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 Take me to church † Serly

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MessageSujet: Take me to church † Serly   Mer 27 Juil - 22:12


Take me to church
And Priests in black gowns, were walking their rounds, and binding with briars, my joys & desires.

Ses poignets liés entre eux par une chaîne qui courent jusqu'à ses chevilles la brûlent atrocement dès qu'elle esquisse le moindre mouvement. Et pourtant la sorcière se débat. Elle sait qu'elle a trop à perdre si elle n'échappe pas au pentacle inversé tracé à même le sol, où son corps endoloris repose en son centre dans un drôle d'angle. A chaque branche, se trouve une bougie incandescente. Illyana voudrait réciter l'une de ses farces, utiliser un sort mineur pour renverser l'une d'entre elle. Ça ne sauvera pas son âme mais ça lui permettrait de gagner un peu de temps. Ses lippes s’entrouvrent et s'agitent mais les sons restent prisonniers de sa gorge. Bélasco la condamne au silence. Ses oreilles s'emplissent des incantations infernales récitées avec une ferveur frénétique et son esprit ne peut se concentrer sur autre chose que la mélodie des mots du poème démoniaque qu'ils psalmodient. Elle perds ses forces, elle sent son énergie la quitter, se concentrer sur une zone au dessous des côtes. Elle se sait condamnée et se résigne à son sort. Bélasco sort des ténèbres limbiques, son regard lubrique est enflammé de désir. De la posséder. Corps et âme. Sa disciple ne lui retourne pas les mêmes faveurs. Il a été, longtemps, ses frayeurs faîtes chairs. Tout dans son physique lui inspirait la crainte, de ses cornes immenses à sa peau carminée rappelant son goût pour le sang. Sa gueule pourvue de crocs et ses mains griffues en faisaient l'incarnation parfaite de ses terreurs enfantines. Aujourd'hui, elle s'embrase seulement à l'idée d'un jour le détrôner, de détruire son âme pour avoir parcellé la sienne. Il s'approche, dans la main gauche se trouve un poignard aux propriétés magiques qu'elle ne connaît que trop bien. Il chevauche alors ses hanches et à l'instant où les récitations s'achèvent, il lève haut l'arme pour mieux la planter dans son abdomen. Un coup qui ne laissera aucune blessure à son corps mais qui meurtrira sa psyché. Il ressort de son enveloppe une boule d'énergie pure, un fragment de son âme, que Bélasco, par quelques paroles savantes, transforme en pierre de sang.

Elle hurle de douleur et ce sont ses cris qui la réveillent. Ses yeux affolés fouillent la pièce à la recherche de quelques ennemis invisibles. Elle peine à se souvenir d'où elle se trouve, le lieu ne lui est pas encore familier. Pour cause, elle vient seulement d’emménager dans ce logis qu'elle partage avec Kitty, sa colocataire. Il n'y a que l'absence de celle-ci qui lui assure de ne pas la voir débarquer dans la seconde, la stridence de sa voix n'offrant d'autre alternative que le réveil de tous les occupants de l'appartement. Son coeur est sur le point de rompre la cage qui le retient prisonnier et de bondir sur le sol. Elle inspire comme-ci elle est sur le point de s’asphyxier et se lève une fois qu'un semblant de calme regagne ses organes. Elle dissipe l'obscurité de sa chambre avec la lumière du plafonnier, elle ne supporte plus d'être dans cette pénombre qui l'angoisse. Face au miroir de sa penderie, elle croise un reflet qui l'effraie. Ses cernes et ses cheveux en bataille lui donnent un air de folie qui n'a rien de douce. Et sur son ventre, de nouveaux stigmates mystérieux ont élu domicile. Elle les inspecte un instant, leur toucher est douloureux et elle sait que ce n'est qu'à cela qu'elle doit le souvenir vivifiant de ces cauchemars qui l'empêchent de trouver le repos. Et pourtant, elle souhaite tellement les oublier.

Elle ne sait pas d'où lui vient cette peur si cuisante de l'enfer dont elle fantasme le royaume chaque fois que ses paupières se scellent. Illyana est une humaine imparfaite mais une bonne chrétienne, elle est pure, innocente et miséricordieuse. Son imagination ne devrait pas tant souffrir de son existence dans l’outre-monde. Elle voudrait en parler au Père Politov, le sviachtchenik qui la baptisa et la vit grandir. Le premier a avoir répondu à ses questions théologiques. Mais elle se souvient tristement de son absence et de cette relève inconnue qui règne maintenant sur l'église qui fut son refuge. La jeune femme est trop pudique pour révéler ses troubles à un obscur étranger même s'il emprunte le chemin vertueux de la foi en Dieu.

Une idée germe dans son esprit fatigué, sa carcasse se traînera mollement jusqu'à la première messe dispensée par le Père Dzagoev. Il ne tient qu'à elle de se familiariser avec le nouveau prêtre de son église plutôt que de fulminer sous la décision d'un Diacre qui a emmené loin d'elle celui en qui elle plaçait sa confiance. La nuit est déjà bien entamée quand elle décide de mettre à profit le temps qu'il lui reste à l'accueil du nouveau sviachtchenik. Il est déjà arrivé depuis de longues semaines mais si elle n'a raté aucune prière, ses visites à la maison de Dieu se sont faites plus disparates. Elle compte bien se rattraper, et utiliser tous ses talents culinaires, heureusement non hérités de sa mère, pour apporter un peu de Russie avec elle sur les bancs du sanctuaire. L'heure passée dans la cuisine offre six vatrouchkas aromatisées au jus de citron et contenant de la framboise, cette baie au goût de voie lactée. Quand l'heure le permettra, elle ira récupérer quelques bouteilles de kvas artisanales, auprès d'une ancienne amie de ses parents, pour compléter son panier.

C'est avec beaucoup de retard qu'elle franchit les portes de l'église. Lyudmila est bien trop heureuse de la voir pour la laisser instantanément s'échapper malgré les tentatives régulièrement renouvelées d'Illyana. La petite tête blonde cherche à se faire discrète, à rejoindre le rang des bancs où les fidèles, pas si nombreux, abandonnent un instant leur concentration pour mieux la dévisager. Elle baisse la tête pour ne pas montrer le rouge qui lui brûle les pommettes. Le prêche est déjà bien entamé et elle perd le fil de celui-ci quand elle se rend enfin compte de la langue dans laquelle il est exprimé. Les mots ne trouvent pas de suite leur sens mais cette mélopée familière lui fait monter les larmes aux yeux. Le dialecte de ses parents a ce pouvoir de rendre ses émotions incontrôlables. Cette langue lui offre le mal d'un pays qu'elle n'a pas connu et pourtant, un souvenir d'une époque qui ne peut exister, d'une vie qui ne trouve aucun sens dans leur réalité remonte à la surface et perce le voile opaque apposé à sa mémoire. Elle se perd dans cette commémoration singulière, au point que l'église s'est déjà vidée de ses occupants quand la voix du prêtre, venu à sa rencontre, la tire de ses nébuleuses pensées.


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MessageSujet: Re: Take me to church † Serly   Ven 5 Aoû - 20:08



"Take me to Church"


Illyana & Sergeï







Pour un long moment, arriver dans un nouvel endroit, un nouveau pays, ou ne serait-ce qu'une nouvelle ville fut compliqué pour Sergeï. Disons-le clairement, il ne naquit pas pour être une personne sociable, loin de là. Son père l'avait très vite compris et fit de lui un homme de terrain, un exterminateur, un soldat ou un assassin. Ce dernier savait très bien qu'espion serait quelque chose de bien trop compliqué pour son cadet qui, en aucun cas, était doué pour aller vers les gens, discuter avec eux et les faire aller dans ce sens là. Pourtant, sa mère elle, espérait que son fils devienne autre chose qu'une vulgaire machine à tuer, capable de parler, discuter, avoir des relations mais aussi être capable de montrer à son paternel qu'il avait tort à son sujet. Force était de constater que, sa chère mère avait en quelques sortes raisons. En effet, avec les années et ses nombreux voyages, notre cher ami appris à se sociabiliser. Il apprit à aller vers les autres, discuter de tout et rien, sans pour autant avoir l'envie de leur arracher la gorge, il put ainsi garder une couverture correcte en tant que prêtre, aidant les gens d'une certaine façons, sans toujours en comprendre ni le pourquoi, ni le comment. Et par aider, j'entends d'une façon différente de ce qu'il faisait la nuit tombée, arme en main. Ainsi, bien que le stress de ne pas réussir à s'intégrer était toujours présent à chaque nouvelle destination, notre homme n'avait plus cette immense boule au ventre, qui symbolisait sa peur de faire une connerie. Peur de perdre sa couverture et de foutre sa mission en l'air. A vrai dire, sa mission, au final, ne lui importait que peu. Tout ce qu'il désirait était de mettre la main sur sa très chère Yulia, le reste … Les intérêts de Hydra et tout le reste, cela passait bien après, chose qu'il se gardait bien de dire à ses parents ou même son aîné.

Sa dernière destination, celle qu'il entreprit après avoir enfin retrouvé les traces de ce qu'il avait de plus précieux dans sa vie, fut une île qu'il avait déjà visitée des années auparavant. Il était, semblait-il, passé à côté de sa chère Yulia, ce qui l'avait passablement énervé et, avait manqué de lui faire faire un massacre en pleine rue. Massacre qui, au final, ne semblait guère être une bonne idée pour s'introduire auprès de sa fille, ni même auprès de son Église. Car oui, une fois de plus, Sergeï revêtit son rôle de pope, qu'il avait appris sur le bout des doigts, en grande partie grâce à sa chère et tendre mère. Celle-ci avait toujours été une fervente religieuse et avait inculqué, dès leur plus jeune âge, les préceptes orthodoxes. Bien que cela n'avait que peu marché avec l'aîné, le plus jeunes des deux lui, avait grandement accroché à tout cela et, avec le temps était devenu un pratiquant régulier, en allant même jusqu'à réellement se prendre au jeu, lorsqu'il revêtait son costume de pope. Cela pouvait sembler étrange de savoir un tel homme croyant, en particulier lorsque l'on savait de quoi il était capable et de ce qu'il avait déjà fait mais, il croyait fermement au destin. Il s'était toujours dit que si le Seigneur lui avait octroyé ses dons et talent pour le combat et l'assassinat c'était bel et bien dans un but précis. Si sa route croisait celles de ces pauvres malheureux, c'est tout simplement qu'il devait en être ainsi. Pour en revenir à sa nouvelle affectation, notre cher ami avait pris possession de la grande église de Hammer Bay et l'avait fait avec un certain pacifisme. Du moins, si l'on prend en compte ce que le russe avait habitude de faire aux gêneurs. Le père Politov était un prêtre respecté par sa communauté, on le disait être un homme bon mais aussi un prêcheur exemplaire. Pourquoi aurait-il voulu que la Terre se sépare d'un tel homme ? Ainsi, après quelques recherches, Sergeï trouva un moyen de pression des plus simples, prendre en photo toute sa famille, ses proches et même des gens qu'il aurait croisé au hasard dans la rues pour les saluer. La menace était très simple, s'il paraît, sans rien dire, sans donner la moindre explication et laissait le poste vacant, aucune de ses personnes n'en viendrait à périr dans d'atroces souffrances. Conscient du danger réel, l'homme de foi s'exécuta et fit de son tortionnaire le nouvel homme en charge de l'église.

Il fallut une bonne semaine pour que tout se mette bien en place. Semaine durant laquelle notre homme fit faire des travaux, certains visibles et d'autres bien plus secret. La raison ? Il voulait créer une cachette pour tout agents de Hydra en difficulté. Quel homme serait assez fou pour chercher de telles personnes dans une église ? Et puis, cela permettrait aussi de légitimiser sa présence sur place, en plus des quelques missions de frappe chirurgicale qu'il aurait à faire de temps à autres. Durant les travaux, le prêtre en profita pour cacher des armes un peu de partout dans l'établissement. Il put aussi rencontrer une partie de sa paroisse, serrer des mains et discuter avec eux, connaître les histoires, les personnages importants, mais aussi les rumeurs qui circulaient dans cette ville mais aussi se renseigner si des personnes connaissaient sa chère fille ce qui fit, malheureusement un désastre. Malheureusement, la majorité des gens de cette église étaient insipide et dénués d'un quelconque intérêt, jusqu'à ce qu'il fasse sa rencontre à elle. Elle qui finit par changer grandement sa vision de cette église et de bien d'autres choses encore.

C'était une journée comme une autre. Sergeï avait passé une bonne partie de la matinée à ses exercices pour garder la forme, en partie des exercices de musculations et de respiration, mais aussi un long jogging puis, avec quelques hommes accueillis dans son sous-sol un entraînement bien plus musclé pour garder ses réflexes et sa façon de combattre. L'après-midi fut quelques peu moins enrichissante pour lui, étant donné que, cette journée se devait d'être consacrer aux confessions de ceux ayant la conscience lourde. Une tâche pénible selon notre ami qui trouvait que la quasi totalité de ses gens venaient s'excuser pour rien du tout, ce qui ne lui donnait que du travail inutile. Fort heureusement, à la fin de la journée vint l'office, ce qu'il préférait dans son travail factice. Il aimait donner son point de vue sur des choses et essayer de l’interpréter à sa façon, mais aussi en accord avec les textes qu'il avait sous les yeux. La raison de tout cela ? Il n'en savait rien. A vrai dire, il se l'était toujours demandé et n'avait jamais trouvé une quelconque raison à tout cela.

C'est durant cette messe-là qu'il la vit pour la première fois. Une jeune femme, dans la vingtaine. Une femme très belle. Trop belle peut-être même. Une de celles qui devait déchirer le cœur de nombreux prétendants sans pour autant en avoir conscience. Une de celles qui devait avoir de nombreux ennemis de par son seul aspect. Mais, ce ne fut pas pour cet aspect que Sergeï la remarqua non. Oh, certes, son aspect ne lui déplut pas, bien évidement mais, c'est par son retard que la belle se distingua, en plein milieu de son sermon, ce qui finit par détourner l'attention d'une grande partie de l'auditoire. Suite à quoi, la jeune femme s'assit et finit par avoir des larmes à l'entente des mots du nouveau prêcheur. Était-ce ces mots qui avaient un tel effet ? Non, certainement pas, lui ne possédait pas un tel don avec les mots pour en arriver là. La demoiselle sembla rêveuse jusqu'à la fin de la cérémonie, tant et si bien que, malgré le départ des habitués, elle, resta assise, semblant planer au loin. Intrigué par ce singulier personnage, notre homme s'en approcha doucement pour connaître les raisons de tout cela. Ne parlant pas très bien la langue locale, notre homme préféra sa langue natale, dans laquelle il avait l'habitude de donner l'office. « C'est la première fois que je vous vois, jeune fille. Vous arrivez en retard, pour ensuite pleurer durant mon sermon. Je vous avouerai être intrigué, auriez-vous un quelconque problème mon enfant ? » Cette demande demeurait cependant sincère. Malgré ses côtés fous de dangereux personnage, Sergeï avait pris l'habitude de vraiment tenter d'aider sa paroisse et si, quelqu'un l'importunait d'une façon ou d'une autre, une chose était sûre, cette personne n'importunerait plus grand monde. « Vos yeux … Vous êtes exténuée. Depuis combien de temps ne vous-êtes vous pas reposée ? Je suis ravi de vous voir entre ses murs, mais prendre soin de vous est quelque chose de primordial, le Seigneur nous interdit de ne pas prendre soin de ce cadeau qui nous a été fait. » Souriant d'une façon étrange et presque effrayante, le mieux qu'il pouvait faire, l'homme s'assit à côté de cette brebis égarée en faisant bien attention que son aube ne se froisse pas sous ses jambes. « Allons, dites-moi tout ce qui vous tracasse, rien ne sortira jamais d'ici mon enfant. »

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