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 Problèmes de puberté [PV Vicky]

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MessageSujet: Problèmes de puberté [PV Vicky]   Mer 20 Juil - 17:44


Problèmes de puberté

un quiproquo qui peut être gênantLa sonnerie des cours retentit et Nur redresse la tête de sa table. C'était un cours de géographie. Il n'aime pas trop la géographie, ce n'est pas une matière qui lui parle beaucoup, c'est trop...lointain. En plus, le cours parlait de l'Amérique du Sud, un continent où il n'ira probablement jamais alors à quoi bon. En tout cas, il n'est pas mécontent que ce soit enfin fini, que les cours touchent à leur fin. Il commençait à trouver la journée longue et il était pressé de quitter cette classe assommante de chaleur. Il range rapidement ses affaires, écoutant à peine le prof qui leur dit de passer une bonne soirée. Tout est dans le sac et il file vers une autre salle de classe, qu'il connait comme bien d'autres, mais celle-là lui plait un peu plus.

C'est la classe où se trouve le professeur Shade. Un prof que Nur aime bien, mine de rien, il est prof de philo et c'est une des rares matières qui intéressent Nur. Même si il n'est pas plus bavard que dans les autres cours. Il n'aime pas parler en cours, il préfère passer inaperçu et ne pas attirer l'attention des professeurs. Comme l'élève moyen qui passe toujours entre les gouttes parce qu'il est juste assez mauvais pour ne pas être un chouchou de prof et juste assez bon pour avoir ses années à la limite. Nur arrive à la salle de classe et attend qu'elle termine de se vider avant d'aller toquer timidement à la porte ouverte, regardant le professeur à son bureau. Nur attend gentiment qu'il lui fasse signe de venir avant d'approcher du bureau. Dans certaines circonstances, il est beaucoup plus poli que dans d'autres...

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MessageSujet: Re: Problèmes de puberté [PV Vicky]   Mer 20 Juil - 18:50

❝Problèmes de puberté❞
Nur & Victor
L’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien.

« ‘Si la conscience de l’individu n’est que le reflet de la société, comment se fait-il que la société soit également la somme des individus qui la composent ? Il s’agit là d'un cercle vicieux qui tourne en rond à l’infini, dans un mouvement perpétuel tel un tourbillon de répétitions sans fin.’ »

Il y a un moment de flottement, une pause divine, et soudain la classe éclate de rire. Je me mords l’intérieur de la joue pour ne pas céder moi-même à la tentation de sourire. Je me dois de rester stoïque, même dans les circonstances les plus étranges – la dernière dissertation de Ben Flanagan en fait partie. Mon pauvre élève, lui, ne rougit même pas de sa bêtise : il se rengorge comme un jeune coq et hausse les épaules, affalé sur sa chaise. Il suppose sans doute que son attitude désinvolte lui attirera des regards admiratifs de ses camarades féminines. En tout cas, ce n’est pas ce qui lui donnera son diplôme.

« Bah… c’est vous qui l’avez dit, m’sieur, me rétorque-t-il avec un aplomb presque insolent.
Je ne suis pas certain de l’avoir tourné en ces termes, réponds-je, interloqué. À moins d’avoir abusé de Pocahontas juste avant, ce dont je me rappellerais. »

Les autres s’esclaffent encore. Incroyable : ils ont saisi la référence. Je suis sûr de figurer au top 5 des meilleurs professeurs de St Magnus, à présent.

« Néanmoins, le reste avait un certain potentiel. Quel dommage... C. »

Je pose la copie sur sa table. Le jeune homme lui jette à peine un regard tandis que je poursuis la distribution. La dédaigneuse jeunesse, dans toute sa splendeur !
Les devoirs sur table regorgent toujours de ce genre de perles. Pour gagner des lignes sur leurs copies, les élèves n’hésitent pas à nous abreuver de tournures de phrase étranges, de citations parfois saugrenues, quitte à écrire n’importe quoi. Je peux rire autant que m’arracher les cheveux pendant les corrections. D’autres, en revanche, abordent leurs devoirs avec un esprit ouvert. Ils sont certes rares, mais je les encourage à nourrir leur faculté de réflexion. C’est un don précieux qui leur servira à l’avenir, même si la plupart m’auront oublié d’ici là.
La cloche sonne. Les jeune gens empoignent leurs copies sans ménagement, hissent leurs sacs sur leurs épaules et filent sans demander leur reste. Ils savent pertinemment que je ne donne jamais de devoirs. Libre à eux de lire ou non les textes que je leur distribue en classe : nous les aborderons de toute façon, et je prends un malin plaisir à demander à deux ou trois élèves leur opinion dessus. Je sais vite s’ils ont daigné regardé leur polycopié ou non. Pour ma part, je regagne mon bureau en tâchant de ne pas me faire renverser au passage ; certains de mes chers bambins tiennent plus du rhinocéros que du singe. C’est la fin de la journée. J’ai besoin d’une aspirine et d’une longue promenade dans le parc avant de rentrer chez moi.
Tandis que je range mes affaires, deux petits coups résonnent contre la porte laissée ouverte. Je lève les yeux, intrigué. D’ordinaire, personne ne vient me voir pour discuter après une journée entière de cours – les adolescents ont plutôt tendance à vite vouloir quitter l’enceinte du lycée. Je reconnais tout de suite le jeune homme debout à l’entrée : En Sabah Nur. Pas le plus brillant de mes élèves, ni toujours le plus sérieux, mais le plus réservé. Quand bien même certains essaieraient-ils de l’entraîner dans leurs frasques...

« Je t’en prie : entre. »

Je joins un sourire à mon invitation. Continuant à ranger mes livres dans mon cartable, je redresse la tête vers l’adolescent. Il semble un peu embarrassé, comme s’il n’avait pas réellement envie de se trouver là. Je me demande ce qu’il me veut ; après tout, je ne suis pas son professeur principal. Il semblerait que les professeurs de philosophie ne fassent pas de bons professeurs principaux, car en quelques années de carrière, je n’ai toujours pas eu la moindre classe à chaperonner.

« En quoi puis-je t’aider ? Si c’est pour le devoir de la semaine prochaine, il portera sur l’un des sujets que nous avons étudié ce trimestre. Je ne peux pas en dire plus : ce serait de la concurrence déloyale. »

Quelque chose me dit toutefois que ça ne concerne pas le prochain devoir, non. Il y a autre chose. Nur a l’air d’hésiter à m’en parler, alors même qu’il a fait tout le chemin jusqu’ici. Je referme ma sacoche posée sur le bureau puis, les deux mains croisées dessus, j’accorde enfin toute mon attention à mon élève.

« Y a-t-il un problème ? Quelque chose dont tu voudrais me parler ? »

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MessageSujet: Re: Problèmes de puberté [PV Vicky]   Jeu 21 Juil - 11:24


Problèmes de puberté

un quiproquo qui peut être gênantNur n'est pas très à l'aise pour parler aux adultes, ou aux gens en général. Il y arrive avec ses amis, qui ne sont pas nombreux d'ailleurs, mais avec les adultes et les gens qu'il ne connait pas, c'est beaucoup plus compliqué pour lui d'aligner les mots et de former des phrases. Ce n'est pas pour ça que les profs ne l'interrogent jamais, au contraire même. Il est souvent appelé pour donner son avis ou répondre à une question. Il va même au tableau des fois, pour des démonstrations mathématiques ou ce genre de choses. Même parler en tête à tête est assez compliqué. Le premier rendez-vous amoureux de Nur va surement être sensationnel si il continue comme ça. Heureusement, il n'est pas assez courageux pour inviter une fille à sortir avec lui, alors pour l'heure, ça n'est pas prêt d'arriver et heureusement pour lui. Dans tous les cas, il est venu jusqu'à la salle de classe du professeur Shade, alors il ne va pas repartir bêtement sans avoir prononcé un seul mot. Ce serait stupide.

Il approche déjà du bureau et sourit en entendant le prof parler du prochain examen. Bien sur que non il ne vient pas demander d'infos sur ce qui va tomber au contrôle. Ce n'est son genre de faire ça, ou alors ce serait pour aider ses petits camarades et pas pour lui, rater ou réussir ce n'est pas important pour Nur. Non ce qu'il a demandé est autrement plus compliqué qu'un devoir de philo, sinon il n'aurait pas besoin de l'aide de son professeur pour le résoudre. Et le prof le comprend aussi apparemment. C'est un des rares profs avec qui on peut discuter, pense Nur, les autres se fichent un peu des états d'âmes. Sauf peut-être le conseiller Wilson. Mais ce n'est pas pareil de causer de ça avec lui, ça pourrait être mal interprété et causer du tord. Et Nur n'a absolument pas envie d'avoir des ennuis à cause de ce qui lui arrive. Pas du tout. " Ben en fait...commence-t-il en se grattant le bras nerveusement. Je me demandais si vous pourriez m'éclairer sur un point... " Il ne sait pas vraiment comment aborder la question. Ce n'est pas quelque chose de normal, ça non.

" Pourquoi les gens ont peur de ce qui est différent d'eux ? " La question peut sembler innocente, mais Nur sait qu'il est différent et que le gouvernement de Genosha fait des choses à ceux qui sont différents...Il n'a pas envie d'être emmené par la Garde Rouge. Peut-être que si il comprend pourquoi les gens ont peur...Peut-être qu'il pourra faire quelque chose ? Ce n'est qu'un adolescent, il ne pourra rien faire pour les gens, mais il pourra toujours cacher sa différence quoi qu'il arrive, ça il sait faire. Avoir l'air normal en définissant ce qui fait peur aux gens. C'est une bonne solution qui pourrait lui éviter des ennuis. Faire comme si il n'avait pas cette différence qui apparaissait...Cela risque d'être compliqué à cacher, mais il y parviendrait. Il faut qu'il y parvienne de toute façon...

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MessageSujet: Re: Problèmes de puberté [PV Vicky]   Dim 24 Juil - 15:33

❝Problèmes de puberté❞
Nur & Victor
L’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien.

Nur appartient à cette catégorie d’élèves dont quatre-vingt-dix pour cent des enseignants ignorent quoi faire. Ce n’est pas un cancre, mais pas non plus un élève modèle. Il participe rarement et en tout cas jamais de son plein gré, alors qu’il possède une intelligence aiguë. Bien souvent, mes collègues se contentent de l’oublier dans son coin et de noter, sur son bulletin de notes, qu’il se laisse facilement entraîner par les autres. Voilà une façon bien réductrice de le considérer. Je ne pense pas être plus intelligent que les autres professeurs, mais un garçon timide et peu sûr de lui ne se manifestera pas seul en cours – sauf pour chahuter avec ses petits camarades, évidemment. Il nous revient d’aller chercher en lui ce qu’il y cache de meilleur, pas pour notre gloire personnelle, mais juste pour lui prouver qu’il est tout à fait capable de réfléchir à un problème. Et de le résoudre, bien sûr.
Pourtant, il semble qu’aujourd’hui ce ne soit pas à lui de répondre à mes questions, mais à moi. Je l’observe un instant en silence. Pourquoi est-il venu me voir, moi ? J’ignorais être son professeur préféré. D’ailleurs, je pensais ne l’être pour personne, mais peut-être me trompais-je, au final. À moins qu’il n’estime simplement que je sois le plus à même de répondre à une question presque philosophique.

« Pourquoi les gens ont peur de ce qui est différent d’eux ? »

Question incongrue s’il en est, mais pas si sotte. L’être humain est à la fois d’une extrême complexité et d’une simplicité presque risible. Je conserve un air grave. La question est sérieuse et attend une réponse qui le sera tout autant. Nur semble avoir réellement besoin d’éclaircissement sur ce problème qui le taraude.

« Nous vivons dans un monde étrange, réponds-je, les mains toujours croisées sur mon cartable. On nous abreuve de termes tels que la ‘société’, la ‘cohésion’, la ‘solidarité’, mais en même temps, nous devons être différent les uns des autres. Nous devons être uniques. »

J’insiste sur ce mot, car il est capital. Chacun de nous veut sortir du lot, être original, être remarqué. La mode est à la télé-réalité et à ses personnages excentriques. Les amateurs adorent les observer et décortiquer leur mode de vie, leurs habitudes, leurs manies ; et ce faisant, ils se confrontent à ce qui les effraie le plus : la différence. L’interposition d’un écran est comme une barrière ou un bouclier. La caméra ne filme que dans un sens. Les monstres de cirque s’exposent et, comme nous le faisions il y a deux cents ans avec les femmes à barbe et les êtres difformes, nous observons ces gens avec une curiosité et un écœurement aussi normaux que malsains. Enfin, les autres le font. Je ne suis pas féru de ces émissions-là.

« Néanmoins, être unique nous isole des autres. Aussi, si nous sommes fascinés par la singularité de certaines personnes, nous ne retrouvons pas en elles ce que nous sommes nous-mêmes. Nous ne trouvons aucun reflet de nous dans ces êtres ‘différents’, alors que nous avons besoin de leur ressembler au moins un peu pour les accepter. L’autre n’est plus un miroir : c’est un tableau. Mais nous ne nous reconnaissons pas en lui, nous n’y voyons rien de familier… et c’est cela qui nous effraie. »

D’autres facteurs jouent, bien sûr, car la réalité est bien plus large et plus difficile à appréhender, mais l’idée est là. Il me faudrait deux ou trois heures pour exposer mon avis sur le sujet. Je le ferais volontiers si Nur me le demandait, mais je doute qu’il attende un cours sur autrui et la peur de la différence.
La question, cependant, m’interpelle. L’adolescent semble y attacher de l’importance. La façon dont il hésite prouve qu’il a du mal à admettre son besoin de la poser, et pourtant il doit le faire pour avancer. Craindrait-il lui-même d’être un objet de frayeur ? S’estime-t-il différent, assez en tout cas pour susciter le rejet chez ses camarades ?
Je me redresse, la bouche arrondie par la surprise, quand je comprends tout à coup ce qu’il veut dire. Soudain, la question me revient à l’esprit : pourquoi m’avoir choisi, moi, pour apporter une réponse à ses interrogations ? Le psychologue de l’école n’aurait-il pas été le plus à même de le rassurer ? Un ami ? Un membre de sa famille ? Pourquoi… Oh, bien sûr, tout le monde au lycée imagine que mon célibat cache une homosexualité non assumée, mais ce n’est absolument pas le cas, et j’ignore tout à fait quels mots pourraient apaiser un adolescent en pleine tourmente sentimentale.

« Cependant, je pense qu’il n’y a aucun mal à être différent des autres, ajouté-je, choisissant mes mots avec soin. Il faut accepter l’autre tel qu’il est, et non exiger de lui qu’il soit tel qu’on le voudrait. De toute façon, on ne peut pas changer ce qu’on est, et on ne peut pas obliger quelqu’un à le faire. Ce qui importe, c’est la façon dont nous agissons. Sur cela, au moins, nous avons de l’influence. Le reste, c’est ce qui fait de nous des individus à part entière, et pas un mouton parmi l’ensemble du troupeau. »

Je ne sais pas s’il comprendra ce que j’essaye de lui dire – je ne suis pas sûr moi-même du message que je veux lui faire passer – mais j’espère qu’il se posera moins de question. L’adolescence est une période difficile. Elle l’est plus encore pour ceux qui se découvrent différents des autres et qui, fort logiquement, craignent la réaction de leurs amis et de leurs proches.

« En as-tu parlé avec quelqu’un, déjà ? Un parent, un ami ? »

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MessageSujet: Re: Problèmes de puberté [PV Vicky]   Lun 15 Aoû - 9:41


Problèmes de puberté

un quiproquo qui peut être gênantNur ne s'attend pas à un cours de philo ou à un grand débat sur la peur de l'autre. Il espère juste une réponse qui le concernera un petit peu, qui lui expliquera ce qu'il peut faire pour être plus accepté. Ce n'est jamais évident pour un adolescent de trouver des réponses aux questions de la vie. Mais les adolescents ordinaires au moins ont quelque chose que Nur n'a pas : une famille à qui poser des questions. Il aurait bien aimé avoir des gens pour parler de ça, une famille pour lui apprendre des choses, un grand frère qui l'embêterait ou une petite soeur qui voler des poupées. Mais non, il n'avait pas eu cette chance. Alors il doit demander à ceux qu'il a sous la main, à ceux qui pourraient apporter une réponse claire. Peut-être que le professeur de philosophie n'était pas le plus indiqué pour cela malgré tout...Parce que la philo...Enfin, ça l'aiderait surement un peu quand même.

L'adolescent se contente pour l'instant d'écouter. Il sait que sa question n'est pas d'une précision incroyable et que donc la réponse ne sera pas vraiment ciblée. Mais ce que lui dit le professeur a quand même un rapport avec ce qu'il attend. La différence n'est pas quelque chose de mal ou de mauvais. Mais alors pourquoi tout le monde en a si peur hein ? Nur a du mal à appréhender certaines considérations de la sorte, il n'est pas très doué en philosophie ou en psychologie et a peur de mal comprendre ce que lui dit Shade. Alors il écoute attentivement. Plus que lorsqu'il est en cours. Nur n'a pas l'impression d'être un monstre, ni différent au point que ça se voit vraiment. Mais il a peur que les pouvoirs qu'il développe ne lui amène de graves ennuis. Enfin, même pire que cela en fait, mais il ne sait pas comment il pourrait dire ça à quelqu'un. Ce n'est assurément pas normal de faire voler des objets quand on est angoissé ou triste. Et comment dire ça à quelqu'un hein ? En particulier quelqu'un qui représente une certaine forme d'autorité, comme un psychologue, un conseiller d'éducation ou quelque chose comme ça. Un professeur comme Shade est moins impressionnant et beaucoup plu proche des élèves d'après Nur...

Au visage du professeur, l'adolescent se dit qu'il aurait peut-être du préciser un peu plus sa question. Nur n'a pas la moindre idée de ce qu'a compris le professeur de philo mais ce n'est assurémment pas le vrai problème. Et même si ses explications aident, il n'en reste pas moins que Nur ne pourra pas faire grand chose malgré tout. Comment quelqu'un pourrait-il accepter Nur avec ses pouvoirs ? C'est trop incroyable, trop surnaturel, trop bizarre. Et les rumeurs sur la Garde Rouge ne font rien pour aider l'adolescent à se sentir bien avec ce qu'il est. Ou ce qu'il croit être en tout cas. Il ne pourra pas changer, c'est un fait, mais pourra-t-il se faire accepter ? Il en doute fortement...

A la question posée, Nur fronce les sourcils. Bien entendu, tous les professeurs ne sont pas sensés connaître la situation familiale de tous les élèves qu'ils ont, mais Nur est toujours persuadé que son manque de famille se voit sur son visage ou presque. Ce qui est idiot bien sûr. Comment ce genre de choses pourrait-il se voir rien qu'en regardant une personne ? Il se mordille la lèvre avant de répondre, cherchant comment formuler ce qu'il veut dire. " Je...J'en ai parlé à personne non. Mes amis, on discute pas forcément de ça. Et la famille...Ben j'en ai pas en fait. " Il est toujours un peu gêné quand il doit informer quelqu'un qu'il est seul au monde. Oh bien entendu, Nur a quelques amis, mais ce n'est pas pareil. Et il se sent souvent seul. Vivre sans famille, ce n'est pas quelque chose de facile et on peut comprendre pourquoi Nur est si renfermé en comprenant cela...

" Et heu du coup, je comprends bien ce que vous me dites mais...Comment on peut savoir si les gens vont nous accepter ou pas ? Je veux dire...C'est pas écrit sur leur visage quoi... "

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MessageSujet: Re: Problèmes de puberté [PV Vicky]   Sam 10 Sep - 15:43

❝Problèmes de puberté❞
Nur & Victor
L’homme existe d’abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu’il se définit après. L’homme, tel que le conçoit l’existentialiste, s’il n’est pas définissable, c’est qu’il n’est d’abord rien.

Les réunions en salle des professeurs auraient dû me revenir en mémoire. Celles qui concernent certains élèves revètent un caractère tout à fait particulier et sont d’une importance capitale : pour Nur, j’aurais dû me souvenir qu’il n’a pas de famille. Pour autant, lorsqu’on m’a dit « pas de parents », j’imaginais ni père ni mère, mais peut-être des oncles et des tantes, voire une grand-mère... Pas de famille du tout, c’est plutôt inattendu, et un peu embarrassant, je dois bien l’admettre. Donné-je l’impression de tout ignorer de mes élèves ? J’espère que non.
Cependant, je peux comprendre qu’il ait préféré cacher son homosexualité à ses amis. L’adolescence est une période ingrate. Les jeunes ne sont pas tendres avec leurs camarades : la moindre chose sortant de l’ordinaire devient vite un sujet de moqueries, chez eux. Plutôt que d’apprécier la personne pour ce qu’elle fait, on la rejette pour ce qu’elle ne peut pas changer. Et les adolescents peuvent parfois se montrer d’une stupéfiante cruauté... Alors, bien évidemment, quand l’un d’eux se découvre « différent », il s’empresse de faire taire cette particularité, au risque de se retrouver tête de turc de tous les autres. Car après tout, il vaut mieux être bourreau que victime, quand on est au lycée.

« Et, heu, du coup, je comprends bien ce que vous me dites mais... Comment on peut savoir si les gens vont nous accepter ou pas ? Je veux dire... C’est pas écrit sur leur visage, quoi... »

Question intéressante, mais il est difficile d’y répondre. Effectivement, on ne peut pas compter sur le visage pour révéler les véritables sentiments des gens. Beaucoup excellent dans l’art de dissimuler leurs émotions ; nombreux sont les menteurs patentés, capables de faire prendre des vessies pour des lanternes à n’importe qui.

« On ne peut pas le savoir, réponds-je avec un sourire compatissant. Comment connaître ce qui se passe dans la tête des autres, à moins de pouvoir lire dans leurs pensées ? C’est impossible. Tout ce qu’on peut faire, c’est agir comme on le juge bon, et espérer que les gens nous accepteront tels que nous sommes. »

Sans doute plus facile à dire qu’à faire, je le concède. La plupart des gens préfèrent se conformer à ce que la société attend d’eux. La télévision contribue fort bien à la diffusion de ces images, ces  références, ces modèles auxquels tous les jeunes veulent – non, doivent – ressembler pour faire partie du groupe. Un homosexuel, une féministe, une surdouée, un écologiste : on les dénigre, on les rejette. Mieux caut ressembler à ces bimbos décérébrées ou à ces montagnes de muscles dépourvus de neurones.
Pour autant, puis-je décemment inciter mon élève à se comporter comme le troupeau ou dois-je le pousser à suivre sa propre voie ? J’ai toujours été pour l’honnêteté et la loyauté envers ses propres convictions – même si, ces derniers temps, je me suis plié à des ordres et suis rentré dans le rang, comme on dit. Je voudrais que Nur puisse agir comme bon lui semble. Mentir, renier ce qu’il est, ce qu’il aime, ce qu’il pourrait devenir, c’est le condamner à la tristesse, et je ne souhaite ça à personne.
Je m’assois sur le bord du bureau et croise les bras sur ma poitrine, observant mon élève déboussolé. Il n’a pas envie d’entendre qu’il sera difficile pour lui de se faire accepter tel qu’il est, mais je ne peux hélas pas lui faire croire le contraire. Lui donner les bonnes armes pour affronter le monde est aussi le travail d’un professeur.

« Il viendra un jour où le regard des autres ne t’importera plus. Seule ta vie et la façon dont tu la mènes compteront à tes yeux. Mais nous n’en sommes pas encore là. La véritable question n’est pas de savoir si les autres t’accepteront tel que tu es ou non, mais si tu veux te conformer à leur vision du monde ou pas. Qu’en penses-tu ? Préfères-tu être toi-même et découvrir un peu plus ce que tu vaut vraiment, ou bien ressembler à tout le monde ? »

N’importe qui de sensé choisirait la deuxième option. Ressembler à ses voisins, c’est l’assurance d’éviter les ennuis. Reste à savoir de quelle façon Nur veut-il gérer sa vie. Tout ça reste néamnoins très, très gênant.

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