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 Wrong place, wrong time | ft. Aldébaran

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Gwen StacyHumain modifié
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Spider-Gwen
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- Force surhumaine
- Vitesse, endurance et agilité accrues.
- Facteur de guérison.
- Sens de précognition, dit sens de l'araignée.
- Lance-toiles donnés par Janet Van Dyne.
- Capacité à adhérer à quasiment toutes les surfaces.
- En possession d'un gadget lui permettant de réaliser des voyages inter-dimensionnels.
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MessageSujet: Wrong place, wrong time | ft. Aldébaran   Ven 22 Déc - 8:00


Aldébaran & Gwen

Wrong place, wrong time


« Pffiou. » Fin de mon cours de la journée. Je me vois ranger mes affaires dans mon sac, une par une, comme une automate. Non pas que je suis une enseignante lassée par ma propre profession, mais disons que j’ai l’impression… que je suis en manque. D’adrénaline, j’entends. Pas d’un quelconque jus censé faire pousser des muscles ou des cheveux sur le crâne d’un chauve, et encore moins d’une drogue en particulier. Juste...Eh bien, cela fait plusieurs jours, plusieurs semaines même, qu’il ne s’est rien passé depuis que j’ai vu Peter. Et quand je dis rien, c’est rien de chez rien. C’est tellement le néant que c’en est flippant. Je pensais avoir à me cacher de la Garde pour le restant de mes jours après qu’une manifestation pacifiste ait tourné au cauchemar et que j’ai été poursuivie par les agents, mais c’est loin d’être le cas. La preuve, je ne serais pas aussi ennuyée à St-Magnus autrement. Et si, d’un côté, je suis soulagée de ne pas avoir eu à abandonner toute ma vie, tout mon quotidien, d’un autre côté j’ai le sentiment d’être déçue. Oui, je sais, je dois être assez stupide ou suicidaire pour penser ça. Mais en même temps, il me faut me comprendre. Je suis loin d’être dans le feu de l’action, à pouvoir aider les émergés recherchés. J’ai ce besoin vif de bouger, de me battre pour quelque chose, mais en vérité, je suis coincée à mon poste, dans ma morne routine, et ça autant pour mon propre bien que pour ceux de mes élèves, et de mes proches. Oui, vraiment, c’est ridicule d’être à la recherche de sensations fortes. Ce n’est pas une addiction quelconque, mais c’est juste que c’est comme si ça coulait dans mes veines, ce besoin d’aider les autres, et de prendre les armes pour faire ça.

Enfin, prendre les armes, c’est un bien grand mot, je ne me balade pas non plus avec un flingue dans mon sac. Sac qui, d’ailleurs, se retrouve pendu à mon épaule gauche alors que je m’assure que rien n’a été oublié dans ma salle attitrée. J’aime prendre possession de cette pièce où repose tous les instruments de musique. Il faut dire que ce n’est pas bien compliqué de me l’approprier, sachant que je suis la seule représentante de ma matière à l’heure actuelle. Je suppose qu’avec les derniers événements sur Genosha, l’ambiance n’est pas prospère pour un recrutement pour le lycée. Je ne dis pas qu’on manque de professionnels, loin de là, même. Mes collègues diraient même qu’à St-Magnus, on ne trouve que la crème de la crème. M’enfin, des fois, c’est compliqué de ne pas avoir un autre professeur passionné par le même domaine que moi. Je veux dire, on trouve souvent plusieurs profs de mathématiques ou de langues, mais pour tout ce qui touche aux arts, c’est autre chose ! Enfin, je m’égare dans mes pensées, et si ça me fait temporairement oublier que Peter se cache dans un coin de l’île, ça ne m’aide pas à quitter plus rapidement mon lieu de travail. Sait-on jamais, des fois que je tombe sur un brigand en plein méfait, je pourrais exploiter mon uppercut du droit que je travaille depuis des semaines dans ma salle de boxe.

Mes talons claquent sur le goudron alors que je m’apprête à quitter enfin l’enceinte du lycée. J’aspire l’air frais, l’hume, même. J’aime beaucoup mes élèves, mais je dois bien avouer que ça change de l’odeur de fauve que renferme toute salle de classe après presque 8h de cours, voire plus pour certaines matières. Je salue les dernières personnes se trouvant à proximité, et je me dirige vers le parking du lycée, là où repose ma sobre voiture. Je crois que je ne connais même pas la marque de celle-ci, c’est dire si je m’y connais en mécanique. Je fouille dans mon sac, à la recherche de mes clés, avançant le nez perdu dans mes affaires. Je suis si concentrée que je ne remarque pas tout de suite les haussements de ton qui perturbe mon ouïe sur le moment. Une voix masculine s’élève, frustrée, voire colérique. Il me faut pousser un petit cri victorieux après avoir mis la main sur mes clés pour que je lève enfin les yeux et me fige. Casper, un de mes élèves les plus studieux, et sûrement les plus humiliés par le choix du prénom par ses parents, se trouve à peine à quelques mètres de moi. Je le vois brandir ses deux mains dans tous les sens, et si je ne savais pas déjà qu’il était une quiche en matière de batterie, j’aurais presque pu croire qu’il répétait un morceau. Oui, ça aurait pu le faire, si je ne le dévisageais pas en train de froncer du nez alors qu’une autre silhouette, plus grande et plus effilée que mon cher Casper, ne lui répondait avec autant de véhémence. Ceci dit, je ne pipais pas vraiment mot à ce qu’ils se disaient tous deux, encore trop éloignée de leur position. Pourtant, de là où je me trouvais, j’étais sûre d’une chose : le jeune homme qui s’en prenait à Casper n’était pas du lycée. J’aurais reconnu sa dégaine autrement, j’en prêtais ma main à couper. Et puis, si on a les meilleurs des meilleurs au lycée en terme de personnel, ça vaut également pour les élèves. Et lui, je suis sûre qu’il n’a pas passé la sélection. Et je ne fais pas de discrimination, non non. Simple déduction, au vu du reflet qu’il me renvoie, totalement inconnu et éloigné du genre que reflètent les élèves de St-Magnus. Je finis par accélérer, enfin, alors que je viens au secours de ce bon Casper. Je me racle la gorge, pour m’annoncer gentiment, mais j’enchaîne aussitôt : « Hey, qu’est-ce qui se passe par ici ? » Je tourne la tête vers Casper, lui fait même un sourire, mais il semble fuir mon regard : « Tout va bien ? » Le voyant se faire tout petit, je porte mon attention tout entière au jeune homme qui lui fait face, et je croise les bras. Attention petit, je sors la carte de l’adulte mature. En espérant qu’il ne soit pas plus âgé que moi. « Dites-donc vous, je ne me souviens pas vous avoir jamais croisé dans les couloirs. Vous êtes du lycée ? Car si ce n’est pas le cas, vous aurez intérêt à me donner une bonne explication quant à votre présence ici. L’accès à l’école est restreinte, au moins jusqu’à la sortie du parking. » Et boum, bien joué Gwen ! La voilà ma petite dose d’adrénaline de la journée !

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Aldébaran AquilaeExtraterrestre
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En tant qu'extraterrestre, Aldébaran est plus résistant que le commun des mortels. Il a acquis aussi une rapidité supérieure à la moyenne humaine.
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MessageSujet: Re: Wrong place, wrong time | ft. Aldébaran   Dim 14 Jan - 19:02


Aldébaran

ft. Gwen

  Wrong place, wrong time
Aujourd'hui, j'ai des choses à régler. Avec un certain Casper notamment. Il semblerait que ce dernier s'amuse à se faire des bénéfices dans notre dos. Son boulot était pourtant très simple. Dealer pour nous et faire ce qu'on lui demandait mais non. Non. Il a préféré jouer au con et garder une partie de l'argent pour lui, en croyant surement qu'on était assez stupide pour ne pas le remarquer.

Quel inconscient. Quel crétin. Sait-il vraiment dans quel merdier il vient de se fourrer? Sait-il vraiment qu'en se foutant ouvertement de notre tronche, il venait peut-être de signer son arrêt de mort?

Oui. Là, je suis agacé. Énervé même. Je n'aime pas qu'on se moque de nous. Je ne suis pas un adepte de la violence alors je compte lui laisser encore une chance de s'expliquer. Mais ses explications ont intérêt à être crédible. Sinon... je prendrai les mesures nécessaires pour que l'envie de nous duper ne lui prenne plus. Excessif? Peut-être. Or, il y a certaine chose que je ne supporte pas. Comme l'infidélité et l'irrespect notamment.

On ne se met pas les Alquilae à dos. C'est la règle. C'est pourquoi, après en avoir parlé à Altaïr, j'ai pris ma voiture. Direction cette fois le lycée ou ce petit opportuniste doit s'y trouver en ce moment même.

J'espère lui faire peur. J'espère lui mettre la pression et lui faire comprendre qu'il a tout intérêt à ne pas refaire la même erreur. Une fois ma voiture garée, un peu à l'écart des autres véhicules stationnées sur le parking du lycée, je remets ma veste en place et je marche vers la grille, lentement. Je prends mon temps. Je me fond dans la foule. Je garde un visage avenant, confiant, gentil mais au fond, je bouillonne. Mon cœur bat plus vite contre ma poitrine. Je le sens s'accélérer. Ce n'est pas de l'appréhension. Non. Juste de la colère. Une colère dissimulé avec soin certes mais de la colère tout de même.

Les secondes, les minutes passent quand enfin, je reconnais Casper un peu plus loin. Mes sourcils se froncent et je me redresse, prêt à l'interpeller. Un rictus éclaire même mon visage. Je le regarde s'avancer sans faire attention à ce qui se passe autour de lui. Je prends une inspiration puis je le suis pendant quelques pas avant de lancer d'une voix mielleuse :
- Je crois qu'une petite discussion s'impose Casper.

Il sursaute. Je vois à son comportement, au tressautement de ses épaules qu'il ne s'attendait pas à me voir débarquer ici. Ça m'amuse. J'en profite. Je laisse un silence couler et je poursuis, en me rapprochant plus dangereusement de lui, tout en gardant une allure droite, classe, digne d'un Alquilae.  
- Tu croyais peut-être que tes magouilles n'arriveraient pas à nos oreilles?

"C'est que... hum." il bafouille. Il cherche ses mots. Je sens à son regard qu'il essaye de m'éviter. Peut-être envisage t-il la fuite. C'est une possibilité mais il n'a pas intérêt à le faire. Pour sa propre survie. Je veux bien être gentil, conciliant une fois mais pas deux. Oh non. Il y a des limites. D'ailleurs, je lui barre le chemin. Je me mets devant lui, exprès pour qu'il ne puisse pas éviter notre tête à tête. Ça le stress. Il commence à être nerveux. Il transpire. Il regarde de tout côté puis se met à s'énerver comme un enfant prit sur le fait en faisant de grands gestes.
"Fout moi la paix ok? sinon j'appelle la police !"

Bah voyons. De mieux en mieux. Tout en me redressant, je fronce les sourcils. Je reste silencieux mais je m'avance toujours plus, jusqu'à coller presque mon visage au sien.
- Tu veux vraiment jouer à ça avec moi Casper? A ta place, je n'essayerai même pas. Tu sais, j'ai fais beaucoup de recherche sur toi. Ça serait dommage que ta petite sœur et ta pauvre mère se retrouvent confronté un jour à un malheureux accident non?

Je chuchote. Je laisse la menace faire son effet. Un petit sourire s'étire au coin de mes lèvres et je me recule, très légèrement. De telle manière à le laisser "respirer". Mais alors qu'il s'apprête à me répondre, à capituler, à se montrer un peu plus docile pour entamer une discussion plus posée, voilà qu'une femme vient vers nous et s'interpose, en se mettant limite devant mon interlocuteur.

Et mince. Elle arrive au mauvais moment cette demoiselle. Casper a bien de la chance mais il n'est pas tiré d'affaire pour autant. Je remets ma veste en place et j'offre à la nouvelle venue mon plus beau sourire, celui qui me sert souvent lors de mes nombreuses négociations. Elle me semble énervée ou irritée. Ses mots me piquent au vif mais j'ai l'habitude de ce genre de chose. J'en joue, toujours plus. Je sais me fondre dans la masse et c'est pour cette raison que ma voix est calme, douce, posée avec une certaine courtoisie quand je décide enfin de lui répondre :
- Pardonnez-moi. Non c'est vrai, je ne suis pas étudiant mais Casper et moi travaillons ensemble sur un projet. N'es-ce pas?

Tout en prononçant ces mots, je me tourne vers le jeune lycéen. Il déglutit à mon regard et hoche la tête, bafouillant un : "Oui" à peine audible. Brave garçon. Je préfère ça plutôt qu'il se donne en spectacle devant tout le monde au risque de nous mettre tout les deux dans une mauvaise posture. Puis, je me retourne de nouveau vers la femme qui semble avoir à peu près le même âge que moi. Dans un geste calculé, je passe brièvement une main sur ma nuque et lui offre un sourire désolé, poursuivant de plus belle :
- Je ne faisais que le rouspéter pour m'avoir fais faux bond hier soir. C'est un peu idiot je sais mais je m'inquiétais aussi pour lui alors. Je suis venu dès que j'ai pu. Bref. J'aurai du attendre et ne pas m'énerver. Je vous prie de m'en excusez. Ça ne se reproduira plus. Vous...

Je fais semblant d'hésiter. Je me racle la gorge aussi. Je fais mine d'être profondément navré avant de reprendre, d'un ton plus incertain, indécis. Comme si je n'osais pas poser la question.
- Vous êtes l'un de ses professeurs?



selena gomezthe heart wants what it wants
(c) ANAPHORE
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Gwen StacyHumain modifié
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MessageSujet: Re: Wrong place, wrong time | ft. Aldébaran   Hier à 9:26


Aldébaran & Gwen

Wrong place, wrong time


J’ai presque un sourire qui se dessine au coin des lèvres. Presque. Ce serait quand même légèrement osé que j’ose apparaître contentée alors que je sépare deux garnements. Enfin, là encore, le terme est quelque peu exagéré. Si Casper est bien plus jeune que moi, à force d’observation de celui qui lui fait face, je réalise que l’inconnu est loin d’avoir le visage juvénile d’un lycéen. Plus je le dévisage même, et plus je réalise que l’étranger doit avoir dans la vingtaine, voire 25 ans. Ce qui voudrait dire qu’il a mon âge, et d’un coup mon sourire se fane un peu. Je n’ai rien contre engueuler les autres mais affronter un homme du même âge que moi ne faisait pas partie du programme. Et c’est d’autant plus embêtant que j’ai du mal à comprendre ce qu’une personne aussi avancée puisse faire dans un lycée comme St-Magnus. Si le proviseur était là, pas de doute que l’inconnu aurait fini viré à coups de pieds au derrière. Mais je ne suis pas comme ça, plutôt concernée par Casper qui ne dit mots depuis mon arrivée. J’ai beau glisser mon regard de l’un à l’autre, mon élève continue de me fuir, préférant lancer des regards incertains à son interlocuteur qu’à sa professeure. Merci bien pour le rapport de confiance.

Un soupire m’échappe donc, alors que j’attends de pieds fermes les explications du jeune homme face à moi. Ce fut presque un automatisme pour moi de me placer ainsi devant Casper, comme si je voulais le protéger de cet inconnu, alors même que le gamin se décale pour garder l’étranger dans son champ de vision. Son attitude ne me plaît pas, pas alors que je n’arrive pas à m’expliquer son expression apeurée mais néanmoins demandeuse d’attentions de la part du brun mystérieux. Et comme si ça ne suffisait pas, j’ai le sentiment que le grand brun me prend pour une cruche alors qu’il mentionne un projet étudiant. Un projet étudiant ? Mêlant un gamin de 17 ans à un mec aussi vieux que moi ? Tu parles oui. Il faudrait une sacrée bonne raison pour que ces deux-là se retrouvent ensemble. Et même si les élèves de St-Magnus sont des ardus du travail intensif, la plupart d’entre eux sont si pris par leurs programmes au lycée qu’ils sont loin d’opérer des activités en plus de ce qu’on leur demande de fournir pour l’établissement. Ce que je ne peux que comprendre. Quand j’étais dans le groupe de MJ pendant mes propres années lycées, je me souviens que c’est à peine si j’arrivais à tenir debout certains jours. Accomplir son devoir de parfait petit élève et trouver le temps de jouer dans un groupe de musique à côté, ça ne faisait pas toujours bon ménage. « Un projet étudiant, ah oui ? Et pourrais-je savoir de quoi il s’agit ? C’est un de mes collègues qui vous a réuni ensemble ? » Oui, j’ai bien conscience de m’imposer un peu sur les plate-bandes des deux jeunes gens, mais mon sixième sens me dit que quelque chose cloche avec ce nouveau venu. Et depuis les derniers mois écoulés, j’ai appris à l’écouter, ce sixième sens. C’est bien souvent lui qui m’a sauvé de pétrins indescriptibles. Comme le fait d’avoir su éviter à temps une matraque d’un Garde, seulement parce que mon instinct m’avait poussé à me baisser. Comme si j’avais pu sentir un danger imminent. Danger que je pouvais percevoir par-delà l’aura menaçante que dégageait l’inconnu, qui m’offrait pourtant un sourire désarmant.

Je tâchai de masquer au maximum mon incrédulité, ne voulant certainement pas me montrer ébranlée par l’attitude déviante qu’affichait chacun des deux garçons. L’inconnu me mettait mal à l’aise, d’une certaine manière, et ce n’était pas Casper et ses yeux cette fois-ci baissés vers le sol qui allait me rassurer. J’en faisais peut-être trop, j’abusais peut-être de mon statut de professeur, mais après tout, je me devais de m’assurer de la sécurité de mon élève. Pour moi, c’était obligé. Il s’agissait d’un devoir, pas forcément professionnel. Quelque part, il était aussi, et surtout, personnel. Il y avait bien une raison si je guettais toujours la moindre source de risque sur Genosha, en dehors de mes fonctions d’enseignante. Je le savais bien, même si je préférais ne pas trop m’attarder sur mon comportement plus qu’inquiétant, et définitivement anormal. Agissements qui rendraient plus d’une personne confuse, d’un point de vue extérieur, mais qui me faisait pourtant me sentir bien dans ma peau. Ah, quand est-ce que j’ai ainsi décidé de prendre ma vie en main et de braver le danger, hein ? C’est mon père qui en ferait un infarctus, s’il apprenait ce que je faisais parfois de mon temps libre. « Casper, faire faux-bond ? » J’en reviens à mes moutons et je me tourne vers l’intéressé, secouant la tête, l’air mécontente. Je ne sais pour quelle raison je fais ça, mais je me décide à rentrer dans le jeu du brun mystérieux. « Ce n’est pourtant pas ce qu’on apprend à St-Magnus. Quelque chose s’est passé hier soir, Casper ? » J’insiste, je fais exprès de pousser mon élève dans ses retranchements, pour qu’il ose enfin affronter mon regard et dire ce qu’il ne va pas. Ou, à défaut de me le dire, de me faire un signe, minime, qui puisse m’indiquer que celui qui l’embête n’est pas son ami. Mais Casper reste silencieux, et je suis forcée de reporter mon attention sur l’inconnu, qui m’aurait certainement fait fondre avec sa moue craquante, si j’avais été plus jeune et innocente. Je m’en vais pour interroger à nouveau le jeune homme, quand Casper retrouve soudainement l’usage de sa voix. « N-non, tout va bien. J’avais juste pas envie de travailler hier soir, pardon. C-c’est de ma faute. » Je laisse mes yeux suspicieux analyser le gamin, à la recherche d’une faille que je pourrais exploiter. Mais si ce n’est son bégaiement soudain, comme s’il ne savait plus comment faire claquer sa langue, je n’ai rien qui me donne raison. Mon sixième sens serait-il devenu capricieux à avoir ainsi demeuré silencieux depuis ma dernière rencontre avec Peter ?

On aurait pu laisser les choses-là, j’aurais pu rentrer chez moi. Hausser les épaules, me dire que je me faisais des idées par manque de sensations fortes. Mais l’inconnu ne semblait pas en avoir fini avec moi, puisqu’il s’intéressa cette fois-ci à ma profession. Je levai les yeux au ciel, pensant intérieurement que si je me trouvais à St-Magnus, ce n’était certainement pas pour passer la serpillière. Mais je me repris rapidement, fronçant les sourcils alors que mon attention était toute dirigée vers le brun. « En effet, je le suis. Non pas que ce soit vos affaires, Monsieur… ? » A mon tour de chercher à en savoir plus sur lui, alors que je m’enquérais de son identité. Il ne serait pas le seul à jouer de ses mimiques presque mignonnes, non mais.

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