.
Ses paroles m’atteignent cependant en plein cœur. Je sens au sourire sur mes lèvres que le bonheur s’affiche sur mon visage. Pourquoi le cacherais-je ? Je ne peux vivre sans elle. Savoir qu’elle éprouve la même chose à mon égard adoucit tout ce que nous avons dû traverser.
Mais ses mots suivants me pétrifient. Il me semble que tout s’interrompt autour de nous, que le temps s’arrête. Au cœur de la place silencieuse, sa voix est l’unique son qui me parvient. L’air me manque.

« Je veux être avec toi. Mon cœur t’appartient, Victor. Je suis désolée. J’aurais jamais dû te laisser partir. C’était la plus grosse erreur de ma vie. »

Agir. Répondre. Avouer.
Je l’étreins à nouveau, l’embrasse avec une passion qui me fait défaut en son absence. Ce n’est pas ce qu’elle attend. J’en suis conscient. Une fois, j’ai refusé de mettre des mots sur mes sentiments, et je l’ai longtemps regretté. Le destin ne m’offrira pas de troisième chance.

« Et moi, je n’aurais jamais dû accepter de te laisser, murmuré-je à son oreille. Je… Je ne peux pas vivre sans toi. »

Je me redresse, plonge mon regard dans le sien. Ses yeux étincellent. Dans la pénombre, ils sont comme deux étoiles, et je mourrais plutôt que d’être à nouveau privé de leur éclat.

« Je t’aime, Wanda. »

Comme si l’aveu me libérait soudain, un poids semble quitter mes épaules. Une nouvelle force m’anime ; je resserre l’étreinte de mes bras autour de Wanda et la soulève. Je n’ai jamais été très fort, mais elle est aussi légère qu’un oiseau. Sur mon visage, un nouveau sourire étire mes lèvres. Il trahit toute la hardiesse dont je me sens capable ce soir. Tout me paraît à portée de main : je pourrais emmener Wanda avec moi au bout du monde, l’épouser en secret, changer de vie, tant qu’elle reste à mes côtés. Je me sens prêt à faire n’importe quoi, si nous pouvons passer notre existence ensemble.
Je la repose doucement, après un autre baiser, et je regarde autour de moi. Des endroits tranquilles, Krölik n’en manque pas. La ville ne ressemble en rien à Hammer Bay ou à Prenova. Ici, les choses sont plus simples. Même la vie de la princesse de Genosha pourrait complètement changer si elle décidait d’y poser ses valises. Prenant à nouveau la main de Wanda, je fends les ruelles sombres dans lesquelles j’ai grandi. Nous esquivons les rares pubs encore ouverts et nous dirigeons vers le cœur de la vieille ville, où s’élèvent les restes d’une des premières constructions de Genosha. Il n’en subsiste qu’une vague tour qui devait servir de clocher, quelques hauts murs et une maison aux allures coloniales, qui sert aujourd’hui d’école primaire. Je désigne la tour de ma main libre.

« Je venais jouer ici quand j’étais enfant, confié-je, amusé de la retrouver encore intacte vingt ans plus tard. On grimpait tout en haut et on regardait les gens qui marchaient en bas. Ça ne doit pas faire plus de quatre ou cinq étages… mais on avait l’impression de dominer le monde. »

J’y emmènerai volontiers la femme que j’aime, mais je suppose que la trappe, tout en haut de l’escalier en colimaçon, est devenue trop étroite pour mes hanches. Préférant éviter les acrobaties, je guide Wanda en direction du parc. À cette heure-ci, le portail de fer forgé est clos. Qu’à cela ne tienne ! Des ailes m’ont poussé dans le dos ce soir !
Il me faut deux essais infructueux avant de réussir à me hisser sur un platane, dont les branches ont crû au-delà de la grille, puis j’aide Wanda à grimper à son tour. Que disais-je à propos des acrobaties à éviter ? C’est un exercice périlleux que d’avancer sur une branche étroite, marcher au-dessus d’une haie hérissée de pointes métalliques, et de sauter de l’autre côté. J’ignore de quelle façon nous sortirons d’ici une fois notre escapade achevée, mais je m’en moque. Je ris, plus encore quand j’atterris sur l’herbe fraîche, par-delà la grille. Je me retourne et tend les bras vers Wanda.

« Viens ! Ne crains rien : je te rattrape ! »

J’ai perdu quinze ans en quelques minutes. Le sourire ne me quitte plus. Je suis de nouveau vivant, et cette sensation n’a rien d’égal au monde.

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MessageSujet: Re: Let's run away together   Jeu 4 Aoû - 21:18




let's run away together

Victor & Wanda


 

Il rayonne et tu en fais autant. Vous êtes fait pour être ensemble. Tu en es convaincu, certaine même, malgré tout ce que vous avez déjà traversé jusque là. Vous êtes fait pour être ensemble et plus personne ne pourra vous enlever ça. Tu t’y refuses. Tu ne vas plus laisser les autres régir ta vie. Tu as le droit de faire tes propres choix et vos retrouvailles passionnées te conforte dans l’idée que l’un sans l’autre vous ne pouvez pas vivre. Une seconde fois, votre étreinte reprend entre vos paroles, comme si les mots étaient insuffisants pour exprimer ce que vous ressentiez réellement. Tu le serres encore, et t’abandonnes toujours plus sous ses baisers. Sa voix résonne à ton oreille et te fait frissonner. « Je… Je ne peux pas vivre sans toi. ». Tu souris et ton coeur fait un bond dans ta poitrine. Même s’il te l’a prouvé chaque seconde de votre histoire, ou même à ce moment là, embrasant tes lèvres des siennes, Victor n’a jamais été doué avec les mots. Enfin, quand il s’agit de ses propres sentiments. Tu t’es émerveillée de nombreuses fois l’écoutant te narrer ces histoires de philosophie, matière qu’il enseigne, avec tellement de ferveur et de savoir. L’entendre enfin s’exprimer librement te fait du bien. Tu souris et tu sens les larmes perler à nouveau sur le contour de tes yeux. Il se redresse et tu perds ton regard dans ses yeux. Ils sont tellement beaux. Tu ne pensais plus jamais les revoirs. Tu poses délicatement ta main sur sa joue, ravie du contact de sa peau sous ta paume.

Dans un aveu il te souffle : « Je t’aime, Wanda.» et cela ne fait qu’agrandir le sourire qui étire déjà tes fines lèvres. Tu te sens encore plus heureuse sans comprendre comment cela peut être possible. Un son t’échappe, mélange entre un rire et un soupir de soulagement. Tu clignes des yeux laissant échapper quelques autres larmes, de joie cette fois. Cet homme t’aime. Il t’aime tout comme toi. « Je t’aime moi aussi. Victor, je t’aime plus que tout. ». Tu sens ses bras se resserrer autour de toi et tu te laisses faire, suivant le courant. Sans que tu t’y attendes il te soulève du sol et tu t’agrippes à lui. Il te semble fougueux et joyeux. Tu ne peut t’empêcher de rire encore une fois. Ce moment était tellement inattendu. Délicatement tes pieds retrouvent le sol et tes lèvres un baiser. Puis il se retourne et observe la place des yeux. Tu gardes les yeux sur lui, observant le tumulte de ses pensées qui s’affiche sur son visage. Où va-t-il t’emmener. Tu es curieuse de voir quel lieu va prendre assez grâce à ses yeux pour qu’il t’y amène. Il t’attrape la main et commence à te traîner dans les ruelles de Krölik. Tout t’est inconnu et tes yeux se posent sur chaque chose qui paraît pourtant bien banale. Des fleurs à la fenêtre, un chat sur un muret, des volets pas entièrement fermés. Tu t’émerveilles de chaque petit détail que tu vois, voulant immortaliser ce moment. Tu veux te souvenir de tout ce que tu auras vu. Tu veux mémoriser les chemins que vous empruntez. « Je venais jouer ici quand j’étais enfant » Tu lèves les yeux pour observer une tour. Tu te rends compte qu’il s’agit plutôt d’un clocher. Celui-ci semble être assez ancien et la présence d’une grande bâtisse à l’allure ancienne elle aussi te conforte dans ton idée.

Tu souris en t’imaginant un enfant, à la tête blonde courant dans la rue. « On grimpait tout en haut et on regardait les gens qui marchaient en bas. Ça ne doit pas faire plus de quatre ou cinq étages… mais on avait l’impression de dominer le monde. » Tu regardes d’un autre oeil cette immense tour. « Ça devait être génial. J’adore quand tu me racontes des souvenirs d’enfance. J’aime en savoir plus sur toi et ta vie d’ici. » Cela te réconfortait dans l’idée qu’il avait pu grandir dans la joie. C’est tout ce que tu lui souhaitais : qu’il soit heureux. Malheureusement, ou bien au contraire, le Victor adulte semblait l’être plus encore avec toi à ses côtés. Toujours main dans la main, vous vous dirigiez vers les abords d’un parc. Tu te rends vite compte que le portail n’est plus ouvert. Il te suffirait d’une seconde pour y remédier mais tu le laisses faire ses acrobaties, t’émerveillent devant ce qu’il est prêt à faire. Tu le vois grimper sur un arbre dont les branches passent au-dessus de la limite du parc. Une fois en haut de la première branche il t’aide, te tendant la main pour te faire décoller du sol. Tu t’assois sur la branche, le laissant continuer son aventure. Cependant celle-ci est étroite et tu crains qu’il ne fasse une mauvaise chute. « Fais attention ». Tu ne voudrais pas qu’il se blesse même si, dans le cas où il tomberait, tu interviendrais. C’est avec soulagement quand tu le vois atterrir, sain et sauf sur l’herbe du parc. Tu ne peux t’empêcher de glousser. « Tu es fou ! » Tu rigoles encore plus quand il te hèle pour le rejoindre, les bras tendus, prêt à t’attraper au vol.

D’une démarche souple, tu avances à ton tour sur la branche biscornue. L’équilibre n’est pas un problème et tu arrives rapidement au niveau de ton amant. Son sourire aux lèvres te ravit et tu t’élances, non sans te rattraper légèrement par toi-même. Tu n’étais pas lourde mais tomber de tout ton poids te faisait peur, même s’il était là pour te rattraper. Puis, surtout, tu pouvais te réceptionner aussi agilement qu’un chat, alors pourquoi ne pas en profiter ? Tu arrives dans ses bras et rigoles avec lui quand tes pieds touchent à nouveau le sol. « Je ne t’ai jamais vu comme ça. » Tu souris, attrapes son visage et l’embrasse encore. Ce Victor-là te plaît. Tu as l’impression que vous êtes retombé à l’adolescence, fuguant le monde réel et les gens qui s’opposeraient à vous. C’est un peu le cas, sauf que vous n’êtes plus des adolescents et qu’il vous faudra faire face à toutes les conséquences de cette escapade. « Alors, ce soir c’est visite privée du parc ? » Tu le taquines, mais tu trouves son idée géniale. Vous ne serez pas dérangé ici. Seul au monde, ou presque. Tu passes un bras autour de sa taille et d’un pas lent vous marcher à travers l’herbe verte. Tu sens que celle-ci est légèrement humide pour vous y asseoir. Ne suivant pas les chemins tracé mais préférant travers les buissons, les arbres, et autres tas de fleurs, vous vous dirigez vers une destination inconnue. Tu n’es jamais venue ici et tu admires chaque bout de végétation que tu arrives à distinguer dans la nuit. La lune n’est pas encore pleine mais ses rayons suffissent à éclairer votre passage.

Au loin tu aperçois un petit pont qui traverse une mare d’eau, dans laquelle se trouvent des nénuphars et une petite cascade d’eau qui s’élève à plus d’1m50 du sol. La surface de l’eau est calme, seul les répercutions des éclaboussures viennent troublées la plénitude de l’eau. L’endroit est joli et apaisant. Tu fais quelques pas sur le pont, avant de finalement vouloir t'asseoir à même le sol. Tu ôtes au passage tes chaussures et tu laisses tes jambes pendre dans le vide. L’eau n’est plus qu’à quelques centimètres de tes pieds. Quand Victor s’assoit à tes côtés, tu poses ta tête sur son épaule et joues avec sa main, l'effleurant de tes doigts. Tu n’oses rien dire de peur de casser la quiétude du lieu. Tu observes l’eau ruisseler le long de la cascade, tu regardes comment les échos se propagent sur les plantes qui flottent à la surface. Tu souris, encore, car tu es vraiment bien. Tu espères que le temps s’est arrêté pour que vous puisez rester toute la nuit ici. L’un contre l’autre. Malgré tout, ton esprit ne peut pas s’empêcher de penser à chez toi. Comment tu allais faire pour rentrer en douce. Allait-on te voir ? Ton coeur s’accéléra immédiatement, prise de panique. Tu relevas la tête pour plonger ton regard dans celui de ton galant. « Qu’est-ce qu’on va faire? » Le ton de ta voix trahissait grandement l’inquiétude qui te dominait à ce moment précis. « Je veux dire, demain ? Et après demain ? » Voilà. En quelques mots tu venais de briser la magie et de vous ramener à la réalité d’un coup. Tu aurais dû te taire. Tu aurais vraiment mieux fait de te taire…



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MessageSujet: Re: Let's run away together   Dim 4 Sep - 17:59

❝Let’s run away together❞
Wanda & Victor
Tout l’art d’aimer se réduit, ce me semble, à dire exactement ce que le degré d’ivresse du moment comporte, c’est-à-dire, en d’autres termes, à écouter son âme.

Fou ? Fou ? Si elle savait ! La folie me hante depuis le jour où j’ai croisé pour la première fois son regard, depuis le moment où je l’ai tenue dans mes bras. Une autre folie a failli me dévorer lorsque nous avons été séparés, et la folie, à nouveau, me ranime en sa présence. Le moindre de ses sourires, de ses mots, m’insuffle une force neuve. Je suis vivant, et non plus l’être silencieux et triste qui errait çà et là comme une âme en peine.
Wanda atterrit dans mes bras avec souplesse. Dans l’obscurité, les bruits de pas et d’escalade paraissent comme assourdis. Elle rit – Dieu que ce rire m’avait manqué, et comme je l’aime !

« Je ne t’ai jamais vu comme ça, remarque-t-elle avant de m’embrasser. Alors, ce soir c’est visite privée du parc ?
Au moins nous ne serons pas dérangés par les touristes ! »

Il n’y a jamais de touristes à Krölik. En tout cas pas dans ce parc-ci, à l’écart des rues commerçantes et des bâtiments historiques. L’idée me séduit cependant : une visite en tête à tête, juste elle et moi. La nuit a quelque chose de magique, qui n’appartient qu’à elle seule. Dans l’obscurité, le moindre son paraît comme incongru : on parle à mi-voix, on tend l’oreille, on plisse les paupières pour mieux voir ce qui se cache dans les ombres. Au-dessus de nous, ce soir, les étoiles scintillent. La lune, elle, se range dans notre camp : elle nous éclaire juste assez pour nous dévoiler le chemin, mais trop peu pour révéler notre présence ici. Le décor, le bras de Wanda autour de mes hanches, le mien autour de ses épaules, tout me semble irréel, et pourtant la chaleur de notre étreinte me rappelle que tout est bien vrai. La nuit est aussi le refuge des secrets. Il n’y a rien de plus exact ce soir.
En silence, comme si chaque mot prononcé risquait de faire cesser le rêve, nous nous frayons un passage à travers les taillis et les parterres. Ma main s’égare sur la nuque de Wanda, retrouve la soie de ses cheveux. Des milliers de mots se pressent sur mes lèvres sans que je parvienne à en choisir un seul. Tout me paraît si vain : seul son corps contre le mien a un véritable sens.
Comme des adolescents, nous retirons nos chaussures pour nous asseoir sur le pont, près de la mare. Mes jambes sont plus grandes que celles de Wanda. Mes pieds effleurent la surface glacée de l’eau et je sens un frisson me parcourir, mais il me tire un sourire amusé que je n’ai pas affiché depuis bien longtemps. La joue appuyée sur les cheveux de la jeune femme, j’observe les remous provoqués par la cascade. Le parfum de Wanda m’enivre plus que tout l’alcool que j’ai bu ce soir. Je pourrais rester là éternellement, ne plus jamais rentrer – j’y pense, même – mais le retour à la réalité est plus brutal que je ne l’espérais.

« Qu’est-ce qu’on va faire ? s’inquiète Wanda, levant son regard clair vers moi. Je veux dire, demain ? Et après-demain ? »

Je la contemple, silencieux, sans pourtant chercher une réponse à sa question. Demain me semble lointain, vague, inconsistant. C’était aussi le cas lors de nos premières escapades, lorsque nous nous retrouvions en secret, avant que Pietro ne découvre notre liaison. Je ne pensais pas à demain. Je ne voulais pas y penser. Réfléchir à ce qui se passerait ensuite, c’était comprendre que le destin de Wanda lui promettait bien plus qu’une vie avec un simple professeur de philosophie. La seule chose qui importait était ces moments où nous nous enlacions, sans penser à rien d’autre qu’à l’instant présent.
Elle a raison, pourtant, d’évoquer ce sujet. Autrefois, je ne pensais qu’à « aujourd’hui ». Mais quand on m’a privé de cet « aujourd’hui » si plaisant, j’ai compris que j’aurais dû me préoccuper plus tôt de la suite, savoir que tous ces secrets ne dureraient pas éternellement. « Demain » et « après-demain » sont des questions importantes auxquelles nous devons réfléchir. J’ignore quelle est la solution à tout ça, mais je suis sûr d’une chose : je ne supporterai pas une seconde séparation.

« Je... »

Fichue retenue ! Moi qui ai imploré tous les dieux du monde pour bénéficier à nouveau de cette félicité, me voilà encore incapable de mettre des mots sur ce que j’éprouve. Pourquoi ne puis-je simplement pas lui dire à quel point elle compte, à quel point ma vie est dépourvue de sens sans elle, ou quelle ombre je suis quand elle ne se trouve pas près de moi ? Pourquoi mes souhaits me paraissent-ils si ridicules lorsque je me retiens de les formuler à voix haute ?
J’appuie mon front contre le sien, ferme les yeux. Si je ne la regarde pas en face, peut-être réussirai-je à parler sans me sentir stupide.

« J’ai essayé de vivre sans toi, Wanda, soufflé-je enfin. Faire comme si tout ça ne s’était jamais produit, comme si… comme si je pouvais t’oublier. Je… Je ne sais pas faire ça ! »

J’ouvre les yeux, plante mon regard dans le sien. La vanne est ouverte, et les mots, tout à coup, se bousculent sur mes lèvres. La barrière tombe. Me taire, c’est peut-être la perdre encore une fois. Je ne pourrai pas y survivre. Pas cette fois.

« Peu importe ce qui se passera : j’ai besoin de toi. Je veux vivre à tes côtés, toute ma vie, toujours. Peut-être que ton frère a raison, peut-être que je suis indigne de toi, mais ça ne change rien à ce que je ressens. Et s’il le faut, je suis prêt à partir, où tu voudras, n’importe où, pourvu qu’on soit ensemble. Serais-tu prête à me suivre, toi ? Si… Si je te demandais de t’enfuir avec moi, le ferais-tu ? »

C’est injuste, comme question. Je m’en rends compte moi-même, et je pose un doigt sur ses lèvres. La couardise, c’est ce qui m’a privé d’elle ces derniers mois. Je dois m’en remettre au courage, non plus à la fuite, même si l’idée de l’épouser en secret et de m’enfuir avec elle me séduit réellement.

« Je suis prêt à parler à ton père et à ton frère s’il le faut. Si tu me le demandes, si tu me dis que tu veux de moi, alors je le ferai. Et si tu refuses d’évoquer ce sujet avec eux, alors je t’enlèverai à tout ça. »

Je l’embrasse, avec une chaleur qui m’avait abandonné depuis bien trop longtemps, mes doigts glissés dans ses cheveux. Ça ne me ressemble pas, c’est vrai, mais je suis un autre homme quand elle est près de moi. Et j’aime cette différence, j’aime ce que je peux devenir pour elle. Là, maintenant, mon cœur attend sa réponse. Mon corps, lui, désire déjà bien autre chose.

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MessageSujet: Re: Let's run away together   Lun 12 Sep - 23:33




let's run away together

Victor & Wanda


 

La nuit pour seul témoin vous parcourez le parc à votre rythme, collé l’un à l’autre. Son bras encadre tes épaules et le tien sa taille. Tu te presses contre lui cherchant sa chaleur. Cherchant l’homme dont tu as dû te passer durant trop longtemps. Sa main s’égare dans ta nuque, te caresses la peau et les cheveux. Tu frisonnes à cet effleurement. Tu en avais presque oublié ce que cela te faisait lorsqu’il déposait les mains sur toi. Presque. Ton souvenir te paraissait bien fade comparé à la réalité. Tu savoures et mémorises chaque sensation qui te parcourt quand il te touche. Tes yeux se ferment appréciant davantage le contact de sa peau contre la tienne. Tu en veux plus, tu as besoin de lui. Vous vous laissez mener par vos pas jusqu'à un pont et tes pieds flottent au-dessus de l’eau après que tu te sois assise, Victor toujours à tes côtés. Lui aussi a les jambes qui pendent au dessus de la surface et ses pieds viennent chatouiller l’eau. Un sourire amusé se fige sur son visage. Il semble heureux, plus léger. Son expression se propage sur ton visage et tes lèvres viennent dessiner le même sourire joueur. Tu l’observes en silence et suis le contour de son visage, de son corps. Tu ne veux pas refaire les mêmes erreurs et ne pas revivre les mêmes douleurs. Ton cœur s’est de nouveau affolé à l’idée de ce que demain vous réserve. Encore de la distance entre vous ? Des secrets et des cachotteries ? Des rendez-vous au milieu de la nuit ? Tu n’auras pas la force de refaire tout ça, tu ne t’en sens plus capable. Plus maintenant que tu l’as retrouvé. Tu attends. Tu comptes chaque battement de ton coeur. Chaque seconde et chaque accoup de celui-ci te semble interminable. Tu as besoin qu’il te rassure, tu veux être sûre qu’il ne s’évanouira pas une seconde fois.

Il reste muet à côté de toi. Il hésite à son tour, ne sait pas quoi te répondre, comment t’aider. Comment vous aider tous les deux. Ses mots meurent sur ses lèvres et ton coeur s’affole. Vous êtes dans une impasse. C’est bien ce que tu pensais. N’y a-t-il aucun espoir pour vous ? Aucune issue pour pouvoir faire face à ta famille et à ton statut d’héritière de l’île ? L’idée de tout envoyer balader t'effleure. Tu serais prête à tout abandonner pour être avec lui mais… il y a Thomas et William. Ton coeur se serre en pensant à eux, tu ne peux pas les abandonner. Ta respiration s’arrête une courte seconde en songeant à leur père, Victor. Tu détournes le regard incapable de le soutenir plus longtemps. Tu te poses tellement de questions sur vous que tu n’as pas songé une seconde à la réaction qu’il pourrait avoir… Comment pourrait-il bien le prendre ? Tu lui as enlevé une part bien trop importante de sa vie et cela doit changer. Peut-être ne voudra-t-il plus de toi par la suite ? Cette idée t'alourdit le coeur. Tu ne le supporterais pas. Il s’approche de toi et vos fronts se touchent. Tu soupires doucement et l’imites quand il ferme les yeux. Tu sens son souffle sur toi, tu ressents les battements de son coeur dans sa poitrine. Tu voudrais figer le temps et rester là indéfiniment. « J’ai essayé de vivre sans toi, Wanda » Tu ouvres les yeux et le regarde. Tu ne peux pas t'empêcher de l’observer quand il te parle. Tu écoutes chaque mot qu’il emploie, chaque syllabe qui sort de sa bouche. Tes lèvres s’étirent dans un sourire et ta main se pose sur sa joue. « Je… Je ne sais pas faire ça ! » Ses yeux s’ouvrent et rencontre les tiens. Tu vois la détermination au fond de ses yeux. « Je.. Je n’y arrive pas non plus. » Même si tu sembles avoir tout ce qui te faut pour être heureuse, tu n’y arrive pas. Il te hante. Il l’a toujours fait et tant qu’il ne sera pas près de toi quotidiennement, tu n’iras pas bien. Il détient ton coeur et ton âme, et tu ne veux plus t’en passer.

Tu es attentive à chaque mot comme si ta vie en dépendant. L’envie de le couper te prend quand il dit ne pas te mériter mais tu gardes le silence. Tu ne veux pas l’arrêter dans son élan, surtout pas maintenant. Pas ici quand il te confie ce qu’il a sur le coeur, ce qu’il ressent. Et ce sont les plus beaux mots du monde. Sa voix résonne comme une mélodie à tes oreilles et ton sourire ne fait que s’élargir, tes yeux s’humidifient. Tu te sens heureuse, heureuse qu’il soit prêt à se battre pour toi. A peine son discours fini tu entrouvres les lèvres pour lui répondre mais son doigt vient se poser sur ta bouche, t’empêchant de lui dire à ton tour ce que tu penses. Oui. Oui je fuirais avec toi. Victor, j’irais partout avec toi. Non. Impossible.Ton coeur a un second raté dans ta poitrine. Tu ne pourrais pas partir. Pas sans tes enfants. Et tu sais très bien que la vie qu’il t’évoque ne serait pas l’idéal pour des bambins comme eux. Tu te retrouves une nouvelle fois face à tes erreurs et ça fait mal. Comme une gifle en pleine figure. Cette vie d’amant en fuite ne sera plus jamais à ta portée. Les mots qu’il ajoute te semblent encore plus merveilleux que les précédents. Tu es persuadée qu’ensemble rien ne vous arrêtera. Certainement pas ton père et encore moins ton jumeau. Tu ne veux plus que ta vie soit régie, par qui que ce soit. Tu veux être libre d’aimer la personne de ton choix, quelle que soit l’idée que s’en fait Pietro. Tes yeux s’embrument et ses lèvres trouvent les tiennes avec fougue. Tu lui rends son baiser avec autant de passion que tu peux laissant ses doigts s’agiter dans tes cheveux.

Vos lèvres se séparent un instant, juste le temps pour toi de murmurer doucement « Je resterais avec toi quoi qu’il arrive. Tant que tu me promets qu’on sera toujours ensemble. Je leur dirais. Je leur dirais tout. » Tu ne voulais pas te cacher. Tu ne voulais plus le garder secret. Il ne méritait pas ça. Il ne méritait pas de devoir abandonner sa vie pour la tienne. Hors de question que tu acceptes ça. Tes lèvres se posent doucement sur les siennes avant que tu ne continues. « Je veux que le monde entier sache que je t’aime. Je ne veux plus que tu sois mon secret Victor. Je t’aime et tout le monde le saura. » Tes mains s’accrochent à son visage et tu le ramènes vers toi. Tes lèvres rencontrent à nouveau les siennes, jouent avec, dansent avec. Tu es prête à affronter la terre entière tant qu’il sera là avec toi. Tu jouis d’une liberté retrouvée, d’un soulagement réconfortant. Tu en veux plus. Tu te redresses et vient te placer à califourchon sur lui, l’obligeant à relever la tête pour que vos lèvres restent scellées. Une larme roule sur ta joue et échoue sur la sienne. Tu l’essuies du bout de tes doigts avant de retrouver sa bouche. Ta respiration s'accélère, les battements dans ta poitrine deviennent douloureux. Tu l’aimes et le désires tellement. Tu maudis le temps que vous avez perdu et tu bénis celui à venir.

Tu gardes en mémoire que cet instant pourrait s’effacer en quelques secondes quand tu lui auras avoué ce que tu gardes secret. A bout de souffle tu te recules, récupérant l’air qui te manquait il y a peu. Tes yeux sont posés sur les siens, ils brûlent de désirs, tout comme toi, mais tu hésites. « Je… » Tu dois lui dire. « Victor… J’ai un truc à te dire… » Comment lui dire ? Tu vas briser une nouvelle fois le bonheur qui vous enveloppe. La bulle qui vous entoure semble tellement fragile et voilà qu’une fois de plus tu viens jouer avec ses limites. Tu ne peux pas faire ça, pas maintenant. « Plus tard. » C’est à peine un murmure qui s’élève dans l’obscurité. Ton regard se détache du sien uniquement pour observer ses lèvres entrouvertes. Il est tellement parfait et tu es si imparfaite. Tu vas le faire souffrir une fois encore, tu le sens, tu le sais. Il ne devrait pas s’approcher de toi. Tu ne devrais pas le laisser s’approcher de toi. Tes doigts glissent dans ses cheveux et sur les traits de son visage. Tu joues avec sa peau, faufilant tes doigts sur son cou, ses épaules, son torse. Tu admires chaque réaction que tu lui causes. Il te rend folle et tu sembles avoir le même effet sur lui. Deux personnes sont-elles vraiment faites l’une pour l’autre ? Deux parties d’une même pièce qui ne peuvent être épanouies qu’ensemble ? Tu n’as pas la réponse à cette question mais tu sais que si les âmes soeurs existent vraiment, il est la tienne. Depuis toujours ton coeur ne bat que pour lui et il en sera toujours ainsi, même si tu ne le mérites pas. Tu déposes un chaste baiser sur ses lèvres. « En vérité, c’est moi qui ne te mérite pas Victor… » Ne supportant plus l’espace entre vos bouches tu l’embrasses encore, sentant la chaleur de votre étreinte se répandre dans ton corps.



Wanda : #B22C45
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