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For all the ache it causes • REED&TERRENCE
◄ The real crime would be not to finish what we started ►
Terrence Nivans
Humain modifié
Terrence Nivans


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More about you :
...

Codename : Soldier
Pouvoirs : Un virus lui permet d'envoyer des décharges électriques suite à une altération physique importante. Il possède également une force surhumaine bien qu'il soit déformé par l'infection.

Il est insensible aux influences et persuasions extérieures et/ou supérieures, du fait de la possession d'un ancien charme offert par sa mère. Ah les talismans magiques...

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Emergence :
For all the ache it causes • REED&TERRENCE Fonddr113 / 53 / 5For all the ache it causes • REED&TERRENCE Fonddr11
Maitrise :
For all the ache it causes • REED&TERRENCE Fonddr112 / 52 / 5For all the ache it causes • REED&TERRENCE Fonddr11
Messages : 449
DCs : Amaury, Morgan, Ryan, Hailey, Moran, Eames, Nathan, Lena & Eden

Jeu 14 Fév - 22:02

For all the ache it causes
Reed & Terrence
♠ ♣ Afterglow. Light a candle for us in the rain. Touch and go. Life moves on in mysterious ways. Living with ghosts. A soul as dark as coal. Asleep at the controls. Not thinking straight. Wanna let go. The words caught in your throat. Someone that you can't hold. With you always. ♥ ♦

Tu tirais sur ta cigarette sans t'arrêter. A t'en faire tourner la tête. Déambulant dans ces rues que tu avais fini par connaître instinctivement. A force de les arpenter durant tes sorties improvisées. Prenant ce chemin machinalement vers ce bar que t'avais découvert par hasard. Ou du moins c'était ce que tu te disais pour ne pas t'ancrer dans ta paranoïa ou dans cette sensation étrange d'être devenu creepy. Depuis l'incident, t'avais pas cessé de rester sur tes gardes, de scruter tous les passants quand tu sortais. T'avais cru voir des visages sensiblement familiers, mais t'avais foutu ça sur le compte de ce choc provoqué par la presque noyade. T'avais pensé halluciner suite au traumatisme causé par l'explosion, et t'avais fini par évincer ces souvenirs. Ne plus les contempler et les estomper comme t'avais oublié des éléments de ton passé. T'avais réussi à t'en débarrasser durant un certain temps. Mais c'était revenu telle une claque en pleine gueule. Par un simple appel de la part de ta sœur, tout ton monde s'était à nouveau écroulé. Elle t'avait raconté quelques détails sur la cérémonie concernant ta mort. Te donnant le plus d'informations possibles afin que tu puisses déterminer qui avait été présent à tes funérailles. Des plus hauts-gradés aux autres, simples soldats de la navy. Des gens que tu avais jadis connu, mais qui t'étaient presque devenus étrangers. Jusqu'à ce qu'elle s'était mise à détailler une silhouette que tu pensais perdue à tout jamais. Ses contours encore pourtant ancrés en ton esprit. Celle de ton supérieur direct, ce capitaine que t'avais eu du mal à saquer de prime abord. Reed s'en était tiré. Il avait survécu à l'attaque, et assisté à tes funérailles. Il était présent durant ce moment auquel tu n'avais pu assister, tel un rescapé miraculé. Comme si tout avait été ficelé, pour en arriver ici. Comme s'il faisait partie des coupables que tu recherchais et traquais. C'en était presque indécent, tant c'était offensant. décadent même, de seulement y penser, mais tu n'avais pas pu évincer la possibilité. D'autant plus que tes effets personnels étaient revenus à ta famille, mais ta sœur t'avait raconté qu'elle avait vu l'une de tes anciennes médailles lui être léguée. Un souvenir, de quoi se rappeler de toi, comme les gens le disaient. Mais qui ressemblait presque trop comme une récompense, pour une trahison si dûment silencée.

T'y avais pas cru en premier lieu. Tu ne voulais pas y croire en réalité. Reed était parfois con et chiant, mais pas stupide non plus. Jamais il n'aurait pu faire du mal à votre équipe, tant il l'affectionnait. Tout le monde le voyait comme le père de cette famille recomposée. Dysfonctionnelle à souhait, mais soudée malgré tout. Tu ne pouvais pas penser allègrement au fait qu'il pouvait être coupable de tout cela. Qu'il faisait partie de ce complot vous ayant évincés. Neutralisés, serait plus juste. Le fait qu'il était toujours vivant après tout ce temps t'avait laissé un goût amer au creux de ta gorge. Une saveur que tu ne pouvais ravaler, pas même avec tout l'alcool que t'ingérais ou les roulées que tu te grillais. Tu refusais d'admettre cette hypothèse, et pourtant, au fond de toi, tu doutais quand même. T'étais tellement endommagé par la vie, qu'une déception de plus ne t'aurait plus rien fait à ce stade. Juste briser plus encore ce qui était déjà en miettes. De la poussière sur les ruines qui restaient de toi. Une myriade de fragments éparpillés partout en ton être, sans espoir de les recomposer. Tu soupirais, soufflant cette fumée qui s'échappait d'entre tes lèvres. Expirant ta frustration et tes sombres pensées en baissant la tête. Capuche rabattue pour éviter qu'on ne te reconnaisse. Bien qu'en général tu passais inaperçu, t'essayais quand même de la jouer discret. C'était ainsi que t'avais retrouvé Reed après tout. Tu l'avais revu une fois, totalement par hasard. La première fois t'avais cru rêver, alors t'avais tourné la tête et continué à boire. La fois suivante, l'automatisme ne s'était pas déclenché. Et t'étais revenu à tes vieilles habitudes. Tu l'avais scruté, dans ce bar sans pouvoir l'approcher. Sans le vouloir non plus. Et t'avais réalisé que c'était bien lui, lorsqu'il s'était mis à gueuler. Râler, c'était dans ses gènes. Quelque chose dont il ne pouvait se débarrasser.

Ce soir, t'étais en chemin pour retourner dans ce même bar. Tu savais même pas si t'espérais le revoir, ou si tu préférais qu'il soit pas là. Ailleurs, pour cette fois. Tu pensais aller lui parler, subtilement, juste pour t'assurer que c'était bien lui. Et aussi pour savoir s'il n'était pas après toi. Bien que personne n'était encore au courant de ta renaissance, outre ta sœur. Tu pouvais pas t'empêcher de craindre pour ta sécurité malgré tout. T'espérais au plus profond de toi qu'il n'était pas dans le coup. Et ce soir, t'allait enfin savoir. Tirant une dernière fois sur ta clope, tu finis par la jeter à terre, l'écrasant de la pointe du pied. T'enserrais un peu plus ta veste rembourrée et sombre contre toi, comme pour te protéger. C'était pas que ça caillait, mais si, un peu quand même, en fait. Soupirant une ultime fois, tu poussais la porte du bar afin de t'y engouffrer. Gardant un air impassible tandis que tu t'approchais du comptoir. Tes iris parcourant la salle à la recherche de ces contours familiers. Il était déjà là, bien installé. Alors que tu venais seulement d'arriver. Ainsi, tu mettais de la distance entre vous, bien que tu ne souhaitais que la combler en l'instant. Pour le frapper ou l'enlacer t'en savais trop rien par contre. L'atmosphère crépitait des voix des habitués, tandis que tu commandais ta bière et ton plat de la soirée. Un simple steak, le meilleur du coin à vrai dire. Ça te rappelait les soirées barbecue à la maison, quand t'étais encore vivant. Du moins, quand t'étais pas encore considéré comme mort, avant que tu ne doives te cacher dans ta solitude et te morfondre dans l'amertume. Plusieurs minutes passèrent alors que tu gardais le silence, tête baissée, bien terré sous tes couches de vêtements. Seulement tiré de tes pensées lorsque la barman déposa devant toi ton repas de la soirée. Tu la remercias d'une voix quelque peu fébrile, avant de t'installer. Découpant un morceau que tu savourais à moitié du fait de ce nœud en ta gorge enserrée. Les fragrances chatouillaient pourtant tes narines, embaumant sous ton palais. Le poids de la nourriture sur ta langue, un réconfort particulier. Un moment de silence, alors que sans réfléchir, la nostalgie t'empoigna. Et que tes paroles s'envolèrent sans que tu n'aies pu les retenir. Difficile de trouver un bon steak par ici. Pas comme à la maison. Tu réalisais tes propos, te figeant sur place. Ravalant difficilement cette bouchée que tu peinais à déguster. T'entendis grogner à côté de toi, pester même. T'osait pas détourner la tête, ne faisant que la rabaisser plus encore. Épaules affaissées, yeux brusquement fermés, tandis que tu te recroquevillais de plus en plus sur toi-même. Délaissant tes couverts, serrant les poings en les posant sur ton front, grommelant pour la peine. Sont pas comme ceux de chez nous, c'tout... T'arrivais plus à rien avaler.



Ayaraven


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We be all night, and everything all right. No complaints from my body, so fluorescent under these lights.  -   byendlesslove
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Reed Redfield
Mutant
Reed Redfield


https://houseofm.forumactif.org/t3564-reed-this-room-is-cold https://houseofm.forumactif.org/t3563-fear-of-the-water-reed
More about you : angry old boy
Codename : Captain Nope, Silver Dagger, au choix
Pouvoirs : T'as une mutation qui vient de tes yeux il semble. Un pouvoir de séduction, petit sourire, t'es dans les filets. T'as une vision nocturne, un scan optique intégré à ton regard, vachement pratique pour tes missions
Emergence :
For all the ache it causes • REED&TERRENCE Fonddr112 / 52 / 5For all the ache it causes • REED&TERRENCE Fonddr11
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DCs : Peter & Eleanor

Lun 18 Fév - 1:25
❝ i know you love him but it's over mate ❞for all the ache it causesTire sur un rêve inexistant, c’est le sien maintenant. Les draps sont trempés, sueur de son corps et de son esprit. Son esprit ne fonctionne plus vraiment à présent, laissé à l’abandon d’un autre visage, d’un autre temps et d’un autre monde. La fatigue peut certainement se lire sur ses traits. Reed était au lit il y a deux heures à peine, d’un sommeil incomplet, il cherchait le temps de dormir. Il n’avait même pas pu le trouver. Le corps avait une nouvelle fois été traversé de sursauts, une peur immense dans son corps, paralysant son cerveau, paralysant tout son corps. Les draps étaient mouillés, la transpiration qui avait pourri ses draps. L’ancien militaire n’avait même pas pesté lorsqu’il les avait retiré. Il n’avait pas fait de bruits, pas de pleurs honteux, pas de soupirs, juste une lancinante habitude et un mal de crâne présent.

Incapable de se rendormir, aucune idée de la raison pour laquelle il avait décidé de dormir cette journée là, alors Reed avait abandonné l’idée même de rester chez lui. Des murs bien trop blancs, des étagères trop bien rangées, tout sonne faux dans sa maison, dans son chez soi. Il était toujours mieux ailleurs, entre deux verres, entre deux armes, entre pleins d’autres personnes. Peut-être que c’est là qu’il se sent le plus seul, entre tous. Et pourtant cette solitude a quelque chose d’agréable. Quelque chose qui ne mens pas au moins. La voilà peut-être la raison pour laquelle Reed passe la plupart de son temps là-bas, entre deux verres.

Il y est de nouveau d’ailleurs, le visage creux, indescriptible de l’extérieur. Il ressemble à un blasé, une de ces personnes à qui l’on ne veut pas parler, parce que l’on sait, lui parler sera désagréable, parce qu’il vous enverra bouler. S’il ressemble à cette personne, c’est peut-être parce qu’une part de lui l’est. Une part de lui ne série que de rester bien tranquillement à geindre dans un verre à semi plein. Cet endroit Reed y était quelques jours auparavant, endroit que ces sentiments ne font qu’apprécier.

Le bruit autour n’est pas pour le déplaire, il lui apporte une espèce de paix d’esprit, cet esprit qui n’a de problème à s’échapper un peu plus loin, qui divague ce soir même. L’odeur lui pique au nez, le brun renifle. L’odeur qui lui pique au nez et qui lui rappelle quelques vagues souvenirs. Des personnes, un bateau ou juste un de ses souvenirs. Ceux là ils les voient encore en rêve, lorsqu’il imagine la petite famille dont il avait pris part quelques années auparavant. Il n’a pas de soucis à se revoir devant le barbecue, le sourire crispé sur les lèvres, une bière à la main, simplement regardant passer le temps. Regardant passer le temps et son ami. Cet ami il le regarde avec attention, le regarde agir avec les autres, l’imagine parfois contre lui, l’imagine dans ses rêves, dans ses bras, peau contre peau.
Mais maintenant Reed ne se permet plus ces rêves là. Il ne se permet plus de penser ni à lui, ni aux autres. Dire leurs noms seraient malvenu. Dire leurs noms seraient raviver une douleur qu’on essaie d’éteindre depuis des années. Le deuil il ne l’a pas fait. Les gens le trouvent ridicule. Les gens il ne les voit plus.

Lorsque la voix s’élève à côté de lui, sa main se crispe sur sa bouteille. Les mots semblent être anodins, une simple phrase ridicule qui pourrait être offerte par tous, pour tous. Mais pas par cette voix. Cette vois qui le ramène à autrefois, le fait frisonner. Cette voix il ne se permet même plus de l’écouter pendant la nuit, il l’enfonce au plus loin de lui même, renforce les barrières de sa conscience, l’oublie loin. Reed tourne la tête. Des jurons s’échappent de sa gorge, plus fort que lui il ne les arrête pas.

Ce visage. Reed renifle. Il amène la bière à sa bouche, essaie de renier le flot de sentiments qui s’écoule dans son corps, traverse toutes les zones de son esprit. «Pourquoi t’es là?» Nouveau reniflement. «Maintenant? Encore?» Est-ce que le lieutenant a trop bu? Il ne compte pas les cadavres de bouteilles, on passe lui récupérer, on lui enlève sa raison, elle lui a échappée depuis longtemps semble-t-il. «Qu’est-ce que j’ai fais aujourd’hui?» Pourquoi tu viens lui rendre compagnie? Pour appuyer encore sur une plaie qui ne veut cicatriser? Pour lui rappeler encore une fois quel mauvais capitaine il fut? Qu’il aurait dû mourir avec ses soldats? Que c’était là son vrai travail? Ta présence lui brise le coeur à chaque fois que tu apparais. Parfois sans parler, juste pour offrir ton regard plein de jugement, plein de remords pour avoir une fois accepter de le suivre dans cette aventure.

La bière est vide, sans que Reed se soit rendu compte de l’avoir descendue. Il la repose, la main tremble plus que ce qu’il aimerait reconnaître. Son visage se tourne de nouveau, espère que s’il ne la regarde pas, cette illusion se sauvera. Il attend quelques instants, commande quelque chose de bien plus fort, quelque chose de sec, qui lui déchirera l’intérieur de la gorge en lui apportant un sentiment de confort, les deux pieds dans la réalité. Il retourne la tête. Le visage de l’autre est encore là. Le sang bout. «Mais vas-t’en putain. Laisse moi tranquille. Même dans la mort tu continues à me faire chier!» Bizarrement, ça sonne comme une blague, ça le fait rire, tristement, ça lui tire ce rire jaune qui se transforme en quelque chose d’autre dans sa gorge. Le visage se baisse, regarde le bar, presque plus intéressant que toute cette discussion avec lui même.
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Terrence Nivans
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Il est insensible aux influences et persuasions extérieures et/ou supérieures, du fait de la possession d'un ancien charme offert par sa mère. Ah les talismans magiques...

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Sam 30 Mar - 17:59

For all the ache it causes
Reed & Terrence
♠ ♣ Afterglow. Light a candle for us in the rain. Touch and go. Life moves on in mysterious ways. Living with ghosts. A soul as dark as coal. Asleep at the controls. Not thinking straight. Wanna let go. The words caught in your throat. Someone that you can't hold. With you always. ♥ ♦

Douleur tiraillant ta nuque alors que tu te tendais. Nostalgie empoignant tes pensées, délaissant une saveur amère sur tes lèvres. Regrets pesant lourdement sur ta langue. Mâchoire crispée, dents serrées. Poings fermés et paupières closes. Tu te figeais dans ta peine, ne t'imprégnant plus que de ces sensations destructrices. Émotions décuplées, sentiments multipliés en entendant le timbre de voix à tes côtés. Autrefois un ton que tu taquinais, que tu appréciais entendre bien malgré toi, sans le réaliser. A présent plus que de la haine crachée à ton visage, de la rage embrasée qui rongeait jusqu'à tes entrailles. Ta respiration était coupée par la puissance de la colère estompée rejetée envers toi. Les propos signifiant tant alors que pourtant si peu n'avait été partagé. Entre vous, que des piques balancées dans un temps passé. A présent ce n'était plus que des regrets qui teintaient tant vos pensées embrouillées que vos paroles étouffées. Les murmures soupirés et remarques autrefois teintées de sarcasme s'étaient envolés à tout jamais. Les yeux levés au ciel auparavant, n'étaient plus que des œillades furtives, imprégnées par les regards noirs échangés. Tant de haine bouillante en ses veines, tant de colère assourdie en les tiennes. Et sa voix pourtant te transcendait toujours comme avant. Malgré les reproches, malgré les doutes. Malgré toute la souffrance accablée, et la douleur déversée. En toi, quelque chose battait furieusement. De l'espoir, au fond de ce trou noir. Parmi l'obscurité présente sous tes côtes. Au creux du vide qui parsemait ta cage thoracique. La zone évidée en ta poitrine, hantée par l'organe figé et brisé. Meutri par les années et le temps passé. Apitoyé sur ton propre sort, maudit par le destin. Le cœur serré tu entrouvrais les lèvres et soufflais bruyamment. Déchargeant la pression qui pesait lourdement en ton être. Les contours tremblant toujours, tu te redressais légèrement, abaissant tes poings sur le comptoir. Entrouvrant les paupières, laissant se déverser quelques perles salées. Sillons éparpillés sur ton visage creusé alors que tu te raccrochais désespérément à la réalité. La pulpe de tes doigts agrippant furieusement le bord du comptoir afin de ne pas sombrer. Te laisser tomber au cœur même de tes tourments qui t'assaillaient.

Le cœur au bord des lèvres, tu ravalais le hoquet qui manquait de t'échapper. Un soupir s'évadait de la barrière de tes lippes, alors que ta gorge s'enserrait plus encore. Ton souffle s'estompait alentour, tes mots mourant à même ta langue. Quelques-uns parvenaient pourtant à s'imprégner en la réalité, pour quiconque pouvait les entendre. J'en sais rien... Des mots incohérents, pas de sens précis. Des regrets mêlés à des récits. Paroles murmurées, soupirées, soufflées. Voix portée à peine plus loin que le verre devant toi. J'pensais pas que t'avais survé... Tu savais pas ce que tu foutais ici. Pourquoi t'étais venu ? Pour le voir lui ? Pour être sûr que c'était bien Reed, et pas un putain de fantôme de ton passé ? Tu voulais rassurer qui dans le fond ? Lui-même, ou ta propre conscience ? T'étais ridicule, Nivans. ... que t'étais encore en v... T'arrivais même pas à former tes propos, tant les mots te manquaient. Tant le poids en ta gorge t'étouffait. Tant celui autour de tes poumons t'oppressait. Respiration comprimée par la réalité imprimée et rêves brisés par les affres du passé. T'étais plus rien qu'un pantin désarticulé. Manquant de t'écrouler, tu bénissais tes phalanges agrippées au comptoir qui te retenaient de sombrer. Le regard brouillé par les perles salées, tu peinais à discerner les contours de cet homme à tes côtés. Dans le coin de ton regard, tu le percevais pourtant, mais sa silhouette était si floue. Sa forme était si trouble et son fantôme si étrange. T'arrivais même pas à croire en l'instant que c'était bien lui. Mais sa voix qui claquait à nouveau te rappelait inlassablement qu'il s'agissait bien de lui. Reed... T'osais pas le regarder. Tu pouvais pas le scruter, l'observer sans regretter. Sans être en proie à cette panique qui te rongeait. Sans pouvoir évincer la nostalgie qui s'imprégnait. Tu pouvais pas le regarder en face sans affronter tes regrets. T'aurais pas dû venir ici, c'était là ta plus grande erreur. Et en le réalisant, l'amertume coulait à flot. Tant dans tes larmes, que dans ces mots que tu gardais silencieux.

T'avais presque envie de te barrer. Tu pouvais plus rien avaler, et regarder ton assiette te donnait envie de rendre. Lorgner en direction de cette figure brouillée te trafiquait l'esprit plus encore que l'explosion programmée du submersible. T'étais pas à l'aise du tout, et t'en tremblais tellement que t'avais cette impression étrange que ton esprit essayait de s'échapper de ton corps. Ironie, alors que pourtant ton cul était vissé à la chaise. Complètement figé et incapable de partir, ô combien tu le voulais. Désespoir qui s'imprégnait, plus à même lorsque la personne à côté s'exclamait à nouveau. T'intimant de te casser de là, de le laisser tranquille. T'aurais aimé, vraiment. Te barrer et plus te retourner. Mais ta conscience en était toute autre. Tu ne pouvais pas l'abandonner, après l'avoir retrouvé. Même si Reed n'était qu'un mirage ou une image de tes pensées. Sa vision était si réelle, si personnelle. T'arrivais pas à croire que ça ne pouvait pas être vrai. Alors tu restais, même alors qu'il grognait que dans la mort tu l'emmerdais. Ironie qui aurait pu te faire ricaner, si t'étais pas tant désemparé. Sa rage éveillait quelque chose en toi, apaisant la peine, au détriment d'une sensation plus brusque. Tu te déliais enfin de tes chaînes, les larmes se tarissant sensiblement. Un instinct primaire s'épanchant, sensation précaire qui t'empoignait. Ultime pulsion qui te ramenait à la substantialité. Te tournant brusquement vers lui, le regard assombri. Tu pouvais bouger, et la haine s'imprégnait trop en ton âme pour la contenir. Tu ne pouvais que la laisser s'échapper, et attrapais ainsi le couteau servi avec ton plat. Apposant la lame coupante sur ta paume, tu la faisais glisser d'un coup sec, sans préavis contre ta peau échauffée. Taillade carmine, liquide écarlate écoulé sur la serviette récupérée. C'est assez mort pour toi, là ? En un soupir frustré, tu balançais le couteau sur ton assiette et essuyais la plaie avec la serviette. Bordel !Enragé, furieux contre toi-même mais également contre lui, qui croyait que t'étais rien d'autre qu'un mirage. Une hallucination, subit depuis combien de temps ? Tu ne saurais dire et en cet instant tu t'en fichais. T'avais rien à lui prouver, mais tu voulais qu'il revienne. Tu voulais que cet homme redevienne ton capitaine. T'avais besoin de le voir te guider en cette mer déchaînée. La tempête grondait, non pas au dehors, mais en tes entrailles. La tourmente t'empoignait, vrillant ton esprit et tes pensées. L'ouragan des sensations confondues détruisait ton cœur déchiré. T'étais plus qu'un marin perdu dans l'océan de tes propres sentiments. Dont l'âme à l'agonie effleurait les limbes de tes émotions déstructurées. Opaque voile sombre qui s'épanchait, plongeant ton être dans les ténèbres, t'éloignant de la surface salvatrice. Pourtant, en pleine obscurité, émanait de lui une faible lueur qui scintillait. J'ai besoin de toi... Et tu venais de souffler dessus, laissant la pénombre reprendre son dû.


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Lun 8 Avr - 12:32
❝ i know you love him but it's over mate ❞for all the ache it causesLorsque même sa voix attire des réactions dans son corps, il a presque envie de jeter son verre au visage. Sonne trop réelle pour être une illusion et pourtant il sait qu’elle ne peut être vrai. L’être a coulé au fond de l’océan, brisant cœur et âme, sombre jusqu’à toucher le fond, devient comme les autres, un échec. Echec que lui, Reed porte dans son esprit, sur ses épaules depuis le premier jour.

Réveil froid, des murs blancs, trop blanc pour des yeux à peine ouverts. Esprit plongé dans l’incompréhension, incapable de savoir ce qu’il se passe à l’instant, incapable de se souvenir. Douloureuse sensation dans le corps entier, comme ecchymosé. Bouge un muscle, une fibre, laisse échapper un sifflement de douleur. Douleur que tu ne peux même pas fuir même en arrêtant de bouger. Stop, réfléchis, souviens toi. Laisse tomber la tête sur l’oreiller et laisse le flot des souvenirs... Le cardiogramme s’emballe. Mémoire qui vient frapper dans le crâne, réveil brutal. Toute la douleur du corps n’est pas suffisante comparée à celle qui réside dans le crâne. Et t’as envie de crier mais le visage de Riley apparaît devant toi et tu t’étouffes, tu t’étouffes en voulant parler. «... eux?» Et si elle ne voulait pas comprendre, son corps lui le fait, secoue doucement la tête, détourne le regard et tu sais. Tu sais que les corps résident là où toi aussi tu aurais dû être. Et t’as envie de crier bon sang t’as envie de te déchirer les cordes...


«J’pensais pas que t’avais survécu.» Rire, gras, qui ne peut être retenu parce que la phrase pue l’ironie, pue en entier. Déteste ça, déteste cette situation qui est la leur. «Mon cul.» Quelle connerie se joue encore dans son esprit. De la colère rode à présent, comme si c’était déjà pas assez dur de le voir, maintenant fallait qu’il essaie d’expliquer qu’il comprenait pas qu’eux deux là parce que Reed était supposément mort. Connard d’esprit, tourne la situation, tourne la culpabilité. «T’es celui qu’est mort. Moi j’suis celui qu’a...» Vécu? Survécu? Vit en alerte depuis le jour dernier, esprit coupable qui le rappelle à chaque pas et des larmes qui mordent jusqu’au sang pour se souvenir de la vérité. La vérité est peut-être horrible mais c’est la sienne, la vit chaque jour qui passe, pas après pas, lorsque certains sons le ramène en arrière, dans un bâtiment qui était le sien, avec une famille qui était la sienne.

Et cette culpabilité mordante qui l’empêche de regarder l’autre dans les yeux lorsque certaines nuits, l’alcool remplaçant le sang, il pleure sur ses genoux, main imaginaire d’un amant mort dans les cheveux. Des paroles qui se veulent rassurantes dans les oreilles. Une présence malsaine mais pourtant si rassurante que l’ancien militaire n’a jamais prié pour qu’elle disparaisse. Vit avec le fantôme d’un amant inavoué et refuse de le laisser partir. Enfonce la fin du verre dans la gorge, dans l’espoir qu’après celui-ci il verra la figure doucereuse et non mauvaise.

Mais lorsqu’il reprend la parole, Reed tourne la tête vers lui, échappe au regard pour planter ses yeux dans l’action. Et ce qu’il voit lui donne envie de recracher ce qu’il a avaler plus tôt. La couleur du sang qu’il connaît depuis tant d’années, pour en avoir fait couler, pour en avoir vu couler, pour l’avoir vu flotter dans la mer. Envie de vomir parce qu’il réalise de la véracité des faits, réalise que l’autre se tient vraiment devant lui, que ce n’est pas une terrible hallucination. Et c’est douloureux. Bon dieu c’est si douloureux qu’il en lâche son verre. «Non.» Qu’il en lâche une larme, unique, honteuse mais qui existe bien, poursuivie par le démon qui n’en est pas un. Prend une grande respiration, presque pour s’assurer du fait qu’il est encore en vie avant de se lever et de s’approcher.

Pas lents, presque ridicule. Comme on approche un animal blessé. Animal qui se devrait d’être mort. «Besoin de moi?» Parce qu’il ne vaut plus grand chose à présent, qu’il a besoin des autres pour vivre, des autres comme Terrence. Met enfin un nom sur l’autre. Réalise la proximité qui les sépare et lorsque finalement Reed vient poser une main sur son épaule, l’envie de pleure n’en est que plus forte. «T’es là.» Juste devant lui. «T’es réel.» Les mains tremblent plus qu’une personne malade, tout son esprit panique, c’est retrouvé le démon d’avant, la personne pour qu’il a le plus pleurer. «Réel.» Terrible envie de le serrer dans ses bras mais il préfère prendre la serviette, d’appuyer sur la plaie, de regarder dans les yeux de l’autre, de chercher une quelconque réaction. De la douleur peut-être, se réassurer qu’il est pas vraiment là.

Rigole, rigole tout seul. «J’étais à ton putain d’enterrement. J’étais à tous leurs enterrements.» Renifle, souvenirs douloureux qui frappent contre son crâne. «Et toi t’étais où? T’étais où connard lorsqu’ils sont tous morts?» Culpabilité du survivant qui frappe encore et encore, continuelle, qui vit dans son esprit depuis le premier jour. Relâche la main, repousse le corps contre le comptoir, presque envie d’envoyer son poing dans le visage qui le hante. «T’es qu’une connerie. Soit t’es un truc du shield, une connerie de chez eux.» Renifle, même lui n’y croit pas, mais préférerait cette vérité à l’autre. «Soit t’es vraiment lui. Et dans ce cas là t’es la plus grosse pourriture que je connaisse.» Rigole, rigole tristement. «T’as abandonné ton équipe.» Lui aussi. «T’as survécu.» Lui aussi. «Et t’as disparu.» Comme un lâche.

Fait un pas en arrière, désire de la distance, nécessaire pour éviter de céder à ses pulsions qui lui disent de le frapper. «C’est toi?» Renifle une nouvelle fois, la question parait évidente dans sa tête. «C’est toi qui nous a fait péter?» Désir de vengeance, haine et douleur.
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Terrence Nivans
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...

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Pouvoirs : Un virus lui permet d'envoyer des décharges électriques suite à une altération physique importante. Il possède également une force surhumaine bien qu'il soit déformé par l'infection.

Il est insensible aux influences et persuasions extérieures et/ou supérieures, du fait de la possession d'un ancien charme offert par sa mère. Ah les talismans magiques...

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Ven 10 Mai - 20:08

For all the ache it causes
Reed & Terrence
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Voix brisée de la part de la figure qui se tenait à tes côtés. Mots prononcés à moitié étouffés par un chagrin refoulé, des regrets qui rongeaient. La pique teintait le fond de sa pensée, transparaissant par ce ton employé. Tu le sentais bien, le percevait même, tant cela te percutait. Une sensation qui crépitait à même ta peau, remontait jusqu'à ton cou, enserrant ta gorge. Un poids déjà bien trop imposant qui enserrait la trachée, désormais encombrée par la pression de ce qui émanait de lui. Ses traits marqués par la vie, par les affres d'un passé bien trop composé. Tu pinçais les lèvres, détournais le regard. Rongeant ton frein, serrant les poings. Une colère sourde assourdissante grésillait en tes tympans, enfumant ton esprit bien embrouillé par tes idées à moitié déstructurées. Des images estompées qui s'élançaient, pour au final disparaître en un nuage éthéré. Sans plus aucune trace ne laisser. Tu grimaçais en ressassant cette pensée qui s'infiltrait insidieusement en ton esprit. La seule preuve que tu pouvais lui donner, de la véracité de ton existence. Lui montrer que tu étais bien en vie, et que t'étais pas une simple hallucination, comme il semblait le penser depuis le début. T'étais déjà brisé depuis longtemps, une cicatrice de plus n'allait pas te tuer. Pas autant que le regard qu'il t'avait lancé dès l'instant où son regard s'était posé sur toi. L'impulsion guidait tes gestes brusqués, abrupt mouvement du poignet. Chair déchirée, percée, plaie incrustée et maculée. Creux prononcé duquel s'écoulait un liquide vermeil, écarlate épanchement qui tâchait ta peau pâle. Éclat brillant qui marquait ta main tremblante, captivant le regard de l'intéressé. Alentour, tout avait disparu à ton attention. Seule celle de Reed comptait, et ses iris s'ancraient sur ce filet rougi qui perlait en ta main. Comme attiré par ce qui t'était vital, une ode sacrée. Instant de flottement, ébranlement de sa personne alors que tu voyais du coin de tes yeux, son verre lui échapper. Prise précaire, moment d'égarement. Perdus dans le temps, rien que lui et toi. Et cette situation qui vous étouffe, cette tension dans l'atmosphère. Cette pression qui vous coupe d'apport en air. Votre propre et véritable enfer.

Tu ne cessais de le scruter durant l'instant. De contempler son expression se changer. Morphose qui s'imposait sur ses traits étirés. La perle salée au coin de ses yeux, tu la voyais. L'éclat te percutait, brisait plus encore ce qui te restait de courage ou d'estime. De force pour avancer. T'étais soufflé par ce qui se déjouait, étrangeté que de voir cet homme par de rares fois admiré, se mettre à s'épancher. A échapper une larme que jamais tu n'aurais cru voir écoulée. Sa silhouette devenait flou, brumeuse alors qu'un voile recouvrait tes iris ternis. Ses contours s'approchaient, alors même que tu les percevais avec difficulté. Clignant des paupières, chassant les effluves qui obstruaient ta vision floutée. Une forme imprimée en tes pensées, contrastant avec celle qui se tenait juste sous ton nez. L'homme s'approchant doucement, d'un pas lent. Voix qui s'élevait, caressant tes tympans. Incapacité de respirer, tu déglutissais sans pouvoir répondre à sa demande. Impossibilité de seulement lui murmurer que oui, tu avais désespérément besoin de lui. Muet sur l'instant, poids ravageur qui irritait ta gorge. Pression plus importante alors qu'il déposait sa main sur ton épaule. Un contact inespéré, un toucher inégalé. Sensation qui dévastait tes espoirs et brisait tes remparts. Figé à même ton être, ton âme brûlait de cet impact contrôlé. En profondeur, tu en quémandais silencieusement et inconsciemment bien plus que ce qui t'étais accordé en l'instant. Une volonté qui semblait avoir été écoutée, alors qu'il ne te quittait plus du regard. Ses yeux s'ancraient en tes iris affinés par tes pupilles dilatées. A nouveau sa voix venait caresser tes tympans et son souffle s'écraser sur ton visage. Tu n'osais bouger, à peine cligner des yeux de peur de rater ce qui s'imprégnait en son regard.

Sans que tu ne le voyais, un nouveau contact prononcé, de sa main qui cherchait la tienne. Du bout des doigts, il attrapait la serviette à côté de ton assiette, et l'apportait à la plaie creusée. Écumant les résidus de carmin qui perlait encore aux coins. Tes lèvres s'entrouvraient sans le réaliser, ta respiration se bloquant à même ta gorge, ton souffle mourant à même tes poumons. Un appui qui se voulait poignant et marqué, tandis que tu le scrutais. Laissant tes traits s'étirer et se crisper en conséquence, de la pression exercée. Paupières à moitié plissées, sourcils légèrement froncés, lèvres tremblantes et grimace soupirée. Mouvement fébrile de ton corps tendu alors que tu ressentais cette envie, ce besoin de combler la distance comme lui l'avait fait. De poser ta main sur la sienne, une fraction de seconde avant de récupérer la serviette et de te soigner toi-même. Comme tu l'avais toujours fait. Mais tu n'en fit rien. Restant immuable en l'instant, regrettant le moment suivant. Reproche énoncé, qui claquait dans les airs et martelait ton crâne telle une litanie. Ébranlement des percussions sous les côtes. Battements ratés au creux de ta cage thoracique. Peine et chagrin combiné, rage sous-jacente étouffée. L'insulte te frappant de plein fouet, encensant la colère qui s'était gardée muette jusqu'à présent. Poings serrés alors qu'il relâchait la pression, t'avais envie de grogner. De hurler ta haine envers la situation, le système. Le gouvernement qui vous avait bien poignardé dans le dos. T'avais envie de le secouer pour qu'il ouvre ses putains d'yeux et réalise ce qu'il s'était passé. Mais ce qu'il se mit à raconter par après te fit comprendre qu'il était juste aveuglé. Arrête. Et ses remontrances continuaient sans cesser. Arrête, putain. Ses propos te percutant en plein visage, faisant remonter à la surface ces souvenirs que t'avais voulu oublier. Que t'avais estompé pour ne pas replonger ou sombrer malgré toi vers tes pires tréfonds. Mais c'était déjà bien trop tard. T'avais déjà coulé. Une fois de plus. Au sens propre, comme au figuré. TAIS-TOI, REED, BORDEL !

Silence qui s'éternisait suite à l'éclat déversé. Sentiments mélangés qui s'embrasaient, détonante mixture d'émotions embouteillées. Explosion de sensations contradictoires et complémentaires qui crépitaient sous ta peau tendue. Tremblant de rage, le regard voilé par la haine colorée par tes souvenirs, tu te retenais de te jeter sur lui. De sauter sur l'occasion pour réaliser ce que tu avais souhaité faire depuis des années. Régler tes comptes par les poings, contester l'autorité que tu avais du mal à estimer. Réprimant l'instinct primaire qui s’encensait en tes veines gonflées. Archaïsme doublé lorsqu'il osait poser cette question qui te brûlait à toi aussi le bout de la langue. L'audace de seulement imaginer que cela pouvait être toi qui avait tout envoyé en l'air, qui avait tout fait exploser, te rendait plus acerbe, plus amer. Tu te redressais brusquement, le tabouret manquant de se décaler et de tomber en arrière. Ton regard noirci par la colère, se posant sur lui, cherchant ses propres iris endurcis. Le sang commençait à peine à se tarir, mais ta rage se décuplait à chaque seconde passée. T'es sérieux là ? Pulsations cardiaques envoyant le sang cogner à tes tempes. Tu crois vraiment que j'ai fait ça ? Grognement s'élevant dans les airs, sifflement sur tes lèvres. J'y crois pas. T'oses réellement m'accuser de trahison ? Tu penses que j'suis le coupable ? Tu t'avançais vers lui, prêt à en découdre. Mais bordel, d'où je serai l'enfoiré qui s'est retourné envers mes pairs ? Pourquoi j'aurai détruit ceux qui étaient comme une seconde famille pour moi, hein ? T'attrapais son haut machinalement, enserrant la texture dans ton poing, le secouant pour montrer ton agacement. Putain, t'es pas mieux que les autres. T'es vraiment un connard. Tu le relâchais, pointant un index accusateur en sa direction, appuyant sur son plexus solaire à plusieurs reprise, accrochant le tissu qui le recouvrait au passage. J'étais dans la baie au dernier niveau quand c'est arrivé. C'est Andy qui m'a tiré de là. Il a péri, mais pas moi. Je pensais que j'étais le dernier survivant. Et maintenant je regrette presque de pas l'être. Tu te décalais en reniflant dédaigneusement, reculant vers ton tabouret presque tombé. Tu grommelais, en croisant tes bras sur ton torse. Le toisant du regard. Je suis pas le coupable que tu cherches, Redfield. Mais j'suis sur les traces de l'enfoiré qui a tout fait péter. Et je compte bien le lui faire regretter. Même si je dois me faire passer pour mort pour l'atteindre, ou finir par le devenir. Tu expirais lourdement en fermant les yeux, serrant les poings avant de finalement les relâcher. Rouvrant les paupières, te détournant de lui, tu attrapais tes affaires. Déposant un billet sur le comptoir pour le repas préparé et les dégâts causés. J'aurais bien eu besoin de toi, pour me filer un coup de main. Mais je pense que c'était là mon erreur. Te faire confiance, croire que tu aurais pu m'aider. Je ferai mieux de m'en charger tout seul. Tu commençais à le contourner, le percutant au niveau de l'épaule en passant. Avant de finalement t'arrêter, et de seulement détourner le visage, pour le scruter du coin de l’œil. Je les ai peut-être abandonnés, mais au moins je les oublie pas. Et je continue d'avancer, pour eux. Pour moi. Au lieu d'me saouler et de stagner. Un ricanement mauvais, amer. Poison déversé. Tu vaux pas mieux que moi, dans l'affaire. Le lâche de l'histoire, c'est p't'être toi, au final.


Ayaraven


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Mar 28 Mai - 2:43
❝ i know you love him but it's over mate ❞for all the ache it causesÉlectricité. Involontaire et pourtant puissante. Se souvient de cette histoire, doux rêves de Riley, qu’il écoutait d’une oreille absente. Histoire de cette électricité qui passe entre deux êtres, connexion des deux âmes. Conneries d’enfants qui s’aiment. Connerie de manque d’amour. Il manque d’amour. Refuse de croire en quelque chose d’eux deux. Refuse de penser à ses vieux rêves, aucune réalité n’en découlera à présent. Il le sait, ils le savent. Et pourtant esprit fragile, esprit qui veut, rêve de tenir l’autre dans une étreinte. Quelle soit amoureuse, fraternelle ou simplement amicale. Il veut juste l’autre entre ses bras. Et Reed sait. Oh qu’il sait qu’il doit se débarrasser de cette image, ne peut se permettre d’aimer un fantôme. Repousser au fond de son esprit, de son coeur, oublié sous la pluie de liqueur qui était maintenant devenue plus épaisse que son propre sang. Il ne peut s’empêcher, d’être méchant, d’espérer que faire peur à l’autre le ferait fuir. Parce que le repousser semble être la seule idée logique. Obligé de faire un deuil, obligation vitale, de passer à autre chose, d’arrêter de pleurer pour s’endormir la nuit, de le voir au coin de la rue. Fais un deuil. Puis prends le une nouvelle fois. Comme le retour de l’enfant prodige. Connerie, même que celle de l’électricité. Connerie peut-être. Mais l’esprit ne semble être de cet avis.

Alors pousse le, aux recoins, au plus profond de lui-même lorsque Reed aurait voulu l’avoir en lui. Repousse le jusqu’à ce qu’il vive la douleur que lui a vécu tout au long de sa fausse mort. Comme si Terrence n’avait pas souffert de son côté. Au fond Reed le sait, que cette douleur, différente, est tout de même partagée. Mais il s’en fout, le brun veut sa revanche, ne sait pourtant ce désir est si présent au fond de lui. Ne sait pourtant il y a une tristesse plus ancienne, comme celle d’une vie d’avant qui lui dit de profiter sans qu’il ne sache pourquoi, comment. Repousse la voix. Revêt le costume du connard sans coeur, remet sa chemise, sourire malsain, triste qui veut se camoufler. Pousse le dans les recoins sombres jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus. Et les cris qui s’échappent de ses lèvres sont pressants, et les sentiments passent dans l’esprit de Reed. Frustration, colère, honte ou satisfaction. Un mélange malsain, à l’image de son esprit qui déraille. L’alcool y est pour beaucoup. La tristesse aussi. «Arrêter quoi?» Pourtant les mots s’échappent doucement. Il attend que l’autre mette des mots sur la vérité, leur vérité commune. La mort des leurs.

Le silence les accueille tous les deux. Jugement silencieux. Comme s’ils ne se connaissaient pas déjà par coeur. Mais pourtant Reed a changé. Peut-être pas en bien. Terrible débris qui a comme seule compagnie un poisson. Unique compagnie vivante, passe le reste de son temps entre les cadavres de bouteille, entre les membres de l’agence des méchants, entre ses rêves et ses cauchemars. Regarde le visage, laisse s’échapper les mots. Alors qu’il sait. AU fond de lui, en surface, dans chaque fibres de son être. Reed sait pertinemment que l’autre n’a pas fait exploser le vaisseau. Il connaît la passion qui parcourait son corps autrefois, déni qui n’est presque plus qu’une réalité continue maintenant. Il sait qu’il ne les aurait pas tous tuer. Que les voir exploser était autant un supplice pour l’un que pour l’autre. La mer rouge qui l’avait portée jusqu’à la surface avait aussi vue l’autre se faire emporter à son tour. Reed sait très bien qu’il n’a pas fait sauter le navire. Et pourtant résonne méchanceté entre les deux. Les mots pleuvent sur son visage. Et les mots pleuvent de la part de l’autre.

«On a pas besoin d’explication pour être une raclure.»
Mais bordel pourquoi tu l’insultes alors que tu sais. Tous les deux au courant que l’autre n’a pas fait sauter le navire. Tous les deux au courant que cette douleur s’ils la partagent c’est parce que leurs pairs ont coulés et qu’eux ont survécus. Regard perdu dans les yeux emplis de haine, son doigt qui vient à l’encontre de sa poitrine, encore et encore, comme un rappel de sa réalité. Les mots sont plus violents que des coups. ‘Frappe moi. Frappe moi.’ Ce serait plus simple, moins douloureux, mais il préfère lui dire qu’il aurait préféré le voir mort. «J’ai passé ces années à me faire à l’idée que t’es mort.» Murmure, comme pour contrer ces derniers mots, mais déjà il vient l’enchaîner, lui foutre un fatality dans le visage. «putain, quel inspecteur.» L’envie d’en dire plus mais lui il parle, il dit des choses qui ont du sens.

Et Reed le regarde passer cette forte, lorsqu’il a été incapable de l’arrêter, lorsqu’il n’a fait qu’avaler les mots, qu’avaler le contenu de son verre. Putain. Il a envie d’insulter le monde entier maintenant, envie de le voir exploser, lui qui n’a jamais su l’aider, lorsqu’il aurait voulu vivre en paix avec son équipe. Alors, incapable de le faire, Reed se retourne, yeux sur son verre, pourtant presque fini. Il jette un regard à la personne derrière le bar, la vie reprend son cours au sein de l’endroit, comme si la petite bulle dans laquelle les deux évoluaient, s’était étendue sur leur conversation. «Un autre?» Un autre? Un autre quoi? Coéquipier? Ami? Amant? Un autre verre pour oublier? Une autre identité? Une autre réalité même? Lâche. Peut-être que l’autre a raison. T’en veux un autre Reed? Putain non. Le brun zieute quelques instants, essaie de comprendre son propre état de penser. «Non.» Balance l’argent sur le bar, réalise, finalement. Ce qu’il doit faire, partir.

L’air froid lui ferait presque tourner la tête tandis qu’il cherche, suit les traces de l’autre, du connard qui vient de lui tourner le dos. Voit son crâne, pas loin. Le sang ne fait qu’un tour, il se lance après lui, l’interpelle. «Hey, Soldier!» Le ton froid, comme à l’entraînement, comme s’ils se mettaient en conditions. Reed attrape son épaule pour le plaquer contre le mur le plus proche, les yeux dans les yeux. Un doigt vient taper l’épaule du plus jeune. «Tu peux pas parler comme ça a ton supérieur nan?» Ce qui lui reste de supérieur. Reed attrape son col de ses deux mains, poignes fortes, visages proche l’un de l’autre, comme effrayés. «J’ai eu peur de tous vous avoir perdu.» Toute la famille. «J’ai passé des années à faire un deuil qui est inutile et tu te permet de venir me cracher à la gueule de cette manière?» Rage, peur, sentiments indomptables. «Tu crois que je fais ça par plaisir? J’aurais du me rendre compte qu’un truc ne fonctionnait pas sur le navire. Mais j’ai rien vu. Et maintenant tout le monde est mort.» Haine. Mais haine envers soi-même. «Tout le monde est mort sauf toi et... et...» Il le tire, un peu plus, deux visages si proches que leurs deux respirations s’entremêlent. «Je rêve encore de toi la nuit, peur que tu reviennes pas.» Se bat entre l’idée de le frapper ou bien de... poser ses lèvres contre les siennes dans un geste presque gamin. Baiser doux, innocent, où il garde les yeux grands ouverts, de peur que l’autre s’échappe, s’envole. Un baiser qui lui dit qu’il est bien réveillé.
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Mar 4 Juin - 17:06

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Un crépitement émanait dans les airs alors que tu sortais en trombe du bar. Bien trop bondé, trop de monde qui te regardais, trop chargé. Des effluves alcoolisées qui caressaient encore le bout de ton nez, tu grimaçais. Reniflant dédaigneusement, en frottant ton visage d'une main las. Dépité mais aussi dégoûté par ce à quoi tu venais d'assister. T'avais eu l'espoir de t'en tirer, de l'approcher pour lui demander son aide. T'étais prêt à faire table rase du passé pour oublier toutes les crasses que vous vous étiez balancées. Et pourtant, amèrement, tu regrettais. Il avait refusé sans vraiment l'expliquer et t'avais pas pu t'empêcher de lui en foutre plein la gueule. Lui aussi avait rétorqué, mais vous étiez tout autant fautif l'un comme l'autre. T'étais pourtant vénère, en colère contre lui. Mais une infime part de toi, enfouie, comprenait. Dans le fond t'étais plus déçu par son refus qu'autre chose. Il s'était braqué et avait gueulé, comme toi au final. Tu pouvais pas lui en vouloir de pas te croire. De pas croire un mort. De pas croire quelqu'un revenu des limbes sans prévenir. Après tout, c'était bien toi qui avait encensé l'idée de continuer à prétendre que t'étais parti. Que t'étais plus là, un cadavre parmi tant d'autres. Mort depuis presque un an. Un décès factice, qui avait pourtant touché bien plus d'êtres que tu ne l'avais pensé. La colère et les regrets, tu pouvais bien te les garder, et les diriger vers toi-même. C'était en partie de ta faute si on t'abandonnais. C'était toi qui étais parti en premier, et qui leur avait tourné le dos. Même si tu croyais que c'était la meilleure chose à faire, pour retrouver le coupable. En un sens, t'en était un également. Coupable d'un crime non commis. Responsable de la peine de ces âmes touchées et tourmentées par ta perte. Et dans ta quête de vengeance, t'avais même pas pensé à la douleur que t'allais provoquer. Tu pouvais être un réel connard quand tu le voulais. Désormais t'étais face aux faits, pieds à terre et dos au mur. Et maintenant fallait que t'assumes tes erreurs.

Tu pestais rageusement, ton regard s'attardant sur ta main éraflée. Le sang avait enfin cessé de s'écouler. Tu soufflais bruyamment, en balançant la serviette qui avait comprimée la plaie. Commençant déjà à t'en aller alors que l'air frais calquait contre ton visage aux traits étirés. Ton autre main venant chercher instinctivement ton paquet de cigarettes, tu en sortais une d'un fluide mouvement de poignet. L'apportant à tes lèvres, venant l'allumer avec ton briquet. La pierre roulant sous la pulpe de tes doigts tandis que tu tirais. T'inspirais cette fumée empoisonnée qui reposait contre ta langue avant d'expirer. Les volutes s'envolant alors que tu rangeais ton bordel dans tes poches, continuant de marcher. T'enfuyant dans la nuit vers une direction que tu n'avais même pas envisagée. Tu voulais pas rentrer, et tu pouvais pas retourner bouffer ou picoler. C'était bien trop tard et en plus t'avais la gorge et l'estomac noués. Alors t'avançais sans regarder où t'allais, enchaînant les taffes sur ton bâtonnet empoisonné. Toxique fumée qui caressait tes poumons et apaisait sensiblement ta gorge enserrée. Perdu dans tes pensées, tu tremblais presque sous l'assaut de cette rage qui te lançait. Sensation qui t'empoignait, et te coupait du monde qui t'entourait. T'entendais presque pas la voix qui t'appelait au loin. Comme si c'était un rêve, ou un mirage, irréel à la nuit tombée. Même pas tu te retournais alors que les pas approchaient, les discernant à peine. Tu sentis la main sur ton épaule, avant tout le reste, et te contractait en un réflexe. Crispé par instinct, te laissant tout de même emporté par la force qui venait de te percuter. Tu fronces les sourcils et plisses les paupières en portant tes iris sur le visage qui s'offrait à toi. Reed. Il était revenu, t'avait couru après pour une raison qui t'échappait. T'espérais presque qu'il allait t'en coller une ou qu'il allait finalement revenir sur ses propos. Qu'il avait changé d'avis, et succomberait à l'appel de l'adrénaline et de la justice. Sa voix claquait à tes tympans, alors que tu le regardais d'un air quelque peu amer, froid, hautain. La mâchoire crispée, les lèvres pincées en une grimace à peine voilée. Les traits étirés de ton visage se figeait. Tendu en une posture précaire, tandis qu'il te maintenait contre le mur. Tu le jaugeais de ton regard braqué sur lui. Dardant ton attention sur son propre faciès que tu ne parvenais pas à oublier. Ô combien tu aurais parfois aimé.

Reed te tapotais presque l'épaule avant d'attraper ton col, t'approchant de lui sans t'en formaliser. Trop occupé à lui en vouloir et à subir la rage déversée qui s'épanchait en crépitant sous ta peau. Crépitant contre l'épiderme échauffé par la proximité instaurée. Tu restais braqué, figé, t'osais pas bouger alors qu'il parlait. Les cendres de ta clope venait te chatouiller le bout des doigts et tu l'oubliais presque, alors que les paroles de Redfield s'installaient en ton esprit. Se réverbéraient contre les parois de ton crâne. Le ton de sa voix te frappant brusquement, alors que des aveux étaient confiés dans cette sorte de proximité proche de l'intimité. Il grognait à nouveau, en te faisant passer pour un connard ingrat. Dans le fond, tu l'étais bien, et il avait raison. Mais t'arrivais pas à laisser passer quand quelqu'un d'autre le faisait remarquer. Pourtant, tu fermais ta gueule cette fois, et écoutais ce qu'il avait à dire. De toute manière tu pouvais pas parler, avec le poids qui comprimait ta gorge et pesait contre ta langue. Lourd sous ton palais, qui devenait de plus en plus imposant à mesure que les regrets remontaient à la surface. Sa voix ayant le malheur de toucher ta corde sensible, et de t'instaurer directement la rancœur gardée, pour la focaliser sur ta personne. Ouais, tu regrettais de lui en avoir foutu plein la gueule. De lui avoir craché dessus gratuitement, alors que vous aviez tous deux des plaies à panser, et des séquelles qui allaient rester à jamais. Mais tu regrettais encore plus d'avoir cru qu'il aurait pu venir à ton secours. Qu'il aurait fait quelque chose pour t'aider. Tu regrettais d'avoir pensé à lui. D'avoir cru en lui. D'avoir espéré qu'il aurait pu être là pour toi. Pour une fois.

Une amertume certaine qui pesait lourdement sur ta conscience, alors que tu détournais le regard. Le ton changeait, sa voix se brisant alors qu'il annonçait que tout le monde était bien mort, sauf toi. L'authenticité de la situation te faisant déglutir difficilement. T'arrivais pas à supporter son regard. Alors tu regardais par terre, jetant ton mégot au sol, en constatant que les cendres s'étaient envolées. T'avais même pas la foi de relever ou de lancer une pique sarcastique comme quoi il aurait sans doute mieux apprécié ou préféré que tu crèves avec le reste de l'équipage. L'atmosphère devenait plus poignante à mesure que les secondes s'écoulaient. Un contraste précaire, dans un silence étouffé. Une certaine curiosité te faisant détourner ton visage à nouveau, pour le regarder malgré l'envie de fuir. De te barrer. T'étais pourtant bien incapable de bouger. Iris plongés dans les siens, tension qui crépitait contre toi, de par cette proximité. Ta respiration erratique, entremêlée à son souffle hachuré. Un aveu supplémentaire, qui glissait sur le bout de ses lèvres. Alors que tu écarquillais les yeux sous la réalisation. Une confession, une peur qui le tiraillait. Une crainte que tu avais eue aussi par le passé. De perdre quelqu'un de cher à tes yeux. Et maintenant qu'il t'avait retrouvé, cette appréhension, cette peur ne pouvait que se manifester plus encore. Ton esprit était comme arrêté en plein élan. Un écho statique qui résonnait dans ton crâne, tandis que tu l'observais s'avancer vers toi. Déposer avec une délicatesse presque étrangère, ses lèvres sur les tiennes. Tes iris accrochant les siens, sans que tu ne puisses répondre. Sonné, choqué, par ce qui s'avérait être un attrait que tu n'avais jamais osé espéré être pour toi. Tu te perdais dans l'instant, appréciant le contact si fugace et précaire. Tangible pourtant, contre ta peau. T'avais rêvé de cet instant depuis des années, sans jamais pouvoir l'espérer. Et maintenant que cela arrivait, tu t'étais presque fait à l'idée que ça ne pourrait jamais se dérouler, ou être vrai. Partagé entre l'idée qu'il était bien trop tard pour avoir encore cet espoir. Et que t'étais en plein cauchemar, où il se foutait de toi ou profitait de ce moment de faiblesse qui te parcourait. Partagé entre ça, ou entre ce rêve éveillé, où une infime particule s'animait. Une étincelle d'un brasier pouvant s'enflammer à tout instant, pour te consumer ardemment. Piégé entre deux vérités, tu ne parvenais pas à savoir laquelle empiétait sur la réalité. Ton regard se brouillant, des perles salées s'écoulant sans plus s'arrêter tandis que tu fermais les paupières. Écrasant tes lèvres en retour contre les siennes, une fraction de seconde. Passion accordée pour savourer et apprécier. Avant de te laisser aller à attraper son haut, pour le repousser. Te décaler de sa présence, de sa prestance. T'éloigner de ces sentiments que tu avais encore pour lui. Et ce, malgré tes tremblements qui t'assaillaient incessamment. Tu rêves pas. Ta voix, un simple murmure fébrile, qui s'élevait dans ce silence qui vous entourait. Je suis là. Une plainte réprimée du fond de ta gorge alors que tu te mordais les lèvres. Te laissant t'adosser contre le mur, en évitant de t'écrouler sous le poids des émotions. Mais c'est à peine si... à peine si je suis vivant. T'arrivais pas à terminer, à avouer. En vérité t'avais pas l'impression d'être revenu en vie de l'incident.


Ayaraven


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Reed Redfield
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Pouvoirs : T'as une mutation qui vient de tes yeux il semble. Un pouvoir de séduction, petit sourire, t'es dans les filets. T'as une vision nocturne, un scan optique intégré à ton regard, vachement pratique pour tes missions
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Lun 5 Aoû - 11:54
❝ i know you love him but it's over mate ❞for all the ache it causesVire cette envie de vomir connard. Vire les renvoies d’alcool qui menacent de s’échapper à chaque pas. Le temps manque, ne peut se permettre de ne pas pouvoir suivre la cadence. Parce que ce qu’il veut, c’est rattraper son homme. Range le surnom affectif, de celui qui n’est pas le sien, ne le sera peut-être jamais. Certainement jamais vu la façon dont les choses se font en cette soirée. Plus de soirée qui compte vraiment, plus de rêve ou d’espoirs. T’avais rêvé de le revoir. Comme une scène d’un vieux jeu vidéo où le héros aurait pu voir son acolyte passer la porte une nouvelle fois. Mais ici pas de fantaisie, vous étiez dans la réalité. Amer et douce à la fois, qui apporte des sensations aussi étranges soient-elles. Et toi tu as peur? T’avais espéré pendant un temps, quelques souvenirs vagues de premières nuits au bar, où parler seul devenait parler avec le fantôme de l’autre. Parce que tu pouvais passer des heures à regarder cette porte au moindre bruit. Ridicule. Plein d’espoir. Un toi qui n’existe plus maintenant, qui ne se doit plus d’exister. De celui qui s’est endurci, qu’a envoyé chier le gouvernement. De celui qui s’est affirmé, qui a refusé de voir ce qu’on lui offrait, qui a envoyé chier le monde et qui a fait son propre chemin. Connerie que tu es à présent.

Et connerie qu’il fait, la langue dans la bouche de l’autre. Dans cette étreinte qui ne fait pas que réveiller son corps mais son esprit. Et ravive les souvenirs, d’où sont-ils, et d’où viennent ils? Et pourquoi c’est si dure d’imaginer leur ami mort? Pourquoi ne pas se souvenir des bons moments? Est-ce qu’on les a oublié? Est-ce qu’ils sont perdus? Peut-être. Peut-être que ces bons moments sont ceux qui restent en rêve, de ceux qui sont plus hauts encore? Enfermés dans une cage de son esprit, bloqués contre tout attente, incapable de sortir. Ce sont ceux là les plus beaux. Ceux là qu’on ne peut laisser être bafoués. L’autre le repousse, Terrence, doucement ou violemment, quoi qu’il arrive, c’est douloureux.
Le goût des larmes touchent ses lèvres. Larmes? Passe une main sur le visage, lorsqu’elles n’auraient dû être que celles de Terrence, voilà les siennes. Le baiser peut-être? Qui fait battre son coeur à un rythme irrégulier. Mais les larmes, Reed ne se les autorise plus. Il se l’est interdit. Il peut être triste, se haïr comme il le fait chaque matin en se regardant dans le miroir, il peut se détester et penser à toutes ces horreurs, tout ce qu’il a vu, ce qu’il a fait, ce qu’il a dit et que le regret envoie parfois dans son visage. Mais les larmes? Elles n’ont plus le droit de s’échapper, il a été assez malheureux, seul survivant, coupable de l’être encore et encore, seule âme qui se doit de continuer à exister pour les camarades enfouis au fond de l’océan. Mais alors? Des larmes? Des larmes de quoi? De soulagement? De désir? Des larmes de joie? Voir qu’un autre que lui est encore en vie. Voir que c’est LUI. Le Lui le plus important de sa vie. Quelle connerie que des sentiments inavoués.

Relève la tête, écoute le, et ses putains de larmes qui ne veulent s’arrêter de couler, et des sanglots qui ne vont bientôt plus être silencieux. «T’es mort.» Presque correct. «On est mort.» Et cette fois-ci les larmes ne se retiennent plus, un premier sanglot lui échappe. Reed n’a pas pleuré depuis des années, une interdiction envers lui-même. Pas de supériorité masculine, juste de la pure logique. «T’es- t’es mort. Et moi aussi... Et-et-et tous ensemble.» Tous ceux qui étaient là-dedans. Tous mort. «Je-je sais que tu m’en veux.» Parce que lui aussi, parce que tout le monde lui en veut, des familles aux amis, de son reflet dans la glace. Eux qui survolent le monde maintenant, échecs de leurs morts, obligés de survivre pour la mémoire des autres. Connerie, comme toute sa vie. Les larmes s’échappent, chaudes et nombreuses, coulent sur ses joues. L’homme se retourne, honteux, il fuit le regard de Terrence. «Putain.» Peur du jugement, peur de la fuite, peur de la vie, comme si c’était une véritable épreuve, insurmontable en elle-même. Y arriveraient-ils un jour? L’un comme l’autre à affronter leur unique réalité. Un regard par dessus l’épaule, comme pour s’assurer qu’il est vraiment là.

Reprends toi connard, reprends toi et cesse de jouer l’enfant, cesse d’être ridicule devant lui. Lui qui se plaint d’être à peine en vie. «J’ai arrêté de vivre aussi.» Comme si c’était trop pour lui. «J’passe ma vie à-à survivre.» Parce que c’est mieux que de se laisser tomber dans la routine de la vie, de se laisser espérer d’avoir une chance à la vie pour la voir réduire à néant, pour perdre toute conscience de ce qu’elle est, de ce qu’elle aurait pu être. Refuse de se laisser croire. «On est mort.» Ferme les yeux, laisse lui le temps de s’échapper si l’autre à envie de fuir, laisse le partir parce qu’il pourrait s’envoler, abandonner le navire lorsqu’il a survécu à l’échec du premier. Soupire une fois, respire, laisse les longs sanglots s’échapper, qu’ils partent, fuient de ses lèvres, qu’ils s’envolent un peu plus loin dans le ciel, qu’ils ne descendent plus jamais. Connerie. Il lui faut quelques longues secondes pour que Reed soit capable de récupérer une respiration normale, sans hoquets, sans pleurs. Mais le brun ne se retourne pas, il ne fait que jeter un regard en arrière, sans réellement chercher le visage de l’autre. «Si tu veux vraiment partir, fais le maintenant avant que ça ne soit trop dur.»

Est-ce que ça ne l’est pas déjà? Bien sûr que si, doux souvenirs qui frottent l’esprit, les souvenirs d’antan, de rigolades, les sourires en coin. Ferme les yeux une nouvelle fois. Et le voilà qui se permet de rêver. Au milieu d’une ruelle, avec la seule personne qu’il ne pourra jamais aimé qui peut faire quelques pas et s’éloigner. Un lampadaire qui fait du bruit un peu plus loin, comme doux pour le faire oublier qu’il y avait autrefois la mer. Se laisse rêver, les yeux qui ne reflètent plus rien, que les doux souvenirs d’autrefois. Que les longues nuits à cracher les uns sur les autres. Les longues nuits à les écouter débattre en faisant semblant de dormir, en faisant semblant d’être intouché par ce qu’ils disaient. Les longues nuits, les longues journées, les longues années où on le considérait réellement comme quelqu’un, le membre d’une famille.

Ce n’est pas la mort d’amis qu’il pleure. Et de larmes qui ne coulent plus. C’est la célébration de ses enfants partis trop tôt.
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Terrence Nivans
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Il est insensible aux influences et persuasions extérieures et/ou supérieures, du fait de la possession d'un ancien charme offert par sa mère. Ah les talismans magiques...

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Ven 13 Déc - 19:02

For all the ache it causes
Reed & Terrence
♠ ♣ Afterglow. Light a candle for us in the rain. Touch and go. Life moves on in mysterious ways. Living with ghosts. A soul as dark as coal. Asleep at the controls. Not thinking straight. Wanna let go. The words caught in your throat. Someone that you can't hold. With you always. ♥ ♦

Les larmes perlaient aux coins de tes yeux, voilant d’une brume opaque et salée tes iris qui se perdaient. Tu ne parvenais pas à ancrer ton regard en celui de cet être qui avait un jour tout représenté pour toi. Et qui le représentait peut-être encore en cet instant, malgré la douleur, malgré les fissures en ton coeur. Les plaies qui depuis longtemps auraient dû être pansées se retrouvaient ouvertes, déchirées à nouveau entre vous. Dans cette espace que vous partagiez, dans l’intimité de votre proximité. Tes lèvres se mouvant alors que des mots t’échappaient, témoins de la vérité que tu vivais. Des aveux à moitié ravalés, murmurés dans le silence que tu percevais. T’entendais rien d’autre que ta propre voix qui se confiait. Et celle de l’autre, que tu pensais rêver. Les sonorités de son timbre à jamais ancrés en tes souvenirs destructurés, effilochés par le temps et par la situation vous retenant prisonniers. Ses mots en écho à ceux qui avaient marqués ton esprit. Mais bien plus fébriles en cette soirée. Bien plus proches et plus fragiles qu’à l’accoutumée. Sa propre crainte, ses propres peurs, se révélant en ce moment, tandis qu’il se laissait aller. Les perles salées s’écoulant sur son visage que tu ne pouvais cesser d’admirer, même sans oser le contempler. L’éclat brillant de leur transparence te coupant le souffle, t’enserrant plus à même la gorge déjà compressée par le poids des regrets. Vous étiez tous deux sur ce vaisseau qui avait sombré. Vos corps avaient bien pu s’en extirper, vos âmes ne s’en étaient jamais réchappés. Une partie de vous s’étant laissée emporter lorsque le sous-marin avait coulé. En même temps que votre seconde famille avait été décimée par la tragédie.

Tu élevais doucement ta main pour essuyer les quelques larmes écoulées sur ton visage. Tu te dévoilais bien trop devant lui alors qu’auparavant tu gardais tout sous scellé. Jamais tu n’avais laissé transparaître un quelconque attrait même si c’était pourtant le cas. Même si les autres prétendaient le voir, le constater en votre présence dès lors que vous étiez tous deux dans la même pièce. L’électricité, la tension. Maintenant elles avaient toutes deux été affectées à d’autres situations. Toutes deux dirigées contre vous-mêmes sûrement, et quelque fois contre les autres. Deux fantômes qui s’oubliaient eux-mêmes contre le reste du monde. Ironie. Un reniflement alors que tu te laissais t’affaisser contre le mur derrière toi. Soufflant longuement en fermant les paupières, prenant cet instant pour te recomposer. Regagner une certaine prise sur la précaire stabilité de ton état. La voix de l’autre s’écrasant à nouveau à tes tympans, te tirant presque de ces songes que tu vivais encore la nuit. Te rappelant à lui, alors qu’il semblait accepter que tu lui en voulais. Tu serrais les dents ainsi que tes poings en rouvrant les yeux. Bien évidemment que tu lui en voulais. Pour tout ce qui c’était passé avant l’incident, mais encore plus pour ce qui s’était déroulé après. Tous deux brisés par l’horreur commise par autrui, dans l’incapacité de réparer les torts causés. De panser vos plaies sans les rouvrir auparavant pour voir si elles pouvaient encore saigner. De mettre vos fiertés de côtés, et de comprendre le traumatisme encensé chez l’autre, tout autant brisé que le premier. Pas un pour rattraper l’autre dans l’abîme, quand les fractures se faisaient plus intenses.

Les sensations t’aissaillaient brusquement lorsque Reed déversait un nouvel aveu. Confiant que lui-même ne vivait plus depuis l’accident. Qu’il ne faisait que survivre. Il prétendait encore exister alors que toi t’avais abandonné. L’un prétendant se battre pour sa survie, l’autre s’estompant dans le néant. Vous aviez tous deux tentés de reprendre une vie en main, même si ce n’était pas forcément la votre. Toi, qui te faisais passer pour mort, et lui qui se faisait passer pour vivant. A moitié seulement. A vous deux peut-être que vous pourriez retrouver un semblant de stabilité dans tout ce bourbier. Le poids de sa confession pesant plus lourdement que le reste, parce qu’à cela, tu pouvais te raccrocher. T’y identifier, quelque part. En somme, lui aussi était un genre de fantôme. Juste différent du tien. Et t’avais beau être en colère contre lui tu ne pouvais t’empêcher de ressentir au fond de toi un élan de compassion pour lui. Il avait tout autant perdu que toi dans l’histoire. Peut-être même plus. Et c’était ça qui était dur de réaliser. Que tu n’étais pas le seul survivant, et pas le seul qui avait quasiment tout perdu. Après une telle tragédie t’avais besoin de support, d’une aide. T’avais besoin de lui, plus que tout. Et alors que tu venais de le retrouver, il t’offrait une porte de sortie. Une chance de t’échapper de la conversation qui vous avait tous deux percutés. Une vague glaciale déferlait en tes entrailles à l’entente de sa voix brisée. Une longue expiration glissait sur tes lèvres d’où embaumait encore l’arôme de la clope que t’avais balancée à terre. La fragrance s’élevant alentour tel une présence éthérée, alors que tu te redressais du mur. T’approchant de Reed qui avait le dos tourné, qui s’était détourné. De toi, de tout. Des responsabilités, de la réalité qui était bien trop lourde et difficile à supporter. Le chagrin des pertes ne pourrait jamais vous quitter. Mais vous pouviez toujours le partager, ne serait-ce que quelques instants. Reed… T’élevais la main, la voyant trembler. Tes iris embués scrutant le profil de son visage, cherchant ses yeux dans ses traits creusés. Même si j’voulais partir je l’pourrais pas. Tes phalanges se pliant sur elles-mêmes tandis que tu serrais le poing. Incapable de combler la distance, malgré le fait que tu le voulais désespérément. On a tant perdu cette fois-là. Me laisse pas perdre encore maintenant. Me laisse pas tout seul là-dedans. Incapable de respirer tant le poids d’une fatalité pesait sur ta gorge enserrée. Sur tes épaules crispées et ta mâchoire contractée. J’ai… J’ai besoin de toi. Ta voix se brisant sur les derniers mots, plus qu’un fin murmure dans le vent. Ton corps tout entier se mettant à trembler sans que tu ne puisses réellement t’approcher plus de l’être que tu aimais. Sa présence, toute proche, tu ne voulais pas la voir filer entre tes doigts telle de la fumée. S’te plaît... Craquement dans ta voix, tremblement dans ton corps. Brisure dans ton esprit, fracture dans ton cœur. Sans lui, c’en était fini. Aide-moi. Aime-moi.


Slythbitch

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Lun 16 Déc - 14:18
❝ i know you love him but it's over mate ❞for all the ache it causesTu sais pas dans quel monde t'aurais préféré vivre. Est-ce que c'est celui où il n'est jamais revenu, est-ce que c'est celui où il se tient devant toi? Où tu peux imaginer un avenir. Où tu veux tout, le toucher, le caresser, lui dire que tu l'aimes, incapable de jamais lui avouer, que t'aurais voulu croire en autre chose pour vous deux mais que vous ne connaîtrez que cette fin tragique, ridicule. T'aimes pas ces romans d'amour où les héros ont ce qu'ils veulent, parce que toi t'as jamais eu ta happy ending, tu vis dans un cauchemar récurrent, tu vis avec des fantômes qui te chuchotent à l'oreille qu'ils ta haïssent, victime de tes vices qui reviennent quotidiennement crier à ta porte. Tu détestes ce monde comme tu pourrais détester l'autre.

C'est presque mieux de ne pas le voir, parce que tu le revois partout, lorsque t'as vécu avec lui les mois après sa mort, que tu parlais avec lui alors qu'il était six pieds sous terre. T'en viendrais presque à questionner ta propre réalité. Il était là lorsque tu pleurais sa mort, une main sur ton épaule, te disant que t'avais essayé, déblatérant des conneries de messages que son vivant ne disait même pas. T'avais des rêves plein la tête avant, maintenant t'as du noir. Après ce soir t'aurais une petit lueur, un quelque chose au fond de toi qui se réveille, réalise que tu existes, le coeur qui frotte, déchire la vérité. Une existence, t'es en vie, lui aussi. Il faut tout réapprendre de zéro alors. Réaliser que tu es en vie, que tu existes encore et que faire semblant n'exister n'a plus vraiment d'importance. Mais il faut apprendre que Terrence existe encore lui aussi, le nom dans la bouche qui est lourd de sens, il n'est pas mort, il se tient là, que la mort vous l'avez briser l'un comme l'autre. Un monde lourd de sens, des muscles qui vont lâchés, un coeur qui ne supporte plus qu'on tente de le réparer.

T'en as rêvé tant de fois d'entendre ton prénom de ses lèvres que maintenant que tu l'entends vraiment, t'y crois presque plus. Une main qui passe, essuie ses larmes ridicules rageusement, t'attends juste qu'il dise qu'il parte, t'attends sa fuite, qu'il peut prendre parce que ses droits il les a, t'attends qu'il parte, que tu restes là, seul, que tu vois cette soirée comme inventée une nouvelle fois. "Quoi?" Parce que t'es pas sûr de comprendre, parce que t'as envie d'entendre ses mots, que tu te dis que ton esprit peut les avoir entendu alors qu'il est déjà loin. Tu le veux près de toi, tu le veux dans tes bras, tu ne veux plus jamais avoir à lui dire adieux, que la prochaine chose qui vous sépare soit un âge vieux, que vous partiez tous les deux, ridés, sur un bel éclat de rire.

Ta salive elle se coince au travers de ta gorge. T'es con à encore regarder la ruelle, alors tu te retournes pour le regarder lui, plante tes yeux dans son regard. Lourds de sens. De l'aide, il veut ton existence à ses côtés. T'as plus la force de sourire, mais t'as celle qui est de venir l'enserrer une nouvelle fois dans tes bras. Son corps tremble contre le tien et tu serres fort, pas assez pour le blesser mais pour lui faire comprendre. "Je pars plus, promis je reste là soldat. Promis je reste Terrence." Parce que tu ne vas pas partir, tu ne l'as jamais fais, tu n'es pas celui qui a fuit, tu es celui qui est resté, qui a tenté de vivre. Mais tu n'as pas assez de force, tu ne peux pas lui demander si lui va rester, prépare ton coeur à le voir partir.
Une longue respiration, la gorge bloquée par les larmes, mais t'as ce dont tu as rêvé, tu as son corps contre le tien, t'as tes rêves dans la tête et pour la première fois depuis des années tu peux voir un avenir dans lequel tu pourrais être heureux. Un coeur qui s'emballe vite, un espoir qui refuse de disparaître, alors les yeux sont bien fermés, si tu ne les rouvre pas tu ne peux pas voir ton rêve s'envoler.

Mais tu te décolles, tu le regardes encore dans les yeux, t'attrapes son visage entre tes mains, qu'il ne fuit pas de suite. "Promet moi de ne pas partir." Parce que tu peux pas encore assister à un départ. Tu peux pas lui faire promettre de ne pas mourir. Mais s'il le faut tu seras Orphée, s'il le faut tu iras là-bas, le chercher pour que vous viviez votre histoire ensemble, dans une vie ou dans une autre. Tu veux être capable de pouvoir lui tenir la main, tu veux être capable de l'emmener manger dans un restaurant, tu veux peut-être l'emmener jusqu'à l'autel, croire en quelque chose en vous deux. "Promet moi que quoiqu'il arrive on l'affronte ensemble." Parce que c'était toujours vous avant. Une vraie équipe, un duo qui fonctionnait sans que personne ne comprenne. Mais c'était vous et vous étiez excellents, tu refuses de devoir l'emmener dans l'autre monde avec toi pour que vous puissiez être excellent encore.

Son corps tremble encore, tu détestes la sensation et tu refuses qu'il reste encore dehors alors qu'il est comme ça. "Terrence, il faut que tu rentres." Non. "Terrence, il faut qu'on rentre." La phrase sonne plus douce à tes oreilles, t'es pas encore prêt à le voir disparaître de ton champs de vision. Peut-être demain lorsque tu te réveilleras tu réaliseras qu'il n'était qu'une illusion. Tu préfères attendre demain pour t'en rendre compte, ta la tête pleine de ton futur, de ton autre monde et de tes rêves, tu préfères voir tout ça voler en éclats demain, que tu puisses profiter d'une réalité qui ne t'écoeures pas tant que ça pour aujourd'hui. Profiter de la présence d'un autre être humain dans ton monde. Celui que tu as toujours rêvé de voir exister.
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