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 Close to be friends - Sergeï

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MessageSujet: Close to be friends - Sergeï   Mer 31 Aoû - 20:20

Lazarus m'a regardé bizarrement pendant tout son petit déjeuner, sans poser de question pour autant. Comme s'il savait ce qu'il s'était vraiment passé. Pas de marques sur le visage non, mais à l'étreinte d'au revoir quand je l'ai laissé partir à l'école avec la voisine, le hurlement que j'ai retenu péniblement a fini de lui mettre la puce à l'oreille. Les côtes cassées, ça fait un mal de chien. Cette nuit là, j'ai pensé qu'il ne pourrait pas y avoir de douleur pire que celles-ci, avant de ressentir celles du lendemain. Laisser Frank, rentrer péniblement chez soi, prendre une douche salvatrice mais superficielle finalement, et s'endormir comme une masse...

Tout ça pour éprouver ce que l'anatomie fait de pire. Un mélange de fractures et de courbatures, aux douleurs internes normales quand on a commencé à te malaxer l'estomac avec les poings. Chaque réveil a été un supplice, surtout avec les vomissements qui ont suivi. J'ai le corps traumatisé par ma rencontre avec Frank, mais je sais que ça pourrait être pire. Le plus compliqué, c'est de le cacher aux autres. Quand tu boites, que t'as du te recoudre comme une grande et que l'odeur de sang séché te retourne le cœur à chaque fois que son parfum te parvient... Ouais. C'est le plus dur.

Et ce que j'ai pas réussi à mener jusqu'au bout. Quand au bout de la cinquième tentative, j'ai manqué de tourner de l'oeil, je me suis dit qu'aller voir une autre personne en qui j'avais confiance pour faire ça, c'était une meilleure idée. Alors, j'ai pris ma voiture, et j'ai foncé jusqu'à l'église de Sergei. Chapeau vissé sur la tête, une longue veste et ce qu'il faut pour cacher les dégâts. Mes pas me mènent jusqu'à l'intérieur d'un pas incertain quand je ferme la porte de ma voiture et que je pénètre dans l'église de l'homme de Dieu...

Un endroit que je ne fréquente que peu en d'autres occasions. Sergei me laisse venir ici parce qu'on s'apprécie, qu'on aime discuter ensemble, se filer des infos ou profiter d'une bonne vodka autour de quelques belles armes venant de son pays. Je double les rangs bien organisées en passant par l'allée centrale, et avance jusqu'à l'autel sans m'arrête. Mon pas dévie vers la gauche quand j'entre sans prévenir dans le confessionnal prévu à cet effet. Je m'y installe, et attends un petit moment.

La position soulage ma jambe endolorie. En quelques secondes, une sensation désagréable s'y installe, comme des fourmis qui me remontent le long. Je cogne un coup franc dedans, en plein sur la plaie et retiens le gémissement qui devrait logiquement suivre. Ça fait mal, mais c'est toujours moins pire que de sentir mes muscles s’ankyloser. Un soupir m'échappe alors que je pose ma tête sur la paroi derrière moi.  Un bruit attire mon attention à ma droite, je pense que Sergeï vient d'arriver. Il reconnaîtra immédiatement ma voix, je le sais :

« Pardonnez moi mon père car j'ai pêché... »

Je parle en russe, comme on l'a toujours fait ensemble. Un accent américain qui ressort néanmoins, vu que le russe n'est absolument pas ma langue maternelle. Mais je la maîtrise bien, et avec un effort de concentration, je pourrais tout à fait faire illusion au milieu d'un groupe de gens de ce pays. Et l'entraînement régulier avec l'homme à ma droite fait le reste pour perfectionner mon dialecte.

« Et j'ai besoin d'un coup de main aussi, que je lui souffle dans sa langue natale en lui adressant un sourire à travers la parois du confessionnal. »
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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Lun 5 Sep - 23:45



"Close to be friends"


Neena & Sergeï







Aussi étrange que cela puisse paraître quand l'on en venait à connaître Sergeï, il était plutôt un bon prêtre. Quand je dis connaître, j'entends, vraiment connaître. Ce qu'il fait vraiment de sa vie. Là où se situent ses prédilections et ses dons, à savoir le combat, le meurtre, la boucherie et la torture. Oh ça, oui, pour massacrer des gens à la pelle il était doué. A dire vrai, notre homme en avait toujours eu besoin. Il avait toujours eu cette … Cette bête assoiffée de sang qui reposait dans son esprit, demandant régulièrement à ce qu'on la nourrisse pour être apaisée. Notre ami russe n'avait jamais été particulièrement gêné par cette fameuse soif étrange, il avait toujours pu l'abreuver sans problème, se délectant tout autant du fracas des combats, des os brisés et des cris de supplications. Oui, il aimait ce qu'il faisait et, il était doué pour cela. Ainsi, lorsque l'on connaissait cette facette peu reluisante et surtout, peu rassurante de cet homme, le savoir dans un rôle de prêtre aurait pu faire rire. Et pourtant. Et pourtant. L'homme était à la tête d'une église orthodoxe où il n'éveilla jamais le moindre soupçon, bien au contraire, ses fidèles l'appréciaient assez. Alors certes, il y avait des armes planquées un peu partout dans le bâtiment et il y avait une cache d'Hydra sous l'église, mais notre ami prenait à cœur son travail. Oh, vous ais-je raconté comment il a obtenu son poste ? En menaçant dangereusement le dernier pope en place. Dans tous les cas, notre homme prenait un certain plaisir à faire ce qu'il faisait. Étrangement, il était aussi sincèrement croyant, grâce à sa mère qui l'avait toujours éduqué dans ce sens. Il savait que ce qu'il faisait n'était pas bien et contraire aux préceptes du Seigneur mais, il était aussi convaincu que chaque homme à un rôle à jouer sur Terre et que s'il avait reçu ses compétences, c'était pour une bonne raison.

Ainsi, en cette belle journée d'été, l'étranger s'était levé tôt, comme à son habitude pour s'entraîner loin des regards indiscrets. Course à pied, musculation, révision mentale de ses coups avant d'aller s'entraîner avec les deux frangins qui squattaient sans mal le sous-sol, sous le regard bien souvent amusé de leur mère. C'était de bons gars, complètement tarés, mais le cinquantenaire les appréciait assez au final. En plus de ça, ils faisaient de bons partenaires d'entraînement. Ils n'arrivaient jamais à avoir le dessus sur lui en un contre un, mais leur façon de combattre inhabituelle rendait l'entraînement des plus intéressants, faisant garder la forme à cet homme qui savait sa force sur le déclin et que cela ne s’arrangerait pas avec le temps, bien au contraire.

Suite à cet entraînement et avoir bien sué, l'homme se prépara et revêtit son costume religieux pour s'occuper des premiers arrivants, préparer le culte de la journée, enlever les bougies éteintes, en placer des nouvelles, faire un brin de ménage, surveiller que les armes étaient bien à leur place et enfin écouter les confessions des pêcheurs, passage de la journée parfois grandement chiant et sans le moindre intérêt pour notre ami qui, malgré tout gardait son mal en patience. Nombreux étaient ceux à venir se confesser pour des choses inutiles, en allant même jusqu'à un simple petit mensonge pour certains, ce qui l'exaspérait. Après une bonne heure de plaintes inutiles, le prêtre dut faire une pause pour ne pas exploser, discutant avec les anciens de la communautés, parfois russes, parfois ukrainiens, parfois même arméniens, pouvoir discuter de tout et de rien avec eux lui redonnait le moral, en particulier lorsqu'ils parlaient de leur terre d'origine, l'assassin avait toujours ce petit sourire nostalgique et sincère qui le faisait rayonner.

Il y eut cependant quelque chose qui illumina sa journée. Ce n'était pas un sujet de conversation, ce n'était pas une personne âgée qui l'avait fait rire, ce n'était pas sa fille entraperçu sur le trottoir d'en face, ce n'était même pas une donation importante non. Ce qui illumina sa journée fut la présence d'une femme, qu'il connaissait fort bien. Ne vous imaginez pas des choses étranges, ils n'étaient pas amant où autre. C'était certes une belle femme, une très belle femme même, mais ils étaient plus amis qu'autre chose. Une agent d'Hydra qui venait régulièrement le chercher pour ses conseils, informations ou même armes. Le petit plus c'est qu'elle parlait russe, était très agréable avec lui et lui ramenait même des cadeaux pour le remercier. Comment ne pas apprécier ? Malheureusement, cette illumination ne fut que de courte durée car, Neena – tel était son nom – semblait boiter. Chose que n'appréciait guère Sergeï. Si elle boitait, elle avait dû se battre avec quelqu'un. Ce quelqu'un avait dû la blesser. Ce quelqu'un aller mourir, tout simplement.

La voyant entrer dans le confessionnal, l'homme la rejoignit rapidement, afin d'en savoir un peu plus. Mais, avant qu'il ne puisse répondre quoi que ce soit, la jeune femme, dans un russe impeccable, malgré un accent un peu trop occidental prononça ses fameux mots, demandant à un prêtre de lui pardonner ses pêchés. Cela amusa l'homme d'Europe de l'Est, qui se prit au jeu, lui répondant même dans sa langue natale. « Je vous pardonne mon enfant, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen. » Rapidement, avec un charmant sourire, la jeune femme lui demanda un coup de main, ce qui intéressa bien plus ce dernier. La langue restait le russe, mais les mots firent bien plus bas. « Qu'est-ce que tu veux jeune fille ? Armes ? Infos ? Cachette ? Ou tu veux que je t'aide sur un cas ? » Un petit rire sec ponctua ses mots avant qu'il ne détaille cette jambe qui ne semblait guère aller pour le mieux. « Celui qui t'a fait ça. Tu l'as eu ? S'il respire encore, je peux prendre du temps pour m'amuser un peu avec lui, ou te le ramener pour que tu t'en occupes. »

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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Mar 6 Sep - 10:53

Un « amen » m'échappe quand il termine sa déclaration, tout bon pope qu'il est, en droit de me laver de mes pêchés. Même s'il sait très bien que mes fautes sont pour la plupart impardonnable si toutes les créatures de dieux sont aimés et aimables et qu'on ne doit attenté à la vie d'aucune. Je n'ajoute, me contentant de cet échange d'une simplicité froide, qui me convient assez pour tout dire. Et puis... le fait de savoir que symboliquement, un homme de foi comme Sergeï, qui a bien des torts certes mais qui reste croyant, est capable de me pardonner mes erreurs, ça lave un peu la conscience. J'ai toujours su faire sans conscience néanmoins, sans m'en faire plus que ça, à dire vrai je ne m'attarde sur ce genre de sujets que lorsqu'il m'est impératif de le faire... Pas là. Tout est clair dans mon crâne, comme ma conscience justement.

Si on enlève la douleur qui me tire la jambe, celle qui me vrille les côtes, et celle qui m'empêche de rester assise plus de cinq minutes sur la même chaise. Frank ne manquera pas de me payer ce dernier détail à un moment donné, j'en suis certaine. Si je ne crois pas en Dieu, j'ai l'impression que le Karma, lui, est capable de rétablir un équilibre satisfaisant à ce propos. Et puis, je me dis surtout que le mercenaire est en train de souffrir tout autant que moi je souffre aujourd'hui. Je serais curieuse de voir s'il passe ses journées à dormir, à refaire ses points et à désinfecter, comme moi, sans être trop capable de plus.

« De soin, surtout... Je ne sais pas vers qui me tourner sans faire de ma vie un enfer sinon. »

J'ai pensé à demander à Stephanie. Après tout, une médecin légiste pourrait tout à fait être capable de me guérir de ça. Elle me ferait des sutures qui tiendraient plus que quelques heures et qui ne craqueraient pas en deux minutes. Je me fous des marques que ça laissera, les cicatrices ne m'ont jamais posé problème. Elles sont des marques de la vie, des marques importantes, qui définissent un individu. Je me méfierais toujours plus d'un corps qui ne porte aucune plaie pour le raconter. Et la demande de Sergeï, a côté, me fait sourire doucement :

« Il respire encore, mais c'était juste un quiproquo. »

Mince... Je défends la vie de Frank, là, ou quoi ? Ça me fait bizarre à moi aussi. J'ai peur que mon ami se pose des questions un peu bête, par exemple de savoir si je suis une femme battue et que j'aime ça par exemple. Mais non, il n'en est rien. Je me dis juste que faire une victime inutile d'une bêtise d'un autre, c'est déjà trop. Il ne faut jamais abattre plus que nécessaire, sinon ça pose trop de problème, surtout pour le karma. Alors je m'explique :

« On s'est retrouvés sur la même cible sans le savoir, et c'était un... collègue. Le temps de le réaliser, il y a eu de la casse comme tu te doutes. Et la suite de sa remarque m'arrache un petit rire qui me fait un mal de chien. Ne plus rire, Neena. C'est pas bon pour ce que tu as. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de répondre à l'homme d'église : Je sais que ça doit te décevoir, mais je te promets que s'il faut un jour lui faire la peau, je penserais à toi tout de suite pour que tu t'en occupes. »

Il saura bien faire. Et il lui fera payé les plaies qu'il m'a laissé, les os cassés, et tout le reste.

« Tu imagines bien que je n'ai pas pu récupérer ton couteau en partant. Je t'en trouverais un autre pour me faire pardonner cette bévue, que je lui lance avec un sourire désolé. Je tire néanmoins l'arme que Frank m'a laissé en dédommagement, un calibre moyen, un flingue de bonne facture, lourd en main, le passant discrètement à Sergeï : Mais j'ai ça, en échange. Tu sauras quoi en faire. »
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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Dim 11 Sep - 18:27



"Close to be friends"


Neena & Sergeï







La jeune femme se prenait au jeu de la religion, ce qui plut grandement à son ami. Un simple amen suffit à lui tirer un sourire en coin. Le faisait-elle uniquement pour faire plaisir à son interlocuteur ? Ou bien encore le faisait-elle juste pour jouer un rôle ? Peut-être aussi, croyait-elle vraiment à toutes ces histoires, de Dieu, de pêchés, de rémission, de jugement et de vie après la mort. Sergeï n'en savait rien. A vrai dire, il n'avait jamais vraiment pris la peine de discuter de tout cela. L'homme avait toujours été convaincu de ne pas devoir discuter de la religion des autres membres de l'organisation. Nombreux étaient ceux à faire des horribles choses, ainsi, les croyances n'étaient pas forcément le sujet de conversation idéal. L'étranger avait cependant conscience que certains d'entre eux avaient des remords sur ce qu'ils faisaient, ou du moins avaient conscience que ce n'était pas une bonne chose. Quelques uns pensaient qu'il y avaient effectivement quelque chose après cette vie et cherchaient donc à apaiser et laver leur esprits d'une quelconque manière. Était-ce le cas de Neena ? C'était envisageable. Peut-être pourrais-t-il avoir une conversation avec elle à ce sujet après tout ? Certes, l'homme n'était pas particulièrement friand à l'idée de se mêler de la vie de ses collègues mais, cette jeune femme était peut-être ce qui se rapprochait d'une sorte d'amie, alors, pourquoi pas ?

L'agente avoua que ce qu'elle cherchait était surtout un infirmier, capable de s'occuper d'elle. Elle semblait effectivement en fort mauvais état et encore, l'on ne pouvait voir ce qui se cachait dessous et, cela ne devait certainement pas être beau à voir. Comment pouvait-il refuser ? « Je vais t'aider, mais, je ne suis pas sûr de pouvoir faire grand chose pour ta jambe. Il va surtout te falloir un peu de repos mais, je gage que tu ne m'écoutera pas à ce sujet et que tu n'en feras qu'à ta tête, comme à ton habitude. » Un léger rire moqueur ponctua ses mots, se rapprochant peut-être un peu plus d'un rictus nerveux qu'autre chose. A vrai dire, ce genre d'émotions visibles sur le visage de notre cher prêtre étaient assez rares. Oh, certes, quand il entrapercevait sa chère Yulia il était aux anges et son visage s'illuminait mais, dans une situation plus banale, la chose restait rare. Quand il ne déchiquetait pas une quelconque cible j'entends. Ainsi, pour cela, la jeune femme pouvait se sentir honorée.

L'explication de la raison des blessures et de l'état de celui qui lui avait fait ça ne plut que trop peu au cinquantenaire. Il était question de quiproquo mais aussi de collègue un peu trop zélé sur une même cible. Il y avait eu de la casse, sous-entend que cela allait dans les deux sens, ce qui rassura quelques peu l'homme de l'est. Oh, il ne doutait pas de ses capacités non, il savait de quoi la belle était capable, raison de plus pour s'inquiéter de l'homme qui avait été capable de la mettre dans cet état et … Sans doutes aurait-il pu continuer s'il ne s'était pas aperçu qu'il s'agissait là d'une agente de la même organisation. Un homme dangereux en soit, sûrement jeune, surentraîné. Arriverait-il à avoir le dessus sur lui s'il venait à s'en mêler ? Il ne pouvait que l'espérer. Non pas que Sergeï doutait de ses compétences, non, il n'était pas particulièrement hautain, ni présomptueux, mais il savait qu'il était un soldat efficace. Malheureusement, le temps était un ennemi qu'il ne pouvait vaincre et, approchant bien plus vite que prévu la barre du demi-siècle, notre ami était conscient d'être sur le déclin. Ses réflexes et son agilité ne feraient que baisser, tout comme ses sens. Que ferait-il s'il rencontrerait un jeune qui avait les mêmes capacités que lui ? Il se ferait peut-être massacrer, tout simplement. Malgré tout, la suite de la discussion plut beaucoup au prêtre. Elle lui promis qu'il serait de la partie lorsqu'il serait question d'aller s'occuper de l'homme en question. « Une bonne nouvelle que voilà. Le berger se doit de protéger son troupeau et veiller sur chaque brebis des loups rôdant dans la nuit. Je me ferais un plaisir de m'en occuper. » Il n'y avait pas là une quelconque connotation péjorative dans ses mots, bien que certains néophytes pourraient le penser, effectivement. Les brebis, les troupeaux et les bergers, voilà bien des mots qui revenaient régulièrement dans les écrits. Notre homme prenait particulièrement à cœur le bien-être de ses paroissiens et, il lui était arrivé une poignée de fois d'intervenir dans quelques petits problèmes. Une jeune femme qui se faisait suivre dans la rue, régulièrement par le même homme. Un enfant battu. Une femme rabaissée et insultée. Toutes les victimes semblèrent aller bien mieux après son intervention. La jeune femme finit par s'excuser de ne pas avoir pu ramener le couteau qu'il lui avait donné avant de partir, d'un air particulièrement désolé, avant de lui tendre discrètement une arme de poing, que Sergeï déclina d'un geste de la main. « Pas ici, s'il te plaît. Ne t'en fais pas pour les jouets que je t'offre, j'en ai beaucoup, certains peuvent être des cadeaux, plus que des prêts. Bien, suis moi, on va s'occuper de tout ça. »

L'invitant à sortir après lui, le prêtre s'avança au centre de l'église, racla sa gorge comme pour attirer l'attention des fameuses brebis présentes dans ce saint lieu, avant de prendre la parole, en russe toujours. Le quartier était habité par un grand nombre de membres des pays de l'Est et, la majorité parlaient plutôt bien le russe ou avaient au moins de bonnes notions dans cette langue. « Votre attention s'il vous plaît. Je m'excuse, mais, je vais devoir fermer les portes de l'église pour quelques heures, je viens d'avoir une urgence. Soyez sans craintes, la messe de ce soir est toujours d'actualité. Je vous demanderais donc de vous diriger vers la sortie, s'il vous plaît. » Tentant d'offrir un sourire plus ou moins chaleureux aux habitués, il les invita de la main à respecter ce qu'il venait de demander et, tous s'exécutèrent sans problèmes, ce qui permit à l'homme de refermer ces portes lourdes et de soupirer un long moment. Revenant auprès de son amie, il lui proposa son bras afin de l'aider, ou tout du moins espérer soulager ne serait-ce qu'un peu la pression sur sa jambe. Leur pas finirent par les mener dans son bureau où il ouvrit une armoire, poussa les différentes aubes de cérémonies sur le côté, appuya sur un bouton caché, ce qui dévoila des escaliers descendants. Oh, certes, il y avait d'autres entrées pour les sous-sols, mais ceux-ci étaient bien cachés à l'extérieur.

Une fois dans la planque de l'organisation, l'étranger ôta ses habits officiels, qu'il posa soigneusement sur une chaise, avant de sortir une large trousse de premiers soins d'un tiroir pour enfin désigner de sa main une chaise pour l'inviter à s'asseoir. « Il va falloir que tu te déshabilles, mon amie. Il me faut me rendre compte de l'étendue des dégâts et voir ce que je peux faire. »


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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Dim 11 Sep - 19:21

Une brebis ? Je ne sais pas si on peut considérer ça comme mon animal totem, franchement. Et même s'il s'agit là plus d'une métaphore pour l'homme de foi qu'il est, guidant ses croyants dans la bonne direction, celle du fervent prêcheur, je ne suis pas persuadée pour ma part d'en faire partie. L'innocence n'est pas un trait de ma personnalité, loin de là. J'ai cassé beaucoup d'os, fait saigné pas mal de monde aussi. Je pense avoir plus d'hémoglobine sur les mains que la plupart des gens sur cette terre. Pas le mien, par ailleurs. Tous mes membres ont été cassé au moins une fois, si ce n'est plus, et j'use de violence et de manipulation perfide pour obtenir ce que je veux. Je sais comment tuer rapidement, je sais comment prendre du temps aussi pour le faire. Torturer ne m'effraie pas, je pense même que ça peut être un outil viable pour briser des mentalités trop fortes...

Alors, non, si je dois être un animal, ça ne serait pas une brebis. Par ailleurs, je ne suis pas croyante et je ne compte que sur ma chance. Si Sergeï veut s'amuser à traquer le loup qu'est Frank, je lui souhaite bien du courage. Je pense d'ailleurs que Loup n'est pas non plus, là encore, le bon animal. Ours serait plus juste. Et je n'irai pas dans la tanière de l'ours, justement parce qu'il connaît mon adresse désormais, et le voir débouler pour me faire la peau est totalement exclu. « Bien » que je lâche en rangeant l'arme là où je l'ai trouvé, sortant à sa suite en le talonnant de près. L'homme d'église demande à ses ouailles de sortir, en russe. La majorité ici parle apparemment cette langue, ce qui ne m'étonne pas forcément. Je reste silencieuse, impassible, attendant simplement que la grande porte se referme.

Du reste, je me contente de le suivre jusqu'à sa planque, le tenant par le bras comme il me lui propose pour le moins gentiment. Ça m'aide à marcher, à soulager la plaie à ma jambe que je n'arrive pas à recoudre, ni à faire cicatriser finalement. Le sang a déjà recommencé à imbibé ma longue jupe, et dégage une odeur caractéristique d'hémoglobine. Le pansement n'a pas tenu le coup, évidemment. Si on y regarde de plus près, on peut d'ailleurs y voir du liquide rouge redescendre lentement jusqu'à ma cheville. Dans une petite salle, puis derrière une porte que je n'aurais pas supposé être une porte si je n'y avais pas prêté plus attention et si je n'étais pas déjà venue ici. Là, des escaliers se dévoilent, et je laisse l'homme d'église passer en premier. J'ai besoin de plus de temps pour descendre les marches, et il vaut mieux qu'il soit devant si je ripe sans le vouloir ou si ma jambe s'octroie une petite faiblesse.

Néanmoins, tout se passe à merveille jusqu'en bas. Si on enlève la douleur qui me plie en deux par moment et qui me ralentit aussi. Je reste silencieuse, et écoute avec attention l'homme. Me déshabiller ? Hn. Forcément. Non pas que je lui prête une quelconque attention mauvaise, ni rien, mais je tiens quand même à ma pudeur et mon intimité, et je n'ai pas pour habitude de me défaire de mes vêtements devant n'importe qui. Je lève tout de même péniblement un bras par-dessus mon épaule pour attraper le dos de mon T-shirt et le retirer avec une extrême lenteur. Mes côtes meurtries par les coups de Frank souffrent encore, et le mouvement de mes membres n'a de cesse de me torturer encore plus... J'ose espérer que je lui ai fait autant mal, maintenant. Et puis, m'asseoir ? Or de question.

« Je n'arrive pas à me recoudre sans tourner de l'oeil, en relevant légèrement ma jupe sur la blessure faite à l'aide d'une balle. Mes bandages ne tiennent pas, me faire les points toute seule, j'y ai renoncé... Et je ne peux pas aller à l’hôpital sans qu'ils soient obligés de signaler à la police mes blessures... »

Il a le droit d'admirer mon ventre marbrer de bleus, des hématomes qui s'étendent quasiment partout, et qui sont ultra sensibles. Si j'ai parfois du mal à respirer, le moindre contact m'arrache des grognements de bêtes torturés. « Le pire dans tout ça, c'est qu'on a foiré. » Je me sens obligée de préciser ça avec un petit rire nerveux. La cible s'est échappée, est maintenant sous la protection de la police, bref. Le bordel. Tout ça pour finir massacrer par un abruti. Si je n'ai pas pour habitude de travailler en duo, mais j'ose croire que la prochaine fois que je serais sur une mission avec quelqu'un, ça ne se passera pas ainsi. Je fais le tour des yeux de la salle, un peu pour passer la gêne, sentant le froid me saisir. L'endroit est bien isolé, mais garde aussi très bien la fraîcheur. Hn. Autant régler ça rapidement alors.

« Et toi sinon, que racontes-tu ? »

Histoire de détourner l'attention aussi, tiens.
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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Ven 16 Sep - 2:55



"Close to be friends"


Neena & Sergeï







La faire se déshabiller n'avait rien de vicieux. Ou tout du moins, il n'y avait nul vice dans l'esprit de Sergeï à ce moment là. Certes, elle était une belle femme. Certes, plus d'un avait sans doutes espérer la voir se déshabiller devant lui, mais ce ne fut pas le cas pour notre homme. Non pas qu'il ne la trouvait point attirante non, il était un homme, un homme simple, qui appréciait les jolies choses de la vie mais, il n'y avait jamais eu ce genre de choses entre eux. Ils finirent par obtenir une espèce d'amitié qui lui convenait totalement. En plus de quoi, le prêtre approchait tout doucement la cinquantaine, ce qui le rendait de moins en moins attrayant pour une femme dans la fleur de l'âge et puis, à vrai dire, il n'avait jamais vraiment cherché une autre partenaire, sans doutes toujours un peu trop occupé à rechercher la seule chose qui importait pour lui, sa petite fille. Sa Yulia. Rien n'aurait pu le faire dévier de sa route et, une compagne n'aurait été qu'un fardeau. Ainsi, avec les années, il se détacha peu à peu de ce vice, tout simplement. Ainsi, lorsque l'agente daigna se déshabiller, malgré une hésitation et appréhension, l'homme en fut quelques peu heureux. Heureux que leur confiance mutuelle aille au moins jusqu'à ce point. Ôter ce haut lui sembla particulièrement douloureux, signe de nombreuses blessures qu'il n'avait pu imaginer plus tôt et, ce fut avec une certaine tristesse qu'il put se rendre compte de l'étendu des dégâts, en allant même jusqu'à afficher une certaine grimace sur son visage. Des blessures, du sang, des morts, l'homme y était parfaitement habitué, mais voir quelqu'un à qui il tenait d'une certaine façon, si mal en point, cela lui étreignait toujours son pauvre petit cœur. Fait qui fera sans doutes taire tous les médisants qui pensent que le russe n'étaient qu'un psychopathe sans la moindre émotion, loin de là.

Son corps, on aurait pu le confondre avec un champs de bataille. Des hématomes recouvraient tant son ventre que son dos et ses bras, parsemés ça et là de coupures. La majorités étaient minuscules, mais certaines d'entre elles se démarquaient du lot, criant à l'aide, d'une certaine façon. Il y avait aussi des marques, bien plus foncées, bien plus large sur ses cotes, qui étaient sans le moindre doute cassées. Lorsqu'on l'invita à s'asseoir, Neena refusa, sans doutes la position était-elle trop douloureuse pour être maintenue, ce qui inquiéta le prêtre. Il la connaissait bien, d'un certain point de vue. Il connaissait au moins ses compétences sur le terrain, son aptitude au combat et, surtout, le fait qu'elle était loin, très loin d'être douillette, elle devait vraiment avoir un mal de chien. C'est après avoir douloureusement ôté son haut, que la jeune femme releva sa jupe pour offrir un aperçu de la mauvaise plaie présente à sa jambe, vestige du passage d'une balle. Elle précisa être incapable de se recoudre convenablement sans tourner de l’œil, avant de rajouter que ses points ne tenaient pas et que, se rendre dans un hôpital était hors de question, histoire de ne pas se retrouver mêlé à la police. Cela amusa le russe. « La police n'est jamais une bonne idée, en effet. T'es en mauvais état, tu as bien fait de venir. Mais, tu vas pas pouvoir rester debout pour tout ça. Attends, j'ai une idée. » Lui faisant signe de rester où elle était, l'homme de l'est se dirigea vers le bureau qu'il tira au centre de la pièce, avant de ranger tout ce qui était dessus, dans les nombreux tiroirs. Suite à cela il s'absenta un bref instant, durant lequel un bruit de bois glissant sur le sol se fit entendre. Rapidement, l'on put apercevoir l'homme de retour, un matelas entre les mains pour venir le poser sur le dit bureau, riant à la remarque qu'elle venait de faire, au sujet de cette fameuse mission. « Ah ! Renforts ennemis ? Cible protégée ? Quel que soit l'endroit, il y a toujours moyen d'atteindre ta cible, je peux t'aider si tu en as besoin. De toute façons, dans ton état, tu n'iras pas bien loin toute seule. Et … La défaite est une bonne chose. Enfin, tant qu'elle n'entraîne pas la mort. A réussir tout ce que l'on fait, on finit par se sentir tout puissant, l’orgueil est le pire des ennemis. Ça va te travailler. Longtemps. Mais tu en ressortiras meilleure. En fait, j'ai même pas souvenir de t'avoir vu échouer une autre mission. » Riant grassement l'homme demanda la main de la blessée pour l'aider à s'installer sur cette table d'opération de fortune. « On a pas vraiment de matos pour ce genre de cas mais, ça devrait être suffisamment confortable, enfin, j'espère. »

Observant une nouvelle fois son corps meurtri pour se rendre un peu mieux compte de la chose, il en vint même à palper les cottes pour déterminer l'état de celles-ci. Cela sembla d'ailleurs la mettre mal à l'aise, à tel point qu'elle tenta de détourner l'attention par une conversation banale, ce qui l'amusa, une fois de plus. « Pas grand chose. Je suis toujours au point mort avec ma fille. Je n'ai pas la moindre idées de comment l'approcher et … Sinon, pas grand chose malheureusement et toi ? Tiens, j'ai la mauvaise nouvelle de te dire que tu as deux cottes cassées, peut-être trois, là je ne peux rien faire. Je te dirais bien qu'il va te falloir du repos, mais je suppose que tu vas pas m'écouter. Les hématomes j'ai de la crème, ça va t’apaiser un peu mais il faudra t'en passer régulièrement, ce qui risque d'être compliqué vu ton état. T'as qu'à passer ici, si tu n'as personne. Les coupures, la plupart guériront vite mais, il y en a quelques unes que je vais devoir recoudre, histoire d'être sûr. Charmant diagnostic. » Malgré une moue triste, presque boudeuse, Sergeï tenta une espèce de sourire qui se voulait rassurant, mais qui ne l'était pas vraiment. L'homme avait perdu l'habitude de ce genre de choses durant son long périple. Tapotant la main de sa collègue il attrapa une chaise confortable qu'il amena près du bureau et récupéra ce dont il avait besoin aux quatre coins de la salle pour revenir s'asseoir paisiblement, poser son bordel à côté de la blessée, pour enfin sortir une bouteille de vodka d'un tiroir dont il but une bonne gorgée, avant d'en proposer à Neena. Enfin, il souleva la jupe, pour avoir accès à la blessure pour soupirer longuement et préparer l'aiguille et le fil, après avoir chauffé celle-ci. « Je promets ne pas profiter de la situation pour reluquer tes belles gambettes, ne t'en fais pas. » Ajouta-t-il sur le ton de la plaisanterie, espérant un peu détendre l'atmosphère qui n'était pas tout à fait à la rigolade. Se saisissant à nouveau de la bouteille, Sergeï but une dernière gorgée avant de prévenir de ce qui allait suivre. « Ça va piquer. » A peine eut-il fini ses mots qu'il balança un peu de cet alcool fort sur la plaie pour la désinfecter. La bouteille vint se poser à côté de la blessée, au cas où celle-ci souhaitait un petit confort supplémentaire et, bientôt, le docteur improvisé commença son travail.


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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Sam 17 Sep - 13:56

« Je travaille plutôt seule d'habitude, je suis pas persuadée d'être une bonne partenaire, que je lui lance avec une petite moue. »

Sergeï a l'air de s’intéresser à la cible, il ne rechigne jamais à travailler, et à proposer son aide aussi. J'ai bien fait de me tourner vers lui pour me rafistoler. Demander à quelqu'un d'autres aurait de toute façon éveillé les soupçons. Amara a une colocataire dont je ne sais rien, Stephanie est médecin légiste et travaille avec Wade, il est juste hors de question que je lui demande ce genre de service si je ne veux pas que mon cher ami soit au courant, et elle avec. J'ai des secrets à protéger, avec mon petit frère. Hydra est une grande organisation, qui possède bien des membres. Je dois pouvoir me tourner vers l'un d'eux quand ça ne va pas du tout, et j'ai choisi Sergeï pour cette fois. Lui, il fait la différence, en fait. Quoiqu'il en soit, puisqu'il a l'air de s'intéresser à tout ça, autant lui filer quelques informations :

« Il est probablement dans le système de protection des témoins maintenant. Ils ont du se rendre compte de sa valeur, et de pourquoi le voir mort serait plus judicieux pour les ennemis. Ça se trouve, il pourra faire tomber des gens peu fréquentables... Un soupir m'échappe parce que j'ai conscience que si j'avais pu faire mon travail correctement, on en serait pas là. Et je serre les dents également, en me rappelant ma soirée et la douleur que tout ça m'inspire. On le finira une prochaine fois, le système judiciaire prend beaucoup de temps, dès que je lui mettrais la main dessus ça sera de toute façon terminé. »

Et la remarque de l'homme de foi m'arrache un petit soupir. Échoué est parait-il une bonne chose, mais j'aime croire qu'on peut choisir où et quand on échoue. Ma chance ne m'a jamais trahi jusqu'ici, et je me sens pour l'instant délaissée par elle. Elle a mis Frank sur ma route, je n'appelle pas ça un coup de bol, du tout. « Tu as raison, je n'ai jamais échoué. Tout ça, c'est de la faute de l'autre tête de con... » Passé le moment où il me parle dans les grandes lignes de sa fille et où je me retrouve allongé douloureusement sur un matelas de fortune, à fixer le plafond en entendant le diagnostic de mon ami, j'esquisse une grimace et grogne un coup : « La faute de l'autre tête de con, comme je disais... »

Je serre les dents alors qu'il promet de ne pas regarder mes jambes, m'arrachant un maigre sourire. Joli n'est pas vraiment le qualificatif qui me colle à la peau, on ne l'emploie pas tous les jours pour mes beaux yeux. Alors forcément, ça me fait assez bizarre... Je ne relève pas pour autant, tandis qu'il entreprend enfin de me recoudre comme prévu. Esquissant une petite grimace quand l'aiguille se plante dans ma chaire, je fais comme si de rien en poursuivant la discussion :

« Au fait... Ta fille, que je commence d'une petite voix avant de relever la tête vers lui : Je pensais que les prêtres devaient rester loin de toutes ces choses-là, qu'il ne pouvait pas avoir d'enfant, tout ça... Enfin, je te dis ça mais je m'y connais pas vraiment dans le domaine, je suis pas une fervente croyante. Vu mon métier, ça se devinait facilement, ça. »

Quoiqu'il en soit, je ne peux m'empêcher d'attraper la bouteille d'alcool et d'en boire une longue gorgée. Puis une autre. Sans anesthésie, recoudre une blessure, c'est l'enfer, vraiment. Et je suis pas si douillette que ça... « C'est supportable. » que lâche pour me motiver moi-même à endurer sans broncher. Il faut bien... Sinon Sergeï pourrait avoir des scrupules. Même si je doute que ça soit trop son genre, après réflexion. « On pourrait presque croire que tu as fait ça toute ta vie », je plaisante pour ne pas chouiner comme une gamine, et continue la discussion même si le zig aurait besoin de concentration : « Les deux squatteurs habituels sont pas là ? C'est bizarre » Je parle des deux frangins flippants qui restent dans le coin quand je passe dire bonjour d'ordinaire. Des personnes contre qui je n'ai aucune animosité, mais que je n'estime pas non plus énormément...

J'veux dire, ils sont bizarres. D'un autre monde. Je sais qu'ils font partis d'Hydra aussi, mais c'est pas tout à fait mon genre de fréquentation. Juste deux zouaves qui n'approcheront jamais de ma maison, j'espère. Ni de mes petits frères. Sinon je fais un massacre.
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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Jeu 29 Sep - 0:17



"Close to be friends"


Neena & Sergeï







Neena ne semblait pas particulièrement enjouée à l'idée de travailler en équipe, même si l'équipe en question se contentait de représenter l'homme qui allait la recoudre. Elle était une solitaire, comme de nombreux autres agents du groupe. Sans doutes étaient-ils trop fiers pour demander de l'aide à quiconque. Sans doutes étaient-ils trop orgueilleux pour permettre à quiconque de les voir échouer d'une manière ou d'une autre. Ce qui était sûr, cependant, c'est que tous étaient des têtes de cons. Tous ne voulaient faire qu'à leur manière et, de n'avoir personne pour lui dire quoi faire et comment le faire était une bien belle chose. Cela évitait les engueulades, les tirs alliés et les stratégies qui partaient dans tous les sens. C'était sans doutes préférables dans une grande majorité des cas. La jeune femme rajouta rapidement que sa cible était sans aucun doutes caché par la protection des témoins, sans doutes qu'ils avaient compris que l'homme avait plus de valeur que ce qu'on aurait pu penser au premier coup d’œil. Cela laissa le russe songeur quelques instants, essayant de se rappeler un nom, mais du se résoudre à abandonner. Sa mémoire n'était plus ce qu'elle était. « Une protection des témoins ça se perce, facilement. Quelques enveloppes données à droite ou à gauche et ça délie des langues. Je connais quelqu'un, il devrait pouvoir aider. Il est assez ouvert à quelques échanges. J'ai … Complètement oublié son nom, je commence à me faire vieux. » Soupirant un long moment, l'homme âgé finit par reprendre avec un sourire en coin. « Mais, j'ai ses coordonnées quelque part. Je ne suis pas particulièrement friand de travailler en équipe, mais … Si je peux aider, je le ferai. Je suis peut-être vieux, mais je sais ce que je fais sur le terrain, je suis bien loin de n'être qu'un simple armurier et informateur. »

Informateur et armurier étaient des rôles qu'il s'était lui-même infligé pour devenir officiellement sédentaire, loin de sa terre natale. Il n'avait d'autres réels choix pour s'installer que de demander un rôle un peu plus stable. Cela ne l'empêchait pas de partir en mission lorsqu'on avait besoin de lui, pour couper quelques têtes ou délier des langues. Mais, sa seule raison de vivre était de retrouver sa chère fille, ce qu'il avait fait. Alors, ne pas nourrir cette bête assoiffée de sang qui sommeillait en lui depuis tout jeune, au risque d'en souffrir, n'était que peu de choses, face au bonheur qu'il ressentait à chaque fois qu'il apercevait sa chevelure dorée au loin, souvent accompagnée d'un sourire si doux et si chaleureux. Après de nombreux soupirs et une constatation sur son échec, en grande partie due à son partenaire inopiné, la belle finit par esquisser un petit sourire, face au compliment de son médecin de fortune, ce qui lui fit grand plaisir. Non pas qu'il avait pour projet de la séduire ou quoi que ce soit non, mais la voir sourire malgré tout cela était réconfortant. Il était simplement heureux d'être à l'origine de cette petite pointe de joie, rien de plus. La douleur se fit rapidement ressentir à travers ses grimaces et, à ses gorgées de vodka pour tenter de faire passer la chose. Alors, comme pour essayer de penser à autre choses, elle posa des questions sur sa fille, en particulier au sujet de ses devoirs en tant que prêtre. Cela l'amusa d'ailleurs beaucoup. « Tu te doutes bien que je suis pas vraiment un prêtre, hein ? Tu sais, à la base, c'était juste une couverture. Je devais pouvoir voyager, m'installer à quelque part un certain temps sans attirer l'attention, puis repartir. Ma mère m'a toujours élevé en m'inculquant sa foi, ça a fini par rentrer, tout simplement. » Il rit un bref moment avant de reprendre toujours joyeusement, pendant qu'il recousait avec grande concentration. « Dans un sens, c'est marrant. Pendant que ma mère m’apprenait ça, mon père m'éduquait au sein de Hydra et faisait tout pour que je devienne un tueur. J'ai réussi à concilier les deux. » De nouveau il s'arrêta, rêveur, nostalgique de cette époque si simple. « Enfin, dans tous les cas, ce sont les catholiques qui n'ont pas droit d'avoir d'enfants. Les prêtres orthodoxes peuvent se marier et avoir des enfants, donc, en soit, je suis dans les règles. »

Suite à cela, la belle finit par reprendre une gorgée, espérant sans aucun doutes s'anesthésier ne serait-ce qu'un peu, pour finalement dire que c'était supportable. Un compliment, dans un sens. Avant qu'elle ne lui avoue qu'il avait fait ça toute sa vie, ce qui, au final, n'était pas vraiment faux. « J'ai longtemps dû me recoudre moi-même et ce, depuis tout gamin. Donc, dans un sens, oui, on peut dire ça. » Il y avait aussi le fait que lorsqu'il avait voyagé durant toutes ses années, il n'avait d'autre choix que de se soigner lui-même. Les villageois auraient sans aucun doutes trouvés ça étrange que le prêtre se blesse aussi souvent et puis, un simple coup d’œil sur son torse aurait suffit à leur faire comprendre bien des choses à son sujet. Puis, à nouveau, comme pour tenter de penser à autre chose, elle remarqua que les deux frangins n'étaient pas là. « Non, effectivement. Je sais pas trop où ils sont. Sûrement en train de foutre le bordel dehors. On s'est entraîné ce matin, ils ont perdus, même en se mettant à deux sur moi, ils l'ont eu mauvaise. Ils ont dû aller passer leur nerfs dehors je pense. » Qu'il dit avec un grand sourire empli de fierté. Ces deux garçons étaient de bons agents, un peu fous et assez peu contrôlables, mais ils demeuraient de bons éléments, de bons combattants, sans vraiment de limite. Alors, pour Sergeï qui se savait vieillissant, être capable d'avoir encore le dessus sur ces deux-là en même temps lui faisait le plus grand bien. A l'âge où il était empli de doutes, cela le rassurait grandement sur son utilité au sein du groupe.




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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Jeu 29 Sep - 1:04

« Tu pourrais faire ça ? » Que je lui demande en l'interrogeant du regard. Sergeï a des contacts, c'est un bon informateur. En même temps avec tout ce qu'il entend dans sa paroisse, c'est pas si anormal que ça. Mais ça m'étonne qu'il prenne ça à cœur et qu'il veuille s'y impliquer. Ça m'étonne agréablement ceci dit, plus qu'autre chose. Si la cohabitation avec Frank ne s'est pas exactement bien passée comme on pourrait l'entendre (pourtant, nous sommes à l'évidence deux très bons éléments de l'organisation, alors on pourrait s'attendre à ce qu'un travail en duo soit plus qu'excellent), je pense qu'une performance consentie avec Sergeï vaudrait probablement le détour. « Je dirais pas non. »

J'ose même une petite blague : « Puis, j'ai supporté l'autre enfoiré sans me faire un collier avec ses dents – même si j'en ai eu très envie, ça veut dire que je suis tout à fait capable de te supporter toi pour une soirée, ou plus. » Je suis persuadée que ça pourrait même être une très bonne expérience. Sergeï a de la bouteille, il a été formé longtemps pour être ce qu'il est aujourd'hui, autant dire que j'ai beaucoup à apprendre de lui. J'ai mes méthodes, mais les siennes doivent être aussi fascinantes. Et si avec l'âge, il va moins sur le terrain, je pense qu'il doit être très bien se débrouiller : « Si tu veux en être. »

ça permettrait de boucler définitivement le dossier en question et qu'on en parle plus. Je sais que ça prendra du temps, et Frank va tirer la gueule (mais ça je m'en carre un peu faut dire) si je le mêle pas à l'histoire, mais mieux vaut parfois parer au plus pressé. Y'a des urgences qui priment sur le reste, notamment le fait de foirer totalement une mission à cause d'un crétin. Qu'importe. J'écoute les mots de mon partenaire de crime avec un petit sourire, alors qu'il s'amuse doucement de moi. « Oh tu sais. J'ai déjà été sous couverture en me faisant passer pour une fille adorable, et c'est ce que je suis à l'évidence. » que je blague doucement, bien plus en confiance qu'au départ. « Donc pour moi, l'un n'empêche pas du tout l'autre en fin de compte. Tu peux être un agent d'Hydra et aussi un homme de foi. »

Je grimace légèrement. La douleur, ça. Mes côtes qui se rappellent à moi. « Mais merci de ces informations, ça me sera probablement utile un jour. » Et je me permets même de rire quand il m'annonce avoir mis une petite correction aux deux zouaves qui traînent ici. Je regrette très vite cependant à cause des nombreuses fractures dont je souffre et qui n'oublient pas de me faire coucou quand je mange, je bois, je respire, je vis, quoi ; alors rire, je vous raconte pas l'enfer. Je lui en veux un peu du coup d'avoir réussi à m'arracher ça, même si je suis bonne perdante :

« Tu as bien fait. Ils ont besoin que quelqu'un leur mette du plomb dans la tête. Je suis pas sûre de beaucoup les apprécier, ils sont vraiment trop... » Trop quoi ? J'en perds mes mots. « Trop... » Non, décidément, ça ne vient pas. Je les ai croisé plein de fois pourtant, ces deux là, mais je suis incapable de dire ce qu'ils m'inspirent vraiment. Une certaine méfiance. Je les trouve un poil glauque, faut dire. « Enfin, tu vois. » Non, probablement pas. Mais c'est pas grave parce que-

« Aie! » Je fais les gros yeux à Sergeï en sentant parfaitement l'aiguille se planter dans ma chaire et m'arracher une autre grimace. Elle m'a fait vachement mal, sur le moment. Je suis pas douillette, mais abusons pas non plus. Puis bon, j'ai une réputation à tenir : « Ne dis à personne que j'ai dit 'aie', je nierais jusqu'au bout. » Et je lui lance une mine tout à fait sérieuse puis je lui souris avant de souffler doucement. Je me détends. Il n'y a que comme ça que ça passera plus vite.
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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Ven 7 Oct - 0:19



"Close to be friends"


Neena & Sergeï







Étrangement, Neena semble assez encline à partir en mission avec son carabin de fortune. Dans son esprit, il aurait pu penser que ça protesterait un peu plus, que ça trouverait des raisons de partir seule plutôt qu'en groupe et, contre toute attente, non, la jeune femme accepta. Malgré la douleur et la situation peut conventionnelle, l'agente se permis même une tentative d'humour, précisant que si elle avait pu supporter celui qui l'avait tant amochée, elle devait être capable de passer la soirée avec lui. Voire même plus. Cette fin de phrase fit doucement rire le pope. Était-ce un mauvais choix de mot ? Était-ce une faute de langue ? Ou tout simplement une étourderie ? Le russe n'en savait rien, mais une chose était sûre, il n'allait pas rater l'occasion de la taquiner un petit peu sur cela. « Ou plus ? Quel étrange choix de mot, me ferais-tu des avances ? » Il rit de nouveau, avant de reprendre avec un peu plus de sérieux. « Mais oui, si tu penses pouvoir me supporter, je t'aiderai avec grand plaisir, il ne me reste qu'à espérer que cela se passe bien. Mais, cela fait déjà quelques temps que l'on se connaît désormais, j'ai confiance en notre association. Ceci dit, j'espère que ta façon de me voir ne changera pas. Mes méthodes sont … Comment dire ? Disons qu'on les qualifie aisément de brutales, voire bestiales. L'homme de foi disparaît sur le terrain, j'ose espérer que cela ne te surprendra pas suffisamment pour changer d'avis sur moi. » Car oui, Sergeï pouvait se montrer inquiet de s'éloigner ne serait-ce qu'un peu de ce avec qui il se pensait proche. Contrairement à ce que beaucoup pouvaient penser de cet homme, il avait un bon fond. Il était même relativement gentil. Du moins, il l'aurait été s'il n'avait pas eu cette vie compliqué et ce pouvoir qui lui avait détraqué l'esprit, sans le moindre doute. L'homme de l'est appréciait Neena, oh, il savait qu'elle n'était pas peureuse, bien au contraire mais, il y avait un monde entre sa personnalité à l'église et lorsqu'il devait combattre. Ainsi, le doute pouvait être permis.

Bientôt, il fut question de sa fonction de prêtre, de sa couverture et de sa foi. De son côté, la patiente fit part d'une de ses anciennes missions aussi, sous couverture, où elle jouait le rôle d'une jeune femme adorable, ce qui semblait particulièrement l'amuser, avant de revenir sur le fait qu'elle pensait qu'il était tout à fait possible d'envisager leur profession et sa foi. Cela l'aurait presque surpris. « Tu dois bien être la seule. Pour beaucoup, la chose est impossible à comprendre. Comment peut-on tuer des gens, tout en croyant au pardon et ce genre de choses ? De mon point de vue, si le Seigneur a mis ces talents en moi, c'est pour une raison. Certes, HYDRA n'est pas forcément le meilleur endroit, mais c'est ma famille, alors je me sers de mes dons pour l'aider et … Pour le reste, je n'ai jamais doué que tu étais une femme adorable. Alors oui, tu es peut-être capable de tuer un homme de dix-huit façons possible avec n'importe quel objet, mais ça ne change pas la chose. » Oui, je me répète sans aucun doutes, mais, l'étranger appréciait réellement cette jeune femme et, il pensait sincèrement qu'elle avait un bon fond. Sans doutes bien meilleur que le sien. S'était-elle déjà montré une fois sous une mauvaise facette en sa présence ? Sûrement pas. Du moins, notre homme n'en avait aucun souvenir.

La nouvelle au sujet de la défaite des deux frangins sembla particulièrement plaire à la grande blessée. Elle ne semblait pas particulièrement les apprécier, elle ne sembla d'ailleurs pas capable de mettre un mot sur ce qu'elle pensait. Était-ce encore son russe qui lui faisait défaut ? Ou peut-être un manque d'imagination ? « Ah ça, du plomb, je leur en met. Mais au final, je les aime bien, ils animent pas mal les lieux. Ce sont deux petits cons, ça, il n'y a aucun soucis là-dessus, mais, ils savent se rendre utile et ont tendance à écouter ce que je leur dis, alors, tout va bien. Mais oui, ils sont particuliers comme spécimens quand on a pas l'habitude et, surtout, ils ont une très grande propension à foutre le bordel de partout où ils passent. » A peine eut-il fini de parler que celle qui se faisait recoudre émit un petit aïe qui sembla la surprendre, suffisamment pour qu'elle lui fasse promettre de ne rien dire à qui que ce soit, ce qui le fit ricaner grassement. « Tout ce qui est prononcé en mon église, reste en mon église, sois sans crainte. Allez, j'ai fini. » Terminant de poser le dernier point sur cette jambe, le prêtre fit rapidement un nœud au bout de cette ficelle pour qu'elle maintienne convenablement cette plaie fermée. « Il va falloir que tu te retournes maintenant, j'ai vu une plaie dans ton dos, si on referme pas, ça va foutre la merde plus tard. Tu vas y arriver ? Ou je dois t'aider peut-être ? »


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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Ven 7 Oct - 1:05

« Hein quoi ? » que je m'offusque soudainement en me redressant avec les gros yeux. Qu'est-ce qu'il dit ? Que je lui fais des avances ? Oula, est-ce que j'en ai fait ? J'ai peut-être pris un coup sur la tête sans m'en rendre compte, ça expliquerait peut-être le pourquoi du comment de tout ça, parce que là, j'ai l'air un peu troublée je dois dire. Je m'y attendais pas, à cette réponse... Et il me parle de ses méthodes, dont je me fous, tout me va en fin de compte tant qu'on m'emmerde pas, avant de remettre les choses au clair : « Nonononon je te fais pas des avances, j'disais juste que si la mission s'éternise ça me dérangera probablement pas ! » J'ai pas l'air convaincante, hein. J'essaie pourtant, mais quand il s'agit de tout ça, j'ai vraiment l'impression d'être paumée.

« J'sais bien que je suis du genre un peu taciturne et solitaire, et que je travaille rarement avec d'autres, mais je t'apprécie comme personne, chose rare également, alors ça va, ça me fait pas peur de bosser en ta compagnie. » Et là je me rends compte d'une chose. Peut-être qu'il était en train de blaguer. Son sourire en coin, tout ça, c'est sûrement un signe qui ferait que. Un signe que je suis pas foutue de voir quand ça me concerne. On pourrait se plier en quatre pour juste me faire rire que je m'interrogerais pas sur le pourquoi. Les gestes d'affection me sont invisibles, et je sais que c'est un gros défaut chez moi. « Tu te moques de moi, hein... » Que je lui réponds avec une petite moue. « Et moi, je marche pas, je cours. »

Je hausse les épaules, un peu pour faire passer la gêne. « C'est juste que j'ai pas l'habitude de ce genre... d'humour. » Que je lui confie, sans plus m'attarder dessus. Je suis pas sûre qu'un pope pourrait trop m'aider à ce sujet. Et je suis pas sûre que je suis faite pour parler sur le divan. Puis, Sergeï a bien des choses à gérer en dehors de ça, des choses qui ne me concernent pas, et pour lesquelles il a besoin de temps. Je préfère m'effacer, et passer à un autre sujet. « Toute façon, la vie et les croyances des autres ne concernent que les autres. Si tu es bien comme ça, c'est tout ce qui compte. » Que je lui dis pour le rassurer peut-être un peu, mais au moins pour qu'il sache que pour porter un jugement, je ne suis personne. Je laisse le jugement à des instances supérieures, moi, ça me concerne pas.

Un soupir de soulagement plus tard, monsieur termine sa couture. C'est déjà bien. Même s'il me signale que j'ai apparemment une autre plaie dans le dos, et j'essaie comme une idiote de regarder par-dessus mon épaule sans la voir. Une éraflure de balle sans doute. Faut dire qu'entre Frank et les flics, y'a eu de quoi. « Ah ? » Je me redresse doucement, assurant à mon vis-à-vis un « Non, ça devrait aller... » tout à fait sincèrement. Je me mets dos à lui, pour qu'il puisse observer la plaie, et je commente ça pour passer le temps, un peu gênée toujours : « Je crois que j'ai tellement mal partout que je m'en suis même pas rendue compte. » Un petit éclat de rire qui va bien : « Mon seul réconfort, c'est que je lui ai fait aussi mal, sinon plus... »

Hihi. Oui, je pouffe comme une idiote. C'était Frank Castle, quand même. Ce cher monsieur n'a pas une réputation de chochotte à Hydra. On le voit rarement en duo, que j'ai appris en me renseignant un peu sur le personnage. Un gars solitaire, plutôt bon, et pas très propre quand il s'agit de tuer. Différent de Sergeï cependant qui se dit violent, voire bestial. Frank est méthodique, mais casser des os ne lui fait pas peur. Alors, moi qui lui ais survécu, et qui lui ais même tenue tête en le mettant assez mal pour qu'il soit forcé de me supporter, je trouve ça flatteur. De quoi me faire du bien à l'égo.

« Ton père t'a vraiment éduqué pour que tu rentres dans l'organisation ? Ta première mission pour Hydra, c'était quoi ? » Que je lui demande avec une pointe de curiosité dans la voix, cherchant son regard par-dessus mon épaule, alors qu'il s'apprête à recommencer sa couture. Je sais pas pourquoi je me pose ces questions. Peut-être que ça me permettra de mieux voir à qui j'ai à faire. Je connais une certaine facette de Sergeï. Mais chaque personne en a au moins cent, ou plus. C'est rien, finalement, ce qu'on voit d'eux.
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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Mer 12 Oct - 16:40



"Close to be friends"


Neena & Sergeï







Pour être tout à fait franc, Sergeï n'aurait jamais pu imaginer ça. Comment le pouvait-il? Même s'ils étaient relativement proches, il fallait bien le dire, ce genre de sujet n'était jamais vraiment arrivé sur le tapis. Après tout, il n'y avait pas la moindre raison pour que cela arrive. Jamais, le pope n'aurait pu imaginer que cette femme si forte, si douée dans ce qu'elle faisait et si inébranlable pouvait être gênée par ce genre de choses. Pire encore, qu'elle ne puisse pas comprendre que cela n'était qu'une plaisanterie. Alors, sans rien dire, notre homme se contenta d'observer cette scène, grandement amusé, la voir tenter de se sortir de ce qu'elle pensait être un mauvais pas, avec grande difficulté. Oh, certes, il aurait pu l'arrêter plus tôt, mais la situation était tellement amusante, qu'il n'eut pas le cœur à cela. A vrai dire, ces dernières années, le vieil homme n'avait plus vraiment eu d'occasion de rire, ou même de sourire. Alors, c'était une bouffée d'air frais, tout simplement. A cela, la demoiselle pouvait être fière, rares étaient ceux capables de tirer ne serait-ce qu'un petit sourire en coin à cet homme, alors, le voir rire … Cela aurait presque relevé du miracle pour certains. Attention cependant, je parle bien là de réactions franches et spontanées, lorsqu'il revêtait son aube religieuse, l'homme ne pouvait se montrer sous son vrai jour, se contentant simplement de jouer la comédie, pour ne pas trop attirer l'attention. La dernière remarque de la grande blessée l'étonna cependant assez. C'était une belle femme, une très belle femme même, qu'elle n'ait pas cette habitude avait quelque chose d'étrange. Ainsi, quand il finit de rire, grand moqueur qu'il était, l'homme de l'est commença par quelques petites excuses. « C'était trop tentant. Je n'imaginais pas que tu partes si loin dans ce sens, c'était … Amusant, désolé. Mais, ne t'en fais pas, je t'apprécie aussi, sinon, je ne serais pas en train de te recoudre, je t'aurais laissé te démerder. » Un petit rictus, à mi-chemin entre la fierté mal placée et la satisfaction. « Il y a beaucoup de très gros cons dans nos rangs. De fait, je m'excuse, je ne pensais pas que tu étais si peu à l'aise avec ce genre de choses. Cela m'étonne même d'ailleurs, je suppose que tu as dû passer à travers de très nombreuses avances pour le coup. » Qu'il finit en soupirant, l'air pensif. Après tout, était-ce une si mauvaise chose que de ne pas être tenté par l'amour, la relation, les rêves et une promesse d'avenir radieux ? Après ce qu'il avait vécu, il lui arrivait de se demander si cela lui avait été bénéfique. Bien entendu que sa petite Yulia était la chose la plus importante à ses yeux. Rien ne pourrait remplacer cet amour qu'il avait pour elle, cet amour qui l'a fait se sentir vivant et entier. Pourtant, la souffrance qu'il avait enduré tant d'années l'avait tout simplement déchiré. « Enfin, je suppose que pour des gens comme nous, ce genre de choses n'est pas permise. Cela entraîne trop de choses, trop de risques et de mensonges. Enfin, c'est pas important. »

La conversation sur les croyances, les religions, mais surtout celles de Sergeï semblait particulièrement intéresser Neena, qui, bien que non croyante, était particulièrement respectueuse de ce genre de choses, ce qui n'était pas le cas de tous. Combien étaient les petits cons qui pensaient qu'un prêtre chez Hydra était une idée des plus débiles ? Il y en avait des tas. Ces petits cons, bien évidement, lorsqu'ils vinrent pleurer chez les russe pour les accueillir, leur ferma la porte au nez. Bien évidement, certains tentèrent de se venger, d'une quelconque manière, mais, notre homme avait beau être âgé et religieux, il ne se laissait pas faire et, de deux, il était rarement seul dans cette église. Il y avait tout particulièrement deux jeunes frangins totalement tarés qui n'étaient jamais contre l'idée de massacrer d'autres petits cons. Ah, pour ça, il n'y avait pas à dire, le pope aimait bien ces deux petits. Comme pour conclure cet échange, la jeune femme donna son ultime point de vue sur la chose, chacun faisait comme il le voulait et que ces choix ne concernaient que lui. Chose à laquelle, l'homme de foi était particulièrement d'accord. « Ah ça, je peux pas être plus d'accord. Je comprends pas tous ces cons qui viennent faire chier avec des trucs qui les concernent pas. De toute façons, ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, je les accueillie avec une grande dose de Paix. » Qu'il ponctua en montrant sa main droite, pour enfin reprendre, tout en désignant sa main gauche. « Et une grande dose d'Amour. J'essaie, en bon pope, de les guider vers les portes du Paradis. Tout simplement. » Le tout, avec un petit sourire en coin. Oh, des emmerdeurs, il en avait massacrés quelques uns. Certains avaient essayés de le tuer en représailles, mais, ceux qui avaient voulu aller aussi loin, on en avait plus jamais entendu parler. Tout en parlant de cela, notre ami finit de recoudre et fit retourna la belle, qui semblait ne pas avoir remarqué cette plaie, ayant trop mal de partout, se réconfortant du simple fait qu'elle avait pu, au moins, autant blesser cet homme. Chose qui aurait presque rendu fier son interlocuteur. « Je me doute bien. J'ai lu certains de tes dossiers, je pense pas qu'on puisse ressortir indemne d'un affrontement avec toi. Une très bonne chose. Ça lui coupera sûrement l'envie de recommencer à ce petit con. »

L'éducation et la formation suivie par Sergeï semblait tout autant intriguer la jeune femme que ces choix religieux. Ce qui sembla attirer son attention plus qu'autre chose, ce fut le fait que son père voulait qu'il rentre dans l'organisation, mais aussi sa première mission. Sa première mission … Comme cela remontait à loin, trente ans, peut-être même plus, cela le laissa songeur quelques instants, presque joyeux de nostalgie. Quelle bonne époque que voilà, où tout était bien plus simple et doux. « Mon père a toujours fait parti des grands noms de Hydra. Ce n'est pas une des têtes, mais il gérait une grande partie des affaires de la Russie et du bloc de l'Est à l'époque. Grâce à la guerre, ça permettait pas mal de facilités et il pouvait faire un peu ce qu'il voulait. Mon grand-frère a été formé pour prendre la suite, moi, j'ai jamais été un grand diplomate ou un grand penseur, j'ai toujours été costaud et solide, alors il a voulu faire de moi un assassin. Je crois que j'ai été plutôt bien formé. » Une petite pause pour reprendre le cours de ses questions, tandis qu'un léger ricanement venait meubler ce court silence. « Ma première mission, cela remonte à tellement loin … Je devais avoir seize ans, peut-être dix-sept, c'était en Arménie, dans un petit village au nom imprononçable, j'ai jamais été très doué avec cette langue mais … Ce n'est pas important. Je devais retrouver des traîtres, qui avaient volés des technologies à mon père, il y avait des scientifiques, accompagnés de quelques scientifiques, en plein hiver. Les scientifiques n'avaient pas vraiment réfléchi à cela, mais, les hivers sont rudes, sans entraînement dans ces contrées glacées, on fait beaucoup d'erreur. La fumée qui sort de notre bouche, les cigarettes, les petits feu pour se réchauffer. Je les ais eu, tous, un par un, sans qu'aucun d'eux ne puisse comprendre ce qu'il se passait. J'ai passé une partie de ma vie en Sibérie, j'ai fini par avoir une certaine tolérance au froid. J'essayais juste de faire mes preuves mais, mon père ne m'a pas vraiment félicité, je n'étais … Qu'un outil, un membre comme un autre, je n'étais pas Piotr, tout simplement. Mais, ce n'est pas important. Et toi, dis moi, ta première ? Tu étais déjà chez Hydra ? » Sur ces derniers mots, qui auraient pu lui apporter une certaine tristesse nostalgique, notre ami ne ressentit pas grand chose. Cela remontait à tellement loin et la vie lui avait arraché tellement de choses, que son père ne comptait plus vraiment pour lui. Avec le temps, ce dernier avait appris à lui faire confiance et à lui laisser carte-blanche, on lui avait même proposé un grade dans l'organisation, mais lui n'en avait rien à faire, tout simplement.


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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Mer 12 Oct - 21:51

« Euh oui, peut-être... Je dois admettre que je vois jamais trop quand ça m'arrive. » Que je lui souffle en réfléchissant. Je suis pas à l'aise avec ce genre de choses, clairement, mais c'est plus largement avec les hommes que je suis pas à l'aise. Par contre, de là à être étonné, de croire que j'en ai l'habitude, c'est un autre monde. Je suis pas certaine d'en avoir l'habitude. Par là, je veux dire que même si on me foutait un panneau lumineux sous le nez à ce sujet, me concernant, je serais fichue de pas le remarquer. Comme si mes yeux refusaient de le voir. Et puis, à côté de ça, bien sûr que je pourrais voir ces comportements et en tirer profil sur une situation donnée. Mais c'est parce qu'il y a un intérêt. Quand il n'y en a pas, je suis perdue. « Alors ça se trouve, on a déjà essayé de me draguer sans que je m'en rende compte pour autant. »

Je lui fais un sourire amusé. Après tout, mieux vaut en rire qu'en pleurer. Et je m'interroge un peu aussi. J'essaie de me rappeler comment ça s'est fait avec Wade ; comment on en est venu là. Parce qu'en tant que personnes, on peut pas s'encadrer... Mais sur un plan en particulier, on excelle l'un comme l'autre. Il a jamais vraiment essayé de me séduire, ou alors ma mémoire a préféré virer ce traumatisme de mon esprit. Je pouffe un temps, avant que Sergeï ne fasse une observation qui a du sens. Je suis d'accord avec lui : « Disons qu'il vaut mieux être avec quelqu'un qui aura conscience que tu mens. Il n'y a qu'un collègue pour comprendre pourquoi tu le fais, et qui aura la même vision des choses que toi à ce sujet. »

C'est bizarre dit comme ça. Je vais pas aller encourager une relation de travail qui s'étend sur un plan trop perso, mais c'est le seul truc qui fait assez sens pour être acceptable sur le long terme pour moi. « Sinon, tout ce que tu entreprendras finira par se casser la figure, malgré tes efforts. Personne peut vivre dans le mensonge tout le temps, et qu'importe la relation, elle n'est pas tenable à terme s'il n'y a justement que du mensonges. » J'ai essayé, avec un aussi bon menteur que moi. Et j'y ai perdu beaucoup au change. Alors forcément, ça met bien des choses en perspectives, et ça refroidit surtout. Pas envie de me relancer là dedans, c'est trop compliqué. Puis, si c'est pour m'inquiéter de savoir quand il ment de quand il ment pas, ça me rendrait folle je pense. « J'ai essayé mais bon... que je lui avoue avec une petite moue. Je suis mieux comme ça, plus heureuse d'une part, et ça me va de ne pas être obligé de mentir à quelqu'un en permanence pour le garder sous de faux prétextes. Même pas pour moi, mais pour des illusions. »

Parce qu'à Hydra, nous sommes surtout des illusions. On donne l'impression d'être des gens normaux, alors que nous ne sommes que des couvertures, et des tueurs cachés dessous. L'histoire de Sergeï ne fait que me conforter dans cette impression de construire quelque chose de faux. Lazarus a conscience de ça, même s'il ne sait pas tous les détails. Il est intelligent, assez pour savoir que je ne fais pas ce que je lui dis. Il est déjà tombé sur des dossiers étranges, ou sur les armes cachées. Même si je lui ai demandé de ne plus jamais se montrer curieux à ce propos... Enfin, j'écoute l'homme d'église, avec une attention toute particulière alors qu'il se remet au travail sur mon dos. « Piotr ? » que je l'interroge à la fin de son récit, avec l'impression qu'il me manque des pièces au puzzle.

« Oh non, avant ça j'étais... garde du corps. » que je lui réponds simplement avec une petite moue amusée. « Ma première mission, s'était de protéger un type qui avait besoin d'une escorte. Je l'ai tellement bien protégé que j'ai fini par l'épouser. » J'ai un petit rire. Peut-être que Sergei a déjà vu ma chaine, et l'alliance au bout de celle-ci. Je ne m'en sépare jamais, alors ça ne serait pas si étonnant. « Il est mort dans un accident de voiture, donc bon. » Que je lui précise ensuite, pour ne pas qu'il y ait de question à ce propos. Pas encore d'expliquer, ou de trop m'attarder dessus.

« Chez Hydra, c'était de faire une extraction en urgence. On devait mettre la main sur un scientifique protégé par le SHIELD. Enfin, une histoire longue comme mon bras, qui s'est bien terminée pour nous. J'ai l'impression que les gens ont tendance à moins se méfier quand on est une femme et qu'on est capable de faire semblant de sourire. Ils n'ont pas l'air de croire qu'une demoiselle comme moi toute maigrichonne est capable de leur flanquer une vraie raclée. Une humiliation, même. » Que je blague pour moi-même, portant une main fraîche sur mes côtes fragilisées pour les soulager. Je commence moi-même à me refroidir, dans cette tenue. Mais je patiente encore : « Tu as fini ? » Que je lui demande en regardant par dessus mon épaule. « Ou commencé ? »

J'ai un doute, il ne me semble pas avoir senti quoique ce soit. En fait, avec tout ça, j'en ai oublié pourquoi j'étais là, trop occupée à parler de tout et de rien avec lui. Au moins, ça distrait, ça occupe. Ça permet de pas sentir plus la douleur, même si pour ça, j'ai des souffrances bien plus vives qu'une aiguille en train de recoudre deux chairs séparées. « Je sens rien... Je sais pas si le nerf a pas été touché, vu que j'ai vraiment l'impression d'être insensible... » Je réfléchis un temps, avant d'avancer une autre théorie : « Ou c'est l'alcool. Peut-être que je suis saoule. » ça serait même pas fou.
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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Lun 17 Oct - 3:44



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Neena & Sergeï







Sergeï écoutait avec grande attention ce que Neena racontait, le tout, sans la moindre intention de se moquer. Oh, certes, la jeune femme n'était pas la plus à l'aise avec ce genre de choses, il l'avait déjà taquiné dessus, nul besoin d'en rajouter. De plus, n'était-il pas le moins bien placé pour rire de ce genre de choses, lui qui n'avait connu que très peu de femmes, en dehors de celle qui lui avait offert le plus précieux des présents ? Sans doutes que non. Sans doutes aussi que la mercenaire n'avait pas conscience de cela, sans doutes aussi n'avait-elle pas l'information, ou sans doutes encore qu'elle n'était pas suffisamment malicieuse pour se permettre ce genre de choses avec celui qui avait un âge convenable pour être son père. Peut-être aussi que, tout simplement, elle ne s'en préoccupait pas, ce qui n'était certainement pas dénué de sens. Alors, ravi d'en apprendre un peu plus sur cette charmante jeune femme, se contentant d'esquisser un sourire lorsqu'elle finit par avouer que de fait, quelques hommes avaient du essayer de la séduire, sans pour autant qu'elle le remarque. Oh, il aurait pu étayer ce fait, en lui disant qu'elle était après tout une belle femme et que, cela avait certainement dû arriver mais, notre homme se retint. Après tout, cela n'aurait pas vraiment apporté quoi que ce soit au débat en plus de potentiellement la mettre mal à l'aise une fois de plus. Ce qui vint par la suite, là, la grande blessée semblait parfaitement le maîtriser. La vie de couple avec une vie comme la leur, emplie de sang, de meurtres, de pertes, de mensonges et de départ n'importe quand, n'importe où. Selon elle, il fallait se trouver quelqu'un de conscient de tous ces mensonges, un collègue était sûrement une bonne option. Une fois de plus, il aurait pu la titiller, prétextant y voir des avances, pour la voir tenter de se dépatouiller de tout cela, mais l'homme se retint, gardant uniquement ce sourire en coin qu'il lui fut difficile d'effacer. Bientôt, la jeune femme se laissa même aller à la confession, parlant d'un compagnon, avec qui elle semblait avoir vécu, mais aussi de très nombreuses fois menti, ce qui finit par les mener à la perte. Malgré tout, elle se dit heureuse, ou tout du moins, mieux comme cela, ne plus être obligé de mentir, encore et encore, cela devait sans doutes soulager.

Relativement d'accord avec tout cela, il était avant tout plaisant pour lui que son amie se soit confiée de la sorte. Cette conversation, d'ailleurs, en vint à lui rappeler un verset, qu'il déclama du ton solennel habituel à ce genre de citations « Si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous les deux dans une fosse. Mathieu 15:14. » Sans doutes que la jeune femme ne comprendrait pas la raison de tout cela, de cette pulsion presque soudaine de vouloir citer ces écrits, ainsi, pour éviter une quelconque gêne qui pourrait en découler, l'homme mûr se contenta d'enchaîner, tout simplement. « Je comprends cela. Le mensonge finit par me coûter ma femme et ma fille. Lorsqu'elle a découvert que je faisais partie de Hydra, elle a pris ma fille et s'est enfuie et cela m'a pris vingt ans pour retrouver leur trace. Tout finit toujours par éclater au grand jour, avec un peu de patience. Mais, je doute fort, que vivre avec un collègue soit une bonne idée. Il me semble que cela ne pourrait qu'engendrer plus de difficultés, du moins, au sein de Hydra et ... » Prenant un court instant de réflexion, l'étranger tenta de trouver une phrase, la moins dérangeante possible, pour parler de ce sujet, dont il ignorait même s'il avait le droit d'évoquer. « Pardonne ma curiosité mais … Tu dis ne plus avoir à mentir. Comment fais tu avec ... » Il l'avait perdu, ce nom. Ce nom si important pour cette femme. Le comble de la chose était que ce garçon arborait en plus, un nom biblique, quel mauvais prêtre faisait-il en ce moment. Et puis, un flash, il se revit cette scène dans son esprit torturé, Jesus, avec, à ses pieds Marie de Marthe, effondrée par la mort de son frère, avant que le messie ne vienne ordonner à ce mort de se lever. « Lazarus ? Il doit être difficile de ne dire que la vérité. Enfin, ne te sens pas obligée de répondre, pardon, le vieil homme que je suis est devenu bien trop curieux. »

L'histoire du russe semblait intéresser la jeune femme qui, plus que pour passer le temps durant cette opération, semblait écouter cela avec grande attention, en allant même jusqu'à poser une question, sur un passage qu'elle n'avait pas bien compris. Après tout, c'était sa faute à lui. « Piotr est mon frère, l'aîné et l'aimé de la fratrie. » Qu'il se contenta d'ajouter avec un petit rictus, à moitié de dégoût et à moitié de fierté, mélange bien étrange qui s'expliquait par cet amour inexistant entre les deux frères, mais aussi par le fait que s'il n'avait pas été là, il n'aurait jamais perdu Yulia. Cela pouvait aussi s'expliquer que, malgré le grand destin que lui avait promis leur père, l'aîné était incapable de se protéger par lui-même mais semblait aussi avoir une prédisposition toute particulière pour faire des conneries en tout genre, contrairement à lui, qui était pourtant le vilain petit canard. Suite à cela, la belle parla de sa toute première mission, en tant que garde du corps, corps qu'elle finit d'ailleurs par épouser. Ces souvenirs semblèrent lui être grandement plaisant, à la voir rire et sourire, chose qui aurait presque pu réchauffer un peu plus le cœur froid et brisé de cet homme. Avant de lui lâcher brutalement qu'il était mort dans un accident de voiture. Plutôt que de s'excuser inutilement, l'homme fit une simple remarque. « Cela explique ce pendentif peu ordinaire. » Oh il aurait pu continuer sur la chose, lui dire à quel point cela se voyait dans son intonation mais aussi sur son visage à quel point elle l'avait aimé et sûrement, à quel point elle l'aimait toujours, mais, était-ce réellement nécessaire que de raviver tout cela ? Que de remuer le couteau dans la plaie ? Non, certainement pas.

Enchaînant sur sa première mission au sein de Hydra, Sergeï écoutait avec grande attention, continuant son travail, ce qui semblait bien moins perturber la belle que lors de son travail à la jambe. Il était question d'exfiltration, mais aussi de soldats un peu trop naïf, incapable de penser qu'une femme comme elle pouvait être aussi dangereuse, ce qui semblait l'amuser. Peut-être même trop, au vu de sa main posée sur ses côtes, les rires devaient la faire souffrir. « Rares sont les hommes peu sensibles aux charmes d'une femme, tout simplement. Les idiots sont nombreux aussi, ne jurant que par leur muscles et leur puissance. Les arts martiaux ont été créés pour que les faibles combattent les forts, mais cela semble avoir été oublié par de nombreux. » Soupirant longuement en terminant son œuvre, il finit par couper le fil et faire un nœud pour enfin reprendre. « Là où beaucoup verront une grande faiblesse dans ce manque de puissance brute, je vois une force. Sûrement une des plus dangereuses, l'élément de surprise. Une simple fraction de seconde, où la vigilance est relâchée suffit à tuer. Sur ce point, tu as grand avantage ma chère. » Le tout avec un très léger rire, avant que la patiente ne vienne s'enquérir de l'avancée de ses soins, disant ne rien ressentir, supposant un nerf touché, avant d'en arriver à une conclusion tout aussi plausible, l'alcool. « Je viens de finir et, oui, la vodka cogne fort. Je ne suis pas médecin, mais, je suppose que vu la proximité avec les cotes blessées, cela doit anesthésier la zone. Il ne me reste plus qu'à te bander et … J'ai même de la pommade quelque part qui traîne. » Se relevant doucement, notre homme vint fouiller quelques tiroirs avant d'en tirer victorieux un vieux pot en terre cuite qu'il ouvrit pour venir le passer devant le nez de son amie, moqueur et taquin. « C'est efficace … Enfin, efficace, ça va te soulager, malheureusement, ça pue. Je … Vais essayer de ne pas te lancer mais, je ne peux rien te promettre. » Laissant quelques instants à Neena pour se préparer mentalement à ce qui allait suivre, entre le froid du baume et, la douleur potentielle, l'homme de l'est finit par se mettre à la tâche avec une douceur et une tendresse que ces deux mains n'avaient que rarement connu.


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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Lun 17 Oct - 13:07

« Oui, c'est vrai... » Que je lui fais après réflexion. Être avec un collègue, même s'il connait ton métier et donc tes missions et ce que tu es obligée d'accomplir, c'est pas forcément l'idée du siècle. Forcément que ça pose plein de problème auprès des supérieurs, et des autres qui travaillent avec toi. Mais je préfère passer là-dessus, j'ai pas dans l'intention immédiatement de me taper un partenaire de crime, j'ai dit que j'étais bien comme ça, je vais m'y tenir tiens. « Mais du coup, à qui tu pourrais confier ça ? » que je lui demande, comme s'il pouvait avoir la réponse à ma question, ou un conseil à me donner. Je sais même pas pourquoi je demande, il est homme de foi, il doit attendre le mariage pour ça alors franchement...

« Tu t'imagines rencontrer quelqu'un et lui balancer 'hey salut, alors je travaille pour une organisation qui me demande de tuer, kidnapper, enfermer, blesser des gens. Et sinon, toi, c'est quoi tes passions dans la vie ?' au premier rendez-vous ? » J'exagère volontairement le trait, évidemment, mais ça a le mérite d'être assez rigolo comme image. Un tête à tête au restaurant, qui tourne court quand le type se barre en courant très loin après avoir entendu ça, simplement parce qu'il sait que sinon c'est lui que je finirais par tuer si un jour il m'emmerde trop. Jamais testé. Mais ça pourrait être drôle. « Parce que révéler un secret après des mois de relation, voire des années, c'est se tirer une balle dans le pied. L'autre va se rendre compte que tu es capable de lui mentir durant des années et des années sur un sujet aussi important et gros que ta propre vie... Comment tu peux faire confiance à quelqu'un après ça ? »

Tu ne peux simplement pas, je le sais. Nathan ne me faisait déjà plus confiance avant ça, quand on a commencé à être vraiment ensemble et à s'aimer pour de vrai. Notre relation s'est brisée à partir du moment où les premiers doutes se sont installés et qu'aucune réponse n'a été donné... « Et puis, si tous les secrets finissent par se connaître de toute façon... » Je hausse les épaules en me faisant un peu mal au passage. Pas grave. N'empêche que la question suivante m'arrache une moue surprise, alors que je me tourne vers Sergeï pour pouvoir le regarder, et le gener au passage dans ses soins : « Avec mon frère ? » Que je rétorque. « C'est un peu différent... » Même si je ne vois pas trop comment l'expliquer sur le moment. Vrai que je ne lui dis pas toujours la vérité.

« Disons qu'il sait que je ne fais pas le métier que je dis faire aux autres, mais il fait comme si, parce qu'il sait plus ou moins que je lui en parlerais quand il sera plus grand. » Je préfère attendre ses dix ans, ou plus, je ne sais pas encore. Viendra un moment où il me posera la question de lui-même, alors peut-être que là, je lui dirais toute la vérité et ça ira bien ainsi. Ce jour-là, je me suis promis de ne pas lui mentir, d'être franche, et honnête, avec lui. On verra bien s'il choisit de me fuir ou pas... Même si j'en doute en fait. « Comme je le dis souvent, il est plus intelligent que les autres, mais il a vu des trucs avant que je le récupère qui était pas normal. Ma mère l'a mis au monde alors qu'elle s'était engagée dans une secte et elle était clairement atteinte. Je l'ai connu, lui, il avait déjà cinq ans... » J'ai un petit sourire, laissant Sergeï continuer ses soins : « Je pense qu'il se dit qu'avec moins, c'est toujours moins pire qu'avec eux, tu vois ? »

Et quand je constate la réaction de Sergeï quand il me parle de son grand frère, je me dis qu'au moins, Lazarus et moi, on a de la chance d'être complice. On s'aime, entre nous, à notre manière. C'est de la vraie affection, quelque chose de sincère. Je me dis sur le coup que j'ai pas besoin de poser la question à l'homme pour connaître la suite. Il n'a pas l'air de porter son aîné dans son cœur, et vu sa réflexion sur le fait qu'il était « l'aimé » de la famille, je pense qu'il y a apparemment eu un traitement de faveur entre les frères. Les problèmes de famille, je ne comprends pas trop pourquoi ça existe, mais je suis pas la mieux placée pour dire que j'ai une famille exemplaire. Je n'ai plus de contact avec ma mère, mon père rarement, il ne me reste que mon demi-frère que j'ai retiré d'une secte en le kidnappant. On a connu mieux comme réunion de Thanksgiving.

« Non seulement c'est une force... » Que j'entame en répondant à Sergeï à propos de l'avantage qu'on a, nous les femmes pratiquant un sport de combat sur un homme en général : « Mais en plus c'est assez drôle de voir l'air stupéfait d'un type qui se pensait ultra fort. » Et pour appuyer mon propos, j'ai un rire amusé pour de vrai. Combien j'en ai vu qui en sont tombés des nus en se prenant une sacrée raclée de ma part ? Sous mes airs se cachent une battante qui n'abandonne jamais. Frank peut en témoigner désormais. Et je pense ça quand Sergeï m'avertit qu'il en a fini, et qu'il m'amène un baume qui pue. Je grimace un temps avant de fermer les yeux à cause de l'odeur : « ça va que je te fais confiance, hein. » Je me contracte sous la douleur quand il m'en applique. C'est frais, ça brûle un peu, loin d'être agréable. L'application de l'homme n'y change pas grand chose.

J'attends que ça sèche avant de retourner sur mes jambes. Je titube, parce que j'ai des fourmis dans les muscles qui m'empêchent de tenir trop droite, et je me rattrape à la table en essayant d'avoir l'air normal. Je suis à peu près sûre que si je me fais contrôler par la police en rentrant chez moi, mon test d'alcoolémie sera positif. Mais je tire sur mon vêtement pour le récupérer, et le remettre au plus vite. Il commence à faire frais, et toute gracieuse et ravissante que je suis, ce n'est pas dans cette tenue que je me sens à l'aise. « Merci de ton aide. Je ne sais pas comment j'aurais fait sans toi. Je t'en dois une... » Que je lui annonce avec un sourire, en m'appuyant contre le meuble derrière moi.
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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Ven 21 Oct - 17:34



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Neena & Sergeï







Tout deux semblaient partager un avis similaire sur la chose. Un compagnon d'arme, un collègue, ces personnes étaient sans doutes les seules possibilités envisageables pour une relation, plus ou moins normale. Autant, il leur serait plus facile d'accepter les secrets les plus inavouables de tout un chacun, mais, aussi, il fallait prendre en compte que la majorité des gens avec qui ils travaillaient étaient de grands fous furieux, prêt à tout dégommer au moindre doute, à tout faire exploser et capable de torturer, éventrer et ravager, par simple plaisir. Des gens des plus malsains et, non, contrairement à ce que beaucoup d'entre vous pourraient penser en connaissant notre ami russe, ce dernier était loin, très loin d'être le pire de cette organisation. Il n'y avait qu'à voir les deux frangins, les fils de l'allemande, eux étaient déjà bien plus perturbés que lui, sans le moindre doute. Peut-être aussi était-ce la différence d'âge, lui n'aurait vraiment su le dire, il était comme il était et, il ne se posait pas plus de question que ça. Suite à cela, la grande blessée souleva un point intéressant et pouvant mener à de nombreuses réflexions et théories. Si ce n'était à un collègue, à qui pouvait-on bien avouer ce genre de secrets si bien garder ? D'autant plus qu'il fallait penser à la sécurité de soi, de sa famille, mais aussi de l'organisation. L'on ne savait pas à qui l'on avouait ces choses, cela pouvait tout aussi bien être un membre du SHIELD, ou encore un de ces fous furieux de la garde rouge. L'on racontait qu'il y avait des personnes des plus dangereuses dans cette caste d'élite, avec qui, il ne fallait surtout pas rigoler. Cette exagération un peu poussée de Neena fit doucement sourire l'homme de l'est, qui, rappelons-le, n'étais pourtant pas un habitué de ce genre de démonstration, aussi minime pouvait-elle être.

Selon elle, les secrets étaient trop lourds et trop tranchants pour être avoués après tant de temps, rajoutant même que les secrets finissaient toujours par être dévoilés en plein jour, à un moment ou un autre, avant de lui donner des conseils, ce qui l'amusa doucement. « Je suis certainement le moins bien placé pour te donner des conseils ma chère. Tu sais, en dehors de la mère de Yulia, je n'ai connu que très peu de femmes. Très peu de gens le savent mais, j'ai passé une grande partie de ma vie à voyager, essayant de trouver leur trace sur tous les continents, le plus de pays possible. J'ai souvent atterri dans des zone de guerres, la foi aidait ses pauvres gens, mais plus que ça, il m'est arrivé de sortir la nuit pour m'occuper des ces seigneurs de guerre autoproclamés et de leur troupe. Je ne sais pas comment expliquer, mais, durant un long moment j'ai vu cela comme une sorte de pèlerinage, pour me rattraper. Cette force et cette brutalité qui m'avait été confiée devait avoir un but et, protéger ces pauvres innocents semblait une bonne chose. Quand ils en arrivaient à comprendre que j'étais la raison de cette libération, ils me voyaient comme un héros et … Je pense que pendant un moment j'avais la cote avec les femmes locales, pourtant, quand ils découvraient l’étendue des dégâts ils étaient nettement moins amicaux. Ils étaient effrayés et puis, je suppose que je n'ai pas un faciès des plus tendre. Mais qui sait, peut-être qu'en ayant profité de la situation à l'époque, j'aurais pu te conseiller. » Riant avec douceur, l'homme se fit quelques peu plus sérieux par la suite, pour lui donner les seuls mots qu'il pouvait connaître à ce sujet, ceux de sa chère et tendre mère. « La seule chose que je sais, c'est ce que me disait ma mère, il y a un bon paquet d'années. Cela peut sembler bateau mais, selon elle, le Seigneur a dissimulé, là, quelque part, dans notre vaste monde, une âme capable de nous compléter, il nous suffit de la trouver. Peu importe les échecs, il nous faut persévérer et, quand l'on tomberait dessus, on le saurait. Qu'importe les secrets, qu'importe le passé, qu'importe les défauts, à ses côtés, l'on deviendrait une meilleure personne. Une personne entière, tout simplement. »

Ce qui vint ensuite était au sujet de son jeune frère, dont il appris, sur le coup, quelques petites choses, notamment au sujet de sa mère, qui était bien loin d'être aussi aimante et bienveillante que la sienne. Le garçon semble se douter de quelque chose, que ce métier qu'elle annonce être l'officiel n'est en aucun cas celui qu'elle exerce, pourtant, il se montre patient, attendant sagement l'heure où elle lui avouera enfin. Chose que notre ami pensait être une partie de la bonne solution. « Je vois. Je ne pourrais que prier afin que cela se passe bien pour vous deux, mais, je suis presque certain qu'avec un si lourd passif et, cet amour qui vous lie, tout se passera bien. Tu étais sa sœur, tu es aussi devenue en quelques sorte sa mère, tu sais, pour un homme, il n'y a rien de plus important que ça. »

Le baume sembla la déranger, du moins du côté de l'odeur mais, elle lui avoua avoir confiance, ce qui lui fit un petit quelque chose dans son cœur âgé et abîmé, comme si, il était à deux doigts d'avoir d'avoir un soubresaut, lui qui était pourtant éteint depuis tant d'années désormais. L'application ne semblait pas particulièrement lui être agréable, mais, la belle se laissait faire, tandis que lui, de son côté, essayait de se montrer aussi doux qu'il le pouvait. Autant que ses mains tâchées du sang d’innombrables victimes pouvaient le lui permettre. Une fois sèche, la demoiselle se leva, difficilement pour tenter de s'habiller en remerciant son ami, précisant qu'elle avait une dette, ce qui le fit soupirer un long moment. « Tu me dois rien, c'est la moindre des choses. Tu sais que tu es ici, comme chez toi. Si tes points sautent à nouveau, n'hésite pas et ah … Tiens. » Se retournant pour récupérer le pot de terre cuite, l'homme d'église le rangea doucement dans un linge pour le protéger avant de le poser à côté des affaires de la jeune femme. « Tu vas en avoir besoin. Je te demanderai juste de prendre soin du pot et de me le ramener quand tu iras mieux, c'était … A ma mère, j'y tiens beaucoup. » Souriant, pour une fois, chaleureusement, il ricana même en observant l'équilibre tangent de la jeune femme, peut-être la douleur, peut-être la vodka. « Tu veux que je te raccompagne peut-être ? Tu n'as pas l'air au mieux de ta forme là, j'ai encore du temps avant la messe de ce soir. »


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MessageSujet: Re: Close to be friends - Sergeï   Ven 21 Oct - 19:36

Les mots de Sergeï font vibrer quelque chose en moi. Je ne saurais dire quoi précisément, ni ce que ça vaut, ni si je vais m'y attarder plus longtemps. Il n'empêche que, je l'écoute avec une attention particulière. Je vois son errance, j'imagine ses combats et ses victoires mitigées au goût amer. Ses échecs, et finalement, ses pensées. L'homme qui me soigne a été capable de retourner littéralement le monde entier juste pour sa femme et sa fille. Je ne sais pas si je serais capable d'en faire autant pour une âme sœur. J'espère ? D'un autre côté, j'ai aussi envie qu'on se donne ce mal pour moi, et je ne sais pas où est-ce que je pourrais trouver une personne capable de tout ça pour mes beaux yeux.

Je ne peux m'empêcher de me tourner vers lui, pour chercher son regard, et lui lancer simplement : « C'est beau ce que tu dis. » Que je lui sors avec sincérité, avant de me rendre compte que je pourrais me laisser berner par tout ça : « Et super niais. » Parce qu'il ne faut pas trop en rire. Je suis une femme forte et indépendante, qui ne se laissera pas berner par de jolis contes d'amour, même si ça touche une corde sensible en moi. « Je pensais pas que tu étais le genre à te gaver d'histoire romantique ! » Que je lui fais avec le sourire : « Tu m'inviteras à ta prochaine soirée marshmallow j'espère ! »

Plaisanterie faite, je redeviens sérieuse un temps et réfléchis. C'est une jolie version du monde que sa mère lui a transmis. Je ne sais pas. J'ai toujours eu un peu tendance à me dire que les choses évoluaient, et qu'il n'y avait pas de tout prédéfini. Qu'on ne faisait que se le créer en fin de compte, qu'on s'adaptait à ce qui se présentait à nous, pour construire à deux une vie mêlée à une autre qui tiendra la route jusqu'au bout. Un soupir m'échappe. La vérité se trouve sûrement entre nos deux visions du monde, un compromis évident qui nous échappe pourtant. « Tu as sûrement raison. C'est beau d'y croire, et de penser ça. Je vais m'y mettre aussi. » Que je souffle simplement.

Sans savoir si cette chance viendra taper un jour à ma porte. Ça serait sans doute bizarre qu'un type arrive et me sorte « hey, salut, je suis ton âme sœur et nous avons de grandes choses à vivre tous les deux. » Un petit rire m'échappe, avant de reprendre mes mots au plus vite et lui dire : « En fait, j'espère que tu as raison. » Parce que même si ça serait une mauvaise histoire dont Hollywood ne voudrait pas en scénario, ça serait tout de même une histoire qui mettra des étoiles dans les yeux à tous ces rêveurs qui ne demandent que ça pour continuer à vivre. Pis va savoir pourquoi, ça me met un peu de baume au cœur, aussi. Tout du moins, à ce petit cœur tout sec enfermé dans une forteresse aux murs épais, et aux gardes tournant tout le temps pour ne laisser personne approcher.

Je remercie Sergeï du regard. J'ai l'impression d'en avoir plus appris aujourd'hui que n'importe qui. Et que cette relation qui tend vers l'amitié n'est pas seulement celle de deux collègues qui parlent de la solitude et de ses conséquences. Il n'y a pas qu'un échange entre deux âmes un peu perdues qui s'abritent un moment pour faire une pause sous cette tempête qu'est l'existence. Il y a un peu plus. J'aime croire ça. Et comme l'inquiétude de Sergeï est sincère, je pose son pot contre ma poitrine, et lui lance avec le sourire : « Promis, j'en prendrais soin. » Ce n'est pas l'alcool qui parle, je le sais. Et l'homme d'église s'en rendra compte aussi, il me connait assez bien maintenant.

« Ne t'en fais pas pour moi. » Que je lui souffle finalement en terminant de me rhabiller. « Je vais rentrer doucement mais sûrement chez moi, et me reposer pour de bon. D'ici quelques jours, je serais en forme, et ça serait grâce à toi. » Je lui fais face, et lui offre un grand sourire avant de me hisser sur la pointe des pieds et venir embrasser doucement son front. « Merci pour tout, Sergeï. »
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Close to be friends - Sergeï
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